15.06.2009
42 km et des poussières
Comme vous le savez, chers happy few assidus, ce week-end j'ai bravé le réveil matutinal, ma peur de l'avion (personne n'est parfait) et les 36° toulousains pour assister au Marathon des mots, manifestation littéraire qui propose des lectures de textes plus ou moins contemporains par des comédiens célèbres. Le principe est séduisant, car si je préfère lire à haute voix qu'écouter une lecture, je ne peux pas résister à la perspective d'écouter des acteurs, qui maîtrisent donc la diction et l'incarnation du texte. C'est donc avec plaisir que j'ai accepté l'invitation des Espaces Culturels Leclerc et que je me suis retrouvée au Cloître des Jacobins (à côté de mon ancien lycée, la vie est un éternel recommencement, chers happy few) avec Caroline, Stéphanie, Papillon, Erzébeth, Yueyin, Choupynette et Ankya.

Côté lectures, nous avons entamé la journée avec Charles Berling, qui a lu des extraits de Léger, humain mais pardonnable de Martin Provost. J'ai trouvé le texte inintéressant (une espèce d'autobiographie dans laquelle un narrateur raconte son enfance en province dans les années 60, genre de texte auquel tout le monde peut s'identifier : "tiens, mes parents/grands-parents/oncles/tantes/voisins (rayez la mention inutile) avaient eux aussi une table en formica vert dans la cuisine, c'est incroyable") et la lecture de Charles Berling ne l'a pas rendu plus attractif (je fais partie des gens qui pensent qu'une belle lecture fait passer n'importe quoi : si Sami Frey voulait bien me lire le bottin, je serais littéralement ravie). Le comédien maîtrise mal sa respiration sur les phrases longues, il a interverti des syllabes, confondu des pronoms personnels, en bref il n'avait pas correctement préparé sa lecture, passant d'un extrait à l'autre sans expliquer ses choix. Heureusement que les deux lectures suivantes ont été magnifiques. Bernard-Pierre Donnadieu, a lu des extraits de Nous ne sommes pas d'ici de Michel Le Bris, qui était à ses côtés. Les deux hommes sont amis et unis par une belle complicité (le comédien se tournant vers l'écrivain pour vérifier qu'il avait bien prononcé certains mots bretons) et Donnadieu a une voix vibrante et chaude qui magnifie un texte déjà sublime sur le vent. "Nos Bretagne à nous sont toujours intérieures" lit le comédien, et la salle, pourtant gasconne, vibre. Et c'est Bernard Giraudeau qui clôture la journée, avec des extraits de son dernier ouvrage, Cher Amour, qui décline l'autobiographie sur le thème du voyage, aussi bien géographique que temporel. Partie avec des réticences (on ne se refait pas), je découvre un texte épistolaire plutôt bien écrit, traversé d'histoires d'amour et de pointes d'humour, parfaitement incarné par le comédien, qui pour le coup justifie ses choix et commente son texte. Une excellente surprise.
Côté conversations (car c'est le deuxième aspect du Marathon), nous avons assisté à des rencontres avec Lambert Wilson, sublime (of course), Bernadette Laffont et Jean-Louis Trintignant. Ces conversations ont souffert de l'indigence de la présentatrice/animatrice, Karine Papillaud (en orange sur la photo), qui avait manifestement très mal préparé ces entretiens. Elle a posé quasiment les mêmes questions beaucoup trop vagues aux trois comédiens et a trouvé le moyen de dire à Lambert Wilson que la lecture était un "art rudimentaire", ce qui, vous imaginez bien chers happy few, en a fait frémir plus d'un, Lambert le premier (oui, je l'appelle Lambert, deux rencontres en 15 ans permettent ce genre de familiarité, non mais). Heureusement pour le public, ces comédiens sont rompus à l'exercice et, même si les questions les laissent parfois perplexes (et franchement, il y avait de quoi), ils rebondissent avec facilité. Si l'entretien avec Lambert Wilson a beaucoup tourné autour du chant et de son rapport avec la musique (il sera d'ailleurs avec Kristin Scott-Thomas sur la scène du Théâtre du Châtelet à partir du 12 février pour six représentations de Little night music, une comédie musicale adaptée de Bergman (oui, moi aussi, ça me laisse dubitative, chers happy few), qu'il a qualifiée de "marivaudage dans la campagne suédoise" et il est en train de monter un concert qui devrait tourner à partir de décembre), celui avec Bernadette Laffont a été plus littéraire. Venue pour lire des extraits du Quatuor d'Alexandrie, de Durell, elle a parlé de ses pratiques de lectrice : elle n'achète que des occasions et cherche à retrouver d'anciennes émotions littéraires en relisant de vieux romans aimés, comme L'herbe du diable et la petite fumée de Carlos Castaneda, elle a une passion pour les biographies et les correspondances (celle de Flaubert en tête) et n'a pas aimé Harry Potter (au grand drame d'Erzébeth qu'il a fallu réanimer). De son côté, Jean-Louis Trintignant a émaillé ses réponses de citations de Boris Vian, a expliqué son amour pour la poésie (il ne lit pas de romans, "trop psychologiques"), a cité Aragon, Desnos et Jules Renard et a digressé sur les femmes laides, le tout avec une vivacité que ne laissait pas présager son arrivée de vieux monsieur. Un très bon moment.

Et comme nous sommes incorrigibles, nous avons fait un tour dans les tentes librairies installées place du Capitole, où nous sommes tombées nez à nez avec Emmanuelle Urien, qui dédicaçait ses ouvrages, et comme la chair est faible, hélas, et la PAL minuscule, j'ai acheté Tu devrais voir quelqu'un (n'y voyez pas une quelconque allusion à ma LCite aigüe, chers happy few) (de toute façon, je refuse de me soigner).
Au final, ce fut un très bon week-end, qui ne serait pas ce qu'il a été sans les copines, qu'elles soient parisiennes ou toulousaines, les discussions de haute volée (as usual) et les lasagnes au chocolat, qui, oui, sont toujours sur la carte 15 ans après. La pérénité de certaines choses ne laisse pas de me rassurer, chers happy few.
Les billets de Papillon (chez qui vous trouverez une photo des fameuses lasagnes) et Stéphanie.
Un grand merci à Elodie G., qui a rendu ce week-end non seulement possible mais extrêmement agréable. Girl, you're the best. Again.
EDIT de 20h10 : Suite à un affreux chantage, je suis obligée, à mon corps défendant, de rappeler une vérité vraie : Erzébeth est fabuleuse. Pas moins. Limite fantabuleuse. Voilà qui est dit, je me sens mieux.
16:35 Publié dans Salons, rencontres, dédicaces | Lien permanent | Commentaires (30) | Envoyer cette note | Tags : lambert est sublimissime, répétons tous en choeur, lambert est le plus beau, le plus grand, le plus sexy, et en plus on se connaît bien, pour ceux qui n'auraient pas suivi notre folle histoire, elle est dans les archives, je vous laisse chercher...
17.05.2009
Sages comme des images - le retour
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, chers happy few, Delphine, Stéphanie et moi-même, sommes allées passer une journée aux Imaginales d'Epinal, Salon des littératures de l'imaginaire qui se tenait pour la sixième fois si je ne m'abuse. Premier constat : la mairie a enfin fait un effort et le trajet est semi-balisé depuis la gare (l'année dernière nous avions dû trouver d'abord l'office de tourisme et errer dans les (certes peu nombreuses) rues du centre ville). Comme on n'arrête pas le progrès, il y a même un panneau qui annonce le Salon dans le square :
(Vous remarquerez qu'il faisait beau, chers happy few perspicaces et que l'affiche, hum, est assez kistch, je dis ça, je dis rien, comme d'habitude.)
Deuxième constat : il y a nettement plus de monde que l'année dernière, ce qui est tant mieux, mais les auteurs restent toujours aussi accessibles, espérons que ce qui est la marque de fabrique de ce Salon le restera longtemps (oui, je suis exigeante, c'est comme ça chers happy few, non mais).
Comme je sais que certains d'entre vous trépignent d'impatience derrière leur écran, en se demandant qui nous avons rencontré et ce que j'ai rapporté (car je ne dénoncerai pas mes camarades de débauche, chers happy few, je leur laisse le soin de dévoiler leurs achats, je suis d'une grande diplomatie et je ne veux froisser personne) (j'attends surtout impatiemment qu'elles aient lu certains titres afin de me les prêter, je suis diabolique, je sais), voici un petit résumé de la journée. Parce que vous le valez bien, chers happy few.
Alors, en vrac. Li-Cam nous a livré un scoop, elle est en train de rédiger la suite des aventures de Lem, et ce deuxième tome sera consacré à Fehik et Ararat. J'ai été tellement emballée par ce Chronique des Stryges, que j'ai acheté une nouvelle graphique, L'ombre de l'arbre abattu, à la quatrième de couv' alléchante ("Et si les ombres avaient peur de nous, et non l'inverse ? Et si elles en avaient assez d'être clouées au sol par notre mépris alors qu'elles rêvent de voler ? Et si elles se battaient tous les soirs contre la nuit pour nous sauver de l'oubli ?"). Patricia Briggs (dont j'avais lu le très sexy Appel de la lune) venait pour la première fois en Europe, elle a été fascinée par Paris où elle a passé deux jours en venant, elle était ravie que je me sois amusée à la lecture du premier tome des aventures de Mercy Thompson, qui en comportera 7 au final (et plus si le public continue à suivre). Le deuxième volume vient de paraître chez Milady, il a pour titre Les liens du sang et il s'est retrouvé dans mon SLAT vache (tellement plus glamour qu'un sac à dos, isn't it ?) par un curieux concours de circonstance dont je ne suis pas responsable, je le jure, monsieur le juge.
Au détour d'une pile de livres, alors que nous venions de saluer Jeanne A-Debats (auteur de La Vieille anglaise et le continent, chez Griffe d'encre) et Anne Fakhouri (Le clairvoyage et sa suite, chez L'atalante), mon regard s'est innocemment porté sur leur voisin et j'ai couiné comme je sais si bien le faire, à la vue de son nom : Andreas Eschbach, l'auteur de Mille milliards de tapis de cheveux, de Jesus video, du Projet Mars était là en chair et en os. Il a beau parler un excellent français (il est allemand), je crois qu'il a été un peu dépassé par l'ampleur de mon enthousiasme couinant (il m'est arrivé la même chose en présence de Robin Hobb l'année dernière, chers happy few, certains auteurs me rendent hystérique, c'est terrible), et il m'a joliment dédicacé Kwest, que je voulais lire depuis longtemps.
Nous avons croisé la très aimable Nathalie Dau (je rappelle qu'il faut absolument lire ses Contes myalgiques, oui, c'est un ordre, chers happy few), discuté avec Mélanie Fazi de sa dernière traduction (GiG, chez Griffe d'encre) et de la suite de Morsure (série qui d'après elle s'améliore terriblement, elle est en pleine traduction du tome 5, je dis ça pour les impatients, et j'en profite pour signaler que le tome 3, Magie de pacotille, vient de sortir chez Bragelonne), Stéphanie a découvert le charmant Alain Grousset (je ne dirai pas avec quoi elle est repartie, je suis la discrétion incarnée) et Delphine a fait un arrêt devant Pierre Pevel qui a avoué qu'il faisait moins que son âge.
Et, au détour d'une table, nous sommes tombées nez à nez avec Anne-Marie Garat et Pierrette Fleutiaux, qui ne savaient pas trop ce qu'elles faisaient là, Actes Sud ayant pris un stand au Salon cette année (elles auraient dû être accompagnées de Mathieu Enard, que nous n'avons pas vu). Anne-Marie Garat est un auteur passionné et passionnant (j'avoue que je n'ai pas eu le courage de lui avouer mon abandon à la page 350 de Dans la main du diable, pourtant excellement écrit), elle était manifestement ravie de discuter avec des gens qui avaient entendu parler d'elle dans ce salon rempli d'auteurs de SF et de fantasy. Nous lui avons parlé de sa fan n°1, elle nous a exposé sa théorie sur le style, a disséqué sa méthode de travail, le tout avec un enthousiasme tellement communicatif qu'elle m'a donné terriblement envie de lui laisser une seconde chance. Et comme elle a compris que nous étions des LCA, elle nous a conseillé le dernier roman d'Anne Enright, Retrouvailles, publié chez Actes Sud, et que j'ai très envie de lire, maintenant, c'est malin.
Sur le stand d'Actusf, j'ai rencontré Sylvie Lainé, dont j'avais adoré Le miroir aux éperluettes, acheté d'ailleurs à Epinal l'année dernière. J'ai été ravie de faire sa connaissance et j'ai pris son deuxième recueil, Espaces insécables. J'ai ajouté dans le SLAT Baroudeur, de Jack Vance, toujours chez Actusf. Nous avons ensuite fait la connaissance de Chris Debien, un jeune auteur qui a conquis Stéphanie (elle a un faible pour les jeunes auteurs esseulés, chers happy few, il faut la retenir à chaque fois, c'est affreux) et de Fabrice Colin, dont La saga Mendelson s'est retrouvé dans mon SLAT par la magie de Stéphanie (que je remercie encore une fois ici même si j'ai déjà sauté partout hier, je sais que ma crédibilité en prend un sacré coup, chers happy few, mais oui, quand je reçois un cadeau j'ai tendance à faire des bonds, c'est génétique, je ne vois que ça).
Si vous avez bien compté, chers happy few, j'ai rapporté 5 romans et recueils de nouvelles, auxquels il faut ajouter Votre mort vous appartient d'Antoine Lencou (Griffe d'encre), qui s'annonce totalement déjanté comme j'aime et Le diapason des mots et des misères de Jérôme Noirez (Griffe d'encre) (depuis le temps que j'entends parler de Noirez, voilà une lacune qui va être enfin comblée, que ne ferait-on pas pour la kulture, chers happy few), ce qui nous mène à un total de 7. Je suis bluffée par ma raisonnabilité, chers happy few. Absolutely.
PS : ce billet est dédié à Chiffonnette, qui sait pourquoi, à Karine, qui aurait aimé être là, et à Cuné, qui aime les compte-rendus de Salons. Et si on y allait toutes ensemble l'année prochaine ?
PSbis : Bladelor, tes livres t'attendent. Dédicacés et tout et tout.
25.05.2008
Sages comme des images
Or donc, comme vous le savez tous chers happy few, samedi dernier Miss Lotobook et moi-même nous rendîmes à Epinal. Après un départ dès potron-minet (car oui, la kulture nécessite parfois de sacrifier quelques heures de sommeil), nous sommes arrivées sans encombre dans cette délicieuse ville des Vosges (c'est là que ceux qui connaissent Epinal se demandent ce que j'ai bien pu mettre dans mon café matinal pour la trouver délicieuse, ce à quoi je répondrai que je ne veux pas froisser la susceptibilité de mon lectorat spinalien, je les aime eux aussi, chers happy few, y a pas de raison). Bref. Après un instant d'égarement dû au fait que nul ne nous attendait à la gare et qu'aucun panneau n'indiquait la direction du Festival (évidemment, nous sommes parties sans plan ni adresse précise, comme les glamorous girls que nous sommes), nous nous sommes ressaisies avec la vigueur et le brio qui nous caractérisent : cinq minutes pour trouver l'Office de Tourisme, trois minutes et 45 secondes pour se rendre sur le site, si ce n'est pas de l'efficacité, ça, chers happy few, ça y ressemble fort!
Et que trouvâmes-nous ?
Je vais vous dire, chers happy few, qu'une telle concentration d'auteurs célèbres de fantasy, de SF et de romans historiques, a de quoi donner le tournis! Jugez plutôt : entre Henri Loevenbruck (qui joue aussi de la guitare), Catherine Dufour et Bernard Werber, nous avons croisé Thomas Day, l'insaisissable Xavier Mauméjean (impossible de lui demander une dédicace, cet homme virevolte en permanence),
Quelques mètres plus loin, Pierre Pelot côtoyait Edouard Brasey (dont je termine Démons et Merveilles, aux éditions du Chêne, mais comme j'ignorais qu'il serait présent je n'avais pas pris mon exemplaire, oui, je sais, c'est bêta, chers happy few), Jean-Marc Ligny et Tad Williams et c'est alors que je suis tombée sur un jeune auteur, dont le premier roman avait tout pour me plaire : pensez donc, une histoire qui contient un démon de poche et qui commence par l'évocation "d'un petit trois-pièces-salon-cuisine-salle de torture" est pour moi, chers happy few! En voici donc l'illustrateur et l'auteur :
Sur le stand des Editions Griffe d'encre, Magali nous a présenté Gabriel Eugène Kopp :
Nous avons ensuite fait un saut de puce jusqu'à
Et, last but not least,
Et comme il restait quelques euros dans mon so girly porte-monnaie, j'ai acheté Le miroir aux esperluettes de Sylvie Lainé, aux éditions des 3 souhaits : l'auteur n'était pas là mais les éditeurs sont tellement sympas qu'il est difficile de leur résister (pour un peu ils m'auraient fait acheter un recueil de nouvelles de Moorcock, c'est dire leur pouvoir de persuasion, chers happy few)!
Allez, la photo des achats :
Un salon de très haute tenue et très convivial, chers happy few, avec des auteurs très disponibles, drôles et charmants : une excellente journée malgré la grisaille vosgienne!
PS : mes photos ne sont-elles pas bien meilleures que d'habitude, chers happy few ? La flouïtude serait-elle vaincue à jamais ?
PS bis : parce que je suis incorrigible, j'ai rapporté autre chose que des livres d'Epinal. Saurez-vous deviner quoi ? (un cadeau est à gagner, cela faisait trop longtemps qu'on n'avait pas joué un peu dans ce salon, chers happy few!)
Le compte-rendu de Stéphanie, qui fait des révélations fracassantes (réclamez-lui des photos, elle en a plein)!
14:05 Publié dans Salons, rencontres, dédicaces | Lien permanent | Commentaires (58) | Envoyer cette note
17.03.2008
Et ce Salon ?
Oui, je sais, chers happy few, nous sommes le 17 mars, jour de la Saint Patrick et de billet sur ma lecture irlandaise, point. Je suis vraiment désolée de vous apprendre que pour tout un tas de raisons diverses et variées, je n'ai pas fini le roman que j'avais choisi afin de célébrer dignement le pays au trèfle vert. Non que ce roman ne soit pas bon, car bon, il l'est, assurément, mais voilà, parfois je suis obligée d'aller chez le coiffeur et d'acheter un trench et paf, la deadline est dépassée sans que je ne me sois aperçue de rien car les choses ont souvent lieu à l'insu de mon plein gré, c'est terrible. Mais pour me faire pardonner de ne pas vous parler de Joseph O'Connor, je vous propose le compte-rendu de ma journée au Salon du Livre de Paris et franchement, je trouve que vous gagnez au change chers happy few, car il y avait du people ce dimanche Porte de Versailles.
Jugez plutôt.
J'avais à peine rejoint Delphine (avec un peu de retard, mais il paraît que c'est normal pour une toulousaine), que nous sommes tombées nez à nez avec

Georges Chaulet, le papa de Fantômette, qui a bercé mon enfance et a certainement participé à sa manière à mon goût de la lecture! C'était très émouvant de croiser ce vieux monsieur qui a formé l'imaginaire de toute une génération de lecteurs...
Rejointes par Stéphanie et Caro[line], nous avons croisé Jean-Philippe Blondel , qui faisait ses courses, et Mathias Malzieu (ce dernier, franchement, je ne savais pas qui il était, j'avoue mon inkulture). Vous remarquerez que Caro[line] est un aimant à célébrités, il suffit qu'elle soit là pour qu'elles surgissent. (Vous m'excuserez, chers happy few, mais je n'ai pas eu le réflexe de dégainer l'APN, je manque encore d'entraînement.)
Nous avons commencé par aller faire un tour du côté des éditions auvergnates Créer, afin de saluer Sébastien Fritsch et de nous faire dédicacer son roman, Le mariage d'Anne d'Orval :

Vous reconnaîtrez Caro[line] sur la photo, chers happy few, aux côtés de Sébastien, qui nous avait promis un apéro auvergnat avec saucisson et vin rouge, apéro remis pour cause d'alerte à la bombe, les colis suspects n'ont aucun tact...
Sur le stand Seuil Jeunesse étaient présents :

Gilles Bachelet, heureux possesseur d'un étrange chat :

(sous l'album, vous voyez un bout de l'affiche qui m'a été très aimablement donnée par une jeune femme du Seuil, qui avait décelé ma groupïutude et qui est une affiche du dernier album de Gilles Bachelet, Champignon Bonaparte)

(la dédicace, j'adore)
et, aux côtés de Gilles Bachelet :

le très talentueux (et très jeune) Benjamin Lacombe (je n'ai pas de meilleure photo, je suis navrée), à qui j'ai fait dédicacer


pour ma nièce. On a discuté de l'histoire, adaptation librement remaniée par lui d'un conte japonais très connu en Asie, et qui est un peu l'équivalent de Roméo et Juliette en Occident. Il est très sympathique et je suis ravie d'être tombée sur lui par hasard (car j'avoue chers happy few, que je n'ai pas choisi d'aller au Salon ce dimanche pour les dédicaces mais parce que c'était le seul jour où je pouvais m'y rendre).
Puis Stéphanie a déniché sur le stand des éditions Au Diable Vauvert, un auteur qui ma foi, a l'air fort intéressant (peut-être même a-t-il un potentiel de chouchouïtude, mais cela, seule la lecture de son roman nous le dira) :

Julien Blanc-Gras, auteur de Comment devenir un dieu vivant, un roman qui s'annonce joyeusement déjanté, avec une Apocalypse et un morse (je dois dire que la présence du morse a emporté le morceau, obsédées que nous sommes par les animaux étranges comme des lézards lubriques). Elle est repartie avec le roman, dédicacé à "toutes les blogueuses parisiennes" : voilà un ouvrage qui va tourner au Club des Théières!
Sinon, nous avons croisé, au détour de stands très remplis, Pénélope Bagieu, Gudule et

une souris! Il s'agit de Geronimo Stilton, un auteur jeunesse, qui, si vous voulez mon avis, ne devait pas avoir froid!
Et, pour finir, la liste de mes achats (en plus des 3 livres dédicacés) :


Je trouve que j'ai été très raisonnable, sachant que je n'ai strictement rien à lire! Je dois bien avouer cependant que j'ai été sauvée par l'alerte à la bombe : nous avons évacué le Salon au moment où je venais de découvrir le stand des éditions Nestiveqnen et je venais de trouver LE titre qu'il me fallait absolument sous peine de crise de manque... Ce sera pour une autre fois!
Une belle journée, chers happy few!
PS : je précise pour ceux qui aiment les pipoleries que nous avons croisé, hors Salon, Mireille Dumas et Yann Quéffelec et que nous avons pris un café à la table juste à côté de celle d'Anna Gavalda, dont la dédicace qui décidément attire les foules, a été interrompue aussi (3 heures d'attente samedi pour une dédicace et presque autant dimanche...)
PSbis : une interview de Julien Blanc-Gras chez Mandor.
PSter : la dédicace de David Foenkinos a été annulée du coup, mais je l'ai croisé dans le métro... Sa lectrice chouchou, qui a préféré prendre le bus, ne s'en remet pas, voyez plutôt...
09:09 Publié dans Salons, rencontres, dédicaces | Lien permanent | Commentaires (48) | Envoyer cette note
04.12.2007
Des nouvelles du Salon
Samedi dernier, chers happy few, je me suis donc rendue au Salon du Livre de Montreuil et après quelques péripéties pour me garer (et ce, juste afin de ne pas faire mentir ma réputation de tarte désorientée (copyright Tamara) ce qui vous permet d'admirer au passage l'abnégation dont je fais preuve), j'ai enfin pénétré dans cet antre infernal, espèce de lieu de toutes les tentations. Et, me direz-vous ?
J'ai bien évidemment succombé.
Il faut dire que tout a joué en ma défaveur chers happy few : il faisait beau, les oiseaux chantaient, les stands étaient tous en place et surtout, surtout, chers happy few, il y avait... des auteurs.
Or, depuis que je fréquente Caro[line], je n'hésite plus à faire la queue pour demander une dédicace et j'ose avouer à haute et intelligible voix à quelqu'un que j'aime ce qu'il écrit ou ce qu'il dessine, ce qui, finalement, se passe plutôt bien pour moi mais est assez terrible pour mon porte-monnaie (vous remarquerez avec quelle habileté je fais porter le chapeau à cette pauvre Caro[line] qui n'en demandait pas tant...) (quoi que) (ça lui apprendra à me traîner voir David Foenkinos) (et à me forcer à lui faire la bise).
Bref. Voici un petit aperçu de la moisson du jour :

Raymond rêve, l'histoire d'un escargot qui s'imagine d'autres vies. C'est poétique et très drôle (ah, l'escargot dragon!), Gawou en parle ici.

L'une des enquêtes de l'inspecteur Lapou, le lapin policier, qui doit retrouver des feuilles de chou, ce qui sera le prétexte à un reniflage-baisage de main en règle de toute la gent féminine. Très drôle et...

dédicacé par Bénédicte Guettier herself!

Le Noël de Rita et Machin. Qu'on ne présente plus. (Arrou-Vignod était en dédicace l'après-midi, je ne l'ai pas vu, c'est bien dommage, j'aurais pu lui parler de ses oeuvres pour ado, que j'ai beaucoup aimées.)

La sorcière aux trois crapauds, réécriture de Baba-Yaga, le conte russe, avec des dessins magnifiques.

Le philosophique et poétique (décidément j'aime les listes, on ne se refait pas) Pomelo se demande,

dédicacé par Benjamin Chaud (timide mais sympathique) (et oui, je sais, les poules sont encore de sortie).

La magie de Noël, traduction française de The night before Christmas, célébrissime en Angleterre et dont Mélanie parle ici.

Mon coup de coeur du Salon! Cet album, qui a été finaliste au prix Baobab (finalement décerné à La fille des batailles de François Place), est tout bonnement génial! C'est un très grand format, très beau, qui présente un bestiaire où chaque animal, superbement dessiné, est défini en quelques lignes drôlatiques, comme le chien, "meilleur ami de l'homme, sauf le chien-chien qui est le meilleur ami de la mémère". On y apprend que quand le loup a faim, il dévore "un lapin, un mouton, un sanglier, une demi-douzaine de petits chaperons rouges, un enfant pas sage, deux nigauds et un premier de la classe" que l'éléphant "rien qu'en mangeant de l'herbe a pris quatre tonnes et est devenu le plus gros animal du monde. Conclusion : les légumes verts sont très mauvais pour la ligne.", que pour "faire rentrer six baleines tête-bêche dans une boîte de sardines à l'huile, c'est comme quand on fait sa valise pour partir en vacances : il faut s'or-ga-ni-ser!" ou que dans chaque cochon "il y a un saucisson qui sommeille"... Je sens qu'il risque de devenir un fashion's family klassik!
Et pour finir, chers happy few, figurez-vous que j'ai rencontré Marianne Barcilon et Christine Naumann-Villemin! Je suis une grande fan de leur oeuvre, avec une tendresse particulière pour Le Rendez-vous de la petite souris, La princesse coquette et La tétine de Nina. Leur dernier opus, Le lit des parents, est savoureux. J'ai fait dédicacer La princesse coquette pour ma nièce :

(vous remarquerez que la dédicace est à quatre mains) Elles sont formidables et chaleureuses et je vous livre un scoop : quatre de leurs ouvrages sortent au printemps, et l'un s'intitulera Gloups... (je sais, c'est vraiment un scoop extraordinaire, ne me remerciez pas)!
Une belle matinée, chers happy few, un peu courte, mais je m'organiserai mieux l'année prochaine!
06:30 Publié dans Jeunesse, Salons, rencontres, dédicaces | Lien permanent | Commentaires (35) | Envoyer cette note
22.11.2007
Rendez-vous au Salon
Un tout petit billet, chers happy few, en ces temps troublés de marche à pied, où, à cause de l'absence de métros, je me retrouve dans l'impossibilité de tenir mon rythme habituel de lecture : je n'ai toujours pas fini le roman (fort bon pourtant) commencé il y a deux jours, ce qui, je sais, est honteux voire lamentable, mais pardonnez-moi chers happy few, car vraiment, en toute bonne foi, je ne peux pas lire en marchant. C'est bien dommage, je vous l'accorde.
Mais on ne va pas se laisser abattre pour autant. Si on ne peut pas parler littérature (encore que je pourrais enfin vous faire un petit billet sur La chartreuse de Parme, car le pauvre Henri commence à trouver le temps long à attendre dans l'arrière-boutique qu'on veuille bien s'occuper de lui), parlons au moins de l'événement de cette fin de mois de novembre sportif mais relativement ensoleillé (car oui, c'est incroyable mais il ne pleut pas tous les jours non plus à Paris, mais que fait la police, je vous le demande).
Donc, disais-je, avant d'être violemment interrompue par moi-même, parlons du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis.
Ah, je sens l'intérêt s'éveiller chez quelques-uns d'entre vous et donc je vous donne quelques informations... ce Salon se tiendra du 28 novembre au 3 décembre à Montreuil (93). Le thème autour duquel il est organisé cette année est celui du Jeu, thème que l'on retrouve dans les activités proposées aux enfants et aux grands comme Casabulles, espace dédié à la BD et où des illustrateurs de renom se livreront en direct à un cadavre exquis illustré, un Jeu de l'Oie pour les petits (Tout petit tu lis), le Juke-box littéraire du Comptoir des ados, où 9 auteurs se sont prêtés au jeu des questions filmées et dans les livres présentés, notamment à la Librairie du Jeu qui propose un large choix de livres ludiques et inventifs. Ajoutons à cela le Grand Marché de la Petite édition, où l'on pourra découvrir de petites maisons d'éditions souvent atypiques et attachantes, un espace VO/VF où des éditeurs venus du monde entier exposeront leurs ouvrages et La librairie anglo-saxonne qui recevra en dédicace des auteurs de renom comme Melvin Burgess, Anne Fine, Sue Limb, Meg Rosoff, Michaël Morpurgo, Philip Pullman, Quentin Blake, Eoin Colfer ou encore Tony Ross. Seront décernés aussi à l'occasion de ce Salon différents prix littéraires : le prix Tam-Tam (4 catégories : Roman 8 ans et +, Roman 11 ans et +, BD, manga), le prix Baobab de l'album et le Prix de la presse des jeunes (2 catégories : enfant et junior).
Bref, un programme qui, comme chaque année s'annonce riche et intéressant! J'essaierai d'y faire un saut le samedi 1er décembre : et vous, chers happy few, y serez-vous ?
Pour tout savoir sur le programme, les parcours proposés aux enfants... :
www.salon-livre-presse-jeunesse.net
Pour ceux qui voudraient y faire un tour :
Accès : métro 9, station Robespierre, sortie 2.
Bus : 102
Voiture : accès fléché dès les portes de Bagnolet et de Montreuil. Attention, pour accéder au parking, il faut sortir porte de Montreuil.
Tarifs : 4 euros pour les individuels, gratuit pour les enfants, chômeurs, Rmistes, handicapés, professionnels, groupes et accompagnateurs inscrits.
Horaires : mercredi 28, jeudi 29, lundi 3 : 9h-18h / vendredi 30 : 9h-22h / samedi 1er : 9h-20h / dimanche 2 : 10h-19h
10:05 Publié dans Salons, rencontres, dédicaces | Lien permanent | Commentaires (31) | Envoyer cette note