31.12.2008

Far from paradise

nno_rvb.jpg Dans un futur apocalyptique où la Terre se meurt sous les cyclones, les séismes et les éruptions volcaniques quotidiens, une équipe de scientifiques exhume un corps étrange dans un glacier. Grâce aux progrès de la génétique, ils sont à même de ressusciter cet étrange humanoïde, qui profère des phrases dans une langue étrange avant de se volatiliser purement et simplement. On fait alors venir un spécialiste des langues anciennes qui se lance dans le décryptage du message, qui se révèle... terrifiant.


Au nord-nord-ouest d'Eden est une novella de SF qui présente d'indéniables qualités mais aussi quelques défauts, ce qui fait que j'en ai une impression un peu mitigée, chers happy few. Il y a une qualité certaine dans l'histoire, originale, parfois brillante, même si j'ai vite compris où se situait le "twist", mais ça ne m'a aucunement empêchée de prendre plaisir à la révélation de ce que j'avais anticipé, car l'intrigue se tient fort bien. Les défauts que je relève se situent dans la forme, dans un certain foisonnement un peu brouillon des informations qui sont données au lecteur, surtout au début, et l'alternance peu claire des narrateurs selon les chapitres ajoute à la confusion ; malgré la brièveté de la novella, je lui ai même trouvé quelques longueurs, ce qui est fort dommage. De plus, le style ne varie pas vraiment selon les narrateurs et ils manquent un peu d'ampleur (surtout le journaliste). C'est quand même un récit intéressant, qui me donne envie de lire autre chose de Gabriel Eugène Kopp, dont ce que je peux découvrir ici de son univers me plaît beaucoup.


Gabriel Eugène Kopp, Au nord-nord-ouest d'Eden, Griffe d'encre, 2008, 96 pages

Les avis de Chimère (proche du mien) et de Lucile (très enthousiaste)

Roman lu dans le cadre du Challenge Le Nom de la Rose, catégorie nom de lieu. J'en ai lu 5/6. Et on est le 31 décembre. Je sais. Surveillez les billets dans la journée. Un miracle n'est pas à exclure.

19.12.2008

C'est assez! dit la baleine

41og2p5OJsL__SL500_AA240_.jpg Lady Ann Kelvin a 80 ans. Scientifique et militante écologiste parfois extrêmiste, elle se meurt d'un cancer. Elle accepte de subir une transmnèse et que son esprit soit transféré non dans un clone comme c'est la coutume mais dans un cachalot. Le but de la manoeuvre : enrayer définitivement la pêche aux cétacés en inoculant à tous les représentants de l'espèce un virus qui les rend impropres à la consommation. Mais Ann découvre dans les profondeurs de l'océan une réalité dont l'horreur dépasse celle de la simple pêche...


La vieille anglaise et le continent (joli titre en forme d'hommage qui prend tout son sens à la lecture) est une excellente novella de SF, chers happy few, qui renouvelle agréablement la thématique écologique à la mode en ce moment (ce n'est pas un reproche de ma part, les auteurs de SF étant en prise avec le monde qui nous entoure, rien d'étonnant à ce que ce soit l'un des thèmes de prédilection de ce début de XXIème siècle). Dans un style agréable, en alternant le point de vue d'Ann, incarnée dans un grand cachalot blanc, qui découvre la vie marine et perd peu à peu ce qui faisait d'elle un être humain, et celui de Marc, son ancien élève à l'origine de ce projet un peu fou, qui gère l'avancée de la propagation du virus de la terre, Jeanne-A Debats raconte une histoire passionnante où il n'est finalement pas seulement question d'écologie (mais je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler). Sans moralisme, sans manichéisme, cette Vieille anglaise est une grande réussite, à tel point qu'elle a remporté plusieurs prix : le Grand Prix de l’Imaginaire 2009 (nouvelle francophone), le Prix Julia Verlanger 2008 et le Grand Prix de la SF 2008 (connu aussi sous le nom "Prix du lundi"), catégorie nouvelle francophone. Des récompenses amplement méritées pour une novella à lire absolument!

Jeanne-A Debats, La vieille anglaise et le continent, Griffe d'encre, 71 pages

Les avis enthousiastes de Lucile (oups, j'ai donné à mon billet le même titre que le sien, les grands esprits...) et de Chimère

PS : l'illustration de couverture est de Christophe Sivet, mais par un concours de circonstances, j'ai un dessin d'Alain Valet en dédicace : une magnifique baleine-garou (vous souvenez-vous ?) (je suis en train de faire baisser ma PAL spinalienne, sera-t-elle à zéro au moment des Imaginales ? Je me le souhaite!)


16.09.2008

Nods, go home!

poubelle.jpg Dans un futur (pas si ?) lointain, les Nods, des aliens tripodes en provenance de la planète Nodule ont débarqué sur la Terre. Pacifiques et omnipotents, ils décident de ce qui est bien pour l'humanité et prennent des décisions à la place des terriens, incapables de garder leur planète propre. Jusqu'au jour où ils passent à la phase B de leur plan et que les humains commencent à perdre la tête. Littéralement.


Attention, chers happy few, Les poubelles pleurent aussi, novella de Guillaume Suzanne, est un petit joyau! Dans un monde pas très gai, et qui emprunte quelques traits au nôtre (comme l'interdiction de fumer qui prend ici des proportions inattendues), Suzanne campe une histoire férocement drôle qui revendique clairement l'influence de Fredric Brown (dont Martiens, go home! est carrément cité) et de Douglas Adams (je ne peux pas croire que l'intervention du chiffre 42 à un moment clé de l'histoire soit un pur hasard, et j'ai vu l'influence du Guide du routard galactique dans les noms des personnages par exemple), et comme ses illustres prédecesseurs, Guillaume Suzanne fait preuve d'un humour délirant et d'une ironie mordante pour décrire le monde qu'il a créé. On y croise par exemple des maisons explosives, des poubelles fétichistes qui parlent, un comédien élu président qui lit ses fiches et se débat avec ses cravates ou des villes nommées Question et Réponse. L'histoire, assez classique, d'invasion et de faux-semblants (les aliens ne sont pas aussi pacifiques qu'ils veulent bien le faire croire, le président est manipulé, l'humanité est en danger), est une belle métaphore autour de la liberté d'expression et d'action, qui pose la question du bien-fondé des régimes politiques "dirigistes" : peut-on décider de tout et tout contrôler, tout interdire, pour assurer le bien d'un peuple ? Jusqu'au où faut-il priver les gens de liberté pour qu'ils soient "heureux" ? Et si les deux premières parties (intitulées "Phases") laissent encore l'espoir au lecteur de voir l'humanité se révolter et reprendre ce qui était sien, la troisième, quasi-dickienne, laisse au lecteur le goût amer des batailles perdues. Une réussite totale, chers happy few.


Guillaume Suzanne, Les poubelles pleurent aussi, Griffe d'encre, 74 pages (en souscription sur le site jusqu'au 20 septembre puis à la vente)


Rentrée littéraire 2008

L'avis tout aussi enthousiaste de Lucile
Le billet de Brize


PS : et de 7! (romans de la rentrée littéraire) J'ai donc complété, quasiment à l'insu de mon plein gré, le Challenge du 1% littéraire de Levraoueg. J'ai fini un challenge. Moi. (Certes, je n'étais pas officiellement inscrite, but seriously, who cares ?)