08.11.2008

Just wanna be with you

Les salles de classe sont des endroits dangereux, chers happy few.

Absolument. Vous êtes là, innocente et échevelée comme à votre habitude, à expliquer à huit élèves de Seconde (ne me demandez pas pourquoi ils ne sont que huit, il y a des mystères qui gagnent à rester inexpliqués) que Le Secret derrière la porte de Fritz Lang peut se lire comme une relecture de Barbe-Bleue, de même dans une moindre mesure que Soupçons d'Hitchcock et une charmante élève vous pose alors une question. Gentiment. L'air de rien. Limite en sifflotant.

La question à laquelle vous ne vous attendez pas. Celle qui tue.


"Et vous, madame, vous avez vu quels films au cinéma pendant les vacances ?"

...


Je bafouille, l'élève insiste et je réponds alors, d'une voix étouffée :

"Euh... Hellboy 2 et James Bond."

Les filles se regardent bizarrement et un garçon, comprenant soudain qu'il tient là un phénomène hautement improbable, celui de la prof de Lettres qui a les goûts cinématographiques d'un adolescent de 15 ans, renchérit, soudain intéressé :

"Madame, vous avez vu Tonnerre sous les Tropiques ?"

L'honnêteté, mère de toutes les catastrophes, me pousse bien malgré moi à avouer la vérité. Et c'est alors que l'estocade finale est portée à ma crédibilité déjà chancelante quand je m'entends répondre à cet élève, qui m'a demandé quelle était ma scène préférée dans le film : "La fausse bande-annonce où Robert Downey Junior vit une passion interdite avec Tobey Maguire."

Ma réputation est définitivement ruinée.


Et comme tous les moyens sont bons pour se racheter, je suis allée voir hier soir, avec des copines consentantes, un chef-d'oeuvre, un film d'une haute volée kulturelle, un film qui restera dans les annales (en tout cas dans les nôtres)...

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High School Musical 3.


Je vous jure.


Et on a bien fait.


C'est un film puissant, tant dans la forme (un basketteur qui se met à chanter et à danser sur le terrain pour se redonner du courage et mener son équipe à la victoire, un montage aléatoire qui nous fait parfois croire qu'on a loupé un bout de l'histoire : je vous rassure tout de suite, ça ne nuit absolument pas à la compréhension, tant mieux, hein, il manquerait plus qu'en plus on soit largué) que dans le fonds (chacun doit chercher sa voie, aidé par des professeurs émérites et ultra-compétents, Miss D. la prof de théâtre est d'ailleurs un modèle que je vais dorénavant m'efforcer de suivre, je vous le promets, chers happy few).

Bien sûr, on pourra reprocher deux ou trois bricoles : la musique est une vraie soupe commerciale (certes entraînante, j'avoue que j'ai dansé pendant le générique final mais je pense que c'était une réaction nerveuse), les paroles sont d'une niaiserie affligeante, tout le monde trouve sa voie dans le bonheur, l'amitié, l'amour, le basket et la musique, notre couple de tourtereaux échange un tout petit léger baiser en 1h40 de métrage (c'est vrai que les ados sont réputés pour leur chasteté, du moins les ados Disney manifestement) et j'ai eu l'impression pendant tout le film de voir mes propres élèves sur l'écran (mêmes coupes de cheveux, mêmes vêtements, c'est beau la mondialisation). Un grand film, assurément. Allociné le recommande à partir de 6 ans. Je n'aurais pas dit mieux.


High School Musical 3, avec des vraies chorégraphies à l'intérieur et des chansons d'une haute portée philosophique, à l'affiche actuellement... enfin, peut-être encore...


PS : pour ceux qui voudraient voir la fameuse BA où Tobey-Spidey fait les yeux doux à Robert-Iron man, suivez le lien.
PSbis : vous me pardonnerez l'inanité de cette note, chers happy few, mais je voulais vraiment vous faire partager ce moment de bonheur. Inutile de me remercier, tout le plaisir est pour moi.
PSter : cette soirée n'aura pas été totalement inutile : nous avons vu la BA d'Australia avec le bel Hugh J. qui sort le 24 décembre. Noël sera chaud, chers happy few.

Le billet de Chiffonnette qui se livre à une audacieuse comparaison entre James et Troy. Qui peut bien l'emporter ?