11.03.2011

"Peut-on mettre l'imagination en bouteille comme la limonade ?"*

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Roberto, le peintre, est en panne d'inspiration : son imagination s'est fait la malle et sa page reste désespérément blanche. Il décide alors de partir à sa recherche. Il charge sa vieille 4L qui le conduit littéralement hors des sentiers battus devant une auberge étrangement nommée Auberge de Nulle Part. Le peintre en mal d'inspiration va y croiser de nombreux personnages en quête d'auteurs et renouer le contact avec sa muse.

 

L'Auberge de nulle part est un très bel album superbement illustré que Gallimard réédite ce mois-ci et qui s'adresse à tous les publics : les plus jeunes se laisseront bercer par la douce absurdité de l'histoire, les plus grands se plongeront avec délice dans une histoire qui fleure bon la magie et se demanderont qui sont tous ces drôles de personnages ("Ah, maman, tu as vu, la jambe de bois du marin change de côté!", "Oh mais c'est la petite sirène, tout s'explique!") et les adultes se délecteront de croiser, pêle-mêle, Huckleberry Finn, Moby Dick, le baron perché, Don Quichotte ou Long John Silver, dans une histoire poétique qui s'interroge sur l'imagination et la fiction. Où vivent les personnages avant qu'un auteur ne les couche sur le papier ? D'où viennent les idées et les histoires ? Après son séjour à L'Auberge de Nulle Part, Roberto a trouvé ce qu'il était venu chercher : "la capacité à rendre réel ce que l'esprit ne fait qu'imaginer", il a "donc assez d'imagination pour nous balader jusqu'au jour où les crevettes sauront jongler". Comme tous les bons raconteurs d'histoires, on le suivra avec plaisir, parce que les histoires sont le sel de la vie.

 

Roberto Innocenti (illustrations), J. Patrick Lewis (texte), L'Auberge de Nulle Part (The last resort), traduit de l'anglais par Anne Krief, 47 pages, 2002, réédition 2011

 

* Si c'était le cas, chaque imagination aurait-elle une couleur et une texture particulières ? Y en aurait-il de sombres et riches à l'arôme capiteux comme le café, de claires et pétillantes, de presque transparentes, d'autres agitées et tourmentées comme un ciel d'orage ?