17.11.2010

Le capitaine Pamphile

Il en va de la lecture comme du chocolat, chers happy few : j'ai parfois des envies, aussi soudaines que brutales. Il y a quelques jours, l'une d'elle m'a percutée de plein fouet (les envies sont comme ça, wild et mal élevées) : "tiens, j'ai envie de lire un roman de Dumas", me suis-je dit en français et en substance (je suis parfaitement bilingue, oui, so what ?). Voilà qui tombait bien puisqu'il y avait dans ma PAL (ne me demandez pas quand et comment il est arrivé là, je n'en ai strictement aucune idée)

 

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 Le capitaine Pamphile, un des tout premiers romans d'Alexandre (l'amour que je lui porte depuis des années me permet de l'appeler par son prénom, don't be shocked), publié en 1839.

Nous sommes ici loin des romans historiques (et fleuves) qui ont fait la célébrité de Dumas : l'action de ce très court Capitaine Pamphile (à peine 250 pages) se déroule en effet entre 1827 et 1830 dans un milieu qui "sonne" résolument contemporain (on y croise de nombreux noms célèbres et réels) et présente deux récits enchâssés (non, Caroline, Stefan n'a pas le monopole de l'enchâssement, j'espère que cette révélation ne te plonge pas dans un abîme de désespoir absolu). En effet, le narrateur, dont nous ne saurons quasiment rien, écoute et retranscrit le récit des aventures du capitaine Pamphile qui lui sont narrées en plusieurs parties au cours de quelques soirées chez le peintre Decamps. Cette construction est ma foi habilement utilisée puisque Jadin, le personnage qui raconte l'histoire de Pamphile, rattache toujours cette dernière aux animaux qui peuplent l'atelier de Decamps : Jacques Ier, le singe ou Tom, l'ours, rapportés par le truculent capitaine provençal de ses multiples voyages. Commerçant et corsaire, roué et sans scrupule, Pamphile est une figure hors du commun qui n'a pour seul but que son enrichissement personnel. C'est un homme plein de ressources (il faut le voir survivre à tout), dont l'intelligence n'est jamais prise en défaut et ses aventures, pour amorales qu'elles soient n'en sont pas moins truculentes. Dumas se sert de ce personnage finalement sympathique pour dénoncer les travers de la société de son époque : traite des Noirs, massacre des Indiens, course au profit..., le tout dans une histoire pleine de rebondissements et de gaieté, dont certains passages m'ont fait rire aux éclats, tant par leur aspect burlesque que par un côté voltairien assumé. Excellent.

Alexandre Dumas, Le capitaine Pamphile, Folio classiques, 373 pages, préface et dossier de Claude Schopp, 2003 pour la présente édition.

Le billet de Titine, conquise aussi.