10.12.2010

Single father

singlefathercover.jpgDave (David Tennant) (non, je ne commente pas, chers happy few, car parfois je sais me tenir), photographe, vit avec Rita (Laura Fraser), institutrice vacataire, depuis treize ans. Ils élèvent ensemble quatre enfants : Lucy (15 ans), que Rita a eu d'un autre homme et qui ne connaît pas son père, Paul (11 ans), Ewan (9 ans) et Evie (6 ans). En se rendant à l'examen qui lui permettra de devenir institutrice titulaire, Rita, à vélo, est percutée par une voiture de police et meurt sur le coup. Dave se retrouve seul avec son chagrin et ses enfants.

 

Avant de regarder les quatre épisodes de Single father, chers happy few, je m'attendais à une série sur le deuil, avec des bons sentiments, des larmes et de l'amour dégoulinant (oui, je suis comme ça, j'ai un petit coeur tout mou qui a des attentes)... et ce n'est pas vraiment ce que j'y ai trouvé, ce qui est en partie dommage. Single father est une série inégale, à mon avis parce que le scénariste, Mick Ford, a dilué son propos en rajoutant un rebondissement qui alourdit l'histoire. En effet, montrer comment ce père aimant mais pas forcément très présent n'arrive pas à faire son deuil correctement parce qu'il veille avant tout sur ses enfants et ne peut pas exprimer ses sentiments aussi clairement qu'il le faudrait, préoccupé par eux avant tout, et analyser la façon dont les autres adultes s'ingèrent eux aussi dans la tragédie (la belle-soeur, l'ex-femme, la grand-mère, la meilleure amie) aurait à mon avis amplement suffi (d'autant que Dave a une autre fille, Tanya, de son premier mariage et que cette dernière a eu un enfant à 15 ans, ce qui est hélas courant en Grande-Bretagne, mais déploie inutilement d'autres personnages qui ne sont qu'esquissés). Mais au lieu de se contenter d'une analyse des sentiments des uns et des autres, dans leur complexité et leur ambivalence, qui, quand elle a lieu est juste et excellemment jouée, Mick Ford s'est lancé dès le deuxième épisode dans une histoire parallèle : Lucy se sentant plus orpheline que ses demi-frères et soeurs, veut retrouver son père biologique, ce que Dave s'engage à faire pour elle. Il doit donc, en plus de son chagrin, affronter le passé de sa femme, en se plongeant dans ses journaux intimes, et se retrouve face à des mensonges et des omissions dont il se serait bien passé.

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Si cela permet d'humaniser le personnage de Rita (non, ce n'est pas une sainte et une mère parfaite), ça en fait quand même un peu trop pour les épaules de Dave et l'apparition du père biologique et de sa famille avec toutes ses conséquences, a tendance à noyer la force émotionnelle de cette histoire, présente seulement par moments. Je pense qu'il y avait dans cette histoire somme toute banale (d'autant que le scénario ne recule pas non plus devant l'incontournable histoire d'amour), matière à faire une série plus puissante, plus singulière et certainement plus "tendue". Single father n'en demeure pas moins une série recommandable, qui présente des moments d'émotion pure (prévoyez les mouchoirs, sensibles happy few), en raison surtout du jeu époustouflant de David Tennant, tout en retenue, dont le chagrin affleure sous les silences et dont les larmes, toujours versées en secret ou retenues sont déchirantes ; il m'a transpercé le coeur à plusieurs reprises (et je dis ça en toute objectivité, je défie quiconque de ne pas le trouver incroyable dans ce rôle, qui est finalement le premier rôle d'homme banal dans lequel je le vois).

Single father, 2010, 4 épisodes de 60 mn chacun, BBC Scotland (oui, ça se passe à Glasgow et David a récupéré son délicieux accent écossais pour l'occasion. Un grand bravo au passage à la costumière, Elaine Robertson, qui lui a concocté une garde-robe qui le rend over sexy, beaucoup de jeans bien taillés ou de velours, avec t-shirts manches longues lose et petit blouson en cuir court. Je valide. Et je soupire.)

Le billet de Carole, dont je partage entièrement l'avis.