19.10.2010
Real men always have duct tape in their trucks

A l'approche de Noël, Bill, l'horripilant vampire macho avec qui Sookie entretient une liaison depuis quelques mois, disparaît. Eric, le sexy vampire viking, accessoirement shériff de la région 5 (je l'ai lu en anglais, je n'ai aucune idée de la traduction de "area", les happy few qui lisent cette série dans la langue de Molière me pardonneront) et patron de Bill, demande à Sookie de bien vouloir mettre ses talents de télépathe à son service et de partir à sa recherche à Jackson, chaperonnée par Alcide Herveaux, le loup-garou à la plastique beaucoup plus avantageuse que son nom. Oui mais voilà, Bill était distant depuis quelque temps ; il a non seulement caché des choses à tout le monde, mais il a en plus renoué avec une ancienne flamme. Y en a vraiment qui cherchent la lame pour se faire décapiter, je dis ça, je dis rien.
Vous l'aurez compris, chers happy few, en ce moment, j'ai des envies de morsures non fatales, de vampires chauds comme des baraques à frites et de dialogues à deux pence : non, je n'ai rien à vous avouer, sauf peut-être que je suis ravie d'avoir sorti mon sublime manteau offert par les copines et que j'ai besoin de me changer les idées avec tous les romans que je suis en train de lire pour le Grand Prix du Web. Que voulez-vous, je suis une lectrice faible qui aime la bit-lit, envoyez-moi Angel, tiens, pour me punir, il saura prendre des mesures adaptées. J'ai donc pioché dans ma minuscule PAL ce troisième volume de la série de Charlaine Harris, True Blood (j'ai chroniqué les deux premiers tomes ici pour ceux qui auraient peur de ne pas suivre) (et je peux les comprendre, parce que c'est quand même de la littérature de haute volée, limite Bram Stoker doit se retourner dans sa tombe) (en gloussant, certes, mais il faut bien que l'éternité se passe). Bon alors, même s'il m'en coûte de l'avouer, chers happy few, l'intrigue de ce Club dead (Mortel corps à corps dans sa littérale traduction) tiendrait aisément sur le lobe frontal de Bubba, le vampire qui a le QI d'une huître avariée et qui aurait mieux fait de ne pas être ressuscité (mais ce n'est pas tous les jours que le vampire de faction à la morgue voit arriver le corps du King, il a eu un moment d'égarement dû à sa fanitude, on peut le comprendre) (ou pas). C'est que l'histoire tricotée par Charlaine Harris n'est pas seulement légère, elle est aussi un peu stupide. En effet, Sookie va sauver Bill le moisi (mais qu'elle l'oublie une bonne fois pour toutes et choisisse un homme qui présente un quelconque intérêt, parce qu'un vampire qui non seulement rumine toute la sainte nuit, est possessif, macho et a deux cents ans de retard en terme de relations homme/femme, et cerise sur l'indigeste gâteau, est totalement dénué du moindre sens de l'humour (ce qui devrait être interdit par la Convention de Genève, il n'y a rien de pire qu'un homme sans humour, believe me), mérite le pieu) (c'est d'ailleurs là qu'il fait preuve de ses seuls talents) (mais je m'égare), donc disais-je avant d'être violemment interrompue par moi-même, le secret de Bill est totalement idiot (tout ça pour ça, franchement, me suis-je dit en finissant le paquet de fraises tagada) et le seul meurtre est résolu en deux coups de cuiller à pot et un dialogue surréaliste. Mais comme vous commencez à me connaître, pragmatiques happy few, vous savez qu'il m'en faut plus pour me laisser abattre : de la sexytude, des dialogues fendards, un Eric au meilleur de sa forme, un loup-garou plein de potentiel, voilà qui a permis à ce roman de remplir haut la main son contrat de funitude attendue. Et comme en plus il était en anglais, c'était une lecture pé-da-go-gi-que. Ben quoi, c'était la première fois que je rencontrais le terme "hubbub", ce n'est pas rien.
Charlaine Harris, Club dead, Ace fantasy/mystery, 292 pages, 2003

Challenge Lire en V.O
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21:40 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Fantastique, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : charlaine harris, true blood 3, et dire que je n'ai pas accroché à la série télé, du tout, malgré l'excellente anna paquin, et alan ball au scénar, eh oui la vie est pleine de surprises et de désagréments, mais c'est pas grave, il reste les copines, les comédies musicales et david chou
14.03.2010
I like my men striking, viking and... vampire

Sookie Stackhouse est serveuse dans un bar de Bon Temps, une petite ville de Louisiane. Elle a 25 ans et elle est considérée par les habitants de la ville comme une freak parce qu'elle est télépathe. Elle mène une vie routinière et solitaire jusqu'à ce qu'arrive en ville Bill Compton, un vampire extrêmement reposant puisque ses pensées demeurent inaccessibles à la jeune femme. Soukie tombe amoureuse de Bill, découvre l'étrange univers des vampires et se retrouve mêlée un peu malgré elle à une série de meurtres que l'on impute à son frère, Jason. Vivre à Bon Temps n'est pas de tout repos...
Quand le danger rôde (traduction très fidèle et littérale de Dead until dark) est, chers happy few curieux, le premier volume de La communauté du sud (traduction très fidèle et littérale de... rien, puisqu'en anglais cette série n'avait pas de nom jusqu'à ce qu'on lui donne celle de la série télévisée qui en est inspirée, True Blood, nom qui apparaît aussi sur la couverture de la version française qui compte donc si vous avez bien suivi, trois titres, parce que manifestement l'éditeur ne sait pas que le mieux est l'ennemi du bien, mais bon, tout le monde n'a pas eu la chance de suivre "Bon sens 101"). Ce roman était dans ma PAL depuis quelques mois et je l'en ai sorti avec panache, mûe par une envie subite de sang frais (ne dites rien, j'ai le régime alimentaire que je peux en ces temps de froidure). L'histoire n'est pas révolutionnaire mais j'ai bien aimé le cadre, l'Amérique profonde, et la vision des vampires, qui ont fait leur coming out depuis deux ans et qui ont les problèmes d'intégration que rencontrent toutes les minorités visibles : ils ont beau boire du sang synthétique créé par les Japonais et ne mordre que les humains consentants et accros (la morsure du vampire est orgasmique), leur présence est mal supportée par les humains peureux. On croise donc Bill, vampire depuis la fin de la guerre de Sécession, Eric, vampire viking (cette idée est fort drôle je trouve), un métamorphe en la présence de Sam, le patron de Sookie et cette dernière donc, naïve et différente. L'intrigue policière n'est pas très intéressante et j'ai surtout été énervée par le style, d'une affligeante pauvreté et par un abus de points d'exclamations (il devrait y avoir des lois contre ce genre de choses). Mais comme les personnages me plaisaient, j'ai décidé de lire le tome 2 en anglais dans la foulée (encore une manifestation de mon esprit scientifique, évidemment).

Living dead in Dallas commence quelques mois après la fin de Quand le danger rôde (mon Dieu, ce titre, décidément je ne m'y fais pas) : Sookie travaille de temps en temps pour Eric, qui trouve ses talents de télépathe fort utiles et ce dernier l'envoie à Dallas auprès de Stan-le-vampire-geek, qui a perdu un frère, Farrell, manifestement enlevé. Voilà Sookie embringuée dans une histoire qui sent le soufre.
J'ai eu raison de passer à la version originale, chers happy few (mais ça devient tellement habituel que je ne sais même pas pourquoi je m'obstine encore à acheter des romans traduits de l'anglais), parce que même si Charlaine Harris n'est pas Dickens (oui, je sais, cette révélation vous scotche), elle écrit quand même nettement mieux que son traducteur, et elle maîtrise même la ponctuation (oui, je sais, c'est incroyable). Et en anglais apparaît quelque chose que la traduction a totalement gommé : l'humour, présent dans les situations comme dans les dialogues. L'intrigue est plus dense que dans le volume précédent, et j'ai beaucoup aimé la façon dont se pose le problème du rapport entre humains et vampires et l'incompréhension grandissante entre Bill et Sookie, cette dernière n'arrivant pas à accepter que Bill n'est pas humain et n'en a donc pas le comportement. Eric le viking prend de l'importance pour mon plus grand plaisir et Sookie se révèle être un personnage comme je les aime, déterminée et forte malgré sa naïveté. J'ai bien conscience que ces romans de bit-lit ressemblent terriblement à du Harlequin (mais Spicy parce que ça couche à tout va) mais comme les lectures faciles font parfois du bien au cerveau entre une pièce de Shakespeare et un roman de Charlotte Brontë, j'avoue sans honte aucune, chers happy few, que je continuerai avec plaisir à suivre les aventures de Sookie, la serveuse télépathe. La preuve, j'ai acheté le tome 3, Club Dead. Et emprunté la première saison de True Blood, histoire de vérifier si le potentiel de sexytude d'Eric a été respecté. Ben quoi, il faut bien faire des recherches pour le Swap Sexy Men 2, non ?
Charlaine Harris, Quand le danger rôde (Dead until dark), Le Livre de Poche, 315 pages mal traduites par Cécile Legrand-Ferronnière et pleines de points d'exclamation et de sang synthétique, 2005 pour la traduction française, 2001 pour la première parution en VO.
Charlaine Harris, Living dead in Dallas, Ace fantasy mystery, 291 pages un peu spicy et sanglantes, 2002.
Challenge Lire en V. O
11/12
19:30 Écrit par fashion dans Challenge Lire en VO, Fantastique, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : charlaine harris, true blood, j'ai déniché une boutique en ligne de folaïe, pleine d'objets dérivés sur la série, le paradis!