06.10.2010
PA-PA-PA-PAL
Je vais vous faire un aveu, chers happy few, car mon humeur est, en ce mercredi tristounet, à la confession la plus sincère, même si elle doit me coûter (mais il n'est rien que je ne ferais pour vous, happy few de mon coeur).
J'ai une PAL.
Un mythe s'effondre, je sais.
Vous me croyiez parée de toutes les vertus et donc déPALée comme certaines qui sont mes gourous en la matière, mais ma chair est faible hélas et les tentations immenses et de longue date (le plus vieux occupant de cette PAL est là depuis 11 ans et quelques mois, que ses pages reposent en paix). J'avais pris l'habitude depuis quelques mois de faire semblant de ne pas voir les tas chambranlants qui occupent une bonne partie du sol de ma chambre et quelques étagères (après tout, ce que je ne sais pas ne peut pas me faire de mal, non ?) mais suite au billet de Karine, à une discussion avec Stephie et à l'effondrement nuitesque et bruyant d'une des ladites piles, effondrement qui fut suivi de quelques jurons bien sentis de l'Homme dont le gros orteil s'était malencontreusement trouvé en collision à 4 heures du matin avec quelques SP de la Rentrée littéraire (la littérature c'est dangereux, la preuve) (encore que ce n'est pas ce que j'ai lu de cette Rentrée qui va empêcher le monde de tourner, mais point ne persiflerai), je me suis dit qu'il fallait prendre les choses en main, car tel est mon destin. (Le premier qui me fait remarquer que je dis ça chaque année, voire même deux fois par an, viendra m'aider à désherber, tiens, ça l'occupera.)
J'ai donc décidé d'accomplir mon devoir PALesque, quoi qu'il m'en coûte, parce que je suis comme ça, courageuse et pugnace.
J'ai lu un livre de la PAL.
Si, si.
Un qui était là depuis octobre 2007 et le swap Li-thé-rature. (Bah, trois ans, c'est pas si pire, comme dirait ma copine de knighteries.) (Oui, aujourd'hui, c'est la fête du lien, faut savoir se faire plaisir.)

(Oui, je sais, je devais être la dernière de la blogosphère intergalactique à ne pas avoir lu ce roman, et ma conscience me le reprochait vertement, of course.) (Enfin, les jours où elle n'avait rien à faire, ce qui, depuis que les copies ont fait une réapparition tonitruante dans ma vie, est finalement peu courant.)
Michaël Berg, le narrateur, entame, à 15 ans, une liaison de quelques mois avec Hanna Schmitz, une femme de 36 ans, secrète et imprévisible, qui aime qu'il lui fasse la lecture. Hanna disparaît du jour au lendemain, et Michaël la retrouve par hasard quelques années plus tard sur le banc des accusés d'un procès : Hanna a été gardienne à Auschwitz et est accusée, entre autre, d'avoir laissé périr une centaine de femmes dans une église en flammes.
Le liseur est un étrange roman, chers happy few, dans lequel je n'ai jamais réussi à rentrer, certainement parce qu'il est construit sur la distance, que ce soit celle entre Hanna et le narrateur, qui ne sera jamais comblée et qui induit à son tour une distance stylistique, le ton restant tout du long froid et analytique et celle, difficile à cerner, entre les Allemands et leur passé. En effet, l'histoire d'amour et d'incompréhension entre Hanna et Michaël n'est qu'un prétexte pour tenter de cerner les rapports étranges et forcément conflictuels que les Allemands de la génération de Michaël, celle d'après-guerre, entretiennent avec les exactions nazies. Avec un tel parti pris initial, rien d'étonnant à ce que j'aie trouvé la première partie, qui met en scène les émois égocentrés de Michaël, plus réussie que les deux suivantes : celle qui met en scène le procès et la découverte du secret d'Hanna (secret que j'avais pour ma part éventé depuis belle lurette), peine à retranscrire le choc du jeune homme et ses atermoiements et la dernière achève l'histoire de façon pour le moins expéditive (du moins à mon goût). Le style clinique, le ton détaché, l'impossibilité de trouver que le personnage d'Hanna sonnait juste à aucun moment : tout a concouru à mon ennui. Mais la PAL est allégée d'un volume, et ça, ça n'a pas de prix, chers happy few.
Bernhard Schlink, Le liseur (Der Vorleser), Folio, traduit de l'allemand par Bernard Lortholary, 243 pages, 1996 pour la traduction française, 1995 pour la parution en VO.
09:54 Écrit par fashion dans Littérature allemande | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : il faut que je mette à jour mes challenges, j'ai quelques billets tennantiens à écrire, l'occasion de ressortir quelques logos, miam, sinon j'ai plein de séries britonnes à regarder, c'est pas demain que la pal sera revenue à une taille raisonnabl, hélas ménélas, et j'aime les frites, aussi (je vérifie que vous suivez)