21.12.2009
Go to Hell!
Samuel a 11 ans, il vit dans la petite ville de Biddlecombe, en Angleterre, avec sa mère, récemment séparée de son père. C'est un enfant que tout le monde trouve un peu bizarre, parce qu'il s'intéresse à des choses qui ne sont pas de son âge comme la philosophie de St Augustin ou la physique quantique. Il se rend compte un beau soir que ses voisins, les Abernathy, se livrent à une activité pas très nette qui malheureusement pour eux ouvre rien moins que les portes de l'Enfer. Voilà Samuel bien obligé de sauver le monde.
J'ai tellement aimé Le livre des choses perdues de John Connolly que j'ai acheté sans hésiter et sans même lire la quatrième son dernier opus, dont l'accroche qui figure sur la couverture est déjà tout un programme : The gates of Hell are about to open... Mind the gap. Et j'ai bien fait d'agir ainsi comme une lectrice totally wild chers happy few, parce que ce roman manifestement pour adulescents (encore que je l'ai trouvé au rayon adulte chez Waterstone's) est un petit bijou d'humour. Sur une trame ultra-classique d'Apocalypse, Connolly a bâti une histoire drôlatique qui met en scène des personnages totalement improbables et très attachants : Samuel est aidé dans sa lourde tâche de sauveur de l'humanité par son chien, Boswell, Tom et Maria, ses deux amis, respectivement champion de cricket et championne de maths et surtout par Nurd, le Démon bien peu démoniaque, exilé par le Grand Méchant (qui s'appelle ici the Great Malevolence) dans un endroit terriblement ennuyeux de l'Enfer et qui se retrouve bien malgré lui sur terre, où il découvre que l'on peut conduire des Porsche, manger des chewing-gums et surtout avoir des amis, ce qui est franchement bien plus sympa que rester pour l'éternité assis sur son trône à ne rien faire. The gates est un roman inventif et trépidant dans lequel on apprend grâce aux notes de bas de page quelques bricoles sur les accélérateurs de particules, l'emploi de l'article défini 'le' dans les noms de rois ou le plafond de la chapelle Sixtine, où l'on découvre que l'Enfer est rempli de démons de tous ordres comme Schwell, le démon des chaussures inconfortables ou Eric, bien connu des élèves puisqu'il est le démon de la ponctuation fautive, où l'on croise un évêque diabolique, des morts-vivants et des policiers flegmatiques et où l'humanité, confrontée au pire, réagit avec une étonnante capacité d'adaptation, se servant d'armes improvisées qui vont de la batte de cricket à... la pinte de bière (en même temps, on est en Angleterre, donc rien de bien étonnant). Une réussite, chers happy few : il ne reste plus qu'à espérer que la traduction française est prévue pour bientôt.
John Connolly, The gates, Hodder & Stoughton, 264 pages, 2009
Challenge Lire en V.O
(Plus qu'un et j'aurai fini le Mini-Challenge.) (Oui, je sais, c'est incompréhensible cette façon que j'ai de tenir mes challenges 2010 alors que l'année n'a même pas débuté. Encore une enquête pour Mulder et Scully. Je dis ça, je dis rien, comme d'habitude.)
21:18 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Fantastique, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : john connolly, the gates, il faut se méfier des livres écrits en latin, et des voisins en robe noire, et des évêques maléfiques