05.02.2011

Entre ciel et chair - Théâtre du Lucernaire

Entrecieletchair2.jpgIl est des spectacles bouleversants, chers happy few, qui vous rivent à votre siège et vous offrent, le temps d'une représentation, un instant de grâce hors du temps. Entre ciel et chair, donné actuellement au Théâtre du Lucernaire, est de ceux-là.

Adapté du roman Une passion, de Christiane Singer (dont je ne saurais trop recommander Seul ce qui brûle, très belle réécriture d'une nouvelle frappante de Marguerite de Navarre), Entre ciel et chair raconte l'histoire de deux amants mythiques, Héloïse et Abélard. Seule dans sa cellule monacale, Héloïse, abbesse du Paraclet parvenue au seuil de sa vie, narre l'histoire de son amour pour cet homme qui fut  son maître et son amant. Femme de tête, intelligente et cultivée dans un monde où il est si rare d'instruire les femmes, Héloïse est aussi une femme dont la foi, solide et claire, se confond avec une sensualité assumée, l'érotisme étant chez elle intimement lié au mystique. Elle retrace, dans une langue sublime, la rencontre avec Abélard (le coup de foudre, l'orage), les mois de passion avant que son oncle, le chanoine Fulbert, ne les surprenne, la punition, l'évasion, la naissance de l'enfant, le retour à Paris, le mariage lugubre, l'éloignement d'Abélard, la vengeance de Fulbert, et l'enfermement, loin, dans le couvent d'Argenteuil puis au Paraclet. Seule dans sa cellule, en habit de nonne, Héloïse se met à nu et se livre sans artifices, accompagnée seulement d'une violoncelliste (Birgit Yew), dont la musique, comme hantée, souligne la beauté de cette histoire tragique. Dans le rôle d'Héloïse, Christelle Willemez est impressionnante de justesse et d'émotion, elle donne corps à un texte d'une incroyable puissance et d'une beauté grave. Un spectacle d'une rare intensité qui laisse le spectateur remué jusqu'au tréfonds de l'âme. A voir absolument.

Entre ciel et chair, Théâtre du Lucernaire (6è), du 2 février au 26 mars, du mardi au samedi à 18h30, prix des places 25€

Le texte de Christiane Singer est disponible chez Albin Michel.

Le billet d'Amanda, ma camarade de théâtre.

27.11.2010

The Quatermass Experiment

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(Ouh, voilà longtemps que vous n'aviez pas vu ce logo, chers happy few. Avouez qu'il vous avait manqué.)

 

Parce que je suis une challengeuse hors pair (qui en doute, mmmh ?), j'ai regardé récemment, dans le cadre du challenge le plus populaire de la galaxie :

 

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The Quatermass Experiment (BBC, 2005).

Le Professeur Bernard Quatermass (Jason Flemyng) a trouvé les financements pour envoyer la première fusée britannique dans l'espace. Le but : se mettre en orbite autour de la Terre et effectuer toutes sortes de relevés scientifiques. Mais voilà que l'équipe au sol, composée de Quatermass, Paterson (Mark Gatiss) et Judith Carroon (Indira Varma, vue notamment dans Torchwood et Bones), la femme de l'un des trois astronautes envoyés en mission, perd tout contact avec la fusée pendant 57 heures.

Quand le contact est rétabli, la fusée est de retour vers la Terre où elle se crashe, mais de l'habitacle ne sort qu'un seul des trois hommes, Victor Carroon. Non seulement les deux autres se sont volatilisés mais Victor n'est plus lui-même. Appelé en urgence, le médecin de l'équipe, Gordon Briscoe (David Tennant) (en blouse blanche, hiiiiiiii) (oui, je ne suis qu'une femme, j'ai des fantasmes communs) constate que son organisme est en train de se modifier à toute allure, et qu'il pourrait bien constituer un danger pour l'humanité tout entière. (Oui, je sais, ce penchant que j'ai pour les histoires de ce genre est étrange, limite pervers, je veux bien m'allonger pour en parler mais pas avec n'importe qui, hein.)

 

En 1953 (oui, aujourd'hui, c'est Histoire time, profitez bien de la leçon, happy few avides de savoir), alors que la télévision en était à ses balbutiements, la BBC a produit un programme qui a connu à l'époque un succès phénoménal : The Quatermass Experiment, série de science-fiction de 6 épisodes filmés en direct entre juillet et août et qui ont été plus ou moins perdus (les deux premiers sont abîmés, les quatre suivants n'ont même pas été enregistrés). En 2004, BBC4 met en place un nouveau programme, TV On Trial, qui se propose, en une semaine, de revisiter soixante ans de télévision, notamment en diffusant de vieilles séries ou téléfilms. Au centre de ce programme, une idée originale : tourner un remake de cette série... en direct.

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(Je ne commenterai pas, je ne commenterai pas, je ne commenterai pas, parce que la Force est avec moi.)

 

Les difficultés sont évidemment nombreuses (lieux, caméras mutiples) et le plus important est le choix du casting : il faut trouver des acteurs capables de se plier à l'exercice et de tourner ensemble sans se connaître vraiment (les rares séries télés qui ont parfois tourné un de leurs épisodes en live sont des séries qui roulent depuis longtemps, comme Urgences ou Coronation Street). La production commence une longue période de répétitions en même temps qu'elle caste ses acteurs. Premiers à rejoindre le projet, Jason Flemyng et Andrew Tiernan sont rapidement rejoints par Adrian Dunbar, Mark Gatiss (j'en connais une qui frémit du sourcil, là) et donc David Tennant, qui a motivé l'achat de ce DVD (je suis over faible je sais, et encore vous ne savez pas tout, happy few de mon coeur). Le tournage et la diffusion ont eu lieu le 2 avril 2005 dans la soirée et c'est donc le résultat de cette expérience que j'ai visionné, parce que rien ne m'arrête sur le chemin de la kulture et de la connaissance.

The Quatermass experiment est un téléfilm à l'esthétique résolument datée, qui fait le pari de raconter une histoire mouvementée de manière statique, le direct ne permettant ni effets de manche ni effets spéciaux. Filmé en couleurs ternes (vert, gris), parfaitement interprété (mention spéciale à David, quand même, sinon vous vous demanderiez si je vais bien), The Quatermass experiment est un très bon téléfilm de science-fiction qui renoue avec une certaine vision du genre (conquête spatiale, entité extra-terrestre, questionnement philosophique sur l'humanité et son rapport à l'autre...). Personnellement, toute tennanterie mise à part (Dieu que cet homme a de beaux cheveux) (mais je m'égare), je me suis régalée.

 

02.07.2010

Il est une vérité universellement reconnue... : le swap, ça rend heureux!

Pour cette deuxième édition du swap au long cours organisé par Bladelor, chers happy few, Karine et moi avions prévu d'échanger nos colis en mains propres, la plus célèbre des québécoises étant à Paris depuis mardi dernier. Après quelques péripéties à base d'avion en retard et de RER en panne (les joies de la vie parisienne) et quelques verres de rosé (il fait chaud, on lutte comme on peut) (qui ricane ?), nous avons étalé nos paquets sur la table en couinant par avance. Il faut dire que nous avions choisi un thème particulièrement couinesque, limite glamourous : "Intertextualité et palimpseste".

 

...

 

Oui, nous sommes comme ça, over kulturelles.

 

(Et nous avons parfois de drôles d'idées entre l'apéro et deux couinements, our bad.)

 

Et donc, pour illustrer ce thème, j'avais demandé à Karine, qui est ze spécialiste intergalactique de la chose, de me faire un colis autour d'un personnage qui connaît une postérité tout à fait incroyable, l'ombrageux et orgueilleux... Darcy. (Le premier qui dit quoi que ce soit sera contraint de faire une étude de l'utilisation du zeugme dans les oeuvres moldaves du Haut Moyen-Age, ça rigole moins tout d'un coup.)

 

J'ai donc découvert :

 

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Oh mon Dieu.
Hyperventilation, j'écris ton nom.

 

 

un SLAT fantabuleux en provenance directe du Jane Austen Center de Bath (oui, je le précise car je suis comme ça, élitiste, moi monsieur), qui contenait :

 

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Flou, j'écris ton nom.
Again.
On ne change pas une équipe qui gagne, ou, dans mon cas, une photographe incompétente.

 

Quatre romans : Drood (sans rapport avec Darcy mais en rapport avec le thème), que je voulais lire depuis longtemps (entre Dan et moi c'est une histoire d'amour qui dure depuis longtemps, si vous rajoutez Charles on top, c'est l'extase) (oui, je sais parfaitement ce que j'ai écrit bande de petits pervers) ; Pride, prejudice and Jasmine Field (où comment une pièce adaptée de P&P va changer la vie de nos héros) ; The last man in the world, qui imagine ce qu'il serait advenu si Elizabeth avait accepté la première demande en mariage de Darcy (à mon avis rien de bon, chers happy few, je dis ça, je dis rien) et An assembly such as this qui est la réécriture de P&P du point de vue de Darcy. J'ai comme dans l'idée que le mois de juillet va être darcynesque, je ne sais pas pourquoi, tiens.

 

Et, pour accompagner toute cette darcytude :

 

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des objets de folie : un service à thé customisé rien que pour moi (la théière, so cute, porte l'inscription Mrs Darcy's teapot), des savons d'invités (un au nom de Fitzwilliam, l'autre au nom de Lizzie), un magnet overcouinant avec Colin-Who-Else-Darcy, des chocolats et deux sachets de David's Tea (je vous le jure, chers happy few, une marque comme ça ne s'invente pas, c'est un miracle, c'est tout), l'un porte le doux nom de Vert séduction et l'autre de Thé d'amour ("Une seule gorgée et vous voilà éperdument amoureux. [...] Est-ce les pépites de chocolat qui atténuent vos inhibitions ?" se demande l'argumentaire au dos du sachet. Je ne sais mais je peux vous assurer qu'aucun David ne sera maltraité durant l'enquête).  

 

Et comme Karine s'est emmêlée dans les règles, elle a ajouté :

 

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un Guide Supernatural qu'elle avait commandé pour la première édition du swap au long cours et qui n'était pas arrivé à temps, deux romans pour mes enfants, du sirop d'érable, du beurre d'érable aux framboises (en voie de trépassement en grande pompe le pauvre, c'est sa faute aussi, a-t-on idée d'être aussi bon, franchement ?) et un SLAT New York pour ma collection (oui, je crois qu'il faut voir les choses en face chers happy few et affronter son destin quand il se présente : quand on possède plus de 15 SLAT en tissu, on peut raisonnablement penser qu'on les collectionne, mais en tout bien tout honneur évidemment, même si quelques sexy men se sont glissés sur certains d'entre eux, quels fripons).

 

C'est comme d'habitude un colis over couinant que m'a concocté Karine, il m'a fait totalement capoter! (oui, vivre depuis quatre jours avec une québécoise pure souche, ça laisse des traces, chers happy few, je dis des choses étranges comme "magasiner", "cellulaire", "cute" ou "prenons un drink"... et je suis certaine que d'ici son départ, je lui aurai aussi piqué l'accent, mais je le lui rendrai parce que je suis bien élevée) Merci mille fois, chère binômette de folie!

 

Et parce que je ne m'en lasse pas :

 

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Qui veut la tasse Whickham ?

17.06.2010

Make a wish

617DZHDDAHL__SL500_AA300_.jpgLors d'une visite au British Museum avec Mickey et Jackie, Rose et le Docteur découvrent, médusés, une sculpture de la déesse Fortune, vieille de plus de 2000 ans, et représentant... Rose. Intrigués et plutôt excités par la découverte, ils décident de se rendre dans la Rome antique afin de comprendre comment cette statue a atterri au département des antiquités romaines. Ils se retrouvent entraînés dans une aventure qui leur fera rencontrer un sculpteur fou, Vanessa, une jeune fille qui vient elle aussi du futur et... un génie.

 

Il y a quinze jours, chers happy few, lors de ma dernière escapade londonienne, j'ai trouvé le temps de faire un saut de puce chez Forbidden Planet, antre de toutes les tentations, et je suis tombée sur un coffret d'audiobooks Doctor Who auquel je n'ai décemment pas pu résister (pensez donc, trois romans lus par David Tennant et un par Anthony Head, c'était trop pour mon petit coeur tout mou). J'ai profité de cet achat pour enfin acquérir un lecteur mp3 (oui, j'étais la seule à l'ouest du Pecos à ne pas en posséder un, my bad), et après bien des déboires (ne dites rien, je sais), j'ai réussi à y transférer The Stone Rose, ce qui a agréablement occupé mes trajets de métro pendant presque deux jours. Je dois dire que quand la sublime et douce voix de David me raconte une histoire, le trajet passe étrangement beaucoup plus vite, j'ai même failli louper ma station d'arrivée, oups.

 

The Stone Rose est ma deuxième expérience d'audiobook, chers happy few, et je ne saurai que recommander chaleureusement cet épisode. Non seulement la lecture de David Tennant est comme d'habitude excellente (il arrive à reproduire l'accent et le phrasé de Mickey et de Jackie ce qui est une gageure et le résultat est assez hallucinant et sa lecture des dialogues attribués au génie est proprement géniale) mais l'histoire est formidable, une des meilleures des romans DW que j'ai lus jusqu'à présent. Voir le Docteur en tenue romaine et caligae, le tournevis sonique à la ceinture chercher désespérément une Rose transformée en statue et se retrouver dans le Colisée à se battre contre des fauves, s'est avéré particulièrement jouissif (non, je ne suis pas perverse, chers happy few, je suis juste un peu... bizarre). L'intrigue se tient parfaitement et utilise excellement le paradoxe temporel et ses conséquences, la relation entre le Docteur et Rose est très émouvante (je suis en train de penser que si ces romans peuvent être lus totalement indépendamment de la série, ils ajoutent quand même pas mal à la psychologie des personnages) et de nombreux passages sont plutôt drôles. Un très bon opus, disponible aussi en version papier (la version audio est abrégée mais je ne sais pas de combien de pages).

 

Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC audio, 2006, lu par David Tennant, 2 CD, 2 h 30, avec en bonus une interview de l'auteur qui explique sa méthode de travail et les différences d'écriture induites par le changement d'acteur (elle a écrit aussi un roman mettant en scène le neuvième Docteur).

 

Jacqueline Rayner, The Stone Rose, BBC books, 2006, 256 pages

 

 

Ce billet est garanti 100%

 

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Mais ça, vous vous en étiez déjà rendu compte, perspicaces happy few.
(Le logo est toujours d'Isil, qui est très talentueuse.
Et très inspirée.
Comme vous pourrez le voir dans les jours à venir.)
 
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