15.01.2009

We are the best so screw the rest

Depuis que Caro[line] se rend régulièrement en Grande-Bretagne, chers happy few, elle nous approvisionne en marque-pages Darcy, en séries télé kultes, en films avec Hugh J. inside (enfin, ça c'est surtout pour sa consommation personnelle, la quasi-intégralité de la filmo de Wolfie étant bien au chaud sur mes étagères depuis bien longtemps) et autres englisheries, au grand dam de sa valise et au grand plaisir des LCA parisiennes, qui couinent à chaque retour. Et cette fois-ci, la récente convertie aux classiques a fait fort, chers happy few, très fort. Elle a rapporté

 



st trinian's.jpg

St Trinian's
, un film britannique réalisé par Oliver Parker et Barnaby Thompson, sorti en Grande-Bretagne en 2007, avec Rupert Everett dans un double rôle et Colin Firth. Un film pour nos petits coeurs tout mous donc, et qui n'est pas sorti en France, pour des raisons inconnues et à mon avis profondément injustes, je dis ça, je dis rien.

 




St Trinian's est le remake d'une série de films britanniques sortis dans les années 50, films eux-mêmes inspirés d'une bande-dessinée, qui mettent en scène les aventures rocambolesques d'une bande de filles dans un pensionnat ouvert aux jeunes filles à moitié délinquantes qui ont été expulsées de partout. Je n'ai pas vu les films originaux mais une chose est sûre : la version de 2007 est diablement réussie! Je pitche rapidement, pour les assoiffés de kulture que vous êtes, chers happy few (ne niez pas, va, je connais tous vos vices) : Annabelle Fritton (Talulah Riley) est déposée par son père Carnaby Fritton (Rupert Everett pas mal du tout en dandy escroc) à St Trinian's, le pensionnat de jeunes filles tenu par Camilla Fritton, sa tante (Rupert Everett again dans un rôle de travesti drôlatique). La jeune fille a un peu de mal à s'intégrer (c'est le moins que l'on puisse dire) quand un événement change la donne : le pensionnat est en faillite et Carnaby veut contraindre sa soeur à vendre. Les jeunes filles décident alors de monter un casse pour rembourser les dettes du pensionnat : voler La jeune fille à la perle de Vermeer, exposé momentanément à la National Gallery et le revendre au marché noir. Les choses se compliquent avec l'apparition de Geoffrey Thwaite (Colin Firth fabuleux comme à son habitude en toute objectivité bien sûr), nouveau ministre de l'éducation et ancien amant de Camilla, qui a décidé de mettre de l'ordre dans ce pensionnat hors-normes...

st trinian's2.jpg
Rupert et Colin, glamourous couple of the year, isn't it ?

 




Alors autant le dire tout de suite, chers happy few, ce film est un petit joyau daubesque, qui est entré directement dans mon panthéon des films kultes aux côtés de chefs d'oeuvre incontournables comme Josie et les Pussycats ou Psycho Beach Party, films dont on ne dira jamais assez de bien et que personne n'a vus, c'est bien malheureux. St Trinian's est drôle, fort bien rythmé, décalé et bourré de références. Les plus évidentes sont toutes celles qui ont trait à Colin Firth : le chien de Camilla s'appelle Mr Darcy, devant le tableau de Vermeer, une des filles dit qu'elle comprend pourquoi elle a fait tant d'effet sur Colin Firth (j'édulcore volontairement le propos, chers happy few, mais vos chastes oreilles ne m'en voudront pas), et Colin, par un délicieux détour du scénario, se retrouve en chemise mouillée sur ralenti champêtre. Mais il y a aussi des références à la filmo de Rupert (quand il revoit Colin, on y parle de "Another Country" qui est la première pièce qu'ils ont jouée ensemble), lors de la scène avec Stephen Fry, une des pensionnaires cherche un renseignement sur le moteur de recherche "Ask Jeeves" (je rappelle que Stephen Fry a incarné Jeeves dans l'excellente série avec Hugh Laurie, qui fera elle aussi l'objet d'un billet du jeudi dès que j'aurais fini de la regarder)... Personnellement, j'adore quand les films se font référentiels comme ça. Ajoutons à cela des actrices pêchues et sexy, une intrigue qui se tient (j'ai un faible pour les scènes de casse au cinéma, ne me demandez pas pourquoi, freudiens happy few) et qui emprunte à la fois à Haute Voltige et à Mission : Impossible ("Si Tom Cruise l'a fait, on peut le faire.") avec en sus une bonne dose d'humour! On rit du début à la fin, devant les situations cocasses et les dialogues poilants (certes pas toujours très fins, mais on ne peut pas consacrer sa vie à l'influence de la philosophie hegelienne sur les oeuvres de Meg Cabot, chers happy few, en tout cas, pas la mienne). Ce film, qui ne dénonce rien et ne revendique rien (au contraire à mon avis des films dont il est le remake et qui dénonçaient les dérives de l'enseignement anglais dans les années 50) est une vaste poilade et un remède anti-morosité absolu, chers happy few. A voir d'urgence!

 




St Trinian's, trouvable sur amazon.co.uk (je rappelle que la Grande-Bretagne est en Zone 2, leurs DVD sont donc lisibles sur nos lecteurs), avec des vrais morceaux de Colin Firth nu à l'intérieur (si, si, je vous jure, j'ai failli tomber du canapé), des explosions à gogo et un générique de fin interprété par Rupert et Colin. Love is in the air, la la la la la...


Le billet de Caro[line], que je ne remercierais jamais assez pour le prêt.

PS : le titre de mon billet est le début du refrain de l'hymne de St Trinian's (le clip est visible dans le billet de Caro[line], ne vous en privez pas, vous verrez des images du film).