04.12.2009
What about fiction ?
Dans un futur très lointain, le Docteur, Rose et Jack (oui, il est là, hiiii), se posent sur un monde d'où toute fiction a été bannie. Sur cette planète, raconter des histoires, mentir ou même rêver, est un crime passible d'internement. Mais une chaîne télé pirate qui émet depuis quelque temps appelle les gens à la rebellion. Et le Docteur ne demande qu'à les aider, jusqu'à ce qu'il se rende compte que sur cette planète, les rêves se transforment rapidement en cauchemars. Entre Rose, poursuivie par des zombies et Jack, interné de force, le Docteur est contraint d'admettre que la fiction peut être vraiment dangereuse.
Etant dans une période à la fois Doctor Who (qui dure depuis des mois, je vous le concède aisément, chers happy few) et SF, j'ai facilement craqué à Londres, chez Forbidden Planet (l'antre de la tentation livresque, croyez-moi) pour ce sixième opus des aventures du Docteur, The Stealers of Dreams, qui prend place dans la saison 1, après la rencontre avec le Capitaine Jack (donc quelque part entre le neuvième et le treizième épisode). Ce roman avait tout pour me plaire (déjà c'est le Docteur, hum) : une intrigue de SF fondée sur une dystopie et la présence de Jack comme un bonus, et pourtant la sauce n'a pas vraiment pris, chers happy few. J'ai trouvé la construction malhabile : à vouloir suivre en parallèle les aventures des trois personnages qui se retrouvent séparés dès l'ouverture, le récit semble un peu décousu, et cette impression est accentuée par les autres personnages qui semblent se greffer de manière aléatoire à l'intrigue (notamment Domnic, le jeune geek qui écrit des comic books et qui apparaît et disparaît au gré de hasards pour le moins hasardeux). L'histoire part bien (un monde sans fiction, voilà qui ouvre d'inquiétantes perspectives) mais est rapidement menée vers une résolution purement SF (que je ne dévoilerai pas, je sais me retenir) que je n'ai pas trouvée très intéressante et qui est d'autant plus décevante que l'un des discours liminaires du Docteur me laissait espérer autre chose : 'OK', Rose had said with a shrug, 'so they don't like fiction. Does it matter ?' 'Of course it matters. Of course it does. Fiction is about possibilities. It's about hopes and dreams and, yeah, fears. Take those things away and what's left ? A population of drudges, working, eating, sleeping, watching telly, unable to visualise anything outside the confines of their own dreary lives.' (ce qui est terrible c'est qu'en lisant, j'ai la voix de Christopher dans les oreilles, c'est assez déstabilisant, passons) Côté style cela manque cruellement d'humour (pourtant la présence de Jack aurait dû en assurer un minimum), et les passages qui à l'écran auraient certainement été un peu inquiétants (Rose perd la tête et a des hallucinations, le final est une bataille rangée) ne sont pas suffisamment bien écrits pour provoquer ne serait-ce qu'un frisson. Ce n'est pas un mauvais roman mais j'attendais mieux. Déçue je suis.
Steve Lyons, The Stealers of dreams, BBC Books, 254 pages, 2005.
Steve Lyons a écrit au moins 4 romans Dr Who, 2 audio dramas et il collabore au Doctor Who Magazine (le nombre de parutions hebdomadaires et mensuelles consacrées au Docteur en Grande-Bretagne m'a carrément impressionnée, chers happy few, cette série est une véritable institution outre-Manche, ce qui prouve bien évidemment de manière définitive que les Anglais ont bon goût)

Challenge Lire en V.O

Challenge Crazy SF
Catégorie Planet Opera
3/3 (j'ai donc terminé ce challenge avant même que 2010 ne soit entamée, je m'épate moi-même et je me lance donc dans un deuxième Challenge Crazy SF : je vais essayer de lire 3 autres romans dans 3 autres catégories, call me wild woman)
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Crazy SF, Challenge Lire en VO, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : doctor who novels, steve lyons, the stealers of dreams, i'm so in love, sigh
30.06.2009
In hell
Comme vous le savez, chers happy few assidus, je voue un culte particulièrement actif à Joss Whedon (croyez-moi, vous ne voulez pas tout savoir), et, en attendant l'hypothétique film adapté de la série Buffy, je lis la saison 8 en comic-books (saison à laquelle j'ai consacré un billet sur La Page Littérature). Je savais depuis longtemps que Whedon avait écrit une saison 6 d'Angel, mais pour des raisons étranges, que je n'arrive pas moi-même à élucider correctement (ben oui, entre la chaleur et les oraux, mes neurones théorisateurs ont fui et on ne peut franchement pas les en blâmer, chers happy few), je ne me l'étais pas procurée. Cet errement si peu dans ma manière a été réparé par l'homme pour la fête des mères, puisque j'ai trouvé sur mon plateau de petit déjeuner, entre deux colliers de nouilles :
After the fall, volume 1, soit les cinq premiers épisodes de la saison 6, (oui, je sais, une BD pleine de démons c'est un drôle de cadeau de fête des mères, mais il y a un very sexy man inside, chers happy few, je dis ça, je dis rien).

(Oui, le regard de braise n'est pas un vain mot pour Franco Urru, cet homme aime les métaphores littérales, le bougre.)
Pour ceux qui n'auraient pas suivi avec assiduité cette série (même si je sais que cela ne peut être, chers happy few kultivés et amateurs de whedoneries), je rappelle que la saison 5 s'achevait avec la mort de certains des personnages principaux et l'ouverture des portes de l'Enfer déversant ses hordes de démons sur Los Angeles (j'en vois qui frémissent au fond de la salle, petites natures, va). Nous avions donc laissé Angel et Spike, nos deux vampires préférés (enfin, les miens, ça c'est certain) en bien mauvaise posture. Nous les retrouvons quelques mois plus tard et, comme l'indique le titre de la saison, la ville de Los Angeles a été avalée en Enfer : chaque quartier de la ville est sous la coupe d'un démon, ce qui donne lieu évidemment à de sanglantes guerres de pouvoir et de voisinage, et les humains qui ne sont pas morts dans l'apocalypse sont pourchassés puis réduits en esclavage. Angel, qui se sent responsable de ces atrocités (et il a bien raison pour une fois, Monsieur je-porte-le-poids-du-monde-sur-mes-épaules-larges-et-musclées), tente de sauver ce qu'il peut dans ce monde terrifiant mais il cache lui-même un secret...

Le premier intérêt de cette saison est bien évidemment de proposer une fermeture à la fin ouverte de la saison 5, et de déplacer l'histoire dans un endroit effrayant, qui est finalement l'aboutissement logique d'une série qui, contrairement à Buffy, s'est révélée être de plus en plus sombre dans ses développements au fur et à mesure qu'il devenait évident que le personnage d'Angel portait en lui une espèce de damnation qui va bien au-delà de la simple malédiction et qui est ancrée dans sa nature même d'hybride et dans sa personnalité profonde (ben oui, c'est brillant comme série, vous en doutiez happy few de peu de foi ?). Ensuite, Whedon et son complice, Brian Lynch, ont ramené tous les membres du Angel gang (à l'exception notable de Cordelia, qui de toute façon l'avait quitté depuis longtemps), et leurs réapparitions, savamment orchestrées, sont autant d'entrées en scène réussies, avec une mention spéciale pour Spike, dont décidément je ne me lasse pas, dans une espèce d'auto-parodie extrêmement jouissive. Côté intrigue, c'est excellent pour l'instant : guerres entre clans démoniaques, humains qui tentent d'organiser la rebellion, allusions à un grand dessein de Wolfram & Hart, liens qui se renouent entre nos héros, révélations intelligemment distillées (dont une qui change complètement la donne), le tout saupoudré de cet humour whedonien que j'aime tant, bref, on n'a qu'une envie, lire la suite! Elle est disponible, ça tombe bien. Sometimes, life's heaven, chers happy few.
Angel, After the fall, volume one, Joss Whedon, Brian Lynch, Franco Urru (au dessin, que j'aime assez même si j'ai mis du temps à m'y habituer), IDW, 5 épisodes plus la première mouture du scénario de Joss Whedon, des annotations de Lynch et une galerie de dessins (et de photos, so yammy).
19:29 Écrit par fashion dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : angel, comic-books, i'm so in love, david forever, tiens ça me rappelle que je dois faire un billet étymologie, pour fêter la fin des oraux peut-être ?