03.08.2011
"Il est bien rare qu'un mauvais livre n'ait pas un mérite quelconque pour un homme instruit."
On ne saurait mieux expliquer mon pervers penchant pour la romance. Et les harlequinades. Et les romans de SF vintage (Chiffonnette, j'ai moi aussi déniché un exemplaire de L'ère des fornicatrices, je ne suis qu'expectitude). Et les romans jeunesse écrits à la truelle (ah non, ça en fait, je me suis lassée, nul n'est parfaite).
Mais commençons par le commencement, chers happy few : where que j'ai bien pu dénicher cette citation qui me donne des envies de dissertation ? (Le premier qui fait mine d'écrire quelque chose d'approchant, même de loin par temps de brouillard, du célèbre DTC cher au coeur des adolescents méchus, sera privé de choucroute.)

Là.
Dans Des bibliothèques pleines de fantômes de Jacques Bonnet.
(Cet ouvrage a été publié en 2008, je suis, comme vous pouvez le constater à la pointe de la modernité.) (La Rentrée littéraire, ce monument d'idiotie française arrive, j'ai réussi à limiter la casse, je ne lis que pour Chroniques de la Rentrée littéraire, et encore, avec mollesse et parce que j'ai mangé des bébés koalas dans une vie antérieure, je ne suis que joie, fini le temps où je me fadais une quarantaine de romans de la Rentrée, les nouveautés ne passeront plus par moi.)
Bon. Et sinon, il fait beau chez vous ?
Oh, ça va, hein, si la galéjade n'est plus permise, où va-t-on entre le bar et la pétanque, je vous le demande. (Je dis ça mais je ne pétanque point, ça demande trop d'effort.)
Des bibliothèques pleines de fantômes est un petit essai sur les acheteurs compulsifs de bouquins (qui sont en général, comme c'est étonnant, doublés de lecteurs compulsifs) et sur le grand drame de leur vie : comment et où ranger tous ces livres que nous achetons avec ardeur ? (Certains plus que d'autres, moi, par exemple, je suis un modèle de sagesse palesque, je n'ai acheté que 19 romans ces derniers 15 jours, je gère le pâté comme dirait un ado de ma connaissance.) Jacques Bonnet fait partie de ce club pas si fermé des possesseurs de plus de 10 000 ouvrages (ça fait peur, je sais, à moins d'habiter un modeste château en banlieue ouest, en toute simplicité, of course) (bon, en fait, il s'avère après estimation a visto de naz comme on dit chez moi que j'approcherais dans mon appart' parisien des 3 500 ouvrages) (quand on sait que je désherbe énormément, que je donne beaucoup et que j'emprunte depuis des lustres, mon dieu, si je ne faisais pas tout ça, il y a longtemps que j'aurais péri ensevelie sous mes livres et mangée par mes chiens) (ah, je n'ai pas de chiens, ouf) et (vous croyiez que je m'étais fait avoir par toutes ces parenthèses, mais non, mouhahahahaha, je surgis de la dernière, telle une warrior de la syntaxe) donc, disais-je, Jacques Bonnet nous livre quelques réflexions sur la façon de ranger une bibliothèque (il en déduit brillamment qu'il y a autant de façons de ranger que de lecteurs, avouez que vous n'y auriez pas pensé tout seuls) et sur ce rapport très particulier qui unit le lecteur aux livres. Rien de nouveau sous le plafond de la bibliothèque pour cet ouvrage certes plaisant à lire mais qui souffre d'un problème de cible. Les LCA que nous sommes n'apprennent rien et baîllent (il paraîtrait même qu'ils siestent), les autres n'ont à mon avis même pas l'idée d'ouvrir ce genre de bouquin : franchement, vous iriez lire un traité de pêche à la mouche pour mieux comprendre cette addiction, vous ? C'est bien ce que je pensais.
Jacques Bonnet, Des bibliothèques pleines de fantômes, Denoël, 138 pages, 2008
D'autres avis ? Leiloona, Keisha, Lou, Bladelor...
15:59 Écrit par fashion dans Essais | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : je retourne à mon rosé, demain un roman de haute volée, comme d'habitude