29.03.2009
Challenge Jane Austen 2009 : les participantes
Pour que vous puissiez suivre l'avancée du Challenge chez les unes et les autres (pas un seul homme inscrit dans ce Challenge, c'est terrible, chères happy few), voici la liste des valeureuses participantes qui se sont lancées dans ce pari (et qui pour la plupart ont démarré sur les chapeaux de roue, quel enthousiasme!)
Aelys a ouvert une page consacrée à Jane Austen
Ally
Alwenn a lu Orgueil et Préjugés, vu Lost in Austen
Ashtray-girl
Cachou
Camille la it girl a répondu au questionnaire d'Emjy et a une catégorie consacrée à Jane Austen déjà bien fournie
Carole a ouvert une page récapitulative spéciale pour ses billets
Co
Emjy a une page Jane Austen très fournie où elle nous donne régulièrement des informations sur les adaptations en cours (dernière en date Emma par la BBC, tournage en cours)
Emma a lu Orgueil et Préjugés
Faelys a commencé par The Jane Austen Book Club
Fantômette
Fée bourbonnaise a vu l'adaptation BBC de Raisons et sentiments et a lu P&P, elle a aussi ouvert une page récapitulative
George Sand et moi a lu Lady Susan et Persuasion. Elle a répondu au questionnaire d'Emjy.
Hilde
Hydromiel
Isil a relu Raisons et sentiments et a vu trois adaptations : celle d'Ang Lee, celle de la BBC 1981 et celle de la BBC 2008
Karine a lu Persuasion
Keisha
Lamousmé
Levraoueg a lu Orgueil et préjugés
Lilly
Lizzie
Lou a dansé en regardant Coup de foudre à Bollywood, a lu Orgueil et Préjugés et a détesté l'adaptation de 2005. Elle a enchaîné sur les deux Bridget Jones.
Loulou a ouvert une catégorie qui regroupe tous ses billets
Mary
Meya a créé une page qui permet de lire tous ses billets austeniens
Miss Babooshka a répondu au questionnaire d'Emjy
Mo a lu Persuasion et Orgueil et préjugés
Nataka
Neph
Ofelia
Ori a vu l'adaptation ITV de Northanger Abbey, l'adaptation BBC de Raisons et sentiments, l'adaptation 2005 de P&P, et s'est littéralement plongée dans Lost in Austen avant de fondre pour The Jane Austen Book Club
Pimpi
Schlabaya
Shopgirl
Solène
Tif' a lu Orgueil et Préjugés et Raisons et sentiments
Titine a vu The Jane Austen Book Club.
Trillian
Virginie
Yueyin
Nous sommes donc 43 pour l'instant mais les participations restent ouvertes toute l'année : do you want to join us ?
PS : si j'ai oublié des liens (car vient un moment où le html m'empêche d'y voir clair, chers happy few), remettez-les en commentaire!
Les nouvelles inscrites :
Céline
Crazy prof
Hambre
Julia et ses copines, Camille et Emilie
Mara a lu P&P.
Pimprenelle
Sit
The Bursar a comparé deux versions de S&S après avoir lu le roman
Pascale y participe en famille
Virginie
Nous sommes 61!
05.01.2009
There is no Mr Darcy
Après un premier billet avec un sexy man inside, je vous propose un peu de Jane Austen, histoire de placer 2009 sous les auspices conjugués de la sexytude, des classiques et de la littérature anglaise, qui seront, n'en doutons pas, les maîtres mots de cette année qui débute (c'est là qu'en fin d'année on se rendra compte que je n'aurai lu que de la littérature moldave contemporaine et que je me serai fait une rétrospective Aldo Maccione et je passerai pour une idiote mais qu'importe).
Jane Austen approche de la quarantaine. Elle vit avec sa mère et sa soeur Cassandra, dans un cottage du Hampshire qui appartient à Edward, son frère aîné, et elle cherche à faire publier Emma. Sa nièce, Fanny, lui demande alors son opinion dans une affaire de coeur : doit-elle épouser Mr Plumptre s'il se déclare ?
Dans ce biopic très réussi (genre qui est décidément l'apanage des Britanniques qui y excellent), ce sont donc les deux dernières années de la vie de Jane Austen qui se déroulent sous nos yeux. On y découvre une jeune femme brillante et drôle, à l'esprit caustique souvent irrévérencieux, qui n'hésite pas à remettre à leur place ses interlocuteurs et à se moquer d'eux (comme dans une scène fort drôle où elle imite le chapelain du Régent, qui vient de la recevoir pour le thé). Elle a un comportement qui fait hausser le sourcil des bien-pensants (elle boit avec sa nièce puis va médire des gentlemen qui bavardent au salon, à l'abri derrière la fenêtre) et surtout de sa mère, acariâtre et parfois cruelle, qui lui reproche d'être à l'origine de leur pauvreté puisqu'elle a refusé la demande en mariage de Mr Bigg, une douzaine d'années auparavant.

Au-delà de la peinture du caractère de Jane, qui, pour le peu que j'en sais, a l'air assez proche de l'idée que nous en avons au travers des lettres d'elle qui nous restent et de celles de sa soeur, ce téléfilm tente de répondre à la question qui taraude les amateurs de Jane (mais pourquoi donc ne s'est-elle pas mariée ?), en dressant le portrait doux-amer d'une femme qui a tenté, dans la mesure de ses faibles moyens, de mener la vie qu'elle entendait mener avec la seule arme qui était à sa disposition : refuser le mariage tant qu'il n'était pas d'amour. On y découvre une femme tout entière remplie du désir d'écrire, qui regrette de n'avoir pas su mettre sa mère et sa soeur à l'abri du besoin, ses frères s'en révélant finalement incapables. J'ai trouvé ce téléfilm très émouvant, sans conteste en grande partie grâce au jeu d'une impressionnante justesse d'Olivia Williams, qui est tout bonnement formidable (comme le reste de la distribution d'ailleurs). La réalisation, loin de tout académisme, rend la romancière éminemment vivante. Une réussite.
Miss Austen regrets de Jeremy Lovering, avec Olivia Williams (Jane Austen), Imogen Poots (Fanny Austen Knight), Greta Scacchi (Cassandra Austen), Hugh Bonneville (Révérend Brook Bridges), Adrian Edmondson (Henry Austen), Jack Huston (Charles Haden) et Phyllida Law (Mrs Austen)..., BBC DVD, malheureusement il n'y aucun bonus ce qui m'a fait un peu râler, j'avoue tout (car je me suis prise d'une passion pour les bonus DVD, j'ai même passé une heure l'autre jour à regarder les bonus de Lara Croft) (en fait j'attendais une interview de Daniel C., mais d'interview point, c'est la déception de la semaine, chers happy few).
Merci infiniment Lilly pour le prêt!
L'avis d'Emjy, conquise aussi.
PS : le titre de mon billet est emprunté à Jane qui dit qu'elle n'a jamais rencontré de Darcy, parce que la seule manière d'en rencontrer un, c'est de l'inventer.
PSbis : parce que je suis frustrée de n'être inscrite qu'à un seul challenge, emportée par un élan masochiste limite pulsionnel, j'ai décidé, chers happy few, de me lancer dans un Jane Austen Challenge 2009. Les règles ? Relire tous ses romans, visionner toutes les adaptations sur lesquelles j'arrive à mettre la main et lire au moins une biographie et un ouvrage critique (de type universitaire) sur Jane et son oeuvre. S'il y a des volontaires parmi vous, chers happy few, inscrivez-vous dans les commentaires : plus on est de fous, plus on lit (proverbe moldave, évidemment)!
06:31 Publié dans De l'écrit à l'écran | Lien permanent | Commentaires (46) | Envoyer cette note | Tags : jane austen, femme de pasteur ça fait rêver non ?, j'ai bien envie de lire une bio sérieuse de jane, (et c'est un miracle, je ne lis jamais de bio d'auteurs), il faut que je regarde les 72 adaptations austeniennes que j'ai
30.12.2008
A la pointe de la plume
1808. Jane Austen vit à Southampton avec sa mère, l'irrascible Mrs Austen depuis 18 mois. Cassandra est en voyage, et la jeune femme mène une vie bien monotone, quand réapparaît Lord Harold, surnommé le Gentleman Gredin, qui la charge d'une mission d'espionnage auprès de la sublime Sophia Challoner, veuve de fraîche date, récemment rentrée du Portugal et soupçonnée d'avoir des accointances catholiques...
Jane Austen et les fantômes de Netley est le septième volume de la série dans laquelle Stephanie Barron a fait de la célèbre romancière une espèce de détective qui résout des énigmes qui pimentent un peu sa vie si régulière. Et comme je vois les puristes des séries dans l'ordre (qui sont très nombreuses et dont je fais partie, je l'avoue bien volontiers) hausser déjà la voix pour demander ma pendaison par les pieds en place publique, j'explique tout de suite pourquoi j'ai lu le septième volume et non le premier : il m'a été offert par Karine dans le cadre du swap Noir c'est noir de l'année dernière et elle avait à l'époque vainement cherché les premiers de la série, manifestement plus disponibles au Québec. Je rassure tout le monde : commencer par le septième n'entame en rien la compréhension de l'intrigue même si je découvre ici le fameux Gentleman Gredin, dont ce n'est manifestement pas la première apparition.
Ceci étant posé, et après avoir précisé que j'avais très envie de découvrir cette série dont on avait pas mal parlé l'année dernière sur la blogosphère, j'ai trouvé que c'était une lecture agréable mais pas renversante. La plus grande réussite tient à mon avis dans l'atmosphère : le port, l'automne, les bavardages pénibles de Mrs Austen (qui emprunte quelques aspects à Mrs Bennett), l'abbaye de Netley qui est le décor principal de l'intrigue, le style qui imite un peu celui d'Austen (l'histoire que l'on découvre est censée être rédigée de la main même d'Austen dans son journal intime), la couleur locale (ah, la modiste!), tout ça est très bien rendu et permet de faire naître un décor crédible et attachant. L'utilisation de Jane Austen en tant que personnage principal est, elle, plus discutable. Evidemment, en bonne austenite j'étais fort curieuse de la voir vivre un peu ; on est content de voir apparaître ses frères et soeur, on apprend quelques bricoles sur sa vie, mais l'auteur semble s'être trouvée piégée par son personnage : à trop suivre la vie réelle de son héroïne, elle ne lui donne aucune liberté et l'empêche de vivre (ce qui est assez paradoxal pour un romancier). Cette restriction de ses mouvements et de ses élans sentimentaux confère au personnage finalement assez peu d'autonomie et la rend peu active dans la résolution d'une intrigue pas franchement passionnante. Une curiosité, mais il m'étonnerait fort que je lise les autres titres de la série.
Stephanie Barron, Jane Austen et les fantômes de Netley, Le Masque, coll. Labyrinthes, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Patricia Christian, 396 pages, une jolie couverture et de grosses coquilles, dont un joli (ou vilain c'est selon) "Lord Harold et moi suivirent".
Ce roman a été lu dans le cadre du challenge Le nom de la rose, catégorie nom propre. J'en ai lu 4/6. A suivre.
PS : merci encore Karine!
06:30 Publié dans Challenge le Nom de la Rose, Littérature anglo-saxonne, Polars | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : jane austen, son journal, ses enquêtes, toutes les abbayes ont-elles leur fantôme ?
25.09.2008
Call me Mrs D.
Non, vous ne rêvez pas, chers happy few matutinaux (depuis le temps que j'avais envie d'employer cet adjectif, je suis envahie par la douce torpeur provenant de la satisfaction du devoir accompli), j'ai bien réussi à épouser Darcy. Ze one and only. Fitzwilliam de son (vilain) prénom. Absolument. Et pour ce faire, il ne m'aura fallu qu'une petite heure, quelques humiliations, trois fous rires et une ténacité à l'épreuve de son fameux Bouclier d'Orgueil, le tout grâce à
Jane Austen et moi d'Emma Campbell Webster.
Voici typiquement le genre de livre que je n'aurais jamais acheté. Il s'agit d'une variante des fameux "romans dont vous êtes le héros", qui faisaient fureur du temps de ma folle jeunesse et que je n'ai jamais aimés : j'aime qu'on me raconte une histoire et non créer la mienne avec des dés et des calculs (toujours faux, of course). Mais il se trouve qu'une amie bien intentionnée m'en a fait cadeau, irrésistiblement attirée par les yeux énamourés de Darcy sur la jolie couverture de Pénélope Bagieu, et sachant qu'au pire je serais ravie d'ajouter un Darcy supplémentaire à ma bibliothèque (monomaniaque, moi ? jamais). Je me suis donc lancée dans l'aventure, curieuse de voir où elle me mènerait. Car le but de l'histoire est simple : vous incarnez Elizabeth Bennett et vous devez réaliser un mariage avantageux et d'amour. Hélas pour vous, vous ne possédez ni Fortune ni Relations ni Talents. A vous de vous débrouiller pour vous faire épouser quand même malgré toutes ces tares (qui en plus se multiplient au cours du jeu : je me suis retrouvée affublée par exemple d'un "Déplorable Faible pour la Littérature Gothique", de "Préjugés Obstinés" et, pire, de "Connaissance Insuffisante de la Broderie", autant vous dire que mon amour-propre en a pris un sacré coup, chers happy few). Le livre se divise en 4 parties, qui sont autant d'étapes à franchir pour parvenir à Darcy, car vous imaginez bien, chers happy few, que je ne visais que lui, même si tous les personnages masculins des romans de Jane se bousculent dans ce roman. Après m'être comportée comme une idiote à Northanger Abbey et m'être ridiculisée devant Mr Tilney (il ne faut définitivement pas abuser de la lecture d'Ann Radcliffe, chers happy few), j'ai donc été demandée successivement en mariage par Mr Crawford (refusé, non mais quel noceur, on ne me la fait pas), Mr Knightley (trop vieux et trop donneur de leçons), Mr Darcy une première fois (mais je savais qu'il fallait refuser et j'ai bien fait car sinon j'aurais fini par mener une vie adultère avec Mr Martin, non mais quelle horreur!) puis Mr Darcy une deuxième fois, ce qui m'a conduite à la félicité la plus parfaite. Evidemment.
Alors autant le dire tout de suite, chers happy few, pour apprécier ce curieux ouvrage, il faut avoir une solide connaissance de l'oeuvre de Jane, et si vous voulez finir dans les bras virils (mais toujours corrects) de Darcy, il faut suivre la trame d'Orgueil et Préjugés à la lettre : tout manquement est immédiatement puni par un échec de votre mission, parfois même par la mort (vous frissonnez, hein ?). Le début, qui paraphrase le début d'Orgueil et Préjugés en y ajoutant des commentaires du maître de jeu est drôle et démarre sur les chapeaux de roue, pour s'enliser un peu à cause d'un problème de cohérence narrative : je discutais tranquillement avec Wickham quand un de mes choix m'a projetée sans ménagement et sans transition aucune dans une discussion avec Tom Lefroy, ce que j'ai trouvé déstabilisant (même si, je l'avoue volontiers, rencontrer Tom fut délicieux). Ce genre de mésaventure m'est arrivée deux fois, et j'ai subi un malencontreux retour en arrière (on voulait me forcer à revivre la désagréable première demande en mariage de Darcy, quel manque de tact, chers happy few!). Je ne sais si c'est dû à un défaut de construction ou de correction dans la pagination mais ça a coupé mon élan. Il y a aussi quelques longueurs (que j'ai évitées en trichant de manière éhontée, j'avoue tout) et le mélange de toutes les intrigues n'est pas forcément heureux. Il faut donc prendre cet ouvrage pour ce qu'il est : un jeu qui m'a fait souvent sourire et parfois rire, et qui m'a permis de concrétiser enfin un vieux rêve d'adolescente en épousant le ténébreux Darcy. Que voulez-vous, chers happy few, on ne se refait pas.
Emma Campbell Webster, Jane Austen et moi (Lost in Austen : Create your own Jane Austen Adventure), Danger Public (traduit de l'anglais par Sylvie Doizelet), 375 pages, illustrations de Pénélope Bagieu
Le billet de Clarabel, qui a épousé Wickham puis Knightley : Darcy is definitively mine, chers happy few!
PS : l'auteure est une spécialiste de l'oeuvre d'Austen, son site est ici.
06:30 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : jane austen, livre dont vous êtes le héros, darcy is mine, being elizabeth bennett is ok