03.08.2010
Apathy kills, but I don't care.
Hank Moody (David Duchovny) est un écrivain reconnu dont le dernier best seller, God hates us all, a été adapté au cinéma avec deux stars dans les rôles principaux. Il a donc quitté New York avec femme et enfant pour s'installer momentanément (qu'il croyait, pauvre naïf) à Los Angeles, ville qu'il déteste et qu'il rend responsable du marasme total qu'est devenue sa vie : en 5 ans, il n'a pas écrit une ligne, sa femme l'a quitté et il est toujours à L. A. Il noie ses angoisses existentielles dans l'alcool et les nombreuses femmes de passage tout en tentant de reconquérir son ex.
Happy few amateurs de stupre, de luxure et de transgressions en tous genres, vous pouvez passer tranquillement votre chemin, cette saison 1 de Californication, qui a été vendue comme une série extrêmement trash (elle porte l'interdiction aux moins de 16 ans aux Etats-unis) étant à mon sens l'illustration parfaite de ce que seuls les américains savent produire : sous un vernis qui n'est que gentiment osé mais qui est exhibé comme amoral et cynique se dissimule en réalité une apologie bien pensante de la famille et de la fidélité. Je sais que ce que je dis a l'air paradoxal au vu des nombreuses scènes de coucheries qui émaillent cette saison, mais Hank Moody a toutes les vertus du preux chevalier qui défend systématiquement la veuve et l'orpheline (il n'y a qu'à voir le nombre de scènes dans lesquelles il soigne, console, rassure, défend à coups de poings ou à coups de répliques bien senties les femmes qui passent dans sa vie, il va même jusqu'à coucher plusieurs fois avec des femmes qui le lui demandent comme un service, quelle abnégation quand même) et il n'a de cesse de prouver par tous les moyens à son ex qu'il est enfin prêt à l'épouser (ouh c'est vrai que le mariage, c'est très rock'n roll, limite wild, tiens, j'en suis totalement ébouriffée). Avec un tel personnage principal, rien d'étonnant donc à ce que cette saison soit finalement pleine de bons sentiments : les couples qui se défont finissent par se remettre ensemble de manière aussi prévisible qu'ennuyeuse (l'histoire de Charlie, l'agent de Hank, et de sa femme est téléphonée de bout en bout, et ce n'est pas la secrétaire légèrement SM qui pimente quoi que ce soit) et la fin de la saison arrive comme un cheveu sur la soupe (je n'ai pour ma part toujours pas compris pourquoi son ex fait ce qu'elle fait à la fin, à moins bien sûr qu'il ne s'agisse que d'une astuce de scénariste au cas où il n'y aurait pas eu de deuxième saison). Côté lit, certes les scènes sont explicites (encore que côté nudité, certains plans sont à hurler de rire dans l'artifice) mais il n'y a pas non plus de quoi fouetter quiconque après l'avoir menotté aux montants du lit, ça reste banal comme tout, même dans les fantasmes de Hank (franchement, le coup de la nonne, ça va bien une fois, et encore, vous ne pourriez pas faire un petit peu plus original, les gars, mmmh ?). Cela étant, cette saison se regarde avec plaisir et amusement à condition de ne rien en attendre d'autre que du divertissement : les épisodes sont courts (et la saison aussi, 12 épisodes seulement) et bien écrits, les dialogues souvent très drôles et Duchovny est littéralement dégoulinant de charme et proprement irrésistible dans ce rôle. J'ai trouvé que Californication était un bonbon sucré vite consommé là où j'attendais un plat épicé à l'arrière-goût durable. Bah, c'est déjà pas si mal, surtout en cette période estivale, non ?
Californication saison 1, 12 épisodes de 26 mn, 2007.
Merci Cuné !