08.09.2009
"Don't forget me"

Je n'avais pas rédigé de billet sur la saison 2 de Torchwood, chers happy few, ce qui est tout bonnement scandaleux et je profite de mon visionnage de la saison 3 pour réparer cette erreur fatale (c'est vrai que le fait qu'Isil ait souhaité avoir régulièrement des nouvelles de Captain Jack me pousse aussi à la rédaction, parce que comme chacun le sait, je suis une élève extrêmement disciplinée, Levraoueg en sait quelque chose).
Je rappelle pour les mauvais élèves que Torchwood est le spin off de Doctor Who : il s'agit des enquêtes de l'équipe du Captain Jack Harkness, personnage mystérieux au trouble passé. Basée à Cardiff, l'équipe est censée se tenir prête face à des menaces extraterrestres qui pourraient survenir au XXIème siècle. Si la saison 1 était fort bonne, la saison 2 s'est révélée excellente. On en a découvert davantage sur Jack grâce notamment à l'arrivée intempestive de John Hart (James Marsters, so yammy, as usual), ce qui donne lieu à l'un des tout meilleurs épisodes de la saison, Exit wounds, où Jack se retrouve confronté à un personnage surgi de son passé pour se venger sur fond de paradoxe temporel et d'apolcalypse. La saison 2 est marquée par l'évolution positive de Gwen, qui cesse enfin d'atermoyer et épouse Rhys (dans Something borrowed, un épisode grand guignolesque assez drôlatique) et par l'apparition de Martha Jones (préparée par la fin de la saison 4 de Doctor Who), personnage décidément fort sympathique. J'ai adoré certains épisodes, notamment celui avec les saltimbanques, d'une poésie tragique à couper le souffle (From out of the rain) ou celui avec ceux qui reviennent de la faille (Adrift, un épisode terriblement émouvant qui m'a laissé sanglotante sur mon canapé). Et puis, la saison 2 c'est évidemment celle de la disparition de certains personnages et le fameux "You're breaking my heart" de Tosh qui a suscité des mails hystériques de part et d'autre de l'Atlantique (oui, nous sommes peu nombreuses à être accro à l'univers du Docteur et de Jack, aussi nous nous envoyons régulièrement des mails bourrés de points d'exclamations, ça nous fait du bien, que voulez-vous).
Eh bien, vous me croirez si vous voulez chers happy few, mais la saison 3 est encore meilleure.
Incroyable mais vrai.
Il s'agit d'une mini-saison de 5 épisodes qui présente une histoire complète qui a été diffusée en Grande-Bretagne tous les soirs d'une semaine en juillet et qui a suscité des réactions totalement hystériques (oui encore) outre-Manche, réactions totalement et parfaitement justifiées.

Mais pitchons d'abord, chers happy few, car parfois la rigueur nous habite. Un matin, tous les enfants du monde s'arrêtent à la même heure. Deux heures plus tard, le phénomène recommence mais cette fois-ci les enfants se mettent tous à psalmodier "We are coming", d'une voix d'outre-espace. Le gouvernement britannique, qui semble avoir quelque chose à se reprocher, cache au reste du monde le fait que des extra-terrestres sont entrés en communication avec lui et lui ont demandé de construire quelque chose pour préparer leur venue. Parallèlement, une équipe de choc est envoyée à Cardiff pour se débarrasser de Jack, Gwen et Ianto...
N'ayons pas peur des mots, chers happy few, et disons-le tout net, Children of earth est excellentissime. L'intrigue, construite au cordeau, met en présence un gouvernement présidé par un lâche carriériste (la figure du Premier Ministre est une des pires figures d'autorité politique jamais écrites), à qui sont plus ou moins alliés des militaires sans envergure face à des extra-terrestres aux demandes d'une épouvantable futilité. L'équipe de Jack tente son possible pour trouver une solution mais outre que le gouvernement lui met sans cesse des bâtons dans les roues (et c'est un euphémisme), elle se retrouve elle aussi confrontée au pire. Comme toujours, l'argument de science-fiction sert un sous-texte d'une grande richesse : qu'est-ce que la résistance ? peut-on manipuler le peuple pour son bien ? doit-on sacrifier quelques vies humaines pour en sauver des milliards ? D'une manière plus restreinte, chaque personnage se retrouve confronté à des choix (Gwen devient enfin un personnage qui déploie toutes ses potentialités, de même que Rhys) et Jack le pauvre, se retrouve encore une fois condamné à survivre. Les personnages secondaires sont incroyablement profonds, que ce soient la soeur et le beau-frère de Ianto, campés en quelques scènes particulièrement percutantes ou John Frobisher, le fonctionnaire victime du système qui en sera réduit à la plus terrible des extrémités. Torchwood est décidément une série fabuleuse, d'une grande profondeur et d'une infinie noirceur. On espère très fort qu'il y aura une quatrième saison, chers happy few.
Torchwood, saisons 2 et 3, disponibles en français pour la saison 2, en anglais pour l'instant uniquement pour la saison 3.
Les billets d'Isil (merci pour le prêt!) et de Karine, copines de mails.
PS : le titre de ce billet est pour ceux qui ont vu la saison 3. Et qui ont pleuré. Evidemment.
13.07.2009
Legen... Wait for it... dary!
Quand Thomas a lancé, suite à L'Odyssée des Séries 1 et 2, Hot Shorts, le classement des meilleurs "formats courts", j'ai décidé, comme je l'avais fait pour les autres, de découvrir une nouvelle série afin d'élargir mon horizon sériesque et, accessoirement, mon vote. (Et le fait que j'aie purement et simplement oublié de voter ne change rien à l'affaire, chers happy few, même si, croyez-moi, je n'en suis pas bien fière.) Cette fois-ci, c'est Alinéa qui a pourvu à ma kulture en me prêtant, d'un coup d'un seul , les trois premières saisons de


Si les premiers épisodes m'ont fait craindre d'être face à Friends le retour, cette impression s'est bien vite estompée tant cette série est originale. Si le format court (20 mn par épisode) est contraignant (peu de décors, des lieux "emblématiques" comme le pub, deux appartements, et quelques lieux de travail), les auteurs en ont tiré le meilleur parti possible, grâce notamment à un montage plutôt malin, qui utilise parfaitement le flash-back au sein de chaque épisode, qui présente toujours des situations ignorées du spectateur et ne recycle jamais des images d'épisodes déjà vus, et manie habilement le changement de point de vue, le "on aurait dû faire ça, on a fait ça" ou encore les voix off qui donnent les pensées des personnages. Les intrigues ne sont jamais simplifiées et il y a un mélange très réussi entre les intrigues longues et les courtes, les unes et les autres pouvant être sérieuses ou complètement non-sensiques (le slapbet qui court sur les trois saisons est particulièrement réjouissant). Les personnages sont bien campés et leur évolution très cohérente, chacun cachant des secrets plus ou moins graves et plus ou moins drôles (il y a décidément un grain de folie chez tous qui me plaît énormément) et on s'attache immédiatement à ces 5 trentenaires. Les dialogues sont drôlatiques (je conseille évidemment la VO mais qui en doutait ?) et les situations se renouvellent d'épisode en épisode. Excellent.
How I met your mother, série américaine avec Josh Radnor, Jason Segel, Cobie Smulders, Neil Patrick Harris et Alyson Hannigan. 3 saisons disponibles en France, de même que le fameux Bro Code de Barney.
(Thanx Alinéa, sis powaa, what up ?)
08.05.2009
Demon inside
Comme je suis une élève particulièrement appliquée et disciplinée, chers happy few (ceux qui ricanent derrière leur écran seront condamnés à une vie de lecture de Régine Desforges en moldave médiéval), j'avais décidé, quand Thom a lancé L'Odyssée des séries, de regarder une des séries citées et que je n'avais jamais vue, histoire de pouvoir étoffer mon classement (devinez qui en occupe la première place, mmmh, chers happy few ? petit indice : il monopolise la vie nocturne de Karine, elle va même jusqu'à prétendre qu'il aurait fait tomber sa PAL lors d'un combat contre un alien, laissons-la rêver, chers happy few).
Lors de mon passage à Toulouse il y a quelques semaines, j'ai donc profité de la Dévédéthèque de ma cyberjumelle (dévédéthèque aussi fournie que la mienne, ce qui vous donne une idée de l'ampleur de la chose, chers happy few) et je suis repartie avec (entre autres) :

la saison 1 de Dexter (dont la version française sera disponible au mois de juin).
Même si j'ai l'impression que tout le monde connaît cette série (Canal+ s'était même fendu d'une campagne de pub de plusieurs semaines (assez ratée, d'ailleurs) dans le métro parisien), je pitche pour ceux qui n'ont pas la télé.
Dexter Morgan est technicien pour la police médico-légale de Miami. Sa spécialité : l'analyse des taches de sang sur les scènes de crime. Dexter adore son métier, et pour cause : soumis à des pulsions meurtrières depuis sa tendre enfance, il est un serial killer. Mais il ne tue que des tueurs que la justice n'a pas punis, obéissant en cela en un code moral (le terme est mal choisi mais vous comprenez l'idée chers happy few indulgents) élaboré par Harry, son père adoptif, qui n'a rien trouvé de mieux pour canaliser les pulsions du jeune homme et lui éviter l'internement. Dans cette saison, Dexter est confronté à un tueur particulièrement retors, le "ice-truck killer" qui saigne à blanc ses victimes et les coupe en morceaux, tueur qui développe avec lui une bien étrange relation...
Côté intrigues, que ce soient celles qui sont résolues en un épisode ou celle qui constitue le fil rouge, rien de nouveau sous le soleil et tout est très prévisible (j'avais compris immédiatement qui était le "ice-truck killer" et quelle relation il entretenait avec Dexter, j'avais même anticipé entièrement le déroulement des deux derniers épisodes). Mais comme ce ne sont évidemment pas les histoires qui font l'intérêt de cette série, je suis prête à le pardonner aux scénaristes (magnanimité is my middle name). La richesse de Dexter se trouve dans le postulat de départ : nous suivons la vie et les pensées de cet homme détaché de la vie, qui répond à ses pulsions meurtrières sans les questionner (la voix off accentue cette impression de narration à la première personne), et nous sommes donc contraints de l'écouter, et de tenter de le comprendre. Cet aspect forcément malsain est renforcé par le fameux code de Harry, qui a fait de son fils une espèce de vigilante de comic-book ("an absurd avenger" dira le "ice-truck killer" dans l'épisode final), sauf que nous sommes censés être dans la vraie vie et non dans une uchronie toute fictionnelle. Le télespectateur est donc le prisonnier consentant des actions de Dexter et de leur justification et toutes ses "normes" morales se hérissent (les miennes en tout cas), même s'il est bien forcé de reconnaître que les victimes de Dexter n'ont eu que ce qu'elles méritaient, et le fait que les méthodes de Dexter soient celles d'un serial killer (rituel immuable, utilisation d'objets tranchants) n'est pas fait pour lever le profond malaise. Dexter est une série qui pose des questions sur l'humanité et sur la façon dont nous réagissons aux horreurs (il y a évidemment une explication psychologique à l'état de Dexter), sur la part du monstre qui sommeille en chacun de nous et sur la justice des hommes, mais c'est aussi et surtout une série qui met profondément mal à l'aise, certainement parce qu'elle questionne d'un peu trop près notre attirance pour les ténèbres. Malgré une caractérisation des personnages impeccable et très fine (les flics qui travaillent avec Dexter sont tous des personnages bien campés et très intéressants, chacun à leur manière et leur l'évolution est passionnante), malgré l'humour noir toujours bienvenu et malgré la qualité indéniable de l'ensemble (mention spéciale à l'acteur Michael C. Hall, très inquiétant, et au décor : Miami est une ville moite et vénéneuse), je ne suis pas sûre de regarder la saison 2.
Dexter, saison 1 disponible en import (Zone 2 aussi), version française en juin, très vite suivi de la saison 2.
Merci Yueyin pour le prêt! Le billet de Carolyn Grey (qui est très emballée par le cynisme et l'humour noir de la série).
A l'origine il s'agit d'une série de thrillers de Jeff Lindsay : Delphine en a parlé ici (et j'ai cru comprendre que la série était très éloignée du matériau de départ).
06:33 Publié dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note | Tags : dexter, michael c.hall, je n'irai pas passer mes vacances à miami, il faut se méfier de ses collègues de travail
31.03.2009
Captain, oh my captain
Chose promise, chose due, chers happy few qui piaffez d'impatience (enfin au moins deux d'entre vous), voici un petit billet sur Torchwood, le spin-off de Doctor Who.

Commençons par le commencement (un peu d'ordre ne nuit pas, enfin il paraît). Dans l'épisode 9 de la saison 1 de Doctor Who (The empty child), le Docteur et Rose rencontrent à Londres en 1941, en plein blitz, un homme terriblement séduisant (sa première apparition m'a causé des palpitations, chers happy few, je vous jure), qui se présente comme un Capitaine de l'aviation américaine (ce qu'il n'est en fait pas du tout, mais je n'en dis pas plus, histoire de ne pas spoiler totalement) : Jack Harkness (incarné par le très sexy John Barrowman). Follement séduisant, aventurier, séducteur forcené tous genres et toutes races confondus (on le voit même faire du gringue à des robots dans un épisode suivant), le capitaine Jack accompagne nos deux héros durant la fin de la saison avant d'être abandonné dans une station spatiale. Dans l'épisode 2 de la saison 2 (Tooth and claw), la Reine Victoria, qui a décidé que le surnaturel et les aliens n'auraient jamais le dessus sur l'Empire britannique, décide de créer, à l'issue de sa rencontre mouvementée avec le Docteur, l'Institut Torchwood (anagramme de Doctor Who), qui sera chargé d'étudier et de contrer les menaces extra-terrestres. On voit alors apparaître régulièrement le nom de Torchwood dans la suite de la saison jusqu'aux derniers épisodes, Army of ghosts et Doomsday où Torchwood, après s'être enfin incarné, est démantelé à l'issue de la bataille de Canary Warf, terrible bataille contre les Cybermen venus d'une dimension parallèle, bataille dont ils sont complètement responsables. C'est alors que débute la saison 1 de Torchwood.

(Quand je vous disais qu'il était séduisant, le bougre.)
Torchwood met donc en scène une organisation qui ne dépend pas du gouvernement et qui ne répond de ses actes auprès de personne, chargée de collecter et d'étudier les armes extra-terrestres qui tombent sur la Terre afin d'armer l'humanité en vue des batailles qu'elle devra mener. Basée à Cardiff, où une faille spatio-temporelle semble attirer tous les aliens possibles et imaginables (deux épisodes de DW se déroulent d'ailleurs dans cette ville), l'organisation a ses locaux dans un sous-sol miteux et ressemble assez au Scooby-gang. Outre Jack donc, qui réapparaît en leader charismatique et immortel et qui a perdu sa capacité à voyager dans le temps (son bracelet ne marche plus), l'équipe compte quatre autres membres : Ianto Jones, l'homme à tout faire, Toshiko Sato, informaticienne de génie, Owen Harper, médecin et Suzie Costello, qui disparaît dès le premier épisode au profit de Gwen Cooper, ex-fliquette.

(Ianto, Gwen, Jack, Tosh et Owen. Comme vous pouvez le remarquer, chers happy few, Jack ne quitte jamais son manteau d'aviateur. So classy.)
La grande différence avec DW est que l'équipe de Torchwood ne quitte jamais l'espace-temps qui est le nôtre, ce sont les aliens qui viennent à eux. Plus sombre, plus adulte, plus sexy (les sous-entendus sexuels sont légion et tout le monde semble coucher avec tout le monde), c'est une série qui est autant policière que de SF , l'équipe résolvant des enquêtes qui n'impliquent pas toujours des extra-terrestres (l'épisode le plus atroce de la saison 1 est Countrycide qui met en scène une bande de cannibales tout ce qu'il y a... d'humain). Les membres de l'équipe sont plein de défauts, de complexes et de secrets, ce qui donne une véritable densité à leurs personnages et rend leurs relations pour le moins compliquées (même si les atermoiements de Gwen ne sont pas forcément toujours de bon goût). Il y a moins d'humour que dans Doctor Who mais ça n'en est pas moins une excellente série, bien ficelée et bien noire (la saison 1 se clôt sur une apocalypse évitée de justesse et les spoilers glanés ici et là laissent augurer une saison 2 sombre à souhait). Une réussite!
Torchwood, saison 1 de 13 épisodes disponible en version française (avec la VO et des sous-titres parfois scandaleux, genre "You're so welsh" traduit par "Vous êtes typiquement une femme" ????). La saison 2 sera en vente le 8 avril (j'ai craqué, je l'ai pré-commandée, je suis faible je sais). La saison 3 est en cours de diffusion sur BBC1 (ils en sont au cinq ou sixième épisode il me semble).
Pour ceux qui suivent les deux séries à la fois, la saison 1 de Torchwood est à regarder entre les saisons 2 et 3 de Doctor Who, histoire de comprendre quelque chose au cross-over entre les deux séries (il y en a un deuxième à la fin de la saison 4).
Merci à Isil pour le prêt (décidément, que ferais-je sans elle ?)!
Le billet de Chimère (il existe j'en suis certaine, mais je ne le trouve pas). Yueyin a promis un billet il y a belle lurette, mais que fait-elle ?
13:50 Publié dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note | Tags : torchwood, john barrowman is the sexiest man on earth, and gay of course, so typical, tsss
30.03.2009
Fantastic!
Comme vous l'avez remarqué, brillants happy few à qui rien n'échappe, j'ai eu dernièrement quelques absences bloguesques. Si on ajoute à cela un blog-it (vous savez, le truc rose dans la colonne de droite) souvent et abondamment consacré à un certain DW, inutile de posséder les talents de fin limier de notre ami Sherlock pour comprendre qu'il y a un lien de cause à effet évident entre les deux faits : je viens de passer quelques semaines en compagnie de l'homme le plus intelligent, le plus curieux, le plus délicieux et le plus sexy de tous les univers connus (et surtout inconnus) : le Docteur!
Docteur qui ?

Doctor Who est une série de science-fiction britannique créée dans les années 60 et reprise en 2005. Nouveaux développements, nouveaux personnages mais toujours au centre des intrigues le fameux Docteur, un extra-terrestre dernier de sa race (les Seigneurs de Temps) qui dans son vaisseau spatial, le TARDIS, en forme de cabine téléphonique de la police des années 60, voyage dans le temps et dans l'espace afin de venir en aide aux cvilisations diverses et variées qui ont besoin d'aide, le tout sans changer les faits qui ont déjà eu lieu (dans la bonne vieille tradition des voyages temporels), armé seulement d'un tournevis sonique qui est au Docteur ce que le chewing-gum était à McGyver : indispensable. Ce Docteur a beau être tout seul, le pauvre, ce n'est pas un solitaire, et il voyage toujours avec une assistante, une terrienne qui n'a pas froid aux yeux et qui, en plus de lui donner un sacré coup de main, lui apporte un regard différent et humain sur le monde qui l'entoure, car notre brave Docteur, avec ses deux coeurs, sa capacité de régénération (quand il va mourir, son corps se transforme, ce qui facilite terriblement le changement d'acteur) et son cerveau aux capacités de stockage inouïes a tout du geek un peu étrange.

Cette série est fabuleuse, chers happy few, n'ayons pas peur des mots, elle m'a rendu complètement accro, et comme il n'y a pas de raison que je ne vous file pas mon vice (car c'est bien connu, plus on est de fous, plus on a de fun), je vais développer un peu. Premièrement, cette série marie parfaitement les procédés propres à la SF (voyage et paradoxe temporels, aliens, nouvelles technologies et j'en passe) à des procédés fantastiques (possessions, loups-garous, sorcellerie, etc), de manière fluide et intelligente. Deuxièmement, c'est une série narrativement totalement cohérente et aboutie : à l'intérieur d'une saison, tous les faits, même minimes, font parfaitement sens et quand on remet la série en perspective (ce que j'ai fait puisque j'ai regardé les 4 saisons disponibles à la suite, quand je vous disais que c'était de l'addiction), tout prend place dans un schéma plus vaste, ce qui est le propre des excellentes séries. Ensuite, chaque saison (13 épisodes plus un épisode spécial qui se déroule toujours à Noël) alterne épisodes dans le passé, épisodes dans le présent (un présent qui finit par ne plus ressembler au nôtre, plus noir, et plus technologique) et épisodes dans le futur parfois très lointain. Si la plupart des épisodes se déroulent sur Terre, certains ont lieu ailleurs : autres planètes, autres galaxies, et la multiplication des époques et des temps donne matière à une grande richesse de situations et de réflexions, ce que facilite évidemment l'argument de SF. Ce que j'ai trouvé proprement génial, c'est que le côté kitsch (totalement assumé, ne serait-ce qu'avec le TARDIS) n'empêche pas la série de devenir de plus en plus noire, les fins de saisons 3 et 4 étant carrément oppressantes. Car si les ennemis héréditaires du Docteur, les Daleks, ressemblent à des caisses en métal qui roulent, il n'en demeure pas moins qu'ils représentent une nation totalement et irrémédiablement fasciste, qui refuse la différence (ils sont tous identiques et n'ont pas de nom) et extermine les autres peuples sans jamais fléchir pour que l'univers ne soit qu'à leur image.

(Daleks et Cybermen, même uniformité, même absence d'émotions et d'humanité. Même combat pour le Docteur.)
Cette série, vous l'avez compris, chers happy few, est fort intelligente, et propose en sus (tiens, ça faisait longtemps que je ne l'avais pas employé celui-là) des épisodes délicieusement british : dans chaque saison en effet, on trouve un épisode qui met en scène une figure britannique célèbre. Dans la saison 1, nous rencontrons ainsi Charles Dickens, dans un délicieux épisode qui se passe à Noël et où il y a ... des fantômes. Dans la saison 2, c'est la Reine Victoria qui joue les guest, et qui en profite pour fonder l'Institut Torchwood (qui, joint à la personnalité so charismatique du capitaine Jack Harkness, personnage qui apparaît dans les 3 derniers épisodes de la saison 1, a donné lieu à un spin-off qui fera l'objet d'un prochain billet) (oui, je sais, je tease, c'est mal, chers happy few), dans la saison 3 on croise Shakespeare (j'ai adoré cet épisode et le "Expelliarmus" de Martha) (j'ai bien conscience de parler une autre langue, mais c'est pour vous donner terriblement envie de le voir, chers happy few) et dans la saison 4, Agatha Christie (et on résout un mystère la concernant par la même occasion, trop fort ce Docteur). Chaque saison est d'une incroyable richesse et la plupart des épisodes mériteraient un billet pour eux tout seuls, tant ils proposent tous une histoire dense (allez, pour le plaisir, je donne quelques-uns qui font partie de mes préférés : celui où le Docteur n'est plus le Docteur mais un (pas si) banal être humain (Human Nature, saison 3), celui où le futur de l'humanité ressemble à Mad Max (Utopia, saison 3), celui qui est construit comme Alien (Midnight, saison 4), celui inspiré par la télé-réalité (Bad Wolf, saison 1), celui où Rose voudrait sauver son père (Father's day, saison 1), celui avec la Pompadour (The girl in the fireplace, saison 2), celui qui donne une réponse à l'existence du Diable (The impossible planet, saison 2), celui où les habitants de New Earth sont coincés sur l'autouroute (Gridlock, saison 3), celui avec les anges qui pleurent (Blink, saison 3, cet épisode est, comme un de chaque saison, construit autour de l'absence du Docteur) ou celui avec la planète-bibliothèque (Silence in the Library, saison 4), et j'en passe.)

Si vous n'êtes toujours pas convaincus, chers happy few, je peux encore ajouter que les dialogues sont savoureux, et qu'il y a un mélange de comédie et d'émotions très réussi (on rit beaucoup et on pleure... pas mal), que les personnages sont terriblement attachants : le Docteur (incarné successivement par Christopher Eccleston et David Tennant, ce qui bizarrement ne nuit pas à la cohérence du personnage même s'il est à la fois le même et différent, c'est un tour de force, chers happy few) en tête évidemment, cet homme mû par une insatiable curiosité qui a une absolue confiance dans le genre humain et qui court beaucoup. Ses compagnes successives sont suffisamment différentes pour qu'il n'y ait jamais de redondance entre elles et on s'attache très facilement à la suivante même si on regrette les précédentes (encore un tour de force) : Rose Tyler (Billie Piper), la toute jeune, à qui la rencontre avec le Docteur a donné un sens à une vie qui s'acheminait vers pas grand-chose, Martha Jones (Freema Agyeman), brillante, coriace et fleur bleue, Donna Noble (Catherine Tate), drôle, piquante et pleine de ressources (ma préférée), toutes sont des femmes de tête et de coeur. Les personnages secondaires reviennent fréquemment, de même que les ennemis, comme dans les comic-books auxquels cette série doit en partie, ce qui finit par créer un terrain très familier dans lequel le spectateur se retrouve aisément. Et si vraiment, il vous faut encore des arguments, chers happy few, et même si nous ne sommes pas jeudi, je ne peux que conclure sur la sexytude du deuxième Docteur : personnellement, j'ai craqué. On ne se refait pas, chers happy few, et c'est tant mieux. Ou pas.

(Pour la petite histoire, il a été élu Sexiest male character on TV par nos amis britons. J'aurais tendance à dire que c'est parce qu'il le vaut bien.) (Il a aussi remporté un prix d'interprétation aux National Television Awards.) (Quel homme!)
En guise de conclusion, je n'aurai qu'un mot à dire chers happy few. Brilliant!
Doctor Who, saisons 1 à 4, disponibles en DVD version anglaise (Zone 2). Les versions françaises ne proposent que la VF à partir de la saison 3 (sacrilège intergalactique!) et aucune ne contient les épisodes spéciaux (pour une raison qui m'échappe totalement : seraient-ils perdus dans une faille spatio-temporelle ?)
Le billet d'Ys sur la saison 1, celui de Karine sur les saisons 1 et 2, ceux d'Isil sur la saison 1, la saison 2, la saison 3 et la saison 4.
Merci infiniment à Isil qui 1) m'a fait découvrir la série 2) m'a prêté les saisons 2, 3 et 4. Pour un peu, je lui pardonnerais presque de ne pas apprécier Firefly. Presque.
22.10.2008
Not one single heartbeat
Quand on est une LCA de haute volée, chers happy few, comme nous toutes (je suis désolée mais j'emploie le féminin sciemment et non pour évincer sauvagement et arbitrairement nos amis masculins, vous l'allez comprendre à ce qui suit), on rêve toujours un jour de se retrouver dans son ou ses roman(s) préféré(s). Que celle qui n'a jamais caressé le vague espoir de croiser un jour Joffrey sur un bateau frappé du drapeau noir ou Rhett dans un bal me jette le boîtier de La rose pourpre du Caire, tiens, je le reverrais avec plaisir! (et avec les yeux, me dit-on en régie) Vous comprenez donc bien l'émoi qui fut le mien quand Dame Cuné, dans sa grande bonté, m'a prêté :
Lost in Austen, une mini-série produite par itv.
Amanda Price (Jemima Rooper) est une jeune londonienne banale : elle travaille dans une banque, vit en colocation avec une copine, Piranha, a un petit ami ordinaire et tout sauf romantique mais qui l'aime vraiment, Michaël, et une mère un peu vulgaire qui redécore son appart' pour oublier la cinquantaine. Amanda n'est pas satisfaite de sa vie, et elle s'évade en lisant Orgueil et Préjugés en boucle. Un jour, elle entend du bruit dans la salle de bains et découvre une jeune femme habillée comme au XVIIIè dans sa baignoire : Elizabeth Bennett, peu satisfaite de la vie qu'elle mène à Longbourn, s'est échappée du roman d'Austen par une porte qui donne chez Amanda. Cette dernière, taraudée par la curiosité et par le désir fou de rencontrer enfin Darcy, franchit cette porte, qui se referme derrière elle et ne s'ouvre plus! Voilà donc notre Londonienne moderne prise au piège de la fiction...
Alors autant le dire tout de suite, chers happy few, j'ai adoré cette mini-série, qui joue avec habileté sur la connaissance qu'ont les spectateurs du roman et de l'adaptation BBC avec Colin Firth (c'est d'ailleurs le même Pemberley qui est filmé ici). On est plongé dans le premier épisode au tout début de l'intrigue du roman (Bingley vient d'arriver à Netherfield) et on croit que l'intrigue va suivre gentiment son cours. Or, l'arrivée tonitruante d'Amanda va tout modifier : elle agit à contre-temps, en ayant toujours à coeur de suivre l'histoire originelle, mais sa personnalité moderne se révèle forcément déroutante (quand elle se jette sur Bingley pour oublier le fiasco de la première rencontre avec Darcy ou quand, pour repousser les avances de Charles, elle s'invente un passé pour le moins sulfureux pour l'époque, qui aura une conséquence inattendue et drôlatique). Et plus elle tente de rectifier ce qu'elle a bien malgré elle modifié, plus elle s'enferre dans des situations invraisemblables, car la surprise vient de ce que ces personnages qu'elle prend pour des êtres de papier sont bien vivants et leurs actions ne sont pas écrites dans le marbre (la pauvre Jane en fera d'ailleurs les frais, de même que Charlotte Lucas). Voilà donc notre Amanda jouant les entremetteuses comme Emma et tirant maladroitement toutes les ficelles possibles à coup d'actions parfois irréfléchies (la scène de demande en mariage interrompue de Collins est extraordinaire dans le genre) ou de coup de pouce du monde moderne (elle est arrivée à Longbourn armée de son gloss et de ses doliprane).

Et, bien évidemment, elle a beau clamer à tout le monde qu'il faut qu'Elizabeth revienne pour épouser Darcy, c'est elle qui tombe amoureuse du grand ténébreux (comment lui en vouloir, oh my), qui, c'est étrange, porte la même garde-robe que Colin jadis (ah, ce manteau cache-poussière!) et à qui elle demande de plonger dans le lac de Pemberley dans une scène d'anthologie dont je ne me remettrai je pense jamais. Incarné par un Elliot Cowan inconnu au bataillon, Darcy est follement séduisant (ce sourire en coin qui met du temps à arriver, ah, j'en frissonne encore) et aussi évidemment follement énervant dans sa rigidité morale et sa péremptoirité arrogante (j'invente des mots si je veux, d'abord, c'est parce qu'il le vaut bien). Les autres acteurs sont à la hauteur de rôles finalement pas si figés que ça : j'ai adoré Mr Collins (Guy Henry) aussi épouvantable que dans le roman, Charles Bingley (Tom Mison) est charmant tout plein, Mr Bennett (Hugh Bonneville) est parfait et il sort enfin de sa bibliothèque pour défendre fermement l'honneur d'une de ses filles et Mrs Bennett (Alex Kingston, parfaite aussi) prend enfin sa revanche en se révélant être une mère peinée par le malheur de sa fille et sa réplique finale à Lady Catherine de Bourgh (excellente Lindsay Duncan) vaut son pesant de dentelles. J'ai beaucoup aimé la réécriture du personnage de Wickham (Tom Riley) (le seul qui ne corresponde pas du tout finalement au roman), à la fois cohérente et sensible. Le tout forme un ensemble enlevé (4 épisodes de 45 mn seulement), bourré d'humour, de rebondissements et de suspense. Indispensable!

Lost in Austen, disponible en DVD (4 épisodes et en bonus, le tournage et des mini-interviews des acteurs)
La série est visible aussi sur le net

La scène de la chemise mouillée est ici
PS : encore merci Dame Cuné, grande austenite devant l'Eternel!
PSbis : le titre de ce billet est le début du petit mot glissé par Darcy sur la porte qui ouvre les deux mondes. Pour savoir quelle en est la suite et quelle est la réaction d'Amanda, il faudra voir le dernier épisode, chers happy few!
PSter : je trouve fascinant le rapport qu'entretiennent les Anglais avec leur littérature. Franchement, ce genre de série avec un classique français me paraît complètement impossible : qui connaît suffisamment bien l'intrigue de La chartreuse de Parme (au hasard) (of course) ou des Misérables pour être plongé dans une intrigue revisitée ?
27.08.2008
Take my land, take my love
Comme ceux parmi vous qui suivent les élucubrations de ce modeste salon depuis le début le savent, chers happy few, je voue un véritable culte à Joss Whedon (certes sans aller jusqu'à danser nue autour d'un autel qui lui serait consacré) (encore que s'il le fallait vraiment, je pourrais certainement faire un effort parce qu'il le vaut bien). J'avais exprimé haut et fort tout le bien que je pense de Buffy, j'en ai (presque) autant à dire sur Angel, son spin-off et depuis que Whedon semble se consacrer à l'écriture, je suis l'une de ses séries en comic-book : Runaways, dont je recommande chaudement la lecture à tout le monde. Mais il manquait à ma culture la série qu'il a imaginée juste après l'arrêt de Buffy, Firefly. Je l'avais loupée lors de sa diffusion en France (uniquement sur le cable) et il n'existe pas de DVD français (et je ne regarde pas de DVD gravés pour tout un tas de (forcément) bonnes raisons). Vous imaginez bien que lorsque je l'ai trouvée à Londres, j'ai sauté partout et je n'ai pas hésité une minute avant de la mettre dans mon panier.
Nous sommes en 2517 dans un futur en partie post-apocalyptique : la Terre a été désertée et l'humanité vit sur des planètes plus ou moins récemment terraformées. Les planètes centrales sont riches et high-tech, les planètes plus éloignées sont peuplées de pauvres et de bandits, mais toutes sont sous la domination de l'Alliance, un gouvernement impérial qui a pris le contrôle des planètes indépendantes 7 ans auparavant après une guerre meutrière. Malcolm Reynolds (Nathan Fillion), ancient soldat indépendant qui a perdu pratiquement tous ses hommes lors de la guerre vit sur son vaisseau spatial, le Serenity, avec son équipage : Zoe (Gina Torres), son second, avec qui il a combattu, Wash (Alan Tudyk), le pilote, Jayne (Adam Baldwin), un gros bras peu futé et Kaylee (Jewel Staite), la mécanicienne de génie. Reynolds loue une des navettes de secours à Inara (Morena Baccarin), compagne officielle (en gros prostituée de haut vol) et s'ajoutent dès le pilote de la série des passagers : Book (Ron Glass), le pasteur au passé mystérieux et deux fugitifs, Simon Tam (Sean Maher), un médecin et River (Summer Glau) sa soeur. Tout ce petit monde vit de boulots plus ou moins légaux (plutôt moins que plus) et tente de rester en dehors des pattes de l'Alliance...
Firefly est une série qui a vu le jour en 2002 et qui a terriblement souffert de l'ingérence de la production. La Fox a commencé par laisser carte blanche à Joss Whedon, auréolé du succès de Buffy, série volontairement arrêtée en pleine gloire, mais a vite fait machine arrière en voyant le pilote : pas assez d'action, trop de personnages (9 personnages d'égale importance), pas assez de "clés" et d'explications données dès le départ. Comme il était question de ne plus produire du tout la série, Whedon écrit alors le scénario de The train job, qui sera le deuxième épisode de la série, bourré d'action. La Fox accepte alors de produire une saison mais refuse de diffuser le pilote en premier (oui, c'est hallucinant). Comme l'audience n'est pas au rendez-vous tout de suite, la série subit plusieurs changements d'horaires et la Fox en arrête la production rapidement : seuls 12 épisodes seront finalement diffusés à la télévision américaine, sur un total de 15.
Cependant, des fans apparaissent dès la première heure : malgré une unique saison tronquée, Firefly est rapidement devenue une série culte et même si le statut de série maudite y a peut-être contribué, il est évident que c'est parce que c'est une série formidable et qui a d'indéniables qualités scénaristiques et artistiques. Comme toujours, Whedon a créé un univers d'une grande cohérence, qu'il met en place habilement (n'en déplaise à la Fox, le pilote est très réussi). Il explique dans une interview (visible dans les bonus) qu'il avait envie de prendre le passé américain et son hypothétique futur afin d'en créer un présent. Concrètement, cela donne de décors et des costumes inspirés du far-west (plus une planète est pauvre, plus le décor semble droit sorti d'un western poussiéreux) qui se mêlent à une technologie très avancée (médecine très performante, vaisseaux spatiaux...) et à un mélange culturel est/ouest (dans ce futur les deux nations dominantes sont la Chine et les Etats-Unis et la langue galactique est le mandarin). Le tout forme une esthétique très particulière, et donne l'impression que la conquête spatiale est une conquête de l'ouest : les hommes ont beau se déplacer dans des vaisseaux à hyper propulsion, ils sont toujours sales, bornés, âpres au gain et ils dégainent facilement. Dans ce monde violent, Malcolm Reynolds tente de rester à la marge : il ne s'est jamais remis d'avoir perdu la guerre et il protège son équipage comme ses soldats. C'est une espèce de cow-boy ténébreux, un Han Solo plus sombre et plus cynique, follement séduisant et dangereux, qui ne suit que ses propres règles. Il voue une passion sans bornes à son vaisseau, espèce de Millenium Falcon au design d'insecte (un firefly est un ver luisant et c'est le nom de cette catégorie de vaisseau), aussi résistant et aussi laid que son illustre prédécesseur et qui est le véritable foyer de cet équipage au premier abord de bric et de broc, où les personnalités de chacun se complètent parfaitement même si cela ne va pas sans heurts. Chaque épisode raconte une histoire indépendante, certains personnages secondaires reviennent plusieurs fois (comme Saffron ou Niska) et l'histoire de chaque personnage se révèle progressivement, tout en suivant le fil rouge que constitue la fuite de Simon et River : du grand art scénaristique, qui, n'en doutons pas, nous aurait menés bien loin. Ajoutons à cela des trouvailles (l'utilisation du mandarin est excellente), des décors fascinants (j'ai un faible pour Bellérophon et ses palais volants et je suis moi aussi amoureuse du vaisseau), des dialogues percutants et de l'humour : une totale réussite, chers happy few!
Il ne me reste plus qu'à visionner le film, Serenity, qui est une espèce de saison 2 accélérée et à acheter les 2 mini-séries publiées en comic-books (la première comporte 3 numéros, la deuxième est en cours) : j'ai une nouvelle addiction, oh my...
Firefly de Joss Whedon avec Nathan Fillion (so yammy), Gina Torres, Alan Tudyk, Sean Maher, Summer Glau, Adam Baldwin, Ron Glass, Jewel Staite et Morena Baccarin, 15 épisodes, Fox, disponible uniquement en import.
PS : le titre de ce billet reprend les paroles du générique, espèce de morceau country revisitée très très réussi.
12:14 Publié dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (38) | Envoyer cette note
30.10.2007
Hommes à moustache...
Chers happy few, l'heure est grave. Très grave. Un sacrilège cosmique, voire même intergalactique a été commis. Rien de moins. Et je ne parle pas du retour de Jenifer (où était-elle passée ?) ni de la reprise de la Star Ac', ni même de ce qui tient lieu de chevelure aux deux membres féminins du jury de Popstars, non, je vous parle de quelque chose de bien plus grave.
Je vous parle de ça :

Gibbs a une moustache! (Non, inutile de vous pincer, chers happy few, j'ai bien écrit "Gibbs" et "moustache" dans la même phrase, il n'y a pas d'erreur, c'est consternant, je vous l'accorde volontiers!)
Et pas n'importe quelle moustache, non, une espèce de limace immonde qui lui mange tout l'espace subnasal, une moustache qu'Hercule ou Georges auraient renié sans hésiter, la vouant d'un trait unanime aux gémonies et à l'ultime punition : le rasage! Et pire encore, pour ajouter l'infâmie au sacrilège, Tony DiNozzo a osé comparer cette horreur à celle de Clark Gable! Enfer et damnation! Pour mémoire, Clark, c'était ceci :

Une moustache noble, tout en finesse, une moustache quasi lupinienne (j'invente des adjectifs si je veux d'abord), taillée pour sublimer la lèvre frémissante du séduisant et sémillant monsieur...
Alors chers happy few, je vous le demande, unissons-nous pour réclamer la disparition immédiate de la moustache de Gibbs! Pétitionnons de conserve! Et que personne ne vienne me sortir de salades sur la sexytude des hommes à moustache : en son temps, Maupassant y consacra une jolie (et drôle) nouvelle, mais malgré tout l'érotisme dégagée par le baiser à moustache, je dis non! Chers happy few, insurgeons-nous!
PS : pour ceux qui ne verraient pas du tout de qui je parle, un aperçu ce soir sur M6, qui diffuse la quatrième saison inédite de NCIS.
PSbis : je suis bien consciente que cette note est à trop forte teneur kulturelle, mais je suis en vacances et je revendique le droit de me consacrer à des sujets vitaux d'intérêt international, non, mais!
PSter : pour le plaisir des yeux et parce que tout le monde n'est pas en vacances, quelques moustachus qui le valent bien!
Groucho (je n'ai pas dit que c'était forcément des hommes sexy...)
Rembrandt (n'oublions pas que ce blog est kulturel avant tout) et
le beau Tom (je sais que vous l'attendiez, et comme je vous aime, je ne veux pas vous décevoir...)
Et vous chers happy few, quel est votre moustachu favori ?
06:30 Publié dans It's raining men, Littérature française, Séries télé | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note
25.06.2007
Darcy et moi
Chers happy few, vous m'excuserez, mais je vais encore rédiger une note à forte teneur darcynienne. Car, oui, ça y est j'ai enfin vu la célèbre adaptation BBC d'Orgueil et préjugés de Jane Austen, celle qui a révélé à la face du monde le visage notre cher Colin, dont je ne vous parlerai pas (ou si peu), la question ayant été soulevée il y a peu dans ce modeste salon...

C'est en 1996 que Simon Langton réalise cette adaptation pour la BBC, avec Colin Firth dans le rôle de Darcy et Jennifer Ehle dans celui d'Elizabeth Bennett. Pour ceux qui pour d'obscures raisons à mon humble avis indéfendables n'auraient toujours pas lu le roman de Jane Austen, je vous fais le pitch à la Pennac : la vive et lumineuse Elizabeth épousera-t-elle l'arrogant et ténébreux Darcy ?
J'ai lu pour la première fois Orgueil et préjugés à l'âge de 17 ans. Et pour vous avouer un péché de lecteur peu reluisant (c'est jos qui nous l'a demandé et je pense distiller les miens au compte-gouttes afin d'entretenir le suspense), j'ai volé ce roman : je l'avais emprunté à la bibliothèque municipale et je ne l'ai pas rendu. C'est l'unique vol de toute ma vie et je n'en suis pas bien fière (je ne révèle ce lourd secret que parce qu'il y a prescription depuis longtemps). C'est vous dire à quel point j'entretiens une relation passionnelle avec cette histoire. Je l'ai relu tellement de fois que les pages sont toutes détachées malgré la reliure professionnelle et je ne m'en séparerais pour rien au monde (comme mon exemplaire éculé d'Autant en emporte le vent, un peu de compulsivité m'atteint parfois et je refuse de me soigner).
Ce roman est extrêmement riche et foisonnant, parce qu'au-delà des histoires d'amour (car il y en a plusieurs), Jane Austen dépeint avec un brio et une virtuosité incroyable des personnages souvent haut en couleurs, incroyablement attachants ou détestables. Elle égratigne aussi la société dans laquelle ils vivent, en opposant le liberté de penser et de vivre des filles Bennett (liberté dont elles font parfois les frais) et la rigueur du carcan imposé aux femmes à cette époque en Angleterre. Elle manie avec talent l'ironie et fait preuve d'une indéniable verve : les descriptions et les dialogues sont du grand art...
L'adaptation de la BBC est très fidèle à l'esprit et à la lettre du roman et les personnages prennent une dimension charnelle hallucinante qui rend palpable la modernité du roman : Mrs Bennett et ses crises de nerfs, Mr Bennett et sa bonhomie ironique et distanciée, Mr Collins et ses incessantes flatteries... Evidemment, on est bien obligé de dire un mot des interprètes principaux (je ne voulais pas, je suis contrainte, pardonnez-moi) : Jennifer Ehle est une Lizzie d'une incroyable justesse (elle a d'ailleurs obtenu un prix pour ce rôle) et Colin Firth est tellement darcynien que c'en est presque un péché (et le scénariste a ajouté une scène de chemise mouillée qui n'était bien évidemment pas dans le roman et on l'en remercie chaleureusement)!
Chers happy few austeniens, darcyniens, firthien ou autre, il vous faut voir cette adaptation... et pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, il faut lire Jane Austen!
Jane Austen, Orgueil et préjugés, 10-18
Adaptation BBC, 6 épisodes de 50 mn chacun, disponible en zone 2 (coffret 2 DVD), Koba Films vidéo (VO/VF), en bonus le making-of.
07:00 Publié dans Séries télé | Lien permanent | Commentaires (49) | Envoyer cette note
08.06.2007
She's the One
Chers happy few, je sais que vous vous demandez où j'ai bien pu passer. Je tiens à vous rassurer tout de suite, je suis bien là, je me remettais juste d'un petit périple dans l'Essonne, où, dans sa grande mansuétude, le rectorat m'a envoyée chercher 30 malheureuses copies. Une heure et demie de trajet aller, une heure et demie de trajet retour (car je ne crois plus aux temps indiqués pas Viamichelin, leurs itinéraires sont béton mais à mon avis ils font le trajet avec une Batmobile, véhicule bien évidemment hautement glamour mais que je ne possède pas encore), donc disais-je, trois heures de trajet pour récupérer 30 copies, ce n'est pas vraiment humain... Surtout que je vais devoir les rapporter. Plaignez-moi, chers happy few, parce que je le vaux bien.
Donc, je sais chers happy few, que bien que ma vie vous passionne, vous attendez un billet HTK, un billet à Haute Teneur Kulturelle. Or, voilà déjà quelque temps que j'avais promis un billet, dans une discussion informelle chez une certaine admiratrice de Marilyn qui vit entre de jolis murs roses et girly... Le temps est venu de tenir ma promesse et de vous faire donc un billet sur...
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Buffy, the vampire slayer.
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Oui, chers happy few, je sais que j'ai promis, ici même entre ces murs sobres de cyberquiche, un billet sur un certain Colin, mais des soirées chargées, à base de Drs Glamour et Mamour, de football et de Julien m'ont empêchée de me livrer à l'étude de ce fascinant sujet avec tout le sérieux requis et il faudra donc attendre un peu : mais comme il paraît que plus on attend, meilleur c'est, je sais que vous me pardonnerez de bon coeur ce léger contretemps, totalement indépendant de ma bonne volonté.
Revenons donc à nos vampires. Buffy est sans conteste ma série télévisée préférée, ever. Je l'ai découverte comme tout le monde sur M6, au début de sa diffusion, et malgré la VF, ce fut le début d'une grande histoire d'amour entre Joss Whedon et moi.
Mais reprenons par le commencement. En 1996, Joss Whedon réalise une demi-saison d'une nouvelle série, dont l'héroïne est une tueuse de vampires adolescente. Il a déjà mis en scène cette héroïne en 1992, dans un film du même nom, assez épouvantable, avec l'incontournable Donald Sutherland dans le rôle du Gardien, Luke Perry (oui, oui, celui-là même) dans celui du boyfriend et une illustre inconnue, Kristy Swanson, dans le rôle-titre. Je vais vous dire, chers happy few, c'est un miracle qu'avec un film aussi mauvais, il ait trouvé des capitaux pour financer une demi-saison (pas plus parce que justement la Fox ne savait pas dans quoi elle mettait les pieds). Et là, ô surprise, cette saison, ce n'est (déjà) que du bonheur, et surtout, ça marche, ce qui pousse la Fox à investir dans une suite. Il y aura au final 7 saisons complètes et si la série finit pas s'arrêter, ce n'est pas faute d'audience mais parce que Joss Whedon estime être allé au bout de son projet artistique, ce en quoi il a bien raison, car Buffy est une série extrêmement aboutie et cohérente.
Avant toute chose, pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle, je vais résumer très brièvement l'histoire. Buffy Summers est une adolescente qui semble normale : ses parents viennent de divorcer et elle quitte Los Angeles avec sa mère pour vivre à Sunnydale (littéralement la "vallée du soleil"), petite bourgade typiquement californienne. Elle arrive donc en cours d'année de seconde dans le lycée de la ville et elle y rencontre Xander, Willow et Cordelia que nous suivrons jusqu'au bout (même si Cordelia évoluera dès la saison 4 dans le spin off, Angel). Mais Buffy a un secret : elle est l'Elue, une jeune fille dont la mission, à la nuit tombée, est de débarrasser la terre des forces maléfiques de la nuit (vampires, monstres, loups-garous, bref, tout ce qui fait partie du folklore fantastique de la culture occidentale). Nul n'est au courant sauf son Gardien, Rupert Giles, le documentaliste du lycée, en réalité envoyé d'Angleterre par le Conseil pour veiller sur elle et surtout parfaire sa formation. Il s'avère rapidement qu'elle devra faire plus que tuer des vampires dans un cimetière la nuit et sa mission sera compliquée par l'apparition d'Angel, un vampire... avec une âme.
La grande force de cette série trouve son origine dans la personne même de Joss Whedon. Il en est le concepteur, il réalise lui-même la première saison et rédige la plupart des scripts. Il a en tête dès le début un univers complet, et cette série avance donc vers un but précis (contrairement à d'autres où on sent bien que les scénaristes nous embarquent dans des histoires dont ils n'ont pas la fin, comme dans Alias par exemple où c'est bien souvent du grand n'importe quoi). Du coup, l'évolution psychologique des personnages est impeccable et sans invraisemblances, des pistes sont semées dès le début et seront poursuivies (l'incapacité de Xander à aimer des femmes normales, l'homosexualité latente de Willow, le passé "trash" de Giles, ne sont que des exemples parmi d'autres). Quand se clôt la saison 7, rien n'est laissé en suspens et c'est une véritable prouesse.
Ensuite, cette série est une série à strates. Elle peut se regarder et s'interpréter à plusieurs niveaux. Elle se présente comme une série pour ados et à ce titre, elle en reprend les codes : omniprésence du lycée et de ses figures emblématiques américaines (cheerleaders, pétasse populaire, élèves exclus car n'ayant pas les bons codes vestimentaires ou langagiers, bals de promo...), histoires d'amour, difficultés relationnelles avec les parents, crises d'adolescence... Mais tous ces codes dont détournés pour en faire une série lisible par un public adulte : les personnages ne sont pas les stéréotypes qu'ils semblent être au premier abord (la blonde héroïne est une machine à tuer, la pétasse populaire se révèle avoir un cerveau, la surdouée un peu coincée est une puissante sorcière...) et Whedon se sert de l'argument fantastique (les vampires et le monde de la nuit, monstres et compagnie) pour décrypter le fonctionnement de l'adolescence et le passage à l'âge adulte.
A ce titre, les trois premières saisons, qui se déroulent sur les années du lycée, doivent être vues comme un tout. Ainsi, les démons que combattent les ados (car si au départ nul n'est au courant de l'activité secrète de Buffy, le secret sera vite éventé et la saison 3 se termine sur une bataille rangée entre tous les élèves du lycée et les créatures du mal menées par la figure du maire, extraordinaire autorité politique maléfique) peuvent être compris de manière métaphorique comme leurs propres démons intérieurs. Se servir de l'argument fantastique pour révéler la personnalité de ses personnages est incroyablement intéressant car cela permet à Whedon de réutiliser de manière détournée des faits réels. L'élève à qui personne ne fait attention finit par devenir invisible, les nageurs qui se dopent deviennent des hommes-poissons et retournent à l'océan, l'adolescent/Mr Hyde qui bat sa petite amie finira par la tuer... De même, quand Angel, après sa première et dernière nuit avec Buffy, voit la malédiction se lever et redevient un vampire privé d'âme, cela permet à Whedon de réinvestir le fameux : "On a couché, il n'a pas rappelé"...et de retracer avec une incroyable justesse les affres dans lesquels la jeune fille se débat, victime de l'indifférence masculine. De plus, les trois premières saisons sont une réécriture du couple tragique : Angel et Buffy ne peuvent pas s'aimer car ils appartiennent à deux mondes différents (et la malédiction n'est qu'une astuce pour que les choses soient clairement matérialisées), elle finit par être obligée de le tuer dans un épisode d'une rare intensité dramatique (et que celle qui n'a pas pleuré à la fin de la saison 2 me jette le premier kleenex (mais propre, s'il vous plaît, hein ?)) avant qu'il ne revienne des enfers finir d'expier sur terre ses erreurs passées.
La saison 4 marque donc un tournant : Buffy et ses amis entrent à la fac, lieu de toutes les expérimentations, de toutes les libertés... et de tous les dangers. La grande réussite de cette saison est que cette fois-ci le grand méchant est une créature créée de toutes pièces par le gouvernement. Whedon réutilise à bon escient la fameuse théorie du complot qui a fait les beaux jours d'X-Files. La saison 5 introduit un nouveau personnage de manière complètement inattendu, Buffy doit pour la première fois affronter une mort réelle contre laquelle elle ne pourra rien et la saison se termine abruptement par la mort de l'héroïne. La saison 6 est la plus noire et pour compenser c'est celle dans laquelle les méchants sont les plus ridicules. Enfin, la saison 7 est celle d'une guerre, et d'une délivrance.
Vous l'aurez compris, chers happy few, Buffy est l'histoire d'une jeune fille qui devient une femme avec ce que cela comporte d'obstacles, de difficultés et de renoncements (car elle renonce au paradis, pas moins). Elle essuie des déceptions sentimentales et elle est obligée de se confronter à ce qu'elle est : une femme puissante avec un fort côté obscur (elle apprend que son pouvoir vient des ténèbres) mais attirée par la lumière. Son histoire se double de celles de ses amis, qui chacun de leur côté accomplissent eux aussi leur parcours, parfois cahotique.
A tout cela, il faut ajouter l'extraordinaire inventivité de Whedon, que ce soit dans les dialogues (il fait preuve d'un sens de l'humour et de la répartie particulièrement jouissif), ou dans la mise en scène. On lui a reproché d'ailleurs de trop se reposer sur son talent de dialoguiste, qu'à cela ne tienne, il a réalisé un épisode entièrement muet, extrêmement poétique. On ne compte plus les références, qu'elles soient littéraires ou cinématographiques. Parmi mes épisodes préférés, celui qui est une uchronie (que serait Sunnydale sans Buffy ?), celui qui est une comédie musicale, celui qui met en scène un Dracula sexy dont tout le monde est jaloux ou celui qui revisite la guerre du feu...
Chers happy few, vous l'aurez compris, cette série est un chef-d'oeuvre!
PS : pour les courageux happy few qui sont arrivés au bout de ce long billet, quelle est votre série préférée ?
19:32 Publié dans Séries télé, Un grand cri d'amour | Lien permanent | Commentaires (85) | Envoyer cette note