20.04.2010
Good morning, Your Stakeness
Londres, au XIXème siècle. (C'est peu précis, mais comme ça pas de souci avec la mode et les moeurs, on peut raconter ce qu'on veut, oui elle est maligne cette Colleen Gleason.) Victoria Grantworth, 19 ans, fait ses débuts dans le monde avec deux ans de retard, parce qu'elle a successivement porté le deuil de son père puis de son grand-père. Mais la saison des bals coïncide avec son Appel : elle est l'Elue, une tueuse de vampires issue d'une longue lignée de chasseurs, la famille Gardella. Victoria accepte volontiers cette tâche, grisée par le pouvoir et la liberté que son nouveau statut lui confère, et tombe simultanément amoureuse du beau Philip Rockley, marquis de Lacy. Elle va vite apprendre à ses dépens que la vie de tueuse a du mal à cohabiter avec celle de marquise...
Voilà typiquement le genre de lectures dont j'avais un pressant besoin ces derniers jours, chers happy few (oui, c'est comme les envies de chocolat, ça ne se commande pas ces choses-là) : The rest falls away (ce titre est poétique comme une chanson de Christophe Maé), premier volume de The Gardella Vampire Chronicles, propose une situation de départ téléphonée (que celui qui n'a pas pensé à une certaine blondinette californienne me jette le premier pieu, mais propre s'il vous plaît, il y a des limites à ce que je peux supporter), des personnages tellement clichés qu'ils en deviennent attachants, comme des pantoufles confortables (on sait à l'avance comment ils vont réagir ce qui est très reposant, de la têtue Victoria qui ne peut apprendre que de ses propres erreurs au séduisant Sebastian, le Français à l'allure angélique et au regard diaboliquement séduisant en passant par Rockley, espèce de Darcy du pauvre, sans oublier Max, le tueur, enfin, le Venator (c'est comme ça qu'ils s'appellent ici, faut bien innover un peu et il paraît que Slayer et Hunter étaient déjà pris) aussi séduisant qu'un vampire et aussi mystérieux que... ben un homme mystérieux, quoi) et une intrigue qui déroule ses rebondissements sans temps mort et sans réelle surprise non plus mais en ne reculant finalement pas devant un peu de prise de risque, certains personnages étant fort malmenés. Je me suis laissée embarquer dans cette histoire sans bouder mon plaisir (d'autant que certaines situations sont plutôt drôles), même si la fin et le face à face avec Lilith, reine des vampires, m'ont un peu laissée sur ma faim, ou sur ma soif, devrais-je dire pour rester dans la thématique vampiresque, Victoria se retrouvant victorieuse (mais avec un prénom pareil, rien d'étonnant) de manière un peu abrupte. Colleen Gleason n'apporte pas grand-chose au mythe, excepté son explication initiale : les vampires sont les descendants de Judas Iscariote, damné par Lucifer qui, après son suicide, en a fait le premier vampire. Mouais bof, rien de bien excitant de ce côté-là, donc.

J'ai continué sur ma lancée et j'ai lu dans la foulée le deuxième volume : Rises the night (Colleen n'est décidément pas très douée pour les titres, on est d'accord.) Un an après le tragique événement (si, si, tragique, j'ai même poussé un gracieux "what the f***" en lisant les dernières pages, car parfois le glamour m'abandonne, chers happy few) qui clôt The rest falls away, Victoria apprend que Nedas, le fils de Lilith, a décidé, grâce à un artefact magique, d'ouvrir les portes de l'enfer et de prendre le contrôle de la terre. Outre le fait que ce n'est déjà pas bien original en soi (à croire que la mégalomanie est livrée en option sur tous les monstres que l'imagination humaine a créés), cette histoire est exactement le décalque de l'histoire du précédent volume : Colleen Gleason a remplacé Lilith par Nedas, un livre magique par une espèce d'obélisque (mais de petite taille, hein) et Londres par Rome. Et pourtant, chers happy few, je dois bien avouer que malgré des rebondissements pas toujours nécessaires (notamment tout le passage à Venise), je me suis encore prise au jeu de cette lecture, certainement une fois de plus à cause des personnages masculins, Sebastian et Max, qui méritaient parfaitement leur présence dans le colis du Swap Sexy Men 2. Ils sont beaux comme des stéréotypes (oui, je suis une lectrice facile), chacun d'eux totalement "typé" et donc totalement prévisible (Sebastian est le "bad boy" à l'accent so sexy, pensez-donc il est français le bougre, dont Victoria ne sait jamais si elle doit le gifler ou l'embrasser, c'est ce que j'appelle le syndrome Rhett Butler et Max est l'homme sombre, celui qui demeure une énigme pour Victoria (mais c'est parce qu'elle est un peu cruche quand il s'agit de décrypter les comportements masculins, elle n'a pas lu Les hommes viennent de Mars manifestement), celui qui prend les décisions difficiles et les assume jusqu'au bout, parce que c'est un homme, un vrai, la preuve il est tatoué et piercé) et ils ont fait battre mon petit coeur de lectrice qui comme chacun le sait est parfois tout mou. Malgré les titres gnangnan et les couvertures épouvantables (et qui ne sont finalement pas vraiment le reflet de ce que ces bouquins contiennent), je vais acheter les volumes suivants, tiens. Ne dites rien, chers happy few, je sais que je suis prévisible, moi aussi. Mais que ne ferait-on pas pour faire plaisir à son petit coeur tout mou, je vous le demande.
Colleen Gleason, The Gardella Vampire Chronicles, tome 1 : The rest falls away, 2007, 445 pages ; tome 2 : Rises the night, 2007 aussi, 442 pages, a&b
Un grand merci à Caro[line], qui sur les conseils de Karine (dont le billet sur le tome 1 est ici et la couverture de son édition est plus réussie, car plus représentative), a glissé ces specimen masculins dans mon colis du Swap Sexy Men 2!
Challenge Lire en V.O
14 et 15
(Oui, on peut dire que c'est un challenge qui me tient à coeur, chers happy few. Qui l'eût cru ?)
16:36 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Fantastique, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : colleen gleason, the gardella vampire chronicles, encore des vampires je sais, j'avais pourtant dit vouloir me sevrer, mais je suis faible hélas