02.08.2009

L'évangile selon Malchus

cinquième évangile.jpgTheo Griepenkerl est un obscur linguiste canadien spécialiste de l'araméen, auteur de quelques articles aux titres comme on les aime (ou pas) qui n'ont pas révolutionné la face de la recherche. Envoyé par ses supérieurs en Irak pour négocier l'achat d'oeuvres d'art, il découvre, une partie du musée de Bagdad ayant été éventrée sous ses yeux par une bombe, neuf rouleaux de papyrus : les mémoires de Malchus, qui a été témoin des derniers jours du Christ. Sans s'embarrasser outre mesure des éventuelles conséquences de son acte, Theo vole les papyrus, les traduit et fait éditer le texte. Les ennuis ne font que continuer.

 

Voici un très court roman, chers happy few, que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire : dans un style très alerte et souvent drôle, Michel Faber dépeint les affres du chercheur sans envergure (et profondément antipathique dans sa veulerie) qui n'a jamais rien trouvé et qui, quand LA découverte lui tombe enfin toute cuite dans les bras, ne pense qu'à l'évidente fortune qu'il pourrait en tirer. Il ne se dit jamais un seul instant que les chrétiens de tous les pays pourraient avoir des raisons de lui en vouloir, le manuscrit de Malchus, pourtant croyant, démystifiant totalement le calvaire, la mort et la résurrection de Jésus, et se montre avant tout avide de gloire et de reconnaissance, rêvant d'une destinée à la Dan Brown. Certains passages sont hilarants, comme celui sur Amazon et ses commentaires criants de vérité, ("Je n'ai pas encore lu ce livre mais je suis très impatiente de le lire alors je le commente d'avance [...] j'ADORE déjà ce livre" écrit par exemple une lectrice (sic) du Nouveau-Mexique) ou les raisons qui ont poussé certains à lui en vouloir plus que d'autres (je n'en dis pas plus sous peine de spoiler, ce que je ne fais jamais évidemment). On pourra regretter une fin un peu tirée par les cheveux mais la vivacité ironique de ce qui précède nous pousse au pardon , ce qui, après tout, est de circonstance, chers happy few.

 

Michel Faber, Le cinquième évangile (The Fire gospel), Editions de l'Olivier, traduit de l'anglais par Adèle Carasso, 197 pages, 2009 pour la traduction, 2008 pour la première édition et une couverture immonde, mais ça n'engage que moi, évidemment.

 

Les avis d'Amanda et Cuné (merci pour le prêt!).

 

(PAL de vacances : - 7)