16.09.2008

Nods, go home!

poubelle.jpg Dans un futur (pas si ?) lointain, les Nods, des aliens tripodes en provenance de la planète Nodule ont débarqué sur la Terre. Pacifiques et omnipotents, ils décident de ce qui est bien pour l'humanité et prennent des décisions à la place des terriens, incapables de garder leur planète propre. Jusqu'au jour où ils passent à la phase B de leur plan et que les humains commencent à perdre la tête. Littéralement.


Attention, chers happy few, Les poubelles pleurent aussi, novella de Guillaume Suzanne, est un petit joyau! Dans un monde pas très gai, et qui emprunte quelques traits au nôtre (comme l'interdiction de fumer qui prend ici des proportions inattendues), Suzanne campe une histoire férocement drôle qui revendique clairement l'influence de Fredric Brown (dont Martiens, go home! est carrément cité) et de Douglas Adams (je ne peux pas croire que l'intervention du chiffre 42 à un moment clé de l'histoire soit un pur hasard, et j'ai vu l'influence du Guide du routard galactique dans les noms des personnages par exemple), et comme ses illustres prédecesseurs, Guillaume Suzanne fait preuve d'un humour délirant et d'une ironie mordante pour décrire le monde qu'il a créé. On y croise par exemple des maisons explosives, des poubelles fétichistes qui parlent, un comédien élu président qui lit ses fiches et se débat avec ses cravates ou des villes nommées Question et Réponse. L'histoire, assez classique, d'invasion et de faux-semblants (les aliens ne sont pas aussi pacifiques qu'ils veulent bien le faire croire, le président est manipulé, l'humanité est en danger), est une belle métaphore autour de la liberté d'expression et d'action, qui pose la question du bien-fondé des régimes politiques "dirigistes" : peut-on décider de tout et tout contrôler, tout interdire, pour assurer le bien d'un peuple ? Jusqu'au où faut-il priver les gens de liberté pour qu'ils soient "heureux" ? Et si les deux premières parties (intitulées "Phases") laissent encore l'espoir au lecteur de voir l'humanité se révolter et reprendre ce qui était sien, la troisième, quasi-dickienne, laisse au lecteur le goût amer des batailles perdues. Une réussite totale, chers happy few.


Guillaume Suzanne, Les poubelles pleurent aussi, Griffe d'encre, 74 pages (en souscription sur le site jusqu'au 20 septembre puis à la vente)


Rentrée littéraire 2008

L'avis tout aussi enthousiaste de Lucile
Le billet de Brize


PS : et de 7! (romans de la rentrée littéraire) J'ai donc complété, quasiment à l'insu de mon plein gré, le Challenge du 1% littéraire de Levraoueg. J'ai fini un challenge. Moi. (Certes, je n'étais pas officiellement inscrite, but seriously, who cares ?)