03.06.2011
En vrac
Parce que même si je suis retenue prisonnière dans un monde de feu et de glace (j'ai fini le tome 1, j'entame le 2, ben oui, c'est pas 700 pages en police 10 sans marge dans un format semi-broché qui vont me retenir plus que ça non plus) (je suis tellement wild que je mérite un écu et une lance moi aussi, tiens), chers happy few qui aimez le poil (et pas que mérovingien), je ne vous oublie pas, voici, pêle-mêle, quelques informations qui, je le sais, illumineront votre long week-end (enfin, pour ceux, chanceux, qui baguenaudent et folâtrent le long des vertes rivières en chassant le papillon alors que d'autres travaillent vendredi et samedi) (devinez dans quelle catégorie, je me situe, mmmh ?) (voilà, vous avez tout bon, pour me consoler, je corrige quelques copies car je ne suis qu'abnégation, courage et stylo pailleté) (en écoutant l'album des Misérables, car je ne suis aussi que goût musical aléatoire et assumé et j'aime la grandiloquence, fouettez-moi, va, c'est tout ce que je mérite) (par contre merci d'éviter les châtiments à base de Michel Sardou, j'ai déjà donné).

Photo non contractuelle, qui n'a d'autre but que de me faire plaisir.
Et de vous faire rire, aussi, un peu.
Alors, en vrac, je voulais vous recommander la lecture d'Aslak, une bande dessinée de Hub (scénariste-dessinateur de Okko, ma foi plus que recommandable), parue chez Delcourt, qui raconte la quête de trois frères en quête d'histoires pour un cruel Viking qui en a ras-le-casque qu'on lui raconte les mêmes gestes depuis des décades (cela nous rappellerait-il quelque chose, ô lecteurs qui ployons sous les ressucées des mêmes recettes marketées ?). Ce premier volume de ce qui sera une série est habilement scénarisé et suffisamment prometteur pour que la lectrice chatoyante ait envie de lire la suite. Il y a fort longtemps j'avais lu un roman choral de très bonne tenue, Les imperfectionnistes, de Tom Rachman et comme paresseuse is my middle-name, je me contente de vous renvoyer au billet de Cuné, qui dit très bien tout ce que je pense de ce roman (oui, parfois je n'ai qu'un demi-cerveau, so what ?).

Oui, moi aussi, coruscants happy few, quand j'ai vu la photo, j'ai sourcillé.
Et je me suis demandé, le temps d'un battement de cils, dans quelle galère je m'étais fourrée.
Réponse fin juin. Au pire, on ira noyer notre stupéfaction dans la bière, nous aussi.
(Mais quand même, le look Croisière s'amuse vs le Magicien d'Oz, c'est, comment dire... flatteur ?)
Si vous ne savez pas quoi faire un mercredi ou un samedi après-midi et que vous avez, par hasard, des enfants avec vous (vous pouvez en emprunter aussi), courez voir La Belle au bois dormant à La Folie Théâtre : en un peu plus d'une heure, une troupe dynamique et joyeuse propose au jeune public une réécriture du célèbre conte dans lequel le Prince Sébastien vaincra les épreuves pour s'accepter tel qu'il est et sauver ainsi la jeune princesse. C'est drôle, bien écrit, et validé par ma mini-tribu au complet. En revanche, inutile de vous précipiter pour voir Mademoiselle Julie à la Colline : une mise en scène grandiloquente (décidément le travers de ces deux dernières saisons, le début de cette insupportable tendance ayant été signé avec la mise en scène épouvantable des Justes l'année dernière) et des comédiens complètement à côté du texte (et faire du valet Jean un quinquagénaire bedonnant et fatigué, quelle erreur de lecture) : un ratage total.

Voilà qui donne envie de se mettre aux échecs, n'est-il pas ?
Si le dernier opus de Woody Allen m'a laissée totalement froide (il mériterait un billet à lui tout seul mais je n'ai ni le temps ni l'envie de disserter sur ce qui est pour moi un ratage), j'ai trouvé X-men, les origines (X-Men : First class) étonnamment réussi (je sais que mettre dans la même phrase le maître américain et les super-héros Marvel en fera grincer plus d'un mais peu me chaut), en partie grâce à un scénario de très bonne tenue. Ma connaissance du comic book étant très parcellaire, je ne dirai rien sur cette prequel en tant que telle, sachez seulement, chers happy few, que James McAvoy et Michael Fassbender sont parfaits, mais franchement, qui en doutait ? Quant à la série télé adaptée du Trône de Fer (Game of thrones : a saga of ice and fire), elle est excellente : d'ailleurs, je vous en parlerai du coup peut-être réellement, si vous êtes sages, évidemment.


Et n'oubliez, pas, prévoyants happy few : winter is coming.
Hub, Weytens, Michalak, Aslak, Delcourt, 2011 : un aperçu des 20 premières planches ici.
Tom Rachmann, Les imperfectionnistes, Grasset, 388 pages, 2011
La belle au bois dormant, A la Folie Théâtre, rue de la Folie Méricourt, 11ème, samedi et mercredi, 14h30 jusqu'au 2 juillet.
Mademoiselle Julie de Strindberg, Théâtre la Colline, jusqu'au 11 juin.
18:20 Écrit par fashion dans Choses vues | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : david tennant, sean bean, james mcavoy, michael fassbender, que de poils
01.06.2010
Not under the bridge
Dans un futur très lointain, dans une Angleterre étrangement désolée, balayée par des vents glacés et où aucune végétation ne pousse, une équipe de scientifiques volontaires tente de mettre au point de nouvelles cultures qui permettraient de nourrir les habitants d'une Terre malmenée par les changements climatiques. Katie, partie en exploration avec son frère, Karl, le milliardaire philanthrope qui finance cette opération, assiste, impuissante et terrorisée, à la disparition de ce dernier, qui semble comme avalé par la terre. C'est alors qu'apparaît... le Docteur.
Comme je suis (un petit peu) monomaniaque, chers happy few, après la série Doctor Who, après les romans Doctor Who, après les comic books Doctor Who (dont je n'ai pas encore parlé parce que je lis ce qui me tombe sous la main et c'est très désordonné), je me suis lancée dans les audio books (bon, ce n'est pas ma faute, Monsieur le Juge, mais celle de Karine, qui avait glissé ce CD dans le premier colis du Swap au long cours, non mais quelle vilaine). Evacuons tout de suite l'histoire, parce que c'était finalement là le moins important : écrite par Simon Messingham (un habitué des romans DW et des scénarios pour la BBC) directement pour être lue (pas de publication papier), il s'agit d'un épisode qui s'insère quelque part après la fin de la saison 4 et avant les Specials, le Docteur étant tout seul dans son TARDIS, le pauvre. On est ici en présence d'un épisode typiquement doctoresque et de bonne facture : un décor saisissant, une menace d'origine extra-terrestre, un Docteur en pleine forme qui réfléchit vite, court beaucoup et fait quelques blagues, un petit groupe d'humains désemparés qui agissent maladroitement et parfois mal et une intrigue qui ma foi se tient correctement, avec des rebondissements bien distillés.
Mais l'essentiel était pour moi ailleurs, chers happy few, car il s'agissait de ma première expérience d'audio book en anglais et je me demandais si j'allais suivre correctement, même si ma récente expérience de série britannique sans sous-titres avait été un franc succès. Et je dois dire que j'ai bien fait de commencer par un roman lu par David Tennant (que celui qui ricane apprenne par coeur quelques fiches de vocabulaire moldave, tiens), parce qu'à force de fréquenter cet homme, je suis habituée à sa diction et à son phrasé, assez particulier et rapide mais qui m'est familier, ce qui a rendu l'écoute de cet audio book extrêmement fluide et aisée. Le deuxième écueil résidait pour moi dans la nature même de l'audio book : il s'agit d'un roman lu et non d'une pièce jouée, et s'il y a bien une chose que je n'aime guère, c'est qu'on me fasse la lecture (voilà pourquoi je ne me suis jamais intéressée aux livres audio français), même si ici l'objectif était pour moi clairement pédagogique puisque ce roman est en anglais. Et je dois dire que j'ai adoré l'expérience, certainement parce que j'ai trouvé que Tennant était un lecteur hors pair (en tout objectivité évidemment). Il a une façon bien à lui de varier les tons et les accents et de moduler sa voix en fonction des personnages (mais sans jamais la contrefaire), ce qui fait que l'on n'a à la limite jamais besoin des propositions incises (dit Tim, pleura Petra, etc.) pour comprendre immédiatement qui parle, ce qui, vu le grand nombre de personnages (une bonne dizaine) tient du tour de force et il lit les parties narratives avec une grande expressivité. Je suis tellement convaincue que je vais en acheter d'autres (il en a enregistré 5 ou 6 rien que pour Doctor Who et je pense aussi essayer un titre lu par Catherine Tate) et je vois s'ouvrir devant moi des portes inattendues, chers happy few, car certains enregistrements des pièces de Shakespeare n'existent qu'en CD et non en DVD... Monomaniaque forever.
The day of the troll, écrit par Simon Messingham et lu par David Tennant, BBC, 2009, 2 h 20 d'enregistrement sur 2 CD.
Encore merci Karine!

Challenge Lire en VO
17
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Challenge Tennant 2010 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : the day of the troll, audio book bbc, david tennant, il ne faut pas prendre les contes de fée à la légère, et toujours écouter le docteur, ce que tout le monde devrait savoir, quand même, depuis le temps
12.05.2010
"Je fus toute ma vie la victime de mes sens"
Si on m'avait dit il y a quelques mois que je regarderais en anglais non sous-titré une mini-mini série britannique de 3 épisodes consacrée à la vie de Casanova, le plus célèbre des libertins italiens, je me serais gaussée, chers happy few, car voilà bien un personnage qui n'avait jamais suscité le moindre intérêt chez moi. Mais comme je ne l'ai pas fait (car personne dans mon entourage n'a les pouvoirs de Cassandre, thank goodness), je peux donc vous parler en toute liberté de ma dernière découverte. (Oui, je sais, je fais vraiment ce que je veux dans ce salon, ça en devient limite désagréable, vous pouvez me punir en me faisant lire en boucle le dernier Musso, tiens.) (Mais ça c'est uniquement si vous êtes très en colère, hein, sinon un peu de Lévy suffira.)

Casanova (Peter O'Toole) vit ses derniers jours, reclus dans la bibliothèque d'un château qui n'est pas le sien, au service d'un gentilhomme qui n'est jamais là, maltraité par les servantes et ignoré par les autres. Un soir, une jeune fille de bonne famille qui vient d'arriver au château, contrainte de vendre ses services comme servante suite à la mort de son père pourri de dettes, se rend dans sa chambre pour lui porter son repas. Elle le reconnaît pour avoir entendu son père en parler plusieurs fois et le vieil homme lui raconte alors sa version de sa vie...
Casanova est une série particulièrement réussie, chers happy few, certainement en raison de son parti-pris de départ : Russel T. Davies (oui, celui-là même, j'entends déjà certaines whoviennes se mettre à hausser un sourcil), qui a écrit le scénario, a décidé de faire fi de toute réalité historique pesante. Les décors sont réduits au minimum (et certains sont réutilisés dans des circonstances différentes, notamment la salle de bal), les costumes ne sont pas exactement ceux qu'ils devraient être et certaines saynètes sont très éloignées de la réalité historique (je pense notamment à la vision de la cour virevoltante de Louis XV, où les femmes portent la jupe au-dessus du genou et où Casanova est entraîné dans un tourbillon de danses où hommes et femmes l'encensent et tentent de le séduire avant que de le chasser, le tout en cinq minutes à peine). Davies s'est concentré sur la figure de Casanova pour en proposer un portrait personnel tout en s'appuyant sur certains faits décrits dans ses Mémoires : il en fait un homme joyeux, épicurien et léger, cultivé et talentueux (il a un don pour l'apprentissage ce qui fait de lui un musicien hors-pair, un homme qui parle six ou sept langues et qui est capable de se faire passer tour à tour pour un médecin ou un avocat avec autant de succès que s'il en était un), chanceux parce que doué d'une formidable capacité d'adaptation et d'improvisation, doté d'un délicieux talent de répartie, qui joue sa vie sans se soucier des conséquences (il quitte la France en catimini et en quatrième vitesse, ayant perdu toutes ses possessions au jeu, y compris... ses dents) et qui aime vraiment les femmes, qu'il séduit toutes sans distinction mais sans système (Casanova n'est définitivement pas un Dom Juan) . Davies s'est servi de quelques éléments biographiques (la prison, l'évasion, les voyages incessants, l'invention de la loterie et bien évidemment les nombreuses conquêtes) mais il se les est appropriés en les changeant de contexte, ce qui leur donne une autre signification. En effet, pour ajouter une dimension plus profonde à ce personnage déjà terriblement attachant, Davies lui invente un grand amour jamais consommé, celui pour Henriette, une très belle jeune femme née dans la misère et fiancée au duc de Gramani, espèce de bellâtre rigide, amour dont il fait la cause indirecte de l'emprisonnement de Giacomo dans la fameuse prison vénitienne, les Plombs, d'où il s'échappera au bout de quelque temps (Casanova fut le seul à jamais s'évader de cette prison) et de son éternelle cavale.
Bourrée d'inventivité (les scènes muettes avec Henriette, les paroles de Casanova jeune qui se superposent à ce qu'écrit Casanova vieux, les scènes de bal, les scènes de Cour qui fonctionnent en miroir (notamment celles Louis XV et de George II), les jeux autour des portes qui s'ouvrent et se ferment, les remarques sur les langues et les accents alors que tout est en anglais, la relation entre Casanova et Roco, son valet) et d'humour (c'est extrêmement bien écrit et de nombreuses répliques sont délicieuses), excellemment interprétée (Peter O'Toole est touchant dans sa volonté de se raconter sans se justifier et David Tennant, qui incarne Casanova jeune est parfait de grâce séduisante, d'énergie et d'assurance, sans parler des personnages secondaires), Casanova est le portrait enlevé et enjoué d'un jeune homme aimé de la Fortune dans un monde en mutation (la dernière séquence à Naples en est parfaitement représentative). Très réussi.
Casanova, BBC, 2005, scénarisé par Russel T. Davies, avec Peter O'Toole, David Tennant, Rose Byrne, Rupert Penry-Jones... 3 épisodes de 60 mn chacun, zone 2 en import anglais uniquement, mais il semble épuisé (plus disponible sur amazon briton, ni sur le site de la BBC).
Merci infiniment Nataka, grâce à qui j'ai enfin pu voir cette série!
PS : j'ai regardé l'intégralité de cette série en anglais sans sous-titres (ce que je ne fais que depuis peu, depuis le début de la saison 5 de Doctor Who il y a 6 semaines pour être tout à fait précise). Grâce à la fabuleuse diction des acteurs britanniques j'ai tout suivi, ce qui veut dire que je suis prête pour les livres audio. Une marotte de plus se profile à l'horizon, chers happy few. On n'est pas rendu.
PS bis : comme une découverte n'arrive jamais seule, j'ai très envie de lire les Mémoires de Casanova, publiés sous le titre Histoire de ma vie. Et comme la LCA est toujours encouragée dans ses vices, Bouquins en propose l'intégrale en trois volumes. C'est pas ma faute, Monsieur le Juge. Evidemment.
09:54 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : casanova bbc 2005, peter o'toole, david tennant, c'est malin maintenant je veux lire ses mémoires, et la bio de zweig, caroline ne dis rien, je sais
01.05.2010
Takin' over the asylum
Figurez-vous, chers happy few, que contre toute attente, la groupitude peut avoir des retombées inattendues et positives sur la vie des assoiffés de kulture que nous sommes. Si, Si. L'autre jour, alors que je gambadais nonchalamment de la souris sur amazon briton (je devrais prendre des actions chez eux, ils sont devenus mes meilleurs amis, pas moins), j'ai commandé, comme ça, paf, sur une pulsion inexplicable une mini-série de la BBC Scotland de 6 épisodes, datant de 1994 et baptisée Takin' over the asylum. (L'honnêteté intellectuelle qui est la mienne me pousse quand même à préciser que le nom de David T. qui figurait au générique m'a peut-être (très) légèrement incitée à l'achat mais c'est un détail, chers happy few, limite un détaillounet, sur lequel nous allons jeter un voile pudique.)

Et j'ai découvert une série fabuleuse, chers happy few, il n'y a pas d'autre mot.
Je pitche parce que vous le valez bien : Eddie MacKenna (Ken Stott) a presque 38 ans et il mène une vie pas très folichonne à Glasgow. Il est représentant de commerce en double vitrage depuis trois semaines après une vie de petits boulots, il vit avec sa grand-mère envahissante et lituanienne dans un appartement pour le moins miteux et il n'a pour toute compagnie que le whiskey auquel il carbure toute la journée et... la musique. Il est DJ bénévole depuis 8 ans dans un hôpital de la ville et c'est ce qui le fait tenir. Hélas pour lui, son patron décide de donner sa place à une fille plus jeune. Eddie accepte alors de recréer une radio à St Jude's, l'hôpital psychiatrique. Il va y faire des rencontres qui vont modifier sa vie et celles des autres.
Cette mini-série (6 épisodes de 50 mn chacun) est bourrée de qualités, dont la première et non la moindre est l'écriture : le scénario est parfait, il n'y a pas d'autres mots. La façon dont la vie d'Eddie se déploie, dans son travail comme à l'hôpital, est extrêmement fluide et incroyablement juste. On le suit dans les deux univers, celui à la fois impitoyable et ridicule de Twinview, l'entreprise de double vitrage qui l'emploie, dont le patron est un parfait exemple de crétin capitaliste, qui en ces temps de crise motive ses employés à coup de comparaisons idiotes et d'intimidation et celui de l'hôpital et des patients de l'unité dans laquelle se trouve la petite station de radio. Et non seulement les deux mondes se côtoient parfaitement (enfin façon de parler parce que l'un va avoir des répercussions sur l'autre), mais en plus le scénario se paie le luxe de développer l'histoire de quatre patients dont la vie va être modifiée par l'arrivée d'Eddie : Campbell Baine (David Tennant), un jeune homme bi-polaire dont les parents vivent la maladie comme une honte et une malédiction incompréhensible, Fergus (Angus Macfadyen), un schizophrène au QI vertigineux qui passe son temps à s'évader pour mieux revenir, Francine (Katy Murphy), profondément dépressive et Rosalie (Ruth MacCabe), qui souffre d'un sérieux trouble obsessionnel compulsif. Ces patients, qui évoluent au milieu d'autres qui ne font que passer, sont profondément attachants, chacun à leur manière et il y a une incroyable humanité dans ces histoires ; j'ai été totalement prise au jeu et bouleversée par ces destins (j'en ai pleuré à plusieurs reprises, je l'avoue sans honte). Le tour de force de cette mini-série est que la profonde empathie que l'on ressent pour ces êtres humains malmenés par la vie se double sans avoir l'air d'y toucher d'une réflexion sur l'humanité et la folie : qu'est-ce qui fait qu'à un moment de sa vie, on se retrouve de l'autre côté de la barrière ? Pourquoi certains réagissent-ils en développant un trouble psychiatrique alors que d'autres se mettent à boire ou à écrire ? Peut-être parce que comme le dit Campbell, "the only difference between madness and genius is timing", ce qu'il finira par prouver grâce à Eddie, qui lui fournira une porte de sortie inattendue.
Magnifiquement interprétée (je comprends que ce soit le rôle qui ait permis à Tennant de percer, il y est hallucinant de justesse et d'énergie et les autres sont parfaits, Ken Stott en tête), tenue de bout en bout, drôle (car contre toute attente on rit beaucoup), poignante, réaliste (on n'est pas dans un conte de fées et les problèmes ne se résolvent hélas pas d'un coup de baguette magique), dotée d'une bande-son formidable (notamment les Beatles dont les titres de chansons fournissent d'ailleurs les titres des épisodes) et de fantastiques personnages secondaires (la grand-mère d'Eddie est un monument), Takin' over the asylum est une série qui ne mérite que des louanges, chers happy few. Voilà qui est dit.
Takin' over the asylum, réalisé par David Blair, 2 DVD (6x50 mn), 1994, Zone 2 en import anglais uniquement, VO et VOST VO (la série se déroulant à Glasgow, les personnages ont l'accent écossais ; j'ai d'ailleurs appris quelques mots, c'est une série pédogogique en plus du reste, ce qui en fait une raison supplémentaire pour la regarder, chers happy few, évidemment).
06:01 Écrit par fashion dans Challenge Tennant 2010, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : david tennant, ken stott, hôpital psychiatrique, glasgow, aye it's a verry good show indeed

