03.01.2009

Dans le bush

australia.jpg Lady Sarah Ashley (Nicole Kidman, que décidément j'aime de plus en plus) quitte l'Angleterre pour rejoindre son mari, qui a acheté une ferme en Australie et tente de faire fortune dans l'élevage de bétail. Elle veut le convaincre de vendre la ferme et de rentrer à la maison. Mais à son arrivée, elle découvre que son mari a été assassiné et que le roi du bétail, King Carney, est prêt à tout pour avoir le monopole du boeuf en Australie. (Dit comme ça, c'est peu glamour mais c'est le pitch.) Par esprit de contradiction et parce qu'elle n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, Lady Ashley décide de mener au bout l'oeuvre de son mari et de convoyer le troupeau à Darwin avec l'aide de The Drover (littéralement Le Convoyeur) (sublimissime Hugh Jackman)...


Pour vous dire la vérité toute nue, chers happy few, parce que vous le valez bien et qu'entre nous tout est transparent, je suis allée voir Australia, dernier opus de Baz Luhrman, avant tout pour le talent de Hugh Jackman, qui, toute histoire de pectoraux mise à part est certainement un des acteurs les plus talentueux de sa génération (avec Christian Bale) (voilà, c'est dit, je me sens plus légère). Je n'avais pas aimé les films de Luhrman que j'avais vus (Roméo+Juliette et Moulin rouge) et les avis que j'avais pu lire ici ou là m'avaient confortée dans l'idée que j'allais voir un film médiocre. Et ? vous demandez-vous, haletants et frissonnants devant l'incroyable suspense de cette mise en bouche.


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(Et je vous laisse frémir deux minutes devant la photo, chers happy few, ne me remerciez pas, je suis comme ça. Y a pas à dire, le fouet et le feutre, ça habille un homme, je l'ai toujours pensé.)

Eh bien, chers happy few, ce film a des défauts certains, notamment dans le scénario, qui tire un peu à hue et à dia, tant au niveau de la densité de ce qui est raconté (il y a trop d'histoires, il y avait de quoi faire au moins deux films et les deux parties bien distinctes ne s'emboîtent pas bien) que dans le mélange des registres (on est parfois dans de la comédie, limite parodie (la fameuse scène de la douche est à mon avis à prendre au troisième degré et demi), dans le western, puis dans le drame et enfin dans le film de guerre). C'est un film trop foisonnant qui part dans tous les sens, mais ce côté mal foutu est à mon sens le signe d'une trop grande passion. On sent chez Luhrman la volonté de rendre hommage à un certain genre de films (notamment les films de grands espaces avec de la "romance" comme disent nos amis anglo-saxons, et on ne peut que penser à Out of Africa (même vision sublimée d'un pays différent, problème des Noirs, une femme que le pays et sa dureté vont transformer) et dans une moindre mesure à Autant en emporte le vent (les personnages de Rhett et de Drover ont quelques points communs notamment dans leur refus des conventions sociales), de mettre en valeur ses acteurs et d'en mettre une louche aussi côté bons sentiments mit politique avec la question aborigène. Ce côté fourre-tout confère au film une certaine naïveté mais paradoxalement aussi une immense fraîcheur. Il y a de l'enthousiasme dans la réalisation, il y a de l'amour du cinéma derrière tout ça et j'ai non seulement été transportée pendant 2 heures 40 (eh oui, quand même), mais j'ai carrément adoré. Tous les clichés inhérents au genre, dont Luhrman semble se délecter (il ne nous épargne aucun ralenti, aucune situation attendue et les copines ont gloussé plusieurs fois (il faut dire que la scène avec la jument est particulièrement croquignolette pour ne citer qu'elle)) ont fonctionné à plein sur moi et j'ai soupiré après Hugh Jackman, qui incarne parfaitement cet homme viril, intègre et passionné.

A recommander à ceux que le désordre ne rebute pas. Et à ceux qui aiment Hugh. Evidemment.


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(Hugh rasé de près dans une scène-hommage à la scène de bal d'Autant en emporte le vent. Voilà qui relance le débat : barbe or not barbe ?)


Australia, avec une belle scène de douche à l'intérieur et un baiser liquéfiant (celui sous l'arbre pour ceux qui auraient vu le film), qui mérite le prix de meilleur baiser de l'année, dans toutes les bonne salles, en VO of course pour le bel accent australien retrouvé de Hugh (qui a en plus une très belle voix, il faut le préciser, c'est important).


Les billets d'Amanda, qui ne sait déjà plus qui est Hugh et d'Ori, renversée, qui rêve d'une douche dans le bush.