30.03.2009
Fantastic!
Comme vous l'avez remarqué, brillants happy few à qui rien n'échappe, j'ai eu dernièrement quelques absences bloguesques. Si on ajoute à cela un blog-it (vous savez, le truc rose dans la colonne de droite) souvent et abondamment consacré à un certain DW, inutile de posséder les talents de fin limier de notre ami Sherlock pour comprendre qu'il y a un lien de cause à effet évident entre les deux faits : je viens de passer quelques semaines en compagnie de l'homme le plus intelligent, le plus curieux, le plus délicieux et le plus sexy de tous les univers connus (et surtout inconnus) : le Docteur!
Docteur qui ?

Doctor Who est une série de science-fiction britannique créée dans les années 60 et reprise en 2005. Nouveaux développements, nouveaux personnages mais toujours au centre des intrigues le fameux Docteur, un extra-terrestre dernier de sa race (les Seigneurs de Temps) qui dans son vaisseau spatial, le TARDIS, en forme de cabine téléphonique de la police des années 60, voyage dans le temps et dans l'espace afin de venir en aide aux cvilisations diverses et variées qui ont besoin d'aide, le tout sans changer les faits qui ont déjà eu lieu (dans la bonne vieille tradition des voyages temporels), armé seulement d'un tournevis sonique qui est au Docteur ce que le chewing-gum était à McGyver : indispensable. Ce Docteur a beau être tout seul, le pauvre, ce n'est pas un solitaire, et il voyage toujours avec une assistante, une terrienne qui n'a pas froid aux yeux et qui, en plus de lui donner un sacré coup de main, lui apporte un regard différent et humain sur le monde qui l'entoure, car notre brave Docteur, avec ses deux coeurs, sa capacité de régénération (quand il va mourir, son corps se transforme, ce qui facilite terriblement le changement d'acteur) et son cerveau aux capacités de stockage inouïes a tout du geek un peu étrange.

Cette série est fabuleuse, chers happy few, n'ayons pas peur des mots, elle m'a rendu complètement accro, et comme il n'y a pas de raison que je ne vous file pas mon vice (car c'est bien connu, plus on est de fous, plus on a de fun), je vais développer un peu. Premièrement, cette série marie parfaitement les procédés propres à la SF (voyage et paradoxe temporels, aliens, nouvelles technologies et j'en passe) à des procédés fantastiques (possessions, loups-garous, sorcellerie, etc), de manière fluide et intelligente. Deuxièmement, c'est une série narrativement totalement cohérente et aboutie : à l'intérieur d'une saison, tous les faits, même minimes, font parfaitement sens et quand on remet la série en perspective (ce que j'ai fait puisque j'ai regardé les 4 saisons disponibles à la suite, quand je vous disais que c'était de l'addiction), tout prend place dans un schéma plus vaste, ce qui est le propre des excellentes séries. Ensuite, chaque saison (13 épisodes plus un épisode spécial qui se déroule toujours à Noël) alterne épisodes dans le passé, épisodes dans le présent (un présent qui finit par ne plus ressembler au nôtre, plus noir, et plus technologique) et épisodes dans le futur parfois très lointain. Si la plupart des épisodes se déroulent sur Terre, certains ont lieu ailleurs : autres planètes, autres galaxies, et la multiplication des époques et des temps donne matière à une grande richesse de situations et de réflexions, ce que facilite évidemment l'argument de SF. Ce que j'ai trouvé proprement génial, c'est que le côté kitsch (totalement assumé, ne serait-ce qu'avec le TARDIS) n'empêche pas la série de devenir de plus en plus noire, les fins de saisons 3 et 4 étant carrément oppressantes. Car si les ennemis héréditaires du Docteur, les Daleks, ressemblent à des caisses en métal qui roulent, il n'en demeure pas moins qu'ils représentent une nation totalement et irrémédiablement fasciste, qui refuse la différence (ils sont tous identiques et n'ont pas de nom) et extermine les autres peuples sans jamais fléchir pour que l'univers ne soit qu'à leur image.

(Daleks et Cybermen, même uniformité, même absence d'émotions et d'humanité. Même combat pour le Docteur.)
Cette série, vous l'avez compris, chers happy few, est fort intelligente, et propose en sus (tiens, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas employé celui-là) des épisodes délicieusement british : dans chaque saison en effet, on trouve un épisode qui met en scène une figure britannique célèbre. Dans la saison 1, nous rencontrons ainsi Charles Dickens, dans un délicieux épisode qui se passe à Noël et où il y a ... des fantômes. Dans la saison 2, c'est la Reine Victoria qui joue les guest, et qui en profite pour fonder l'Institut Torchwood (qui, joint à la personnalité so charismatique du capitaine Jack Harkness, personnage qui apparaît dans les 3 derniers épisodes de la saison 1, a donné lieu à un spin-off qui fera l'objet d'un prochain billet) (oui, je sais, je tease, c'est mal, chers happy few), dans la saison 3 on croise Shakespeare (j'ai adoré cet épisode et le "Expelliarmus" de Martha) (j'ai bien conscience de parler une autre langue, mais c'est pour vous donner terriblement envie de le voir, chers happy few) et dans la saison 4, Agatha Christie (et on résout un mystère la concernant par la même occasion, trop fort ce Docteur). Chaque saison est d'une incroyable richesse et la plupart des épisodes mériteraient un billet pour eux tout seuls, tant ils proposent tous une histoire dense (allez, pour le plaisir, je donne quelques-uns qui font partie de mes préférés : celui où le Docteur n'est plus le Docteur mais un (pas si) banal être humain (Human Nature, saison 3), celui où le futur de l'humanité ressemble à Mad Max (Utopia, saison 3), celui qui est construit comme Alien (Midnight, saison 4), celui inspiré par la télé-réalité (Bad Wolf, saison 1), celui où Rose voudrait sauver son père (Father's day, saison 1), celui avec la Pompadour (The girl in the fireplace, saison 2), celui qui donne une réponse à l'existence du Diable (The impossible planet, saison 2), celui où les habitants de New Earth sont coincés sur l'autouroute (Gridlock, saison 3), celui avec les anges qui pleurent (Blink, saison 3, cet épisode est, comme un de chaque saison, construit autour de l'absence du Docteur) ou celui avec la planète-bibliothèque (Silence in the Library, saison 4), et j'en passe.)

Si vous n'êtes toujours pas convaincus, chers happy few, je peux encore ajouter que les dialogues sont savoureux, et qu'il y a un mélange de comédie et d'émotions très réussi (on rit beaucoup et on pleure... pas mal), que les personnages sont terriblement attachants : le Docteur (incarné successivement par Christopher Eccleston et David Tennant, ce qui bizarrement ne nuit pas à la cohérence du personnage même s'il est à la fois le même et différent, c'est un tour de force, chers happy few) en tête évidemment, cet homme mû par une insatiable curiosité qui a une absolue confiance dans le genre humain et qui court beaucoup. Ses compagnes successives sont suffisamment différentes pour qu'il n'y ait jamais de redondance entre elles et on s'attache très facilement à la suivante même si on regrette les précédentes (encore un tour de force) : Rose Tyler (Billie Piper), la toute jeune, à qui la rencontre avec le Docteur a donné un sens à une vie qui s'acheminait vers pas grand-chose, Martha Jones (Freema Agyeman), brillante, coriace et fleur bleue, Donna Noble (Catherine Tate), drôle, piquante et pleine de ressources (ma préférée), toutes sont des femmes de tête et de coeur. Les personnages secondaires reviennent fréquemment, de même que les ennemis, comme dans les comic-books auxquels cette série doit en partie, ce qui finit par créer un terrain très familier dans lequel le spectateur se retrouve aisément. Et si vraiment, il vous faut encore des arguments, chers happy few, et même si nous ne sommes pas jeudi, je ne peux que conclure sur la sexytude du deuxième Docteur : personnellement, j'ai craqué. On ne se refait pas, chers happy few, et c'est tant mieux. Ou pas.

(Pour la petite histoire, il a été élu Sexiest male character on TV par nos amis britons. J'aurais tendance à dire que c'est parce qu'il le vaut bien.) (Il a aussi remporté un prix d'interprétation aux National Television Awards.) (Quel homme!)
En guise de conclusion, je n'aurai qu'un mot à dire chers happy few. Brilliant!
Doctor Who, saisons 1 à 4, disponibles en DVD version anglaise (Zone 2). Les versions françaises ne proposent que la VF à partir de la saison 3 (sacrilège intergalactique!) et aucune ne contient les épisodes spéciaux (pour une raison qui m'échappe totalement : seraient-ils perdus dans une faille spatio-temporelle ?)
Le billet d'Ys sur la saison 1, celui de Karine sur les saisons 1 et 2, ceux d'Isil sur la saison 1, la saison 2, la saison 3 et la saison 4.
Merci infiniment à Isil qui 1) m'a fait découvrir la série 2) m'a prêté les saisons 2, 3 et 4. Pour un peu, je lui pardonnerais presque de ne pas apprécier Firefly. Presque.
12:40 Écrit par fashion dans Séries télé, Un grand cri d'amour | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note | Tags : dr who, moi aussi je veux un tardis, j'irai voir stendhal, et faire un tour au moyen-âge, et demain si vous êtes sages : torchwood!