23.07.2011
"Elle entretient sa superbe silhouette en tirant vigoureusement des conclusions hâtives."
Garrett est détective privé à Tonnefaire, la ville gigantesque et pas forcément bien fréquentée où se côtoient les elfes, les trolls, les humains et les autres. Un matin, une sublime blonde aux longues jambes et aux yeux revolver vient lui demander son aide : un "ami" lui a donné à garder un coffret et elle ne se sent pas tranquille, elle a l'impression d'être épiée et suivie. Garrett accepte mollement l'affaire, mais il est approché peu après par un autre genre de client, un prélat très en vue de la Grande Eglise qui cherche des reliques sacrées qui ont disparu en même temps que le Gardien. L'histoire se complique, alors même que Garrett n'aspirait qu'à se la couler douce. Pauvre de lui.
Comme je ne fais pas forcément les choses dans l'ordre, chers happy few, j'ai de manière toutafaitement fortuite, voire même hasardeuse, manifestement décidé à l'insu de mon plein gré de lire cette série de Glen Cook (dont je suis une fan absolue : dois-je vous rappeler qu'il a écrit La compagnie noire, ce chef d'oeuvre de dark fantasy ?) dans l'ordre inverse de sa parution. J'ai en effet commencé avec le tome 4, Chagrins de ferraille (lu en décembre 2008, ouah, quelle rapidité dans le suivi, hum, passons) et me voici donc quelques mois plus tard (ben oui, deux ans et demi, ça fait bien 32 mois, non ?) avec Pour quelques deniers de plus, le tome 3. Si Chagrins de ferraille était un hommage à Dix petits nègres, Pour quelques deniers de plus en est un au roman noir façon Dashiell Hammett : difficile en effet de ne pas penser en lisant le premier chapitre au début du Faucon maltais et de ne pas voir dans le couple formé par Garrett et Jill Craight un reflet déformé de celui de Spade et Brigid O'Shaughnessy. Le reste du roman se déroule comme un roman noir : le privé encaisse les coups, séduit les femmes à son corps (presque) défendant, boit beaucoup, fréquente un milieu pour le moins interlope et semble se laisser un peu balader pour mieux résoudre une intrigue alambiquée. La grande force de Glen Cook est de réussir à lier habilement et sans coutures apparentes l'univers du roman noir à celui d'un monde de fantasy bruyant, moche et dangereux, le tout avec un talent certain pour les personnages secondaires fort intéressants (dont Dean, le vieil homme à tout faire qui a une dizaine de nièces à marier, l'homme-mort depuis quatre cents ans et Morlet Dotes, l'elfe noir assassin, qui sont mes préférés), l'ellipse (il faut parfois s'accrocher pour ne pas sauter une étape du raisonnement de Garrett) (c'est une des particularités du style de Cook, que l'on retrouve aussi dans La compagnie noire), l'humour pince sans rire et les dialogues qui font mouche. Love it.
Glen Cook, Pour quelques deniers de plus (Cold copper tears), J'ai lu, traduction Jean-François Le Ruyet, 286 pages, 2005 pour la traduction française, 1988 pour la première parution en VO.
15:17 Écrit par fashion dans Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : elle est partie, ma douleur à la cheville, elle est partie, elle n'est plus là, chabadabada, capitaine haddock, sors de ce corps, et de ces tags, tu seras bien urbain, merci
23.05.2011
Léviathan - Scott Westerfeld
1914.
Le 28 juin, le jeune Aleksandar, fils de l'archiduc François-Ferdinand et de Sophie Chotek, est réveillé en pleine nuit par le comte Volger, son maître d'escrime et Klopp, mécanicien en chef de l'archiduc. Sous prétexte d'une leçon de pilotage de nuit, les deux hommes "enlèvent" le jeune homme pour le mettre à l'abri : ses parents ayant été assassinés, il devient la cible de ceux qui ne veulent pas le voir sur le trône de l'Autriche. Voilà donc nos trois hommes, accompagnés de deux soldats, partis pour la Suisse dans un mécanopode, espèce de gigantesque robot bipède. Parallèlement, la jeune Deryn se fait passer pour un garçon afin de postuler comme aspirant dans la Royal Air Force : devenue Dylan, elle se retrouve, par un concours de circonstances, sur le Léviathan, fabuleuse baleine des airs. Nos deux jeunes gens, la britannique et l'autrichien, se rencontreront dans des circonstances pour le moins mouvementées.

Comme les plus perspicaces d'entre vous l'auront aisément déduit du brillant résumé que j'ai écrit à la force de mon clavier, Leviathan est un roman de steampunk, happy few amateurs de bons crus et de science-fiction, qui s'inscrit donc dans la lignée des romans d'Histoire alternative, genre dans lequel s'illustrent avec brio nos amis anglo-saxons (je ne voudrais pas dire de bêtises (ce serait si peu dans ma manière) mais il me semble que les auteurs français ne se sont guère intéressés à ce type de réécriture). Scott Westerfeld met en scène avec un incroyable talent un monde divisé en deux camps : les darwinistes (France, Grande-Bretagne, Russie) qui manipulent l'ADN des animaux pour créer des hybrides qu'ils utilisent surtout à des fins militaires et industrielles et les clankers (Autriche-Hongrie, Allemagne), qui ne jurent que par les machines extrêmement perfectionnées. Reprenant les faits qui ont mené à la Première Guerre Mondiale, Westerfeld a bâti avec maestria une intrigue riche et pleine de rebondissements, mêlé avec bonheur les histoires de Deryn/Dylan et Alek et trouvé avec le darwinisme une invention très originale qui nourrit l'intrigue de manière passionnante.
Un excellent roman, au style alerte et plein d'humour, qui m'a littéralement emballée, chers happy few.
Scott Westerfeld, Leviathan, Pocket Jeunesse, traduit de l'anglais par Guillaume Fournier, 440 pages, 2010, 2009 pour la parution en VO, très belles illustrations de Keith Thompson

Les billets d'Emmyne, Chiffonnette...
19:06 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : be bop a lula, wah pa di dou dah, loubidoudbidou, chabadabada, tout ça pour dire que dans 3 semaines je n'ai plus d'élèves, enfin en cours, parce qu'il faudra surveiller et corriger, mais rien ne m'est impossible, hu hu hu, que de félicité et de modestie, tout moi quoi
09.05.2011
Le lundi, c'est... kilteries
(Ben oui, vous ne croyiez quand même pas que je n'allais pas mettre mon excellente résolution de ligne éditoriale bloguesque à exécution, pauvres happy few effarés ?)
Et pour entamer ma très sérieuse étude sur le port du kilt à travers les âges, j'ai décidé de lire le premier volume de la série des Highlanders de Karen Marie Moning, celle-là même qui a changé mes nuits avec Fever, oui, farpaitement, studieux happy few qui ne perdez pas une miette de ce qui se passe dans ce salon, la responsable de mes fantasmes débridés sur un certain Barrons, tout de virilitude puissante et de vocabulaire étendu. (Entre lui et Jason, je ne peux plus entendre "Fuck" sans avoir des idées salaces, c'est affreux, plaignez-moi.)

Oui, je sais ce que vous vous dites en votre Ford intérieure : mais point de kilt sur cette sublime couverture toute de bon goût et de sophistiquitude ? (ben oui, ce n'est pas réservé au mardi) Comment se fait-ce ? Eh bien, c'est parce que vous n'êtes pas suffisamment attentifs, petits coquinous : le jeune homme au corps bleu (ce qui est suffisamment rare pour être remarqué, mais je trouve que cette couleur sublime son pectoral droit) porte élégamment un tartan sur son épaule gauche, ce qui a bien évidemment motivé en partie l'achat de cette romance pour ma bibliographie théseuse, car je ne suis que sérieux.
Hawk (ne cherchez pas, on n'est pas responsable des surnoms que nous donne le peuple énamouré), seigneur de Dalkeith et de ses environs, est un homme à qui personne ne résiste et surtout pas les femmes. En ce début de XVIème siècle, il vient de rentrer enfin dans son fief écossais après quinze longues années passées au service du Roi James, qui le détestait tellement qu'il le contraignait à coucher avec toutes les femmes qui le convoitaient, et elles étaient légion les bougresses, tant Hawk joint à des talents d'amant certains une beauté sculpturale et ténébreuse. Hawk est donc un homme meurtri (son père est mort quand il était jeune, il a été contraint par James de faire tout un tas de choses peu ragoutantes pour sauver son peuple) (car figurez-vous qu'il se sentait humilié d'être pris pour un sextoy, on a sa fierté d'Highlander, ma brave dame) et il doit épouser une vieille fille folle, toujours sur ordre du Roi, qui pense ainsi le punir jusqu'au bout en lui refusant toute descendance.
Mais c'est sans compter sur l'intervention des Fae : parce que la reine Aboiheal le trouve séduisant et chante ses louanges, le roi des Fae veut se venger de lui. Adam Black, que nous connaissons mieux sous le nom de Puck, bouffon de la cour et enquiquineur patenté, met en place un curieux stratagème, aidé bien involontairement en cela par Grimm, le meilleur ami de Hawk, qui fait un bien étrange voeu pour son ami : qu'il tombe amoureux d'une femme qui le rejette. Adam parcourt les siècles pour trouver la perle rare et déniche au XXème siècle, Adrienne, une femme qui fuit un lourd passé. Il la transporte donc au XVIème siècle et lui fait épouser, par un tour de passe-passe, Hawk. Ce dernier tombera-t-il sous le charme de la jeune femme ? Elle qui a juré de ne plus jamais aimer un homme beau (ce qui est à eu près aussi malin que de se dire qu'on ne tombera plus jamais amoureuse d'un homme au nez droit) aimera-t-elle Hawk ? Rouleront-ils ensemble dans le foin en chabadabadant ? Le vilain-pas-gentil mais si séduisant Adam réussira-t-il à se venger de Hawk et à lui ravir Adrienne ? Finirai-je ma bière avant la fin de ce billet ? Les Ecossais ne portent-ils rien d'autre que leurs cuisses poilues sous le kilt ? Autant de questions auxquelles Karen Marie Moning s'efforce de répondre avec une poignante lucidité.
Vous l'aurez compris, chers happy few, nous sommes ici dans de la romance pur sucre, même si le monde des Fae, si bien utilisé dans Fever montre ici le bout de son nez. C'est d'ailleurs ce monde qui est le plus original et pour cause, le reste n'étant que de la guimauve harlequinesque, certes un cran ou deux au-dessus du tout venant, mais romance quand même. Karen Marie Moning écrit déjà bien (ce roman date de 1999) même si elle tente de faire un peu trop temps local avec quelques mots qui sont finalement trop peu nombreux pour ressembler à autre chose que du placage artificiel (la surabondance de "naught" par exemple m'a vite lassée), et elle n'oppose pas suffisamment les deux lexiques, le contemporain et l'ancien, même si, maline, elle s'en tire par une habile pirouette avec une remarque sur les talents linguistiques d'Adrienne. Il n'en demeure pas moins que, malgré les ficelles propres à ce type de roman (notamment la solitude et l'inexpérience de l'héroïne qui s'oppose à l'extrême charisme du héros) l'on sent déjà la patte de Moning dans les dialogues et certaines scènes, ma foi, fort percutantes, même si sans surprise. Et elle cité déjà abondamment Shakespeare, pour mon plus grand plaisir, que je n'ai évidemment pas boudé (la chair est faible, hélas, et j'aime les hommes tatoués) en lisant ce roman prévisible mais délicieux comme un plaisir interdit, 100 % crème fouettée mais 100 % digeste. Si, si, c'est possible, la preuve.
Karen Marie Moning, Beyond the Highland mist, Dell Romance, 375 pages, 1999
Le billet de Pimpi, qui a contribué bien malgré elle à cette étude over sérieuse qui ne fait que commencer.
Challenge Lu en VO
21
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : j'en suis déjà au tome 3, chabadabada, adam is so sexy...
24.12.2009
The Christmas tag
Je croyais en avoir fini avec les tags pour 2009 mais c'était sans compter sur Lou qui a décidé d'offrir à la blogosphère un tag bien dans l'esprit de Noël, et même si Karine m'a traîtreusement volé toutes mes réponses, je m'y colle avec plaisir (et avec le clavier) parce que je suis gentille (il paraît que c'est de saison après tout, je ne fais que me mettre au diapason avec cette souplesse qui me caractérise) (ben oui, c'est Noël je m'envoie des fleurs, et alors ?).
Nous sommes le 24, il fait froid, il pleut, il vente, il neige. Vous êtes dans les transports, sur le point d'arriver chez vous après une dure journée de courses de dernière minute. Enfer et damnation ! Vous vous apercevez du fait que vous avez complètement oublié le plat principal et le livre collector en édition ultra limitée dont vous rêviez depuis des mois et qui est sur le point d'être épuisé. L'ennui, c'est qu'il ne vous reste qu'une heure pour préparer le réveillon et que vous aurez tout juste le temps de faire l'une des deux courses. D'ailleurs, rien n'est moins sûr ! Et puis, il faut avouer que votre journée vous a achevé(e). Que faites-vous ?
Sachez, chers happy few, que cette situation ne risque pas de m'arriver : je ne fais jamais mes cadeaux de Noël à la dernière minute (la preuve, les miens sont emballés depuis 10 jours, avouez que c'est quand même la classe totale) et je ne cuisine qu'une fois l'an et même pas pour Noël. Il y a donc de fortes chances pour que je puisse tranquillement aller acheter mon roman en édition ultra collector avant de mettre les pieds sous la table. Et encore, me connaissant ce serait plutôt un DVD en édition ultra collector, genre Albator, au hasard. (D'ailleurs, saviez-vous que notre so sexy balafré avait pour nom en anglais Captain Franklin Herlock ? Je pense que je ne vais jamais me remettre de cette information, chers happy few, qui a tué d'un coup d'un seul tout le potentiel de sexytude que contenaient l'épée et la balafre.) (Car oui, je suis une fille et j'aime les clichés, so what ?)
Vous voilà enfin chez vous ou chez les personnes chez qui vous réveillonnez. Cette année vous avez décidé que l'oncle Fred ferait le Père Noël. Malheureusement, il vient d'appeler pour vous dire qu'il avait rencontré l'amour de sa vie à 80 ans et partait en Indonésie pour sa lune de miel, avec une dulcinée connue deux mois auparavant à son entrée en maison de retraite. Heureusement, vous connaissez des gens célèbres, acteurs, chanteurs, sportifs ou autres (morts ou vivants) qui se couperaient en quatre par amitié pour vous. Qui choisissez-vous pour jouer Santa Claus ?
Bill Murray pour amuser les enfants, et un des David (voire plusieurs, ne soyons pas sectaire) pour apporter les cadeaux de Noël à leur mère. Oui, je suis comme ça, je pense au bien-être de toute la famille.
C'est l'heure de distribuer les crackers, je me demande ce qui est inscrit sur le vôtre...
2010, année des voyages et de l'amitié. Soyons simple. Et en plus j'ai déjà acheté les guides.
Les enfants sont enfin couchés ! Après avoir bien bu et bien mangé, vous décidez de finir la soirée en beauté en faisant une petite séance de spiritisme. Vous commencez en riant bien, mais soudain le tonnerre gronde, la lumière s'éteint, une lueur bleue vaporeuse s'élève au dessus de la table et vous sentez quelque chose de froid et mou se poser sur votre épaule. Que faites-vous ?
Comme je suis une vraie fille, je hurle et le Docteur vient me sauver. Who else ? (ok, j'ai bien d'autres noms en tête mais si je ne parlais pas une fois au moins du Docteur dans un tag on se demanderait ce qui a bien pu m'arriver et franchement, chers happy few, je ne veux surtout pas vous inquiéter)
Et au fait, on pourrait connaître l'identité du fantôme, vrai ou farceur ?
Jane, qui me demande si je veux rencontrer Mr Darcy. Ou Margaret, qui veut me présenter Rhett. (Il y a comme une thématique dans ce tag, la voyez-vous, chers happy few perspicaces ?)
Enfin vous voilà le 25 au matin et vous allez déballer les cadeaux qui vous attendent depuis quelques heures sous le sapin. Quel est le cadeau inespéré que vous ne pensiez jamais recevoir et qui est là, devant vos yeux ébahis ?
La paix dans le monde ? (ok, je sors)
Un TARDIS, mais c'est peu probable, le Millenium Falcon mais je ne saurais pas où le mettre, alors un Iphone, tiens. On ne sait jamais, ça pourrait donner des idées au Père Noël.
Et pour que se répande l'esprit de Noël, je passe le tag à Bookomaton, Keisha, Lyle, Ofelia, Papillon, Pimpi et Stephie.
J'en profite pour vous souhaiter un très joyeux Noël, chers happy few : que le champagne coule à flots! (et que Billy Mack vous accompagne, as usual) (car comme l'a dit le poète moldave un soir de beuverie, quand les habitudes sont bonnes il faut les garder)
09:27 Écrit par fashion dans Tagada tagada voilà les Dalton | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note | Tags : christmas is all around us, la la la la la la, chabadabada, et bis, car bis repetita placent, what else ?


