08.06.2010

Ma vie avec William

Aujourd'hui, chers happy few, un petit billet à forte teneur en shakespearerie, parce que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas été question de Willounet dans ce salon (ceux qui en ont marre de m'entendre parler de lui peuvent passer leur chemin et aller voir ailleurs si j'y suis, aucun problème, je suis une fille hyper open comme chacun le sait). Pour répondre à des questions sur la difficulté de la langue de Shakespeare, j'ai décidé de vous raconter encore un peu ma vie, chers happy few, parce que vous le valez bien, of course et parce que j'aime oeuvrer pour la diffusion de la kulture, comme chacun le sait.

 

Vous vous souvenez sans doute, happy few qui mangez du phosphore, ce qui vous empêche de faire comme moi le poisson rouge au fond de votre bocal (il paraîtrait même qu'il m'arriverait d'oublier de corriger des copies, une enquête est en cours) que Caro[line] m'a offert pour le Swap Sexy Men 2, un CD de Sonnets de Shakespeare. Me voilà tout émue à l'idée d'écouter la douce voix de David Tennant me sussurrer des mots doux (il lit 8 sonnets) lorsque soudain, telle la foudre, une pensée me frappe et me laisse pantelante (je suis en plein dans l'étude de Victor Hugo avec mes quatrièmes, ça laisse des traces, my bad) : et si je ne comprenais pas ce que David me dit ? Car après tout, il m'a bien fallu trois jours pour venir à bout d'Hamlet en faisant des allers-retours dans la traduction française. Me voilà donc partie pour acheter une édition annotée des Sonnets (et non pas traduite, parce que je n'ai pas été conquise par la version bilingue d'Hamlet : lu uniquement en français, le texte perd une grande partie de sa puissance, lu comme béquille de l'anglais, il est frustrant parce que certains mots ont disparu de la traduction et certains passages sont pour moi trop approximatifs) (oui, je suis psychorigide et jamais contente, j'assume). J'errais donc, légère et court vêtue, au rayon shakespeareries de chez Gibert quand je suis tombée sur ça :

 

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Non, vous ne rêvez pas, chers happy few, ce bleu est lumineux.
Et la métaphore de la marguerite que l'on effeuille me plaît beaucoup.
C'est très fin. Limite aérien.

 

Le titre de la collection est déjà tout un programme : No fear Shakespeare proclame la couverture pêchue, "Shakespeare side-by-side plain english". Oh mon Dieu, ai-je couiné (car oui, je couine et j'en suis fière), une traduction en anglais moderne! Un monde s'est ouvert à moi, chers happy few, parce que ces anglo-saxons (cette collection est américaine), qui sont décidément pleins de qualités, ont institutionnalisé ce que je fais de manière systématique en classe quand j'étudie notamment les poètes de la Renaissance, à savoir une traduction en français moderne pour passer l'écueil de la syntaxe et du vocabulaire et m'assurer que les élèves ont bien compris le sens du poème avant de passer à son étude. Cette collection, qui s'adresse comme bien d'autres (j'en ai déniché au moins trois différentes) aux élèves et aux étudiants anglo-saxons, propose donc en vis-à-vis le texte de Shakespeare et une traduction littérale en anglais moderne, ce qui m'a permis de comprendre le sens des sonnets avant de me laisser bercer par leur musicalité (et par la douce voix de David, mais je m'égare) (ahem).

 

Forte de cette découverte, j'ai acheté, avant la représentation londonienne et globesque, Macbeth dans une autre édition qui propose, elle, une petite introduction. Alors évidemment, la traduction est littérale et gomme totalement les vers et les images (pas une seule métaphore ne survit, pauvres d'elles) mais elle permet de mettre un premier pied dans le texte avant de lire le texte original. Je ne sais pas si je fais de fulgurants progrès ou si cette méthode me convient parfaitement, toujours est-il que j'ai trouvé Macbeth nettement plus facile à lire qu'Hamlet.

 

Et tant qu'on est dans les shakespeareries jusqu'au cou, chers happy few, je voulais juste signaler une petite mine d'informations qui m'accompagne depuis cette virée chez Gibert :

 

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La couverture est assez laide mais la quatrième de couverture est très intéressante puisque que David Tennant en Hamlet y figure.
Que de bon goût.

 

Le Rough Guide d'Andrew Dickson. Divisé en trois parties (les pièces, les poèmes, le contexte), ce guide est d'une grande clarté et propose pour chaque pièce un résumé détaillé, une courte analyse littéraire, un palmarès des adaptations et des titres d'ouvrages permettant d'aller plus loin. Je recommande, même si, évidemment, ce genre d'ouvrage ne peut que conforter la compulsive que je suis dans sa monomaniaquerie : quand j'aurai acheté le Macbeth avec Ian McKellen et Judi Dench et quelques enregistrements audio, je plaiderai non coupable, chers happy few, et j'enverrai à ma place chez mon banquier Andrew Dickson, tiens, ça lui fera les pieds.

 

Collection No Fear Shakespeare, environ 7 euros le volume, sont disponibles, outre les Sonnets, 17 pièces parmi lesquelles Hamlet, Macbeth, Richard III, La Tempête, Henry V...

Collection Shakespeare made easy, environ 9 euros le volume, 10 titres disponibles.

 

28.11.2009

Brilliant!

Comme ceux qui suivent les élucubrations auxquelles je me livre dans ce modeste salon le savent, chers happy few, Karine et moi avons lancé dans un moment non pas d'égarement (que ceux qui ont été effleurés par cette pensée se terrent dans leur coin s'ils ne veulent pas recevoir les oeuvres complètes de John Marcus en moldave, notes de bas de page incluses) mais de fanitude absolue et totalement assumée, le Doctor Swap, consacré à notre plus grand héros, celui qui a grandement amélioré nos jours et perturbé nos nuits, le Docteur himself.

 

Et aujourd'hui, alors que je rentrais fort tard d'une folle journée où j'ai beaucoup marché et beaucoup cousu (oui, en ce moment, pour des raisons aussi diverses que variées, c'est travaux manuels et loisirs créatifs à tous les étages, autant dire que les copies attendent patiemment que je veuille bien me souvenir de leur existence), j'ai trouvé mon colis Doctor swap qui m'attendait sagement.

 

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Non, vous n'avez pas la berlue, happy few de peu de foi, il y a bien des baskets couleur TARDIS dans ce colis, elles m'ont sauté au cou dès l'ouverture du colis, les bougresses.
J'aime autant dire que je les ai accueillies à bras ouverts, parce que je suis comme ça, généreuse.
Qui va pouvoir aller gambader avec le Docteur, maintenant, mmmh, qui ?
Je ne vous le fais pas dire.

 

Après ouverture (un peu rapide et hystérique, je le reconnais volontiers, chers happy few) :

 

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Hamlet, Le Roi Lear et La tempête du grand Will (l'épisode The Shakespeare Code est un de mes préférés) et Illium de Dan Simmons, que je voulais lire absolument.

 

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Trois romans Doctor Who : Ghosts of India, I'm a Dalek et The spaceship graveyard (un livre dont on est le héros, ça tombe bien, je vis de folles aventures avec le Docteur depuis des mois) : vous remarquerez que dans un souci du détail qui l'honore, ma swappeuse a choisi un titre avec chacune des companions du Docteur, réservant le plus gros roman à ma préférée, Donna.

 

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Hiiii, ai-je fait en découvrant ce CD des musiques des saisons 1 et 2 (oui, j'ai acquis du vocabulaire depuis le dernier swap, chers happy few) : j'ai passé tout l'après-midi à souler les copines sur le thème de : "Quand même, pendant qu'on coud, ce serait bien de pouvoir écouter la musique du Docteur, non ?"
Ben voilà les filles.
Vivement la prochaine séance.

 

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Hiiii, ai-je fait derechef, oubliant illico mon tout nouveau vocabulaire chèrement acquis : le sonic screwdriver et le bracelet de Jack!!!
(Oui, j'ai tenté de réparer tout de suite quelque chose, habitée que je suis de l'esprit du Docteur.) (La preuve qu'il est avec moi : j'ai réussi à mettre les piles du deuxième coup. Le fait que j'aie achevé un cruciforme dans l'opération ne compte pas. Evidemment.)

 

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Me voilà dans ma tentative de téléportation.
Réussie, évidemment.
La preuve, j'écris de la pièce à côté.

 

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Les friandises pour tenir dans le TARDIS.
L'alien à la pomme intergalactique est, comment dire, intéressant.
Mais moins que la planète à la banane cosmique.
De vrais bonbons de Gallifrey.

 

En résumé, un colis parfaitement fantastic qui a réjoui la fan absolue que je suis : encore mille mercis Lael pour ce colis plein de fun, so doctoresque! N'oubliez pas, chers happy few : Doctor rules!