25.01.2011

Hamlet - Théâtre Mouffetard

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Comme je suis une femme toute de wilditude, happy few que je chéris publiquement, je vais souvent au théâtre sans savoir à quoi m'attendre. Il suffit d'un titre que j'aime ou d'une invitation lancée par une copine et je suis prête à beaucoup de choses sauf me farcir encore une mise en scène de Nordey (il y a des limites à mon abnégation) et franchir le périph' (je suis wild certes, mais paresseuse).

Aussi quand Cryssilda a lancé, comme ça, négligemment, limite l'air de rien : "Tiens, les filles, si on allait voir Hamlet au théâtre Mouffetard ?", j'ai répondu avec l'élégance et le laconisme qui me caractérisent : "Un peu mon neveu, ça fait au moins huit mois que je n'ai pas vu une mise en scène de cette pièce que j'aime d'amour, il est plus que temps que j'aille prendre des nouvelles du Prince de Danemark, histoire de voir s'il se balade toujours dans les cimetières en parlant au crâne de Yorick."

Me voilà donc installée dans ce théâtre découvert l'année dernière, bichant déjà (dois-je rappeler que je suis totalement et irrémédiablement in love de Shakespeare ?)  et... les cinq premières minutes me donnent des sueurs froides. Je découvre que la pièce a été remaniée (c'est ça d'aller au théâtre sans se renseigner ni lire aucune critique avant, on est toujours surprise) et voir les comédiens danser sur Eurythmics pendant le mariage de Claudius et Gertrude me laisse présager le pire : mais qu'allais-je faire dans cette galère me suis-je demandé pendant environ trente et une secondes, jusqu'à ce qu'Hamlet entre en scène. Est-ce l'incroyable énergie de ce comédien (Romain Cottard), la grande justesse de toute la troupe (dont certains comédiens jouent plusieurs rôles avec brio), la mise en scène inventive qui tire un excellent parti de cette petite scène sans aucun décor, la réécriture finalement parfaite, qui épure l'intrigue tout en gardant ce qui en fait la chair, tant dans le fond (la folie, la vengeance) que dans la forme (le To be or not to be, que j'attendais évidemment au tournant et qui est excellemment mis en scène, la confrontation entre Ophélie et Hamlet, la scène du cimetière, le duel final...) ? Toujours est-il que j'ai été complètement conquise et que je recommande sans réserve : je suis même persuadée que la réécriture de la pièce qui se retrouve ainsi fortement raccourcie (environ 1h30 de représentation) peut être une entrée dans l'oeuvre de Shakespeare pour ceux à qui elle ferait peur (bien sûr, mon petit coeur tout mou ne veut pas croire que l'on puisse être effrayé par le Barde, mais sait-on jamais). Une pièce à voir absolument : ça tombe bien, elle joue jusqu'au 19 mars.

Hamlet de William Shakespeare, adaptation de Igor Mendjiski et Romain Cottard, mise en scène d'Igor Mendjiski, avec avec Clément Aubert (Laertes, Guildenstern, un comédien), James Champel (Horatio, un comédien), Romain Cottard (Hamlet), Fanny Deblock (Ophélie), Yves Jégo (Claudius, le spectre), Imer Kutlovci (rosencrantz, un comédien, le fossoyeur), Dominique Massat (Gertrude), Arnaud Pfeiffer (Polonius,le prêtre, Osric).

Théâtre Mouffetard, 73 rue Mouffetard, Paris 5ème, du mercredi au samedi 20h30, dimanche 15h, représentations supplémentaires mardi 8 février et 15 mars à 18h. Prix des places 24€, tarif réduit 16€.

Le billet de Cryssilda.  

03.01.2010

Blue moon

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Anita Blake, Réanimatrice le jour et Exécutrice de vampires la nuit, est appelée en pleine nuit par Daniel Zeeman, le frère de Richard, le loup-garou qu'elle a plaqué pour Jean-Claude le vampire aux goûts vestimentaires pour le moins discutables. Richard, parti étudier les Trolls dans le Tennessee, a été mis en prison pour viol. Anita ne croit pas que Richard ait pu commettre un tel forfait et part, accompagnée de deux gardes du corps vampires et de trois léopards-garous qui leur servent de garde-manger ambulant, délivrer son ex. La réalité est bien sûre un peu plus compliquée que ce à quoi elle s'attend.

 

...

 

(Oui, je sais, chers happy few, le résumé que je fais de ce roman a de quoi en perdre plus d'un et faire rire les autres, je le reconnais volontiers. Bref.)

 

Autant le dire tout de suite dans un grand élan d'auto-flagellation parfaitement assumé, chers happy few, j'ai manifestement commis une fatale erreur d'appréciation en commençant cette série par le tome 8. Oui, je sais, vous vous demandez ce qui a bien pu me passer par la tête et en fait, ben pas grand-chose et c'est bien ça le problème : j'avais envie d'une lecture fantastique, ce roman était dans ma PAL (dans l'ancienne édition Fleuve Noir dont la couverture est aussi moche que celle de Bragelonne et étrangement similaire, à croire qu'il y aurait eu un peu plus que de l'inspiration de la part des nouveaux maquettistes mais point ne persiflerai), j'avais un long trajet en train prévu, bref, l'occasion faisant le larron j'ai exhumé ce roman et ce n'est qu'en l'entamant que je me suis rendue compte que ce n'était pas le premier, mais comme je suis wild et que je n'avais rien d'autre sous la main, enfin, dans le sac, j'ai décidé que ça ne faisait rien.

 

En fait, si.

 

Bon, je vous rassure tout de suite, ça ne pose évidemment pas de problème de compréhension pour l'intrigue, qui n'est pas mal fichue, soyons honnête, même si les grandes lignes sont tout de suite évidentes pour le lecteur un tant soit peu malin ou habitué au genre. C'est par contre plus ennuyeux dans la caractérisation des personnages, puisque j'ai cru comprendre qu'Anita évoluait beaucoup entre sa première apparition et celle-ci, que ce soit dans sa vie personnelle (elle quitte le chaste loup-garou pour le vampire chaud comme une baraque à frites, avouez que c'est vachement original un vampire sexy, hein, bon celui-ci se distingue par une étonnante propension à porter des chemises en voile rouge transparent, personnellement je trouve ça peu séduisant mais c'est certainement parce que je ne suis pas une Exécutrice) comme dans son métier, tant pis pour moi, je n'avais qu'à commencer par le commencement. 

 

Cela étant posé, je dois bien avouer que je n'ai pas été très emballée par cette lecture. Le monde créé par Hamilton est intéressant (les créatures surnaturelles vivent au grand jour, enfin, celles qui supportent la lumière du soleil, et Anita réanime les morts à qui on a besoin de parler quelques minutes pour des problèmes d'héritage ou de témoignage par exemple, exactement à la manière du gant dans Torchwood) mais la description des vampires et des loups-garous est franchement risible : entre les longs cheveux flottant au vent et caressant les genoux de tous ces hommes (les années 80 ont décidément fait des ravages partout) et leur attirante nudité virile (ils se baladent tous à poil les trois-quarts du temps et font rouler leurs muscles pour le seul bénéfice d'Anita et de la lectrice pubère), ces hommes perpétuellement en rut m'ont fait hésiter entre soupirs de lassitude et rires, tant le trait est grossier. Certaines scènes sont à hurler de rire (vas-y que ça se léchouille en bande, mais bon, c'est la meute, hein, c'est normal, vas-y que ça se court après le pantalon sur les chevilles) et doublées de dialogues aux sous-entendus poussifs (ça parle sexe, ça pense sexe, ça rêve sexe, ce qui finit par devenir un peu fatigant à la longue). Remarquons enfin que Laurell K. Hamilton est affligée d'un étrange TOC qui la pousse à décrire par le menu les tenues vestimentaires de chaque personnage à chaque fois qu'il apparaît, ce qui, compte tenu de la tendance pour le moins appuyée de chacun à passer son temps à s'habiller et se déshabiller, est ennuyeux au possible : le prochain qui me parle de pantalon en cuir et de brassière à lacets sera condamné à une vie de Guillaume Musso en moldave, tiens.

 

 

Laurell K. Hamilton, Lune bleue (Blue Moon), Fleuve Noir, traduit de l'anglais par Isabelle Troin, 625 pages, 2005 pour la traduction française, 1998 pour la première publication.