03.06.2009
Dans la tanière
Arsène Le Rigoleur, paysan breton, mérite mal son nom. Rigoler, il ne sait pas faire. Pire, il n'aime pas entendre les autres rire. Attaché à sa terre et à ses secrets, l'Arsène. C'est donc avec méfiance qu'il voit arriver dans l'ancienne ferme des Morvan retapée pour l'occasion une famille de la ville, les Maffart. C'est qu'ils ont deux enfants ces citadins, Louis, huit ans et Juliette, cinq ans. Et les enfants, ça pose des questions, ça s'incruste... et ça fait faire n'importe quoi.
Première rencontre avec Fabienne Juhel, chers happy few, et je suis littéralement conquise! J'ai beaucoup aimé ce roman, qui raconte, dans une langue riche et personnelle, imagée et charnelle (on est censé suivre les pensées d'Arsène, qui "pense mieux qu'il ne parle"), une histoire ma foi un peu glauque, un peu noire, mais terriblement humaine. On s'attache à cet homme qui n'a pas eu une enfance de rêve, entre le Père au martinet leste et la Mère hantée par un secret et un malheur, ce taiseux qui parle aux morts et qui voit des signes dans la réalité qui l'entoure. Je ne peux pas en dire plus sur l'intrigue de peur d'en révéler trop (même si un sentiment d'inéluctable pèse tout de suite sur la narration et sur le lecteur, qui a très vite peur d'avoir compris vers où tout cela le mène), mais j'ai trouvé que c'était un beau roman sur la solitude et, bizarrement, sur l'amour, que ce soit celui de la terre, des animaux, et même des hommes. Une chose est certaine : je n'en ai pas fini avec cet auteur, chers happy few. Oh non.
Fabienne Juhel, A l'angle du renard, Au rouergue, la brune, 235 pages, 2009
07:00 Écrit par fashion dans Littérature française, Prix Landerneau | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : fabienne juhel, à l'angle du renard, méfiez-vous de vos voisins de ferme, aucune vache n'a été maltraitée durant l'écriture de ce roman, on ne peut pas en dire autant des poules, pauvres volatiles, (bah, en même temps, c'est bête une poule)