L'heure est grave, chers happy few. Farpaitement.
Il y a longtemps que je n'ai pas consacré une petite chronique à Colin. Très longtemps. Trop longtemps.
Pour réparer cette terrible erreur, et dans l'intérêt de la kulture (car vous me connaissez, chers happy few, et vous savez que rien ne m'arrête quand il s'agit de faire du bien à nos cerveaux), je suis allée voir :
1928. Larita (Jessica Biel), jeune pilote de course automobile et américaine, épouse le très jeune John Whittaker (Ben Barnes, mignonnet avec le charisme d'une olive), très peu de temps après avoir fait sa connaissance à Monaco. Le jeune homme la ramène en Angleterre pour la présenter à ses parents. Mais la mère de John (Kristin Scott-Thomas, parfaite) prend tout de suite en grippe la jeune femme, qui introduit dans cette famille coincée composée d'un père cynique et en retrait (Colin Firth, parfait, évidemment) et de deux soeurs hystériques, un vent de liberté et un parfum de scandale...
(Colin en mécano, décidément cet homme sait tout faire, chers happy few.)
Un mariage de rêve (Easy virtue dans la langue de Shakespeare, titre autrement meilleur, mais passons, car point ne pinaillerai, chers happy few), est l'adaptation d'une pièce de Noël Coward, qui mêle avec beaucoup d'habileté des passages de comédie pure (souvent emmenés par une étonnante Jessica Biel, que je n'avais vue jusqu'à présent que dans des rôles sans intérêt, dont l'inénarrable Furtif, que je ne saurais trop recommander), et des passages de comédie de moeurs ma foi fort bien troussés. Mise en scène de la gentry anglaise de l'entre deux guerres, très guindée et emprisonnée dans ses codes, ses bals et ses chasses à courre, ce film montre comment une pièce rapportée fait éclater le fragile équilibre qui règne dans une famille où règnent l'hypocrisie et les non-dits. Le personnage du père, Jim, est à ce titre exemplaire, homme que la guerre a totalement transformé, ce que tout le monde feint consciencieusement d'ignorer. C'est d'ailleurs l'un des personnages les plus intéressants du film, avec celui de Larita, cette jeune femme qui semble avoir tout pour elle mais qui cache des blessures derrière ses jolies blouses et sa coiffure impeccable. L'analyse des sentiments, l'évolution des relations entre Larita et John, la montée en puissance des méchancetés de la belle-mère, les répliques qui font mouche, les scènes "spectaculaires" (comme la chasse à courre ou le tango, réécriture de nombreuses scènes de bal dans la lignée de l'inoubliable scène d'Autant en emporte le vent), tout concourt à faire de ce film une réussite, chers happy few.
Un mariage de rêve de Stephan Elliott, en salles actuellement un peu partout. A noter que la bande originale est formidable, elle m'a beaucoup plu, je me tâte même pour l'acheter, ce que je n'ai pas fait depuis... Mamma Mia. Décidément, Colin me fait faire des choses folles, chers happy few.