25.08.2009
Attrape-t-on les mouches avec du Chanel ?
Dans le cadre de mon Objectif PAL, j'ai procédé à un tri de ladite pile et j'ai fait des tas suivant une rigoureuse méthode scientifique à base de "vieux", "très vieux", "tiens, d'où ça sort ça ?" et autres "qui est cet auteur, nom d'un TARDIS ?". Et au jeu du "mais pourquoi diable ai-je acheté ce bouquin, vu que je ne sais pas qui est l'auteur et que les circonstances de l'achat m'échappent complètement", c'est

Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles de Melissa Bank qui a gagné. (Je pense que j'ai dû l'acquérir à cause de son prix dérisoire, au crayon sur la première page, et parce qu'il était publié chez Rivages, oui, parfois il faut peu de choses à la lectrice compulsive, y a pas à dire.)
Jane Rosenal est une jeune New-Yorkaise originaire de Philadelphie. Elle raconte ses amours, ses amis, sa famille... (oui, c'est le minimum pitchal que je vous livre là mais il suffit largement, chers happy few, croyez-moi sur parole)
Ce roman au titre pour le moins étrange qui prend tout son sens à la lecture du dernier chapitre, est un peu déroutant de prime abord, chers happy few, à cause de sa forme : chaque chapitre raconte une partie de l'histoire de Jane Rosenal et il s'écoule parfois plusieurs années entre ces chapitres sans que les blancs ainsi formés ne soient remplis par la narration. On a l'impression de prime abord de lire un récit décousu, impression renforcée par deux chapitres totalement différents (un qui raconte l'histoire d'une famille sans lien autre que géographique avec Jane (ce sont ses voisins) et un autre mené à la deuxième personne du pluriel, comme pour mettre à distance ce qui y est narré (une maladie, et la fin d'un amour bancal)). Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas désagréable du tout et cela finit par servir l'histoire, Jane étant une jeune femme qui se cherche, ne sachant trop ce qu'elle fait dans son travail (elle est éditrice) et n'arrivant pas à garder auprès d'elle les hommes dont elle tombe amoureuse. Elle se perçoit elle-même comme un patchwork inachevé, chaque expérience, qu'elle soit heureuse ou malheureuse, la faisant grandir. On y croise des événements touchants ou graves, d'autres assez désopilants (l'utilisation du fameux manuel qui donne son titre au roman, en réalité un manuel de coaching à l'usage des femmes qui ne savent pas comment manipuler les hommes). Le ton est à l'image de la forme et de cette héroïne, souvent drôle, parfois cinglant et doux-amer. Un roman finalement étonnant et réussi, que j'ai beaucoup aimé.
Melissa Bank, Manuel de chasse et de pêche à l'usage des jeunes filles (The Girl's guide to Hunting and Fishing), Rivages poche, Bibliothèque étrangère, traduit de l'anglais par Françoise Cartano, 245 pages, 1999 pour la première publication et la première traduction, 2001 pour la présente édition.
Emma l'a lu aussi.
A noter que ce roman a été adapté au cinéma en 2007 sous le titre de Suburban Girl avec Sarah Michelle Gellar et Alec Baldwin, film qui n'a jamais été distribué en France et qui semble s'éloigner du matériau de départ par bien des points, ne se concentrant que sur l'histoire entre Jane (étrangement rebaptisée Brett) et Archie Knox, l'éditeur qui a 28 ans de plus qu'elle.

Catégorie : "Que fait ce livre dans ma PAL ?"
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06:12 Écrit par fashion dans Challenge Objectif PAL, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : melissa bank, manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles, vous avez déjà mangé des crabes mous ?, il faudrait mettre des adoucisseurs d'eau à nos robinets, on peut s'appeler robert et être un homme génial