15.12.2010

Jaine Austen, Discreet Inquiries, Work Done with Pride, not Prejudice

L'heure est grave, happy few de mes rêves.

Certes pas autant que quand j'ai appris que la quasi intégralité du cast de Glee était au fond du lit pour cause d'amygdalite sournoise et néanmoins aigüe (je me suis proposée pour aller gentiment soigner Will Schuester (oui, j'ai des compétences en la matière, je suis over forte en partage de chaleur corporelle, moi Madame) mais j'en ai été violemment empêchée par une star qui soi disant me veut du bien ; les coupines ne sont plus ce qu'elles étaient, hélas, et un malheur n'arrivant jamais seul, je suis à court de nutella, il n'y a pas à dire, certains mercredis commencent mieux), ..., euh... Où en étais-je ? (Cette manie de la parenthèse finira par avoir raison de moi, après mon goût pervers pour la grammaire, le champagne et les mérovingiens.) Bref, disais-je (ou tentais-je de dire), je me suis rendue compte, alors que je baguenaudais sur mon propre blog (on occupe ses fins de soirée comme on peut) que je n'avais pas écrit une chronique de roman depuis quinze jours.

(Oui, je sais, certains ont été pendus par les pouces pour moins que ça.)

Pour réparer cette affrosité (résultat d'une pannounette de lecture que j'ai combattue à coup de Largo Winch (le dernier est semblable à tous les précédents, il y a longtemps que j'ai abandonné toute velléité d'espoir de voir Van Hamme écrire autre chose que du Van Hamme), de Blake et Mortimer (les héros vieillissent hélas) et de Yoko Tsuno (je ne dirai pas de mal parce que c'est Roger, quoi)), je me propose aujourd'hui de vous parler d'un roman hautement recommandable, dont la lecture aurait à mon avis été fortement profitable à notre ami Emmanuel qui manquait paraît-il un peu de fun dans sa vie, et qui a déclenché chez moi plusieurs crises d'hilarité publiques :

 

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 This Pen for Hire, premier tome des aventures de Jaine Austen (tout le monde n'a pas la chance d'avoir une mère qui manie correctement l'orthographe).

Jaine est écrivain public à Los Angeles. Elle pond des papiers aussi intelligents que profonds pour des assurances et des entreprises en tous genres (surtout des plombiers) et écrit aussi des lettres pour des particuliers (surtout des plaintes contre les compagnies aériennes). Un jour, Howard se présente à sa porte : ce jeune homme peu gâté par la nature, introverti et qui vit avec sa mère est tombé amoureux d'une véritable bombe anatomique et il veut que Jaine lui écrive une lettre pour lui avouer cet amour. Jaine finit par accepter et à son grand étonnement Howard lui annonce, radieux, que la sublime Stacy a accepté d'aller dîner avec lui. Mais l'euphorie du jeune homme est de courte durée : Stacy est assassinée et Howard arrêté. Jaine, persuadée que la police a fait une erreur, décide d'enquêter elle-même...

Il n'y a pas à dire, chers happy few, les américaines manient parfaitement ce genre très précis qu'est le romance & mystery novel, genre dans lequel brille ma chère Janet Evanovich, à laquelle Laura Levine n'a pas grand chose à envier (sauf un personnage masculin over sexy) (oui, aujourd'hui c'est analyse littéraire profonde, ne dites rien, je sais). L'intrigue n'a pas grand intérêt (j'ai deviné qui était le coupable au moment où il fait son apparition dans l'histoire) mais le personnage de Jaine est drôlatique : elle a une façon bien à elle de s'auto-déprécier, de faire systématiquement le contraire de ce qu'elle annonce, de ne pas résister à une part de cheesecake au chocolat et de prendre le lecteur à parti qui m'a séduite d'emblée. Divorcée et rondouillette dans la ville qui compte le plus d'acteurs au monde (dans les restaurants, sa meilleure amie, Kandi, appelle systématiquement le serveur "Actor!"), Jaine a pour elle un sens de l'humour à toute épreuve, une détermination sans faille, un goût prononcé pour le danger et un style plein de verve et d'esprit. This Pen for Hire est un roman enlevé, bourré de références littéraires et cinématographiques et hilarant. Il me manquait une dixième amie de fiction, chers happy few : je viens de la trouver.

 

Laura Levine, This Pen for Hire, Kensington mystery, 224 pages, 2002

A noter que des neuf romans que compte la série, seul le tome 3, Killer Blonde, a été traduit en français. Encore une bonne raison de se mettre à l'anglais.

Le billet de Cuné, à qui je dois cette découverte (encore une) : thanx girl!

 

LireEnVoMini.jpgChallenge Lire en V.O

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