08.01.2009
Des classiques, encore des classiques!
Comme vous le savez tous, chers happy few à qui rien n'échappe, j'ai été littéralement harcelée par certaines pour vous fournir ze liste de classiques "pas ennuyeux" donnée à mes élèves un beau matin de décembre. Mais comme on ne se refait pas et que je l'ai perdue, je l'ai reconstituée (rien ne m'arrête) et tenez-vous bien, je l'ai remaniée pour vous, chers happy few : j'en ai fait ma liste de classiques préférés, pas moins (ne me remerciez pas d'un tel cadeau, vous le valez bien, je vous assure). Inutile de pousser des hauts cris en la lisant : oui, elle est partielle, oui elle est partiale, elle ne reflète que mes goûts à moi que j'ai et que je cultive avec amour. Il y manque donc de nombreux auteurs que je n'aime pas ou que j'aime moins, je l'assume parfaitement. Il y manque aussi des auteurs que je n'ai pas encore lus (surtout chez les Anglais) mais je compte remédier à cet état de fait dans l'année (on s'autorise à penser dans les milieux autorisés qu'un challenge serait visible à l'horizon mais rien n'est sûr).
Après ce long prologue, voici donc ces titres, dans un ordre (à peu près) chronologique.
Dans l'Antiquité, je recommande la lecture des Métamorphoses d'Ovide : c'est vraiment un des ouvrages fondateurs de la culture occidentale et c'est très agréable à lire. Les histoires sont fascinantes, tragiques, terribles, émouvantes, et on n'est pas obligé de les lire à la suite, on peut en picorer de ci de là. Je suis aussi pour ma part une fan de l'Odyssée (alors que je trouve l'Iliade terriblement ennuyeuse, ah, ces blasons, ah, ces bateaux, ah, ces armes), pour ceux qui n'ont pas le courage de tout lire (encore que ce ne soit pas si gros) ou qui sont rebutés par le style, il existe des versions pour la jeunesse qui peuvent permettre d'entrer une première fois dans l'histoire.
Au Moyen-Age, je pourrais vous recommander une liste longue comme un jour sans chocolat car c'est mon époque de prédilection (ce qui ne se voit pas dans ce modeste salon) mais j'ai pitié de vous chers happy few, alors... à part Tristan et Iseult (dans la version de Béroul), il n'y aura rien d'autre dans la liste.
Au XVIème siècle, rien non plus, chers happy few, c'est pour ma part une époque que je trouve aride et même si je fais lire des oeuvres en lecture obligatoire à mes élèves, rien ne rentre dans mon idée de lecture plaisir à la Renaissance (à part Rabelais et encore) mais là encore c'est totalement subjectif.
Au XVIIème siècle, je conseille vivement La princesse de Clèves de Madame de La Fayette, que j'ai relu récemment (et fait lire aux élèves) et qui est vraiment un magnifique roman psychologique. La peinture de la passion et de ses conséquences, la façon dont Mme de Clèves se fait violence pour ne pas succomber, la tragédie intériorisée, tout cela est extrêmement bien décrit et très moderne. Les Contes de Perrault sont délicieux (et retors). Molière est à lire, je trouve que c'est un dramaturge hors pair. J'aime particulièrement Dom Juan, Tartuffe, Le malade imaginaire, Les femmes savantes... J'ai une tendresse particlière pour L'illusion comique, La place royale et Le Cid de Corneille. Je recommande aussi Phèdre et Andromaque de Racine. Et enfin, Shakespeare, dont j'aime La tempête, Hamlet et Le roi Lear (mais je n'ai pas tout lu, shame on me).
Au XVIIIème siècle, Candide est un ouvrage qui se lit à toute allure et qui est d'une étonnante modernité et très drôle. Si vous aimez la plume de Voltaire, son Dictionnaire philosophique portatif est pour vous! Pour ceux qui n'aiment toujours pas les romans épistolaires, il faut essayer Les liaisons dangereuses de Laclos, un petit chef d'oeuvre (et ce n'est pas Emmyne, qui l'a lu 7 fois, qui me contredira).
Au XIXème siècle, les choses se corsent et la liste s'allonge. Il y a quand même un grand nombre d'auteurs abordables qui ont une sacrée plume. Chez Balzac, je recommande Le Père Goriot (si vous ne me croyez pas, allez lire le billet d'Erzébeth), La peau de chagrin, Le lys dans la vallée et Illusions perdues. Chez Hugo, en plus de piocher dans sa très abondante production poétique (où le pire côtoie le meilleur), Claude Gueux se lit en trois quarts d'heure et vous marquera à vie (c'est là que Hugo préconise de "cultiver les têtes pour éviter de les couper") et Les Misérables est franchement à lire, il contient des pages sublimes (et si vous n'en pouvez plus des descriptions, sautez-les, personne n'en saura rien). Chez Stendhal, ô surprise, je vous ordonne (carrément) de lire La chartreuse de Parme, qui est certainement le roman que j'ai le plus défendu dans ce salon et ailleurs, et si vous croyez que j'exagère, allez lire les billets de Chiffonnette et Céline, vous verrez que je ne vous mens pas, chers happy few (de toute façon, je n'oserais pas). J'ai beaucoup d'affection pour Théophile Gautier, un auteur qu'on ne lit plus beaucoup, et c'est dommage. Certaines de ses nouvelles sont fabuleuses, notamment La morte amoureuse ou Avatar et il est l'auteur ne l'oublions pas du Capitaine Fracasse, un roman trépidant. Chez Maupassant, celui que tout le monde a lu et qui est toujours en tête des programmes scolaires (en même temps, il le vaut bien), je préfère ses nouvelles à ses romans : Boule de suif, Aux champs, Mademoiselle Fifi, pour ne citer qu'elles sont des petits chefs d'oeuvres, et quand on commence un recueil, en général, on ne s'arrête plus. Chez Dumas, il faut absolument lire Les trois mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo. Du côté des étrangers, j'adore Guerre et Paix de Tolstoï (qui a d'ailleurs failli se retrouver dans le Challenge Fashion's klassik list), tous les romans de Jane Austen of course (je la glisse ici même si elle est à cheval sur le siècle), Jane Eyre de Charlotte Brontë. Dickens est mon chouchou absolu (je l'aime autant que Stendhal, c'est dire) : que celui qui n'a pas pleuré en lisant Un conte de deux villes, me jette un paquet de klennex (mais propre, hein ?) et De grandes espérances est à tomber par terre, pour ne citer que ces deux titres. Je considère La foire aux vanités de Thackeray comme un joyau, même s'il en a fait soupirer plus d'une dans le Challenge Fashion's klassik. Conan Doyle est un auteur que tout le monde connaît mais que finalement peu ont lu et non seulement il est le père de Sherlock Holmes (à qui je rappelle que je voue un culte) mais il a aussi écrit des romans historiques tout à fait sympathiques (comme Sir Nigel, publié chez Phébus). Stevenson (qu'Isil appelle Steve et moi Bob) est mon chouchou n°3 et si vous ne devez lire qu'un seul roman de lui, il faut que ce soit Le maître de Ballantrae, qui figure d'ailleurs dans ma liste Blog-o-trésors (des sceptiques ? un tour chez Isil et chez Tamara, là tout de suite, maintenant). Et enfin, n'oublions pas notre ami américain Jack London, dont j'avais parlé ici même l'année dernière (et je ne désespère pas de finir par tout lire, oui, parfois je suis optimiste).
Cette liste ne serait pas complète sans quelques ouvrages plus récents : je ne peux que redire encore tout le bien que je pense de Stefan Zweig, chouchou n°4 (Lettre d'une inconnue et La pitié dangereuse sont des oeuvres sublimes), Autant en emporte le vent est un de mes romans préférés ever (je l'ai lu je ne sais combien de fois et il a conquis tous ceux qui l'ont lu pour le Fashion's klassik list, depuis cette semaine, on sait qu'il fait aussi pleurer les jeunes filles qui ont 16 ans en 2009), Le seigneur des anneaux est un must et il n'y a que du bon chez Steinbeck (mais si vous devez commencer maintenant, faites-le avec Des souris et des hommes, et Amanda vous en convaincra encore mieux que moi).
Alors, chers happy few, heureux ? Et vous, quels sont vos chouchous-classiques ?