16.01.2011
Où il faut sauver le monde. Et la fille. Again.
Dans la longue liste des acteurs over crédibles que je vénère, happy few de mon coeur menthe à l'eau, figure en bonne place l'inénarrable Nicolas Cage. Son regard de cocker, ses implants teints en blond, son jeu tout en finesse l'ont placé depuis longtemps dans mon panthéon de ces acteurs dont tout le monde se moque sauf moi, en bonne place devant Christophe Lambert et John Travolta. Depuis quelques années, je ne rate donc aucun de ses films, surtout ceux qui s'annoncent daubesques à souhait, parce que comme chacun le sait, je suis une femme de goût.
Je ne pouvais donc pas passer à côté du

Dernier des templiers.
Bon alors autant se débarrasser tout de suite de ce qui fâche, chers happy few : le titre français a manifestement été trouvé par un traducteur sous acide qui a confondu Ordre des Templiers et Ordre de Malte. Non seulement l'action débute en 1334 (la dernière Croisade s'est achevée en 1291 et l'Ordre du Temple a été dissout en 1312), mais en plus le mot "templier" n'est ja-mais prononcé dans la version originale, nos héros sont des mercenaires manifestement engagés auprès des Chevaliers de l'Ordre de Malte qui portent eux aussi une croix sur leur armure, ce qui explique peut-être l'erreur de notre ami qui en plus de consommer des substances illicites a manifestement des problèmes de vue. Cela dit, si c'est le même traducteur qui a pondu les sous-titres hasardeux, voire parfois carrément fautifs, plus rien ne doit nous étonner. Le titre original Season of the witch, place donc ce film sous d'autres auspices (si, si, j'attends quelque chose quand je vais voir un nanar au cinéma), celles d'un thriller surnaturel avec sorcellerie à la clé.
Oh le beau regard concentré.
Et le cheveu au vent.
Pitchons, chers happy few, car je vous sens perdus : nous sommes dans la première moitié du XIVè siècle. Behmen (Nicolas Cage, donc) et Felson (Ron Perlman, que certaines ont pu apprécier dans Hellboy par exemple) (oui, je suis comme ça, over kultivée du nanar) sont des mercenaires qui ont mis leur épée au service de l'Eglise. Mais un jour, après des années de batailles, Behmen se rend compte, comme ça, paf, que la guerre c'est mal et que d'innocents civils meurent aussi. Felson et lui désertent donc et rentrent en Europe (enfin, on suppose, mais rien n'est sûr) pour trouver une région (ou un pays, rien n'est sûr non plus) dévastée par la Peste (mais une peste étrange quand même, à moitié bubonique, à moitié pustuleuse). Les habitants d'un village (baptisé Villach si j'ai bien tout suivi, si, si, ça ne s'invente pas) ont attrapé une jeune fille dotée de pouvoirs étranges (Claire Foy) : ils sont persuadés qu'il s'agit d'une sorcière et qu'elle est la cause de la malédiction qui s'est abattue sur eux. L'évêque (petit village mais avec un évêque, hein, faut ce qu'il faut pour convaincre Christopher Lee de faire un cameo sous ses bubons) a décidé qu'elle serait jugée par les moines d'un lointain monastère qui, détenteurs du Livre de Salomon, sont les seuls à même de pouvoir l'exorciser. Behmen et Felson l'escortent, accompagnés d'un prêtre, d'un autre chevalier et d'un escroc qui leur sert de guide.
Il porte aussi super bien le flambeau, ce qui, vous l'avouerez, n'est pas donné à tout le monde.
Malgré ce pitch qui a l'air over sérieux, chers happy few, Season of the witch est un bon nanar des familles, durant lequel je me suis bidonnée tout du long. Réalisé de manière approximative par Dominic Sena (à qui on doit ce chef d'oeuvre du bon goût qu'est 60 secondes chrono avec le même Nicolas, film de bagnoles sans aucun scénar que j'ai tellement aimé que je l'ai vu trois fois) (en même temps, un film qui propose un beau gosse, des bagnoles et des punch lines à deux balles est assuré de faire mon bonheur, et ce ne sont pas les amatrices de Fast and Furious qui me contrediront hein les filles ?), mal scénarisé (on semble aller d'un morceau de bravoure à un autre sans aucun lien, certains personnages disparaissent maladroitement), plein d'errements (je n'ai toujours pas compris où l'action était censée se dérouler, manifestement quelque part en Europe dans un pays qui a une côte marine, des montagnes, une forêt au nom anglais (Wormwood), un climat rude (il neige), une architecture vaguement médiévale et un monastère au nom gascon (Séverac)...), Season of the witch accumule les scènes comiques (ce n'est pas intentionnel, ce qui, d'une manière perverse, est encore meilleur) qui culminent avec le final à Séverac. Le monastère sur la montagne, mal peint, m'a fait craindre un instant l'apparition de moines Shaolin et mes craintes ont été remplies au centuple avec la bataille finale contre les moines zombies ninja, grand morceau de bravoure qui précède le combat contre le démon, aussi effrayant qu'un Edward un jour de soleil (les effets spéciaux ont à mon avis manqué cruellement de budget, dont la moitié à certainement dû alimenter les pensions alimentaires des ex-Mrs Cage). Une daube de chez daubes, chers happy few, à regarder à la télévision (vous n'y perdrez rien, promis), avec du pop-corn et des copains réceptifs : vous ne le regretterez pas.
Season of the witch, barely directed by Dominic Senna, vaguely written by Bragi F Schut and badly played by Nicolas Cage and others.

