18.09.2011
Jenna Fox, pour toujours - Mary E. Pearson

(Allez, je recopie la quatrième de couverture, parce que parfois paresse is my middle name)
Jenna est amnésique après un an passé dans le coma. Surprotégée par ses parents, elle réapprend à être celle qu'elle a toujours été. Pourtant, très vite, Jenna comprend qu'elle est bien plus que les vidéos de son enfance qu'on l'oblige à regarder. Et avec les souvenirs apparaissent des questions auxquelles personne ne répond...
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu un roman jeunesse, happy few de mon coeur nougatine, et celui-ci, récemment paru en poche dans la collection Pôle fiction de Gallimard jeunesse, me paraissait promettre deux heures de lecture revigorantes, puisqu'il s'agit d'un roman d'anticipation, genre devant lequel je ne recule jamais. Hélas pour moi, les deux phrases de l'auteur placées en quatrième de couverture conjuguées au résumé (celui que je vous ai livré avec brio) m'ont fait deviner ce qui était précisément arrivé à Jenna, de quelle manière et quelles en seraient les conséquences à la page... 19 (le roman en comporte quand même 353). Pas grave, me suis-je dit en ma Ford intérieure, voyons-voir quand même comment Pearson se dépatouille de tout ça (parce que je ne m'étais évidemment pas trompée d'un iota, mais bon, comme c'est une maladie génétique chez moi, j'en ai pris mon parti depuis longtemps) et puis peut-être va-t-elle arriver quand même à me surprendre par des détails. Hélas again, pas un seul détaillounet ne m'a surprise dans ce roman plan plan et démonstratif en diable qui se veut un plaidoyer pour une science éthique et contrôlée et pour la tolérance, ce qui, vous en conviendrez, sont des thèmes tellement nouveaux que j'en suis ébouriffationnée. Un thème peu original, un traitement plus que banal (on n'échappe évidemment pas à l'histoire d'amour gnangnan), Jenna Fox, pour toujours (le titre français n'est pas très bon en plus, The adoration of Jenna Fox me paraissant nettement plus fort) est un roman fort ennuyeux. Sur le même thème, il y a bien meilleur à faire lire à nos ados.
19:31 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
11.09.2011
White crows - Tome 1 : Coeur d'acier - Djief

(Oui, je sais, c'est difficile à croire, chers happy few, aujourd'hui ni romance ni dissertation sur l'évolution du serbo-moldave à travers les âges, tout se perd.)
Sur la planète Primor, où toutes les cultures interstellaires sont censées cohabiter en paix (enfin, certaines plus que d'autres), Frank Willis mène une vie peu paisible. Humain dans un monde qui pratique à leur écart une stricte ségrégation, il a réussi à gagner ses galons de sergent dans la police grâce à des prises de risque totalement inconsidérées. Il ne vit que pour son boulot, jusqu'au jour où sa fille, Shelly, débarque : la colonie de terriens sur laquelle elle vivait avec sa mère et son beau-père a totalement disparu, de même que ses millions d'habitants. La cohabitation entre le père et la fille s'annonce orageuse, d'autant que la gamine semble avoir un talent certain pour les secrets et les emmerdes...

Voilà un très bon premier volume, happy few de mon coeur : scénario qui tient la route, images et mise en page efficace, monde bien campé, humour, action, clins d'oeil divers et variés (tiens, me suis-je dit en ouvrant le volume, le héros ressemble un peu à Bruce Willis, pour découvrir au bout de quelques vignettes qu'il en portait le nom ; les cyborgs plus qu'humains m'ont fait penser à Blade Runner ; Shelly a un robot-Jeeves qui ressemble un peu à Snivel dans Sillage)... Divertissant en diable, ce Coeur d'acier (Soleil, 48 pages, 2011) est suivi d'un dossier de 6 pages qui détaille l'univers de Primor (univers assez intéressant, ma foi). Espérons que la suite sera à la hauteur.
(Sinon, aucun lien fils unique, allez jouer chez Chif' pour gagner un bouquin de Jamie Oliver, parce qu'il le vaut bien le bougre.)
22:44 Écrit par fashion dans Avec des bulles, SF | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : j'ai déjà corrigé trois paquets de copie, je dis ça je dis rien, rien donc
09.09.2011
Alien : No exit - Brian Evenson

Toi qui entres ici abandonnes tout espoir.
(De me voir avoir des lectures légitimes.
What else ?)
Anders Kramm est un chasseur d'Aliens (avec une majuscule, oui, comme dans les films avec Ripley, les grands méchants gluants qui ne pensent qu'à transformer la race humaine en chair à saucisses). Le jour où sa femme et sa fille succombent aux monstres et où lui-même en réchappe in extremis, il décide de se faire cryogéniser afin d'échapper à ses cauchemars récurrents. Réveillé trente ans plus tard, il reçoit pour mission de se rendre sur un planète en cours de terraformage, C-3 L/M, afin d'enquêter sur une éventuelle attaque d'Aliens. Mais la réalité est bien autre...
Oh my. Dire que j'ai apprécié ce roman serait bien en-dessous de la vérité, tant je l'ai carrément surkiffé. On m'avait promis de la testostérone en barres, de la castagne, des Aliens aussi baveux que dans les films et j'ai eu tout ça, oui, concentré dans 327 pages de rebondissements et d'action ininterrompus. Avec Alien : no exit (traduction Héloïse Esquié, Cherche Midi, 2011), Brian Evenson signe une oeuvre de commande ma foi plus qu'honorable et particulièrement jouissive pour la lectrice amatrice de SF un peu sanglante que je suis. Il reprend les codes des films (impression que les bêbêtes sont partout et surtout que la lutte n'est jamais finie, tunnels et coursives à gogo, scènes gore, groupe décimé un par un, fin inachevée) avec beaucoup d'efficacité et sans temps mort. C'est bourrin, ça charcle à gogo, l'intrigue n'a aucune importance (on a toujours quatorze longueurs d'avance sur Anders, le héros meurtri qui ne demande qu'à renaître), en un mot, c'est juste parfait. Si, si.
(Pour les quelques lecteurs qui auraient lu jusqu'au bout et qui se demanderaient si j'ai l'intention de ne plus lire quasiment que de la SF, rassurez-vous, prochainement, une romance. Vous n'êtes que soulagitude, je le sais.)
J'ai tellement aimé ce roman que je le prête. Ne soyez pas timides, faites votre coming out dans les commentaires.
22:18 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
08.09.2011
"Je suis toutes les filles dans la maison de mon père..."
Comme c'est la Rentrée littéraire, chers happy few, et que je suis toujours à la pointe de l'actualité, je vais aujourd'hui disserter élégamment sur un roman traduit en français il y a de cela déjà quelques longs mois (combien, ne me demandez pas, je compte aussi bien que Justin-je-bouge-mon-corps-jump-jump-Timberlake dans Sexe entre amis (Friends with benefits, à l'affiche actuellement) et ce n'est pas peu dire) :

(Oui, en ce moment, j'ai envie de mettre les couvertures en grand, c'est qu'avec l'âge, je n'y vois plus si bien.)
Dans les années 2010, l'armée américaine fait des expériences pas très catholiques et un médecin génial mais dévasté par le chagrin (il a perdu sa femme) met au point un virus qui, injecté à l'homme est censé lui donner des capacités surhumaines. Les douze premiers cobayes, des condamnés à mort sans famille, se transforment alors en viruls, des espèces de vampires assoiffés de sang humain et quasiment indestructibles. Et ce qui devait arriver arrive : ils s'échappent, répandant la mort et la destruction autour d'eux et contaminant volontairement une victime sur dix. Cent ans plus tard, les Etats-Unis, coupés du reste du monde, sont dévastés. Dans une Colonie en Californie, une petite centaine de survivants résiste au jour le jour aux viruls, mais la fin est proche car la Centrale qui leur fournit l'électricité qui éloigne les monstres toutes les nuits est en bout de course. C'est alors que se présente à leur porte une adolescente d'une centaine d'années, qui a bénéficié d'une forme "au point" du virus...
Le passage (The passage, traduction Dominique Haas, Robert Laffont, 2011, 967 pages) est un roman absolument génial, chers happy few, qui m'a tenue en haleine plusieurs nuits d'affilée. Si la trame n'est pas follement originale, le traitement, lui, l'est. La première partie, qui raconte comment le gouvernement a mis en place les recherches, la sélection des cobayes, le choix de faire d'une enfant abandonnée l'ultime récipiendaire du virus, est construite avec un art consommé du suspens qui fait que le lecteur, bien que sachant parfaitement que tout ceci ne peut conduire qu'à la catastrophe, est rivé aux pages, impatient de voir qui survivra et comment. Le récit devient ensuite un récit de SF post-apocalyptique classique, avec ses survivants et ses bouleversements mais Cronin, par une narration éclatée et parfaitement maîtrisée, suit plusieurs personnages auxquels le lecteur s'attache terriblement et ne ménage pas les surprises et les révélations, ne choisissant jamais la voie de la facilité. Je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler mais certains événements me laissent follement impatiente de lire la suite, car oui, il s'agit d'une trilogie, la parution du tome 2 étant prévue pour 2012 en anglais. Un roman passionnant, habile mélange de thriller et de SF à lire absolument.
Les avis d'Imagin'ères (ça ferait une excellente série télé, je suis entièrement d'accord), Neph (coup de coeur), Emma (qui râle un peu pour la forme mais qui a aimé, j'en profite pour la remercier, puisque c'est elle qui m'a filé cet exemplaire)
10:56 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
09.08.2011
L'ère des fornicatrices - Janet E. Morris
Pour toute réclamation concernant ce billet, veuillez vous adresser à mes trois commentateurs fidèles et assidus qui ont exigé à l'unanimité que je vous éclaire sur le chemin de la kulture la plus pointue en vous parlant de ce petit chef d'oeuvre de la SF New Age. (Ah, je vois que vous faites grise mine, vous qui vous attendiez à de l'érotisme torride, mais vous l'avez cherché, tant pis pour vous dande de coquinous.)
(Où je recopie la quatrième de couverture.) (Enfin, presque.)
Après un lointain voyage où elle a accompli le rite prescrit par son destin (oups, serait-ce un tome 2 que je tiens entre mes petites mains bronzées ?), Estri, la Grande Fornicatrice (mmmh, voilà un titre intéressant, comment fait-on pour l'obtenir, et, plus important, comment fait-on pour obtenir les majuscules qui vont avec ?), a été rejetée sur Silistra, sa planète (on a connu nom de planète plus glamour, genre Tatooine), mais loin du Puits d'Astria où elle régnait sur des milliers de sujets (ben dis donc, c'est du puits de compétition, ça déconne pas), où les désirs de son corps faisaient la loi (la quatrième de couverture a manifestement été écrite par le même que celui qui fait les quatrièmes de couv' Harlequin, mais avec plus de mots). Elle erre dans le désert brûlant, désespérant de survivre (en fait, pas du tout, elle reste allongée dans le sable pendant trois jours, c'est quand même moins fatiguant). C'est alors que deux chefs Parsets la recueillent. (C'est toujours mieux que les Jawa.) Sauvée ? (La tension monte.) Les Parsets sont un peuple farouche, marginal, fier de sa virilité. (Quand je disais que c'était mieux que les Jawa.) Estri deviendra leur esclave : réduite aux plus durs travaux (id est : changer la litière des threx une fois), livrée à tous les caprices de ses maîtres (id est : contrainte de réchauffer la couche du marginal, farouche et fier de sa virilité Chayin ; mais malgré une première fois peu satisfaisante, elle ne se plaint pas, car "elle a appris l'art de séduire les hommes" et elle aime le mettre en pratique). Mais lorsqu'on est Estri, une femme d'une beauté souveraine (quand je disais que Harlequin n'était pas loin), lorsqu'on a le don de lire dans la pensée d'autrui, peut-on se résigner à pareil sort ? (Le peut-on, je vous le demande.) Pour recouvrer sa liberté, Estri usera de tous ses sortilèges... (et d'une épée, c'est important de ne pas l'oublier) (par contre, le gros lézard qu'elle caresse voluptueusement sur la couverture, je n'en ai pas vu la queue, j'ai été obligée de noyer ma déception dans les cupcakes au lemon curd, ce fut une vision insoutenable, croyez-moi sur parole)
J'ai acheté ce bouquin tûtafètement par hasard, de manière aussi fortuite qu'hasardeuse, tentée par ma copine Chiffonnette qui m'a narguée avec le tome suivant ("Oh regarde Fashion, de la SF vintage au titre évocateur, hein que ça te fait envie ?"). Hélas, ma convoitise a été bien mal payée de retour, parce que cette Ere des fornicatrices (traduction ô combien littérale du titre original, The golden sword) est un gloubi-boulga mystico-spiritualo-new age où l'intrigue (ou ce qui en tient lieu) est noyée dans un fatras de réflexions pseudo-philosophiques sur le pouvoir (si on tue quelqu'un on en prend la place, c'est bien, c'est facile), les divinités qui se font la guerre (mais quelles vilaines), les épreuves que doivent accomplir les pauvres femmes qui ne sont que le jouet des hommes, et des situations proprement incompréhensibles (l'histoire progresse par à coups, on ne sait jamais qui est qui, qui doit faire quoi et mieux, pourquoi, mais je suis une pinailleuse, my bad). Et il faut ajouter à ça des phrases qui m'ont fait douter du bon état de marche de mon cerveau. Par exemple, Chayin-le-viril et Hael-son-frère font une partie de je ne sais quoi qui est un jeu divinatoire au début du récit, ce qui donne lieu à des phrases du type : "Sur le plateau des Catalyseurs, la lance et l'écu, sur le rouge, indiquent les éléments nécessaires. Le sablier, sur le noir, représente la volonté dominante. Nous avons donc ce qui est prédéterminé par les exigences du temps. La femme, qui se trouve sur l'or, est l'émissaire par lequel agit le sablier." (Et Dieu dans tout ça ?) Ou encore : "'Tri' est le terme qu'emploient les devins pour définir le processus stochastique permettant de séparer les probabilités inhérentes à un moment donné." (Certes, mais que mange-t-on ce soir ?) Heureusement pour ma compréhension noyée dans cette dialectique kantienne, on trouve aussi des phrases du genre "Mais on ne peut entendre, lorsqu'on est sourd." (Vous me rédigerez dix pages police 10 interligne simple où vous tenterez de réfuter cette phrase d'une profondeur abyssale, exemples littéraires à l'appui.) Un chef d'oeuvre, donc, assurément.
Janet E. Morris, L'ère des fornicatrices (The golden sword), J'ai lu, traduction aléatoire de J. P Pugi, 1982 pour la traduction française, 1977 pour la première parution en VO. Il s'agit du deuxième volume d'une tétralogie (enfin, il me semble). Ne le cherchez pas neuf, on ne le trouve que d'occasion. Enfin, ne le cherchez pas tout court. Pour ceux qui aiment vraiment vivre dangereusement, je donne mon exemplaire, il suffit de me le demander gentiment dans les commentaires.
14:09 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : faites attention avant de me réclamer, des billets sur les autres titres, mouarf
05.08.2011
Les Hell de l'enfer
(Ouais, parce que d'abord, pourquoi que je n'aurais pas droit de faire des jeux de mots pourris, moi aussi, hein ?)
Hell Tanner est un enfoiré de première (c'est pas moi qui le dis mais la quatrième de couverture, moi je ne permettrais pas d'écrire des mots aussi grossiers, foutre non), un ancien Hell's Angel sans bande, qui n'a jamais eu le moindre respect pour rien. Violeur et assassin multirécidiviste, il est libéré de prison. Le deal : porter une caisse de sérums anti-peste à Boston. Ah oui, parce que je ne vous ai pas tout dit, délicieux happy few : le monde dans lequel il vit est livré depuis presque trente ans aux épidémies, aux radiations et aux animaux mutants. Et pour se rendre de Los Angeles à Boston, il faut emprunter la fameuse route 666, qui, comme vous l'imaginez aisément, n'est pas une partie de plaisir.
(Avouez que vous n'en revenez toujours pas de voir qu'une femme aussi délicieuse, délicate et bien coiffée que moi a des lectures aussi... roboratives. Je suis pleine de surprises. Et encore, vous ne savez pas tout.) (Là, par exemple, je rédige ce billet en écoutant chanter Bernard Ménez.) (Enfin, si on peut appeler ça chanter.)
Bon, alors, si je vous dis SF post-apocalyptique, chauves souris géantes, Roger Zelazny, tempêtes de poissons, cela vous suffit-il pour que vous tentiez désespérément de dénicher ce roman (encore un qui est épuisé, on voit que j'ai beaucoup fréquenté le bouquiniste ces derniers temps, que voulez-vous, j'aime les hommes moustachus qui portent un anneau à l'oreille gauche) ? Non ? Vous êtes bien difficiles, décidément.
Route 666 (traduction littérale de Damnation Alley, et encore, c'est mieux que la première traduction, ce bouquin ayant été édité une fois sous le titre ô combien délicieux, voire goûtu, des Culbuteurs de l'Enfer) est un roman extrêmement efficace qui allie un décor post-apocalyptique et une histoire simplissime de convoi sanitaire urgent : en gros, il faut se rendre le plus vite possible d'un point A à un point B sur une route semée de dangers, notre héros y parviendra-t-il ? Sur cette base a priori sans surprise, Zelazny réussit l'exploit de tenir en haleine la lectrice (certes 1. énamourée depuis qu'elle a dévoré Les neuf princes d'ambre il y a environ 32 ans trois quarts, 2. conquise par cette histoire à la Mad Max (ben quoi, ne me dites pas que je suis la seule à les avoir tous vus plusieurs fois, je n'y croirai pas) mâtinée de New York 1997 (il y a du Snake Plissken en Hell Tanner, enfin vice-versa, quoi) qui sait très bien que malgré son évolution (il entrevoit un destin au bout de cette route et une possible rédemption) tout finira très mal pour Hell le bien nommé. J'ai adoré. Je suis bizarre, je sais. Une question de gènes, sans doute.
Roger Zelazny, Route 666 (Damnation Alley), Denoël, Présence du futur, traduction Thomas Bauduret, 2000 pour la traduction française, 1969 pour la première parution en VO
Ce roman a été adapté au cinéma sous le titre français Les survivants de la fin du monde en 1978. Ce film a l'air d'être un nanar de la plus belle eau, je m'étonne qu'il n'ait pas déjà croisé ma route.
En le lisant, je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Câblé de Walter Jon Williams, et j'ai découvert que ce brave Walter a avoué avoir trouvé l'inspiration dans ce Route 666. Je suis trop forte.
En plus, il rentre dans le Challenge nécrophile, Zelazny étant décédé en 1995.
Je pense que c'est ma cinquième lecture pour le challenge mais comme je compte nettement moins bien que je ne lis, rien n'est sûr.
09:10 Écrit par fashion dans Challenge Nécrophile 2011, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
28.07.2011
« J'ai un ange gardien. Il me protège des tempêtes, des éditeurs véreux et des maris jaloux. »

Malgré mes années de lecture science-fictionnesques (ou plutôt mythique-fictionnesques, pour reprendre un des personnages du Monde de Campbell), le nom de Paul Di Filippo n'avait jamais croisé ma LAL, ni ma PAL, ni aucune partie de mon cortex cérébral droit, c'est affreux, je sais, vous êtes choqués. Il aura fallu la préparation de la deuxième édition du swap au long cours 2011 pour que je découvre son existence avec sa Trilogie steampunk (non Karine, je ne l'ai pas lue, puisque je ne l'ai pas trouvée, respire) (car oui, notre deuxième thème est Steam under the covers, un thème qui allie donc la littérature steampunk et... les couvertures, avouez que vous aviez bien évidemment deviné ça en lisant l'intitulé du swap et que vous voyez le lien évident entre les deux) (non ?) (parce que nous en fait, on cherche encore) (mais mollement, entre deux cocktails). Aussi, lorsque chez le bouquiniste l'autre jour j'ai vu ces Pages perdues, je n'ai fait ni une ni deux et j'ai embarqué ce petit recueil de nouvelles pour la délirante somme de 2 euros (oui, je suis comme ça, moi Madame, prête à me ruiner pour la culture) (et j'ai découvert que cet ouvrage, manifestement épuisé, se négociait relativement cher sur le net).
Pages perdues est un recueil de 9 nouvelles qui ont toutes le même postulat de départ : et si les auteurs connus et que nous aimons tous (enfin, certains plus que d'autres) avaient eu une autre vie ? Et si Kafka avait été un vigilante ? Et si St Exupéry avait permis au monde dévasté par un fléau d'une ampleur apocalyptique de survivre ? Et si Philip K. Dick avait été un quincailler exécuté pour atteinte à la personne du Président des Etats-Unis et dont la mort avait changé le cours de l'histoire ? Et si Robert Heinlein était à l'origine du peuplement par les Terriens de toute la galaxie ?
L'introduction de cet excellent recueil, qui se présente comme un texte du Dr Josiah Carberry (canular de grande ampleur dans les années 30 aux Etats-Unis, cet éminent spécialiste de psychocéramique n'ayant jamais existé), qui explique comment la SF a été assassinée par une série de mauvais romans et dont le coup du sort fut la sortie d'un film d'avant-garde, Close encounter of the Star wars kind, une histoire classée X et tournée par deux inconnus, George Lucas et Steven Spielberg, « une farce répugnante », place tout le recueil sous le double signe du décalage ironique et de la multi-référentialité. En effet, le lecteur reconnaîtra de nombreuses allusions et références aux oeuvres des auteurs ainsi mis en scène dans des histoires résolument SF (Di Filippo allant jusqu'à reprendre l'univers de chacun de manière ma foi assez brillante) (à cet titre, Linda et Phil, la nouvelle consacrée à Philip K. Dick est juste parfaite). Un ouvrage en forme d'hommage , profondément original et réjouissant.
Paul Di Filippo, Pages perdues (Lost pages), Folio SF, 252 pages, 2002 pour la traduction française, 1998 pour la première parution en VO, divers traducteurs qui ont fait un énorme boulot d'éclaircissements de toutes les allusions culturelles américaines qui pourraient échapper au lecteur français.
10:18 Écrit par fashion dans Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
24.05.2011
"Je porte en moi ton coeur..."
Comme j'ai lu récemment deux romans fort proches dans leur thématique, sinon dans leur traitement, chers happy few affolés de voir une phrase sérieuse entamer ce billet, j'ai décidé, comme ça, paf une lubie, limite une pulsion, de faire une chronique croisée. (Mon Dieu, c'est la première fois que je me livre à ce périlleux exercice, un vent de folie souffle dans ce salon, la preuve, je suis décoiffée.) (Les copines confirmeront que cet état de fait est rarissime chez moi, qui suis toujours et en tous lieux l'incarnation du glamour le plus total.)
Quels sont donc les deux ouvrages qui ont l'honneur de se partager la page de ce mardi où tout est permis ? (Le suspense m'a tuer.)


(Comment ça la mise en page est aléatoire ? Vous avez la berlue.)
(Je vous aurais bien mis en photo la quatrième de cover, très importante, mais dans ma grande quichittude je ne sais comment faire. On ne peut pas avoir tous les talents, la preuve.)
La dystopie est à la mode dans la littérature adulescente en ce moment, peut-être grâce au succès de la trilogie des Hunger Games (je ne veux cependant pas croire que certains y voient un bon filon, non, je sais que les éditeurs sont purs de toute arrière-pensée). Toujours est-il que sont sortis à quelques mois d'intervalle Promise d'Ally Condie et Delirium de Lauren Oliver, qui explorent, chacune à leur manière, les conséquences de la mise en place d'un état totalitaire qui, non seulement dénie toute liberté à des citoyens élevés dans la manipulation et le mensonge, mais leur refuse aussi le droit à l'amour, thème ô combien important pour les lecteurs adolescents qui ne sont, comme chacun le sait, qu'émois et hormones. Et vice-versa.
Dans Promise, Ally Condie met en scène un monde dans lequel la vie des individus est intégralement prise en charge par l'Etat : après des études réduites au minimum, on leur donne un travail, on les "couple" en fonction de leur personnalité, on leur donne le droit de faire un ou deux enfants puis on les enthanasie à l'âge de 80 ans. Cassia, 17 ans, est "couplée" mais l'administration fait une erreur et lui envoie la photo d'un autre garçon que celui auquel elle s'attend. Troublée, la jeune fille s'intéresse alors de près à cet adolescent différent et ses certitudes ne tardent pas à se fissurer. De la même manière, Lena, personnage principal de Delirium, attend impatiemment son Protocole, qui doit, par une opération du cerveau, lui ôter la capacité à aimer, considérée comme une maladie mortelle pouvant devenir un fléau. La rencontre d'un jeune homme qui n'a pas été opéré va lui ouvrir les yeux sur la société qui l'entoure et lui permettre de réviser ce qu'elle sait de son passé à l'aune de ces découvertes.
Si le thème est similaire, on ne peut imaginer traitement plus différent : là où Promise peine à retenir l'attention du lecteur à cause d'une sécheresse de ton, d'une absence de matière d'autant plus ennuyeuse qu'un roman de science-fiction doit peindre un monde par définition neuf et ne peut donc se reposer sur les supposées connaissances du lecteur et de la trop grande place accordée à une romance aussi intéressante que les peines de coeur des héros de Dawson (oui, je suis vieille, so what ?) (et ma phrase est interminable, je sais) (et dire que je parle aussi avec des parenthèses, autant dire que suivre un de mes cours relève de la gageure la plus totale), Delirium, mieux écrit et mieux construit, peint un monde beaucoup plus riche dans lequel évoluent des personnages plus denses et plus crédibles. L'exemple le plus frappant est certainement le traitement réservé à l'idée vieille comme Platon de la suppression de la culture sous toutes ses formes et notamment de la poésie : dans Promise, Ally Condie utilise maladroitement un poème de Dylan Thomas, sans arriver à en restituer toute l'émotion sans doute parce qu'elle abuse de la répétition et de la paraphrase, alors que les quelques vers de Shakespeare, Dickinson ou Cummings cités dans Delirium, habilement intégrés à l'histoire, prennent une véritable ampleur et ne peuvent qu'inciter à la Résistance. La littérature sauvera le monde. Qui en doutait ?
Ally Condie, Promise (Matched), Gallimard jeunesse, traduit de l'anglais par Vanessa Rubio-Barreau, 398 pages, 2011
Laurence Oliver, Delirium, Hachette jeunesse, traduit de l'anglais par Alice Delarbre, 452 pages, 2011
Quelques billets sur Delirium : Stephie, Bladelor, Ori...
Et sur Promise : Stephie, Theoma...
18:40 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note | Tags : j'arrête la litté jeunesse, promis, j'ai quelques classiques britons à lire, et des copies à corriger, oui aussi, mais d'abord finir le tariquet s'impose, avec la confiture de poivrons
23.05.2011
Léviathan - Scott Westerfeld
1914.
Le 28 juin, le jeune Aleksandar, fils de l'archiduc François-Ferdinand et de Sophie Chotek, est réveillé en pleine nuit par le comte Volger, son maître d'escrime et Klopp, mécanicien en chef de l'archiduc. Sous prétexte d'une leçon de pilotage de nuit, les deux hommes "enlèvent" le jeune homme pour le mettre à l'abri : ses parents ayant été assassinés, il devient la cible de ceux qui ne veulent pas le voir sur le trône de l'Autriche. Voilà donc nos trois hommes, accompagnés de deux soldats, partis pour la Suisse dans un mécanopode, espèce de gigantesque robot bipède. Parallèlement, la jeune Deryn se fait passer pour un garçon afin de postuler comme aspirant dans la Royal Air Force : devenue Dylan, elle se retrouve, par un concours de circonstances, sur le Léviathan, fabuleuse baleine des airs. Nos deux jeunes gens, la britannique et l'autrichien, se rencontreront dans des circonstances pour le moins mouvementées.

Comme les plus perspicaces d'entre vous l'auront aisément déduit du brillant résumé que j'ai écrit à la force de mon clavier, Leviathan est un roman de steampunk, happy few amateurs de bons crus et de science-fiction, qui s'inscrit donc dans la lignée des romans d'Histoire alternative, genre dans lequel s'illustrent avec brio nos amis anglo-saxons (je ne voudrais pas dire de bêtises (ce serait si peu dans ma manière) mais il me semble que les auteurs français ne se sont guère intéressés à ce type de réécriture). Scott Westerfeld met en scène avec un incroyable talent un monde divisé en deux camps : les darwinistes (France, Grande-Bretagne, Russie) qui manipulent l'ADN des animaux pour créer des hybrides qu'ils utilisent surtout à des fins militaires et industrielles et les clankers (Autriche-Hongrie, Allemagne), qui ne jurent que par les machines extrêmement perfectionnées. Reprenant les faits qui ont mené à la Première Guerre Mondiale, Westerfeld a bâti avec maestria une intrigue riche et pleine de rebondissements, mêlé avec bonheur les histoires de Deryn/Dylan et Alek et trouvé avec le darwinisme une invention très originale qui nourrit l'intrigue de manière passionnante.
Un excellent roman, au style alerte et plein d'humour, qui m'a littéralement emballée, chers happy few.
Scott Westerfeld, Leviathan, Pocket Jeunesse, traduit de l'anglais par Guillaume Fournier, 440 pages, 2010, 2009 pour la parution en VO, très belles illustrations de Keith Thompson

Les billets d'Emmyne, Chiffonnette...
19:06 Écrit par fashion dans Jeunesse, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : be bop a lula, wah pa di dou dah, loubidoudbidou, chabadabada, tout ça pour dire que dans 3 semaines je n'ai plus d'élèves, enfin en cours, parce qu'il faudra surveiller et corriger, mais rien ne m'est impossible, hu hu hu, que de félicité et de modestie, tout moi quoi
31.03.2011
"Oh, dear, but you do realize that Italy is where they keep Italians."
(Ceci est un message à caractère personnel de la Fashion Airlines : Bladelor, je t'aime bien. Ne va pas croire que ce qui suit soit le signe d'une quelconque animosité à ton encontre. Et n'oublie pas que je lis le latin, parce que je suis comme ça, flippante jusqu'au bout de mes ongles non manucurés.)

A la fin de Changeless, chers happy few un peu effarés de voir que malgré mes résolutions je lis cette série plus vite que mon ombre, nous avions laissé Lady Maccon en fâcheuse posture. Nous la retrouvons dans sa famille où elle s'est réfugiée depuis une semaine et le déplorable incident écossais, mais le scandale éclate publiquement et Alexia est chassée par sa mère. Qu'à cela ne tienne, elle se rend chez Lord Akeldama, qui lui a offert l'hospitalité, pour découvrir qu'il a quitté la ville avec armes, drones et bagages. Jamais à bout de ressources, Alexia décide de quitter le pays, poussée en cela par une révélation fort désagréable : les vampires essaient de la tuer. La voilà donc en route vers l'Italie avec Madame Lefoux et le fidèle Floote : Alexia a dans l'idée d'aller demander des explications sur sa condition aux Templiers. Very bad idea, very bad trip.
Dans quelle autre série trouve-t-on à la fois des loups-garous écossais, des acteurs britanniques chez qui on trouve du steak cru à toute heure de la nuit, un parasol qui contient des armes anti-vampires et du thé, des coccinelles tueuses, une inventrice qui porte élégamment la fausse moustache, des Templiers qui brodent leur croix à leurs moments perdus, des valets de pied qui manient aussi bien la gâchette que le silence offensé, une Reine Victoria "not amused at all", un très vieux vampire amoureux d'un très jeune loup-garou (oh la la, quelle scène, mes amis, quelle scène !), des "hairmuffs", des dialogues brillants, des personnages sympathiques et intelligents (le Professeur Lyall a en moi sa plus grande fan, forever and a day) et une intrigue aussi bien troussée que les jupes d'une Lady qui court beaucoup ? Dans aucune autre, chers happy few, et pour cause, puisque Gail Carriger a su trouver un ton délicieusement unique et bâtir un univers très personnel dans cette série qui restera pour moi dans les meilleures découvertes de 2011. Et ce tome 3 est très réussi, foi de lectrice qui l'a dévoré en quelques heures et qui a vu sous ses yeux se construire enfin ce Parasol protectorate qui donne son nom à cette série so british, so witty and so funny, en un mot so brilliant. Vivement le tome 4, tiens. (Il est annoncé pour le 7 juillet. Je suis anticipation frémissante, chers happy few.)
Gail Carriger, Blameless, Orbit, 374 pages, 2010
Et comme il paraît que le jeudi c'est citation, sémillants happy few :
Lord Akedalma lost some slight element of his composure at that. "Listen to me carefully, Beta. I am a rove so that I might make my own decisions : who to love, who to watch, and, most importantly, what to wear."
Love him.
Challenge Lu en VO
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(ne dites rien, je sais)
06:00 Écrit par fashion dans Challenge Lu en VO, Fantasy, Littérature anglo-saxonne, SF | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : en parlant d'écossais, ..., non finalement, rien