25.03.2011
Tous les soleils - Philippe Claudel

Alessandro (Stefano Accorsi) est professeur d'Histoire de la musique baroque à l'Université de Strasbourg. Il élève seul sa fille de 15 ans, Irina, depuis la mort de sa femme quelques mois après la naissance de la petite. Alessandro mène une vie heureuse aux côtés de sa fille qu'il surprotège et de son frère, qui vit avec eux, reclus depuis la première élection de Berlusconi, entouré d'un groupe d'amis fidèles. Il adore son métier qu'il exerce avec passion et est lecteur bénévole dans un hôpital. Mais sa vie sentimentale est un désert car Alessandro, 15 ans après, n'a toujours pas fait le deuil de Louise...

Tous les soleils, deuxième film de Philippe Claudel, est une comédie à l'italienne très réussie, chers happy few, et qui m'a littéralement enchantée. On rit, on pleure, on crie, on s'aime, on doute et on s'engueule (ah, les disputes en italien, j'ai adoré) dans ce film parfaitement écrit qui se déroule dans un Strasbourg écrasé de soleil (le tournage a eu lieu cet été) qui prend étrangement des allures de ville méditerranéenne (les ponts, les canaux, les quais...), ce qui est renforcé par le fait qu'Alessandro se déplace en solex, comme un hommage au Nanni Moretti de Journal Intime. Sur des thèmes graves comme l'absence et le deuil (thèmes qui n'en finissent pas de nourrir son oeuvre romanesque et cinématographique), Claudel signe ici un film lumineux et chaleureux emmené par le duo de comédiens italiens, Accorsi et Marcoré, qui donnent au film une belle énergie. Les moments de comédie pure (le personnage du frère qui refuse de sortir et de parler italien tant que Berlusconi n'aura pas démissionné et qui résiste de son salon en peignant toujours la même chose est tout bonnement génial) se mêlent parfaitement à l'émotion et les relations, notamment père/fille, sont d'une grande justesse. J'ai été charmée par l'utilisation de la littérature, omniprésente, qui sert toujours le propos (la première lecture que fait Alessandro est celle de Qui a ramené Doruntine ? de Kadaré, une histoire de fantôme et de fille absente, puis il lira le mythe d'Orphée à une adolescente ; Dom Juan sert une scène de dispute à la fois banale et drôle) et par l'omniprésence de la musique baroque (Claudel a raconté lors de cette avant-première comment l'écoute d'un disque de tarentelle, musique italienne censée extirper le mal d'amour, a présidé à l'écriture de ce scénario). Un grand coup de coeur, chers happy few.

Et parce que j'ai tant aimé ce film, je vous propose, en partenariat avec UGC et Ogilvy PR, de gagner 5 places pour deux, chers happy few, valables dans tous les cinémas (et pas uniquement les UGC) de toute la France (le film sort le 30 mars). Pour cela, rien de plus simple, il suffit (tout le monde peut jouer, blogueurs et non blogueurs) de laisser un commentaire en expliquant quelle est votre comédie italienne préférée : un tirage au sort effectué par une blanche main départagera les gagnants dimanche 27 mars à 20h. Et si vous n'avez jamais vu de comédies italiennes (après tout, nul n'est parfait) (mais Nanni Moretti, quand même) (tsss), il suffit de laisser un commentaire en disant que vous voulez jouer.
Le billet de Tamara, copine de claudelite aigüe, maladie textuellement et visuellement transmissible.
La bande-annonce pour achever de vous convaincre.
15:00 Écrit par fashion dans Et ce soir, au cinéma de minuit..., Quizz, concours et QCM | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : moi j'ai une passion pour nanni moretti, voilà, c'est dit, sinon je l'avais dit 2011 année du cinéma dans ce salon, il était temps de revenir aux salles obscures