11.02.2009

Père et fille(s)

impardonnables.jpg Francis, écrivain sexagénaire qui a perdu sa femme et une de ses filles dans un terrible accident douze ans auparavant coule des jours pas vraiment tranquilles au pays basque. Un jour, sa fille, Alice, disparaît. Commence alors pour lui une lente désintégration de la vie telle qu'il la mène cahin caha.


Je vais vous faire un aveu chers happy few : je n'avais jamais lu de romans de Philippe Djian. Je ne peux donc pas le juger en fonction des ses opus précédents : il paraît si j'en crois les critiques lues ici ou là que c'est le retour du grand Djian, celui de ses fans. De mon côté, avec mon oeil vierge de Djian (l'expression est de Magda), j'ai trouvé qu'Impardonnables n'était pas sans qualités : une narration un peu bousculée, avec des ruptures de chronologie (bon, elles ne sont pas toujours bienvenues, surtout à la fin, que j'ai trouvé globalement bâclée), le sens de la formule (j'ai beaucoup aimé l'idée selon laquelle les écrivains ressembleraient physiquement à leur prose et quelques remarques sur l'écriture et sur le deuil) et un style relativement enlevé même s'il est parfois répétitif. Malgré de multiples rebondissements (disparition d'Alice, réglée au quart du bouquin, éloignement et infidélité de Judith, mystère sur l'identité de l'amant (en réalité un secret de polichinelle pour un lecteur attentif), séparations et retrouvailles multiples, tentative de suicide, tentative de meutre, mort d'un des personnages et j'en passe), l'histoire est banale mais elle n'est finalement pas le noeud de ce roman : c'est un roman sur un écrivain sur le retour, qui s'interroge sur sa capacité créatrice, fortement malmenée par la vie et sur ses relations avec les femmes de sa vie. C'est pas mal, mais franchement pas bouleversant, au point qu'en bonne rabat-joie, j'ai un peu de mal à comprendre l'engouement que cet auteur suscite.


Philippe Djian, Impardonnables, Gallimard, 233 pages, 2009


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