16.03.2009
Des lapins et des souris
Charity Tiddler naît en 1870 à Londres. Fille unique d'un couple argenté et désassorti, elle grandit seule au troisième étage de la belle demeure londonienne, entre ses animaux et sa bonne, Tabitha la belle rousse à moitié folle. Son enfance solitaire s'améliore quand sa mère lui trouve une gouvernante, Blanche, qui lui apprend le dessin...
En partie inspiré (très librement) de la vie de Beatrix Potter, Miss Charity est un délicieux roman très joliment illustré par Philippe Dumas, qui conte l'enfance et la jeunesse d'une jeune fille hors normes. Dans une société anglaise où les jeunes filles de bonne famille ont fait de la chasse au mari un sport national, Miss Charity se démarque des autres (en particulier de ses cousines vaniteuses et mauvaises langues) par son refus du mariage à tout prix (elle ne veut se marier que par amour) et sa volonté de subvenir à ses propres besoins. Mûe par une Volonté farouche (la majuscule est dans le roman) que rien n'arrête et animée d'un sens de l'humour à toute épreuve, Charity fait face à sa vie avec beaucoup de détermination. Elle élève ses animaux, cueille des champignons, s'intéresse aux fossiles, peint sans arrêt, apprend les pièces de Shakespeare par coeur, pêche à la mouche et se contrefiche du qu'en dira-t-on et de la réputation de fille originale qui lui colle à la peau. Malgré son statut de femme qui ne lui facilite pas la tâche et des parents qui la maintiennent volontairement dans une situation financière de dépendance, Charity publie ses premiers albums jeunesse et connaît le succès. Outre l'histoire, très enlevée et bourrée d'humour, qui fait naître avec minutie et beaucoup de talent la société anglaise guindée et cachottière de la fin du XIXème siècle et ses hommes célèbres (on y croise notamment Wilde et Shaw) il faut saluer les nombreuses allusions à la littérature anglaise et la joliesse de l'objet-livre, illustré, à la présentation aérée et avec couverture à rabats. Un roman jeunesse enchanteur, chers happy few!
Marie-Aude Murail, Miss Charity, L'école des loisirs, 563 pages (qui passent très vite, chers happy few, voire même trop vite)
Les avis unanimement enthousiastes de Cuné (merci pour le prêt!), Bookomaton, Cathulu, Emjy, Leiloona, Malice, Papillon, Virginie
19:11 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature française | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : marie-aude murail, miss charity, ça donne envie d'acheter les bouquins de beatrix potter, et de marcher dans la campagne anglaise, (c'est dire le pouvoir enchanteur de ce roman)