22.10.2010

La groupie du David

Inutile de tourner les talons virtuels en lisant le titre ô combien subtil de ce billet, chers happy few, vous pensez bien que c'est pas ma faute à moi comme disait à sa femme le poète moldave en citant une quelconque Lolita un lendemain de beuverie (la preuve que l'alcool peut faire écouter n'importe quoi, il paraîtrait même qu'il y avait du monde au concert de Christophe Maé hier soir) (si, si, je sais que vous frémissez, moi aussi, et pas de plaisir, croyez-moi). C'est juste qu'il faut bien que je vous tienne au courant de l'avancée du Challenge Tennant 2010, qui, ne le niez pas, vous tient à coeur, car rien de ce qui me concerne ne vous est étranger (aujourd'hui c'est kulture et petits pois à tous les étages, mon dieu que c'est beau, j'en ai la larme à l'oeil).

 

Bref. Avant que de vous dire deux mots (pas plus, promis) de deux séries britonnes visionnées pour les beaux yeux de ma réussite challengesque (je suis une femme déterminée, une winneuse, moi, chers happy few), je vous livre une information capitale qui a peut-être échappé à ceux qui ne suivent pas le site officiel de David chou (autant dire 99,99% de mon lectorat, donc) (bon, ça va, 100%) : il a été élu 24ème homme le mieux habillé de Grande-Bretagne par Glamour UK, ce qui, franchement, fait autant plaisir que de savoir que son blog est enfin rentré dans le top 10 de Wikio.

Et comme il est hors de question que je vous laisse, pantelants, vous demander ce qui a bien pu susciter une telle place de la part de ce magazin so fashion (oui, je suis comme vous, je pense qu'il a été volé par un jury jaloux et qu'il méritait la première place), je vous livre la photo qui accompagnait cette révélation :

bestdressed.JPG

 

On est d'accord, ce n'est pas celle où il est le plus à son avantage. On est d'accord aussi, si cet homme maigrit encore, il perd un os. Je pense que cet oubli de s'alimenter par manque de temps (il travaille trop cet homme, pauvre choupinet), tient d'une forme de divertissement pascalien ; il est vraiment temps qu'il vienne s'allonger sur mon divan, je lui ferai goûter mon boeuf bourguignon (il n'y a évidemment aucun sous-entendu de quelque sorte que ce soit dans cette phrase, je suis une fille sage, moi, chers happy few) (et pleine de talents culinaires).

 

...

Où en étais-je ? Toute à la contemplation de cette mâchoire virile, voilà-t-y pas que j'ai perdu le fil (pourtant évident, limite lumineux, comme d'habitude) de ce billet à Haute Teneur Kulturelle. Ah oui, les séries britonnes. J'ai donc visionné pour les besoins du Challenge :

 

he knew.jpgSi on vivait dans un monde parfait où je n'aurais jamais froid aux pieds, où le point virgule aurait encore droit de cité et où les copies se corrigeraient toutes seules, j'aurais lu le roman de Trollope dont cette série (6 épisodes de 60 mn chacun) est l'adaptation. Le monde étant ce qu'il est, je ne peux donc pas juger de cette série en tant qu'adaptation, mais au fond est-ce bien grave ? (la question est purement rhétorique, happy few de mon coeur, merci de ne pas briser mes illusions, j'y tiens) He knew he was right est une variation autour de la folie amoureuse : Louis (Oliver Dimsdale) est marié avec Emily (Laura Fraser) depuis quelques années et leur mariage a l'air parfait. Mais l'empressement du parrain de la jeune femme (Bill Nighy, hiiii) (pardon, chers happy few, le clavier m'a échappé), récemment arrivé à Londres, plonge Louis dans les affres de la jalousie la plus ravageuse. Emily refusant d'admettre le moindre tort (après tout, elle n'a vraiment rien fait), la situation s'envenime et Louis sombre peu à peu dans la folie... C'est une excellente série, chers happy few, qui fait graviter, autour de ce couple à la situation pour le moins absurde, d'autres histoires d'amour, révélatrices de leur époque (nous sommes dans la deuxième moitié du XIXème siècle). Mariages arrangés, histoires de dots et d'intérêts, soumission absolue des femmes à leurs maris, à leurs pères ou à leurs oncles..., le spectateur souffre avec la belle et douce Nora, la soeur d'Emily, amoureuse d'un beau jeune homme désargenté, Hugh, qui forment sans conteste le couple le plus attachant de cette histoire foisonnante. Et David, dans tout ça ? demande le seul qui suit encore. David incarne ici le Révérend Gibson, un homme arriviste, antipathique et lâche, en un mot détestable, qui aurait bien aimé épouser pour son argent la jeune Dorothy (la soeur de Hugh, c'est pas facile, mais on va y arriver), mais qui se retrouve coincé avec l'une des terrifiantes soeurs French. Il est comme d'habitude parfait (en toute objectivité, évidemment).

davidreverendgibson.jpg

Avouez qu'il porte bien le costume de clergyman, non ? Voilà qui aurait mérité une bonne 5ème place dans le classement Glamour de l'époque. (Les amateurs du Docteur auront reconnu à sa droite Fenella Wolgar qui incarne Agatha Christie dans la saison 4.)

 

secret smile.jpgDans un tout autre registre, j'ai regardé Secret Smile, téléfilm en deux parties que ne renierait pas M6 (je ne comprends pas qu'il n'ait pas déjà été diffusé en France un samedi soir en deuxième partie de soirée, même si l'interdiction aux moins de 15 ans est largement imméritée) (mais bon, je suis française, je ne me cache pas les yeux quand je vois un bout de sein) (surtout quand c'est celui de David, mais je m'égare). Adapté d'un roman de Nicci French (jamais lu, mais j'ai vu il y a longtemps Feu de glace, un navet de la plus belle eau) (et sur M6, tiens), Secret smile est un mauvais thriller plein d'incohérences et à la morale plus que douteuse. Miranda (Kate Ashfield, que j'ai trouvée très mauvaise) rencontre Brendan (David, donc, dans un rôle mal écrit) ; il a tout de l'homme idéal, sauf qu'à peine 10 jours après leur rencontre, elle le retrouve chez elle : non seulement il a fait faire un double des clés dans son dos, mais il lui a en plus rangé tout son appart' (ça ne vous rappelle pas ce film over flippant où Julia Roberts est poursuivie par son ex-mari psychopathe ?). Miranda rompt, pour retrouver Brendan trois mois plus tard... fiancé à sa soeur. Dès lors, elle découvre que Brendan semble n'avoir rien de mieux à faire que lui pourrir la vie pour se venger. C'est un téléfilm très maladroit, en partie à cause de l'histoire, trop étirée et bourrée d'invraisemblances (et la fin m'a hérissée au possible, je ne la dévoile pas pour ceux qui voudraient quand même y jeter un oeil) (j'en profite pour préciser qu'il n'existe qu'une version sans sous-titres, et que David chou ayant pour l'occasion récupéré son délicieux accent écossais (bon, moins prononcé que dans Blackpool, n'allez pas me faire dire ce que je n'ai pas dit), il faut quelques minutes de concentration intense pour se mettre dans le bain), en partie à cause des personnages, dont les motivations sont pour le moins peu claires et les actions parfois idiotes. Et David fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui a donné, mais hormis une scène dans le jardin et une réplique d'anthologie, on va dire pudiquement que ce n'est pas son meilleur rôle.

 

Prochain rendez-vous début décembre, chers happy few, avec la sortie DVD de sa dernière série, Single father, produite par la BBC. En attendant, je regarde Life on Mars : y a pas que David Tennant dans la vie, y a aussi John Simm.

 

PS : merci à Isil pour le prêt de He knew he was right et à Nataka pour celui de Secret smile. Comme Nataka est une challengeuse rigoureuse, elle a chroniqué He knew he was right ici et Secret smile .