09.08.2011
L'ère des fornicatrices - Janet E. Morris
Pour toute réclamation concernant ce billet, veuillez vous adresser à mes trois commentateurs fidèles et assidus qui ont exigé à l'unanimité que je vous éclaire sur le chemin de la kulture la plus pointue en vous parlant de ce petit chef d'oeuvre de la SF New Age. (Ah, je vois que vous faites grise mine, vous qui vous attendiez à de l'érotisme torride, mais vous l'avez cherché, tant pis pour vous dande de coquinous.)
(Où je recopie la quatrième de couverture.) (Enfin, presque.)
Après un lointain voyage où elle a accompli le rite prescrit par son destin (oups, serait-ce un tome 2 que je tiens entre mes petites mains bronzées ?), Estri, la Grande Fornicatrice (mmmh, voilà un titre intéressant, comment fait-on pour l'obtenir, et, plus important, comment fait-on pour obtenir les majuscules qui vont avec ?), a été rejetée sur Silistra, sa planète (on a connu nom de planète plus glamour, genre Tatooine), mais loin du Puits d'Astria où elle régnait sur des milliers de sujets (ben dis donc, c'est du puits de compétition, ça déconne pas), où les désirs de son corps faisaient la loi (la quatrième de couverture a manifestement été écrite par le même que celui qui fait les quatrièmes de couv' Harlequin, mais avec plus de mots). Elle erre dans le désert brûlant, désespérant de survivre (en fait, pas du tout, elle reste allongée dans le sable pendant trois jours, c'est quand même moins fatiguant). C'est alors que deux chefs Parsets la recueillent. (C'est toujours mieux que les Jawa.) Sauvée ? (La tension monte.) Les Parsets sont un peuple farouche, marginal, fier de sa virilité. (Quand je disais que c'était mieux que les Jawa.) Estri deviendra leur esclave : réduite aux plus durs travaux (id est : changer la litière des threx une fois), livrée à tous les caprices de ses maîtres (id est : contrainte de réchauffer la couche du marginal, farouche et fier de sa virilité Chayin ; mais malgré une première fois peu satisfaisante, elle ne se plaint pas, car "elle a appris l'art de séduire les hommes" et elle aime le mettre en pratique). Mais lorsqu'on est Estri, une femme d'une beauté souveraine (quand je disais que Harlequin n'était pas loin), lorsqu'on a le don de lire dans la pensée d'autrui, peut-on se résigner à pareil sort ? (Le peut-on, je vous le demande.) Pour recouvrer sa liberté, Estri usera de tous ses sortilèges... (et d'une épée, c'est important de ne pas l'oublier) (par contre, le gros lézard qu'elle caresse voluptueusement sur la couverture, je n'en ai pas vu la queue, j'ai été obligée de noyer ma déception dans les cupcakes au lemon curd, ce fut une vision insoutenable, croyez-moi sur parole)
J'ai acheté ce bouquin tûtafètement par hasard, de manière aussi fortuite qu'hasardeuse, tentée par ma copine Chiffonnette qui m'a narguée avec le tome suivant ("Oh regarde Fashion, de la SF vintage au titre évocateur, hein que ça te fait envie ?"). Hélas, ma convoitise a été bien mal payée de retour, parce que cette Ere des fornicatrices (traduction ô combien littérale du titre original, The golden sword) est un gloubi-boulga mystico-spiritualo-new age où l'intrigue (ou ce qui en tient lieu) est noyée dans un fatras de réflexions pseudo-philosophiques sur le pouvoir (si on tue quelqu'un on en prend la place, c'est bien, c'est facile), les divinités qui se font la guerre (mais quelles vilaines), les épreuves que doivent accomplir les pauvres femmes qui ne sont que le jouet des hommes, et des situations proprement incompréhensibles (l'histoire progresse par à coups, on ne sait jamais qui est qui, qui doit faire quoi et mieux, pourquoi, mais je suis une pinailleuse, my bad). Et il faut ajouter à ça des phrases qui m'ont fait douter du bon état de marche de mon cerveau. Par exemple, Chayin-le-viril et Hael-son-frère font une partie de je ne sais quoi qui est un jeu divinatoire au début du récit, ce qui donne lieu à des phrases du type : "Sur le plateau des Catalyseurs, la lance et l'écu, sur le rouge, indiquent les éléments nécessaires. Le sablier, sur le noir, représente la volonté dominante. Nous avons donc ce qui est prédéterminé par les exigences du temps. La femme, qui se trouve sur l'or, est l'émissaire par lequel agit le sablier." (Et Dieu dans tout ça ?) Ou encore : "'Tri' est le terme qu'emploient les devins pour définir le processus stochastique permettant de séparer les probabilités inhérentes à un moment donné." (Certes, mais que mange-t-on ce soir ?) Heureusement pour ma compréhension noyée dans cette dialectique kantienne, on trouve aussi des phrases du genre "Mais on ne peut entendre, lorsqu'on est sourd." (Vous me rédigerez dix pages police 10 interligne simple où vous tenterez de réfuter cette phrase d'une profondeur abyssale, exemples littéraires à l'appui.) Un chef d'oeuvre, donc, assurément.
Janet E. Morris, L'ère des fornicatrices (The golden sword), J'ai lu, traduction aléatoire de J. P Pugi, 1982 pour la traduction française, 1977 pour la première parution en VO. Il s'agit du deuxième volume d'une tétralogie (enfin, il me semble). Ne le cherchez pas neuf, on ne le trouve que d'occasion. Enfin, ne le cherchez pas tout court. Pour ceux qui aiment vraiment vivre dangereusement, je donne mon exemplaire, il suffit de me le demander gentiment dans les commentaires.
14:09 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : faites attention avant de me réclamer, des billets sur les autres titres, mouarf