05.01.2009

There is no Mr Darcy

Après un premier billet avec un sexy man inside, je vous propose un peu de Jane Austen, histoire de placer 2009 sous les auspices conjugués de la sexytude, des classiques et de la littérature anglaise, qui seront, n'en doutons pas, les maîtres mots de cette année qui débute (c'est là qu'en fin d'année on se rendra compte que je n'aurai lu que de la littérature moldave contemporaine et que je me serai fait une rétrospective Aldo Maccione et je passerai pour une idiote mais qu'importe).

miss austen.jpg Jane Austen approche de la quarantaine. Elle vit avec sa mère et sa soeur Cassandra, dans un cottage du Hampshire qui appartient à Edward, son frère aîné, et elle cherche à faire publier Emma. Sa nièce, Fanny, lui demande alors son opinion dans une affaire de coeur : doit-elle épouser Mr Plumptre s'il se déclare ?


Dans ce biopic très réussi (genre qui est décidément l'apanage des Britanniques qui y excellent), ce sont donc les deux dernières années de la vie de Jane Austen qui se déroulent sous nos yeux. On y découvre une jeune femme brillante et drôle, à l'esprit caustique souvent irrévérencieux, qui n'hésite pas à remettre à leur place ses interlocuteurs et à se moquer d'eux (comme dans une scène fort drôle où elle imite le chapelain du Régent, qui vient de la recevoir pour le thé). Elle a un comportement qui fait hausser le sourcil des bien-pensants (elle boit avec sa nièce puis va médire des gentlemen qui bavardent au salon, à l'abri derrière la fenêtre) et surtout de sa mère, acariâtre et parfois cruelle, qui lui reproche d'être à l'origine de leur pauvreté puisqu'elle a refusé la demande en mariage de Mr Bigg, une douzaine d'années auparavant.


miss-austen-regrets.jpg

Au-delà de la peinture du caractère de Jane, qui, pour le peu que j'en sais, a l'air assez proche de l'idée que nous en avons au travers des lettres d'elle qui nous restent et de celles de sa soeur, ce téléfilm tente de répondre à la question qui taraude les amateurs de Jane (mais pourquoi donc ne s'est-elle pas mariée ?), en dressant le portrait doux-amer d'une femme qui a tenté, dans la mesure de ses faibles moyens, de mener la vie qu'elle entendait mener avec la seule arme qui était à sa disposition : refuser le mariage tant qu'il n'était pas d'amour. On y découvre une femme tout entière remplie du désir d'écrire, qui regrette de n'avoir pas su mettre sa mère et sa soeur à l'abri du besoin, ses frères s'en révélant finalement incapables. J'ai trouvé ce téléfilm très émouvant, sans conteste en grande partie grâce au jeu d'une impressionnante justesse d'Olivia Williams, qui est tout bonnement formidable (comme le reste de la distribution d'ailleurs). La réalisation, loin de tout académisme, rend la romancière éminemment vivante. Une réussite.


Miss Austen regrets de Jeremy Lovering, avec Olivia Williams (Jane Austen), Imogen Poots (Fanny Austen Knight), Greta Scacchi (Cassandra Austen), Hugh Bonneville (Révérend Brook Bridges), Adrian Edmondson (Henry Austen), Jack Huston (Charles Haden) et Phyllida Law (Mrs Austen)..., BBC DVD, malheureusement il n'y aucun bonus ce qui m'a fait un peu râler, j'avoue tout (car je me suis prise d'une passion pour les bonus DVD, j'ai même passé une heure l'autre jour à regarder les bonus de Lara Croft) (en fait j'attendais une interview de Daniel C., mais d'interview point, c'est la déception de la semaine, chers happy few).


Merci infiniment Lilly pour le prêt!

L'avis d'Emjy, conquise aussi.


PS : le titre de mon billet est emprunté à Jane qui dit qu'elle n'a jamais rencontré de Darcy, parce que la seule manière d'en rencontrer un, c'est de l'inventer.
PSbis : parce que je suis frustrée de n'être inscrite qu'à un seul challenge, emportée par un élan masochiste limite pulsionnel, j'ai décidé, chers happy few, de me lancer dans un Jane Austen Challenge 2009. Les règles ? Relire tous ses romans, visionner toutes les adaptations sur lesquelles j'arrive à mettre la main et lire au moins une biographie et un ouvrage critique (de type universitaire) sur Jane et son oeuvre. S'il y a des volontaires parmi vous, chers happy few, inscrivez-vous dans les commentaires : plus on est de fous, plus on lit (proverbe moldave, évidemment)!