31.01.2010

On the road again

Ce billet ne contient que deux spoilers mais de taille. Parce que parfois, je ne peux pas faire autrement, chers happy few, ce n'est pas faute d'essayer, croyez-moi.

 

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Les frères au nom qui claque comme un coup de fusil (oui, je sais, elle est facile, celle-là, my bad) sont de retour.
Les démons n'ont qu'à bien se tenir.

 

 

Nous avions laissé (du moins ceux qui suivent et pas ceux qui lisent Ok podium consacré à Gareth David-Lloyd au fond de la classe en attendant que ça passe) (non, je ne vise personne en particulier, chers happy few) les frères Winchester en mauvaise posture à la fin de la saison 1 de Supernatural, nous les retrouvons donc à l'hôpital dans un épisode, In my time of dying qui non seulement est bien ficelé et plutôt émouvant, mais qui se permet, en plus, dès le début de cette saison, de se débarrasser de John Winchester, ce qui va d'entrée de jeu changer la donne entre les deux frères. Privés de but (la quête du père était le ressort principal de la saison 1), Dean et Sam reprennent la route pleins d'interrogations sur eux-mêmes (qu'a voulu dire John avant de mourir ? comment vivre quand, dans le cas de Dean, on a été sauvé par un pacte avec le diable ?) et sur leur métier, la rencontre avec Gordon Dexter le chasseur fou de l'épisode 3, Bloodlust, posant pour la première fois la question de la légitimité de leur action, ce qui n'arrange pas les affaires de Dean, contraint de gérer soudainement beaucoup trop de paramètres. La saison 2 est donc marquée par le deuil et les interrogations existentielles des deux frères et par la poursuite du démon aux yeux jaunes qui était l'Arlésienne de la saison 1, pour culminer dans un final très réussi où Dean et Sam en apprennent enfin plus sur le but poursuivi par ce fameux démon et sur l'utilisation du Colt récupéré dans la saison 1. C'est une saison où les bons épisodes côtoient les très bons (Plaything, Croatoan, Roadkill...) et où l'humour surgit enfin (Hollywood Babylon, truffé d'auto-références est une excellente mise en abyme des slashers). La relation entre les deux frères devient encore plus dense et paradoxalement plus confictuelle et l'amour qui les lie voit son point de non-retour à la fin du dernier épisode, All Hell Break Loose, où pour ramener Sam, Dean se livre à l'irréparable et, parce que décidément les enfants n'apprennent jamais des erreurs de leurs aînés, reproduit quasiment à l'identique l'erreur de son père.

 

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No comment.

 

Si la saison 2 était bonne, la saison 3 est elle, excellente. Resserrée (grève des scénaristes oblige, elle ne comporte que 16 épisodes), elle offre ce qui manquait depuis le début : l'introduction de nouveaux personnages qui permettent de sortir du duo Dean/Sam, introduction pas tout à fait réussie dans la saison précédente avec les chasseurs de Roadhouse, ce que les scénaristes ont bien compris puisqu'ils n'ont pas hésité pas à se débarrasser rapidement de ceux qui étaient finalement devenus plus encombrants qu'autre chose. Bobby Singer le vieux chasseur, père de substitution un brin taiseux et plein de ressources prend de l'ampleur, et on fait la connaissance de deux personnages féminins complexes et attachants, Ruby le démon qui est du côté des deux frères et Bela, la voleuse qui a bâti une fortune en faisant le commerce des artefacts magiques. La saison est bourrée de bonnes idées, les intrigues se hissant enfin un cran au-dessus de la mythologie américaine pour explorer d'autres facettes fantastiques et à ce titre certains épisodes sont carrément brillants comme The magnificient seven qui réutilise les sept péchés capitaux, The kids are alright qui exploite le topos de l'enfant possédé en le mêlant intelligemment à l'histoire personnelle de Dean, Fresh Blood où la question de la monstruosité et de la folie est posée avec acuité ou encore Bedtime Stories qui explore l'univers des contes de fées. C'est aussi étrangement et malgré la noirceur de l'ensemble la saison qui propose le plus d'épisodes comiques comme A very supernatural Christmas où les dieux païens s'invitent dans une petite ville, Mystery spot, utilisation assez tragique de la boucle temporelle ou Ghostfacers, dont le titre, explicite, contient en lui-même toute la drôlerie de l'auto-parodie. La saison 3 est en plus de cela extrêmement bien écrite, mélange parfait entre la quête de Sam pour défaire Dean de son pacte, la très juste évolution psychologique des deux frères face à la nouvelle donne et des épisodes aux histoires individuelles fort bien fichues.

 

Intelligente, réutilisant de manière personnelle la mythologie américaine (mais pas que), n'hésitant pas à maltraiter ses personnages, bien interprétée (et je ne pense pas ici uniquement à la sexytude de Jensen Ackles même si je suis bien obligée d'en glisser un mot par pure rigueur scientifique, évidemment), Supernatural est vraiment une série qui s'améliore au fil des saisons et qui mérite qu'on s'y attarde, chers happy few. D'ailleurs j'attends la saison 4.

 

Supernatural, saisons 2 et 3, disponibles en VO et VF.

Le billet de Thomas.