29.12.2008
Frondeurs et Loyalistes
1648. Dans un royaume de France aux mains de la Régente, Anne d'Autriche, les nobles, qui haïssent Mazarin et voient là l'occasion de prendre le pouvoir, s'allient : c'est le début de la Fronde. Le Cardinal, qui ne s'avoue pas si vite vaincu, engage un homme, le général d'artillerie Loup de Pomonne, comte de Nissac, homme intègre et parfaitement loyal et le charge de monter un groupe d'hommes décidés et prêts à tout. Leur but : déstabiliser les Frondeurs et permettre à l'armée royale de l'emporter. Les Foulards Rouges viennent de naître.
Voilà encore un roman, chers happy few, que je n'aurais pas ouvert sans les blogueuses : c'est Chiffonnette la première qui en a parlé il y a près d'un an, lors d'un Club des Théières consacré au roman historique. Il dormait depuis dans ma PAL, quand Caro[line] a clamé haut et fort son amour nouveau pour Fajardie et son Voleur de Vent qui raconte l'histoire du père de Loup de Pomonne. Et c'est alors que je me suis rendue compte qu'il portait dans son titre un nom de couleur, ce qui lui permettait de rentrer dans le Challenge du Nom de la Rose (vous savez, ce challenge que j'ai décidé de boucler en quatre jours, prise d'une subite pulsion). Cela faisait trop de coïncidences, il me fallait le lire.
Et ? me direz-vous, tenus en haleine par cette introductive introduction pour le moins passionnante. Et je n'ai qu'un mot à dire : "aaaah!", terme certes un peu court mais qui exprime bien tout le bonheur de lecture qui fut le mien tout au long de ces quelques 500 pages. Evidemment, le fait que ce soit un roman historique qui se déroule au XVIIème siècle lui faisait déjà prendre un bon départ, confirmé par la découverte de ce comte de Nissac (qui est Normand le bougre mais qui eut largement mérité d'être Gascon), qui ressemble à mes mousquetaires adorés et m'a fait tout de suite palpiter d'aise : vieille famille noble, un sens de l'honneur bien étonnant en ces temps plus que troublés, un panache magnifique au propre et au figuré, une fascinante aisance dans les armes et dans la politique, une séduction innée envers la gent féminine et des idées politiques très en avance sur son siècle. Quel personnage! Et il est le personnage principal d'une histoire riche en rebondissements réels et imaginaires, pleine de détours et de coups fourrés, d'humour, d'amour, de duels et de batailles, de complots et de trahisons, de baisers et de torture. On croise aux côtés des gentilhommes et des galériens qui forment les Foulards Rouges, des personnages célèbres ma foi fort bien campés, qui prennent une ampleur tout à fait passionnante comme Condé, qu'on suit dans ses méandres politiques et dans ses incroyables décisions militaires. Fajardie se sert aussi parfaitement de la géographie du Paris de l'époque, que l'on voit véritablement vivre sous nos yeux, sans aucun didactisme, avec un naturel incroyable. Il mêle à l'histoire de ces Foulards rouges, une histoire beaucoup plus moderne de tueur en série, ce qui lui permet d'introduire un personnage fabuleux, celui de Jérôme de Galand, chef de la police. Le tout est raconté de manière vive et enlevée, parfois fougueuse (les scènes de batailles sont fabuleuses, ah, les canons de la Bastille qui tonnent contre le roi sur les ordres de la Grande Mademoiselle!) avec un style vieilli qui imite le Français du XVIIème, style qui en rebutera peut-être certains mais qui a pour ma part augmenté le plaisir incroyable que j'ai eu à passer deux jours (qui furent trop brefs) aux côtés de ces hommes! Fajardie est ma dernière découverte de 2008, et quelle découverte!
Frédéric H. Fajardie, Les Foulards rouges, Le Livre de Poche, 2001
Le billet de So, avec qui je suis entièrement d'accord mais j'ai aimé tout ce qu'elle lui reproche, car parfois la vie est ainsi faite, chers happy few.
Un plan du Paris de l'époque et les lieux évoqués sur le site Terre des écrivains
PS : ce roman rentre parfaitement dans la thématique du Swap Saint Valentin car il y a de belles histoires d'amour en plus. Pâmons-nous.
PSbis : merci Chiffonnette pour le prêt! Je te dois ma reconnaissance éternelle. Au moins.
PSter : ce roman rentre donc dans le challenge Le Nom de la Rose, catégorie couleur, 3 romans lus sur 6. Le suspense est insoutenable.
06:30 Écrit par fashion dans Challenge le Nom de la Rose, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : fajardie le nouveau patounet ?, des plumes et des mousquets, je vais me lancer dans l'escrime tiens, moi aussi je veux un château sur la plage, (en toute simplicité of course)