11.01.2009
Forever ?
Doit-on vraiment pitcher, chers happy few ? Y en auraient-ils vraiment parmi vous qui auraient passé les derniers mois dans une cave et qui auraient échappé à la déferlante Twilight ? Pour ceux qui débarquent donc d'une planète sans Edward (les pauvres), je vous renvoie à mon billet (car parfois, je suis atteinte d'une espèce de paresse scripturale, chers happy few, et j'en suis bien marrie, vous pouvez me croire) (ou pas).
Bref. Serais-je allée voir Twilight si je n'avais pas lu la série ? Rien n'est moins sûr tant les bande-annonces, teasers et autres photos dévoilées sur le net depuis quelques mois ne suscitaient en moi aucun frisson de midinette. Et les billets des québécoises, qui l'ont vu il y a longtemps, ne m'avaient pas donné envie, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais pour la kulture, cette maîtresse exigeante, je me devais d'aller juger sur pièce cette adaptation, ce que j'ai fait, car parfois je suis consciencieuse, chers happy few.
Verdict ?
Eh bien, c'est un film qui ne révolutionne pas le genre (ni de l'adaptation, ni de la romance fantastique) mais que contre toute attente, j'ai bien aimé. Listons rapidement les défauts, si vous le voulez bien, chers happy few, même si cette liste risque de ne pas dire grand chose à ceux qui n'ont pas lu le roman, je vous en demande pardon à l'avance. Du côté du scénario, j'ai été globalement déçue par le début du film, surtout par la première apparition du clan Cullen à la cafétéria : on attend des étincelles, rien ne se passe, même si le choix d'habiller les "enfants" en blanc (sauf Edward qui apparaît en dernier) aurait dû contribuer à leur "apparition" quasi-céleste. Cela tient à mon avis au choix des acteurs qui jouent Rosalie (Nikki Reed, définitivement une erreur de casting) qui n'est pas suffisamment belle et Jasper (Jackson Rathbone), qui joue très mal les trois premiers quarts du film, manifestant sa "soif" inextinguible par des yeux exhorbités et un air stupide. Passé ce début raté, je n'ai pas été choquée comme je m'y attendais par la fameuse scène du ventilateur qui a tant fait rire Karine, parce qu'il me semble qu'il a justement été rajouté pour la compréhension de ceux qui n'ont pas lu le roman, même si le ralenti est too much. Les différents ajouts (la visite de la serre, la balade dans les arbres, la visite à la librairie) ne m'ont pas dérangée outre mesure, sauf que ça prend du temps sur la partie du roman la plus réussie (les nuits que passe Edward dans la chambre de Bella), sur lequel le film passe allègrement (une seule scène) et c'est bien dommage. Côté technique, les effets spéciaux sont globalement ratés, surtout les déplacements rapides des vampires : quand on ne fait que les entendre, ça fonctionne, dès qu'on les voit c'est à la limite du ridicule, parce qu'on ne nous propose que de banals accélérés, là où il aurait fallu inventer autre chose, et quand Edward grimpe aux arbres on croirait voir Spidey sans le costume, j'en ai pouffé, j'avoue. J'ai relevé aussi un flagrant problème de maquillage : il y a excès de poudre manifeste notamment sur le visage de Carlisle, le pauvre, et le rouge à lèvres d'Edward n'est pas toujours appliqué comme il faudrait (surtout au début, après la main du maquilleur s'est faite plus légère).

Les Cullen au complet, mieux maquillés pour la photo que pour le film.
Du côté des qualités (car il y en a), disons que le roman est globalement respecté, dans l'esprit et presque dans la lettre et que tout ce qui en fait l'intérêt (la relation naissante entre Bella et Edward avec tout ce que cela comporte de sentiments contradictoires, de désir et d'interrogations) est très réussi. Kristen Stewart incarne une Bella très exactement semblable à celle que j'imaginais, maladroite, têtue, intelligente, jolie et solitaire et contre toute attente Robert Pattinson campe un Edward très convaincant (s'il était mieux maquillé ce serait parfait, mais j'ai même fini par oublier son vilain nez, c'est dire). Leur relation est très crédible et la scène du baiser est très réussie (la salle, bondée évidemment et très jeune, il faut le préciser (à vue de nez, 25 ans de moyenne d'âge), a d'ailleurs applaudi). Les vampires "rogue" (Laurent, Victoria et James) et la séquence finale de la traque et du combat sont fort bons, confirmant que plus le film avance, plus il s'améliore, ce qui est finalement assez étrange, mais c'est comme ça. Et enfin, disons un mot de Charlie (Billy Burke), excellent en taiseux et de Jacob (Taylor Lautner), qui malgré des dents un peu trop blanches (encore ce problème de maquillage, c'est terrible), a un beau potentiel (serai-je partiale, je ne peux le croire) : j'ai d'ailleurs regretté que la scène de révélation à La Push soit grandement tronquée.
Au final, c'est un film qui se laisse voir, mais qui a manifestement souffert d'un défaut de budget. Tout laisse à penser que devant le succès fulgurant de ce premier volume, les suivants n'auront pas les mêmes défauts. Wait and see, chers happy few, wait and see.
Twilight, de Catherine Hardwicke, avec pas mal de biologie inside et un daim qui court, comme ça, dans la forêt, à l'affiche actuellement.
Les billets très contrastés de Karine, Pimpi, Alwenn, Stéphanie, Tvless, Yueyin, Loulou, Ori, Nataka, Ankya (d'autres qui l'auraient vu et que j'aurais oubliés ? manifestez-vous dans les commentaires!)
11:48 Écrit par fashion dans De l'écrit à l'écran, Et ce soir, au cinéma de minuit... | Lien permanent | Commentaires (59) | Envoyer cette note | Tags : twilight le film, les midinettes étaient dans la salle, et certaines ne se sont pas encore démasquées, hein delphine ?, edwaaaaaard, edwaaaaard, je crois que je vais relire le tome 1