22.03.2011
Top Ten Tuesday #13
Aujourd'hui, iridescents happy few, nos amis américains nous proposent de nous pencher sur ces 10 choses qui nous agacent terriblement dans les romans et qui provoquent en nous des réactions aussi diverses que le haussement de sourcil distingué, le rire nerveux ou le cri primal (à réserver aux lectures en solitaire, le voisin de métro est un être impressionnable, voire peureux).

1. Les références prestigieuses sur les 4èmes de couverture. En général, plus les mânes d'auteurs aussi morts que célèbres sont convoquées, plus le roman est mauvais. Toujours se méfier des soi-disant héritiers de Fitzgerald ou Hemingway, en général ils sont plus proches de Marc Lévy que de Balzac.
2. Les traductions approximatives qui "sentent" la langue originale : mauvaises constructions syntaxiques, jeux de mots bizarres, ponctuation aléatoire... tout ça me hérisse et peut me faire carrément arrêter la lecture. Psychorigidité, j'écris ton nom.
3. Les romans qui auraient pu se suffire à eux-mêmes mais dont l'auteur a fait une série. C'est une pratique hélas courante en ces temps où le Dieu Marketing règne sur la littérature. Tu as une idée, coco ? On va en faire une trilogie. Tu as deux idées ? On va en faire une série.
4. Les cliffhangers artificiels, qui sortent d'un chapeau pour que le lecteur se sente obligé d'acheter la suite. Tiens, si on mettait le héros en danger de mort ? Et si on faisait apparaître un nouveau personnage ? Et si on révélait quelque chose d'inattendu sur le douloureux passé du personnage principal ? Et si je ne lisais pas la suite, mmmh ?
5. Les auteurs qui prennent le lecteur pour un écervelé aculturé. Je déteste qu'on me donne une citation accompagnée du nom de l'auteur (c'est bon, merci, moi aussi j'ai lu Shakespeare), je ne supporte pas qu'on explicite une thèse empruntée à un autre auteur (pas la peine de la ramener pendant 2 pages en résumant maladroitement Freud), en bref je n'aime pas qu'on étale une culture superficielle, j'aime qu'on s'en serve parce qu'elle est une partie de soi-même et je trouve normal de considérer que le lecteur la partage en amont.
6. Les auteurs qui trouvent bon d'expliquer le comportement de leurs personnages en long en large et en travers. Si un personnage est bien construit, nul besoin d'en dresser un minutieux et rasoir portrait psychologique, il suffit de le voir agir pour le comprendre. Ce travers va en général de pair avec les insupportables : "Je vais me venger, dit-il méchamment." ou autre "Je t'aime, rétorqua-t-elle avec une tendresse bouleversante." Si je veux lire ce genre d'ineptie, j'ouvre un Harlequin, merci.
7. Les mises en place trop longues et trop descriptives de la part de romanciers qui pensent qu'il faut donner toutes les clés tout de suite. Au bout de dix pages sans action, je jette l'éponge.
8. Les dialogues creux, ceux qui s'étalent sur dix lignes sans donner aucune information d'aucun ordre, ni provoquer autre chose que l'ennui. Remplissage, vous avez dit remplissage ?
9. Les phrases courtes, le lexique pauvre, l'abus de parataxe. Non, ce n'est pas "percutant", c'est mal écrit, nuance.
10. Les histoires qui se rattachent mal à l'intrigue principale. Certains oublient le maître mot : co-hé-rence. Est-il vraiment nécessaire de rajouter une anecdote sur le passé sulfureux de la tante de l'héroïne ? A-t-on vraiment besoin de savoir que notre jeune premier a un dégoût profond des épinards depuis une scène traumatisante à la cantine quand il avait trois ans ? Que vient faire là le fétichisme du cousin ? Je vous jure, parfois le stylo rouge me démange sérieusement.
Et vous, sagaces happy few, qu'est-ce qui vous fait sortir de vos gonds ?
05:34 Écrit par fashion dans Poétique de la liste | Lien permanent | Commentaires (28) | Envoyer cette note | Tags : nous avons entamé la quatrième semaine de cours, non je ne me plains pas, je constate, c'est tout, la nuance est de taille, of course, bref, tout ça pour dire que j'ai besoin de sommeil, et de chocolat, rien de nouveau sous le soleil donc
09.01.2011
Magic bites - Ilona Andrews
Atlanta, dans un monde dans lequel la technologie a depuis longtemps cédé le pas à la magie. Quand cette dernière est à son comble, les voitures et les armes à feu ne fonctionnent plus et les monstres sortent à l'air libre. Et quand la magie reflue, il faut bien que quelqu'un règle les problèmes paranormaux. Ce quelqu'un, c'est Kate Daniels, mercenaire et solitaire, rétive à toute forme d'autorité. Mais quand son tuteur est sauvagement assassiné, Kate accepte de mener l'enquête pour le compte de l'Ordre, des chevaliers qui ont juré de protéger les civils des créatures de la nuit, quoi qu'il en coûte. Voilà Kate contrainte de s'allier, au moins de manière momentanée, aux Masters of the Dead qui contrôlent les vampires, et à la Meute, une organisation paramilitaire de garous. La traque commence.
Je n'aurais pas parié un kopek sur ce roman, offert par l'homme qui subit mes obsessions, chers happy few, à cause de sa couverture qui n'est que kitschitude ascendant mochitude et j'aurais fait une grave erreur, car ce premier volume de ce qui s'annonce comme une longue série (le cinquième sort en mai si mes renseignements sont exacts) est ce que j'ai lu de meilleur depuis la série Mercy Thompson. En effet, Magic Bites est un excellent roman de dark fantasy urbaine, qui met en place un monde extrêmement original : il y a un côté post apocalyptique dans la description de cette ville délabrée (la magie ronge les gratte-ciel) où les humains ne sont pas en sécurité et où les anciens réflexes ont resurgi faute de technologie (on se déplace plus volontiers à cheval qu'en voiture, personne n'utilise de revolver ni de téléphone portable...). C'est un monde ultra violent dans lequel les vampires sont des bêtes sans âme et sans cerveau, des morts téléguidés par des nécromanciens et les garous de véritables bêtes féroces dans une société hiérarchisée par la violence. Au milieu de ce chaos, l'Ordre des chevaliers, inspiré des Ordres médiévaux est une figure finalement aussi inquiétante que ceux qu'elle est censée combattre : les chevaliers sont intransigeants et rigides dans leurs principes, seul compte le résultat quelle que soit la façon dont on y parvient. Kate Daniels, élève brillante de l'Académie, qui forme les chevaliers, a refusé de rentrer dans le rang il y a longtemps : c'est une dure à cuire qui a une fâcheuse propension à contester les ordres, et elle se trouve bien mieux à sa place dans la Guilde des mercenaires. C'est un personnage génial, intelligent, surentraîné, réactif et surtout grande gueule, qui vendrait sa mère pour un bon mot surtout quand ce dernier lui permet de contester l'autorité, ce qui, avec les garous, va lui poser rapidement problème. L'intrigue est bien menée, les révélations s'enchaînent, les scènes gore aussi (le dragon zombie restera dans mes annales) et ô joie, ô félicité, il n'y a pas de romance. Kate est bien courtisée par un beau médecin qui ne sait pas trop dans quoi il met les pieds, le pauvre, mais elle a d'autres vampires à chasser et l'histoire tourne court de manière assez désagréable pour lui. Une surprenante découverte, à ne pas mettre entre les mains des âmes sensibles qui confondent fantasy et bluette.
Ilona Andrews, Magic bites, Orion books (j'ai la version britannique, aux Etats-Unis c'est Ace qui publie la série), 2007, 260 pages
Ce volume est disponible en traduction française chez Milady sous le titre de Morsure magique.
Challenge Lu en VO
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12:09 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : cette année je vais lire pas mal de vo, autant vous prévenir tout de suite, c'est tout, oui je sais, fouettez-moi je le mérite
05.05.2009
Dis-moi comment tu lis...
Comme vous l'avez remarqué, chers happy few à qui rien n'échappe, ce salon est un peu devenu le désert des Tartares : on attend, on attend, et on ne voit rien venir. Inutile de pleurer, va, je vous aime toujours, mais puisqu'il faut tout vous dire, je croule (presque) littéralement sous le travail, les pakédecopies (à quand des copies auto-correctrices, mmh ?) et la paperasse, comme chaque année au mois de mai. Et la lecture s'en ressent, évidemment (c'est peu de dire que je lis à la vitesse d'un escargot atteint par un spleen aigü, limite neurasthénique). Heureusement, Meria, dans sa grande bonté a eu l'idée de me taguer, ce qui me permet de meubler ce salon qui prend la poussière : que ferait-on sans les copines ? (bon, j'ai évidemment modifié le tag, mais si je ne l'avais pas fait, vous vous seriez demandé ce qui m'arrivait chers happy few)
1. Plutôt corne ou marque-pages ? Euh... marque-pages quand il n'est pas perdu (je suis affligée du même syndrome que Karine, mes marque-pages, pourtant fantabuleux, disparaissent régulièrement au pays magique des marque-pages perdus, ce qui m'afflige profondément, surtout quand c'est Angel ou Darcy qui disparaissent, les bougres). Sinon, je retiens le numéro de la page où je me suis arrêtée, ou je glisse n'importe quoi pour marquer la page (sauf des copies et de billets de banque, pour des raisons évidentes, mais différentes). Je corne les livres que je fais étudier, histoire de tenter de ne pas passer 3 heures à chercher un passage, ou j'y mets des post-it de toutes les couleurs. (Je suis sûre que vous êtes proprement fascinés par ce que je raconte, chers happy few, et nous n'en sommes qu'à la première question, j'ai l'impression que ce n'est pas gagné cette histoire-là.)
2. As-tu déjà reçu un livre en cadeau ? Et comment. J'ai même gagné le Lotobook.
3. Lis-tu dans ton bain ? Je ne prends jamais de bain. Je déteste tremper dans de l'eau qui refroidit. Je suis très frileuse. Et les doigts ridés, c'est peu glamour.
4. As-tu déjà pensé écrire un livre ? Hé, hé. J'ai écrit il y a très longtemps un roman à la manière d'Harlequin. Je me suis beaucoup amusée.
5. Que penses-tu des séries en plusieurs volumes ? Si je vous dit que j'ai lu La petite maison dans la prairie, Le Seigneur des anneaux, Narnia, Angélique, Uglies, L'épouvanteur, Stephanie Plum, Les Rois maudits, L'Assassin Royal, et environ 350 autres séries et que j'ai en cours plusieurs séries de fantasy, ça répond à la question ?
6. As-tu un livre culte ? Des dizaines. C'est ça la compulsivité.
7. Aimes-tu relire ? Oh oui. La relecture fait partie des plaisirs de ma vie de lectrice (et heureusement pour moi parce que je suis contrainte dans mon travail de beaucoup relire : si vous saviez le nombre de fois que j'ai lu certains romans jeunesse ou certains classiques, vous en feriez une apoplexie, chers happy few). Je relis dans des circonstances très précises (et toujours les mêmes) : quand je suis malade et pendant les vacances d'été qui sont très longues (oui, je sais, vous pouvez me plaindre, chers happy few, un mois et presque quatre semaines de vacances tous les étés c'est pas humain, il faut bien que je m'occupe comme je peux). Et je relis toujours les mêmes titres parmi lesquels Orgueil et préjugés en tête, suivi de Angélique et son amour (le tome 6) (oui, c'est précis) (et kulturel) (ah, Joffrey...)
8. Rencontrer ou ne pas rencontrer des auteurs qu'on a aimés ? Ah, voilà une question avec laquelle je débats encore au dedans de moi-même, chers happy few. Avant d'ouvrir ce salon, je n'allais jamais aux séances de dédicaces ; puis j'ai rencontré Caro[line] et j'ai découvert qu'il y a un plaisir certain à discuter avec les auteurs qu'on aime même s'il faut pour cela que les conditions soient optimales (pas trop de monde, du temps devant soi et un auteur sympa et disert), ce qui est rarement le cas. Il faudrait que je puisse dîner avec certains auteurs pour que ce soit parfait. Hein, Neil ?
9. Aimes-tu parler de tes lectures ? J'en ai fait mon métier et un blog. What else ?
10. Comment choisis-tu tes livres ? En ces temps de restriction palesque et de mesures draconiennes : dans ma PAL! (bon, ok, j'ai acheté 5 livres dans la semaine mais ce sont des livres-qui-ne-comptent-pas) (of course)
11. Une lecture inavouable ? Bah, un moment de honte est vite passé.
12. Des endroits préférés pour lire ? Mon canapé rose et vert. Et tous ses coussins.
13. Lire et manger ? Deux grands plaisirs de la vie. Et déjeuner seule au restau en tête-à-tête avec un livre, j'adore (sauf quand la sauce des sushi vient salir le visage d'Edward, c'est fou l'effet qu'il peut faire ce garçon).
14. Que lis-tu en ce moment ? Et le prochain ? Je lis Lemashtu, chroniques des Stryges de Li-Cam offert par Delphine (une histoire de Stryges mâtinée de récit d'apprentissage, yammy et pour l'instant drôle et bien troussé). Quant au prochain, je n'en sais fichtre rien. Je choisirai selon l'humeur, le temps qu'il fait et la forme des nuages.
15. Ton dernier coup de coeur ? Le coeur cousu de Carole Martinez. Et en plus il vient de sortir en poche, il n'y a aucune excuse pour ne pas le lire, chers happy few!
Comme ce tag a déjà beaucoup tourné, je ne le refile à personne mais ce n'est que partie remise, chers happy few. Non mais.
04.02.2009
Vie de famille
Blaise est un jeune garçon qui vit avec ses parents dans un futur très proche où le pire est devenu quotidien : dictature approuvée par le peuple, ateliers déminages dans les écoles, travail 7j/7... Il regarde vivre ses parents et les adultes qu'il côtoie, et il fait son apprentissage, tétanisé.
Blaise est une BD de Dimitri Planchon originale dans la forme et dans le fond, chers happy few, qui m'a beaucoup plu. Blaise, contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire n'est pas le personnage principal de ces planches (1 planche, 1 histoire à chute) mais il est le témoin, celui qui tente de décrypter le monde qui l'entoure. Ses parents lui donnent des leçons de vie par leurs réponses à ses questions et leurs réactions au monde, ils sont plein de mauvaise foi, extrêmistes, racistes, bourgeois et beaufs à la fois. L'humour est féroce, parfois cruel, souvent noir et les histoires mettent en scène un pays livré à la dictature d'un homme élu sur son programme clairement fasciste ("Je ne dis pas que je suis d'accord avec tout... Je dis juste qu'au moins son programme est clair, ça fait du bien en politique", énonce calmement la mère, rivée à l'écran de télévision). Les personnages sont souvent vus en position frontale, face à la télévision notamment, et si cette dernière en prend pour son grade (publicités mensongères, informations fausses, mise en scène de la violence, télé-réalité), le peuple, qui la regarde assidument, aussi, par le biais des parents de Blaise. Les planches sont entrecoupées de pages mettant en scène "Dabi Doubane, la personnalité préférée des Français", personnage antipathique que la télé flatte et que la pub récupère de manière grinçante. La dénonciation est accentuée par le graphisme, très particulier, mais auquel je me suis vite adaptée, fait de photomontage et de collage. Une BD originale et drôle à découvrir, chers happy few.
Dimitri Planchon, Blaise, Glénat, 2009, 60 pages
Une interview de l'auteur pour Bodoï
Des planches sont visibles ici.
En partenariat avec les éditions Glénat, je propose de faire gagner 1 exemplaire de Blaise. Pour cela, il suffit de répondre à la question suivante : dans quel magazine la plupart des planches de cette BD ont-elles été prépubliées ?
Envoyez votre réponse par mail (sanseverina7@aol.com) avant jeudi 5 février minuit. Tout le monde peut jouer, blogueurs et non-blogueurs. Un gagnant sera tiré au sort parmi les bonnes réponses par mes blanches et innocentes mains.
Bonne chance, chers happy few!
06:30 Écrit par fashion dans Avec des bulles | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : vie de famille quand tu nous tiens, c'est tout, je n'ai toujours pas fini "possession", entre les projets et les copies je suis under water
