12.04.2012

Fifty Shades Darker - E. L James

Parce que la chair est faible (surtout la mienne) et que cette trilogie a beau avoir été écrite avec le pied gauche par une femme qui ne possède pas de dictionnaire des synonymes (elle a tout investi dans Le SM pour les Nuls, faut choisir ses combats), elle n'en est pas moins étrangement addictive et j'ai donc lu, à mon corps consentant

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Le tome 2. Oui. Je sais. Après tout ce que j'ai dit du tome 1, je mérite le fouet, suspendue par les pouces au plafond.

 

Pitchons, chers happy few, parce que je m'en voudrais de vous laisser plus longtemps dans l'ignorance. Et pour que vous saisissiez mieux toute la quintessence de ce roman, je vous en livre la substantifique moelle dans un dialogue, car j'ai peur que vous ne suiviez pas, l'intrigue étant d'une complexité aussi redoutable qu'une rédaction de 4ème.

 

Ana (sanglotant) : je te quitte, tu es trop trop méchant avec mes douces fesses que tu as fouettées violemment comme je t'en avais instamment prié parce que je croyais que ça ne faisait pas mal, ayant confondu un fouet avec un plumeau en peluche rose bonbon et le sado-masochisme avec les réunions Tupperware.

Christian Grey (sourcils froncés) : tu as voulu voir mon dark side, je t'avais prévenue, je suis désolé, reviens, tu es à moi.

Ana (redoublant de sanglots) : non, mais c'est vrai quoi, je ne peux plus m'asseoir et du coup j'arrête de manger, et je pleure, évidemment, mais c'est parce que je suis une femme, je ne peux pas m'en empêcher. 

Christian Grey (mâchoire serrée) : tu as voulu voir mon dark side, je t'avais prévenue, je suis désolé, reviens, tu es à moi.

Ana (sanglotant à fendre l'âme et les oreilles) : je pleure et je compte les jours sur mon calendrier sinon je me mélange, ça fait déjà 2 jours, c'est énooooooooooooooorme, mais moins que ta baguette magique qui me manque tellement, je ne peux pas vivre sans toi, tu es tellement merveilleux, tellement beau, tellement compliqué, tellement chevelu, tellement bien habillé, tellement sexy, tellement bien membré. 

Christian Grey (sourcils serrés, mâchoire froncée) : tu as voulu voir mon dark side, je t'avais prévenue, je suis désolé, reviens, tu es à moi. 

Ana (séchant ses larmes avec glamour et le mouchoir qu'il lui avait prêté et qu'elle avait mis sous verre) : ah mais attends, je suis une femme forte, moi, je ne me fais pas avoir comme ça, tu ne crois quand même pas qu'il suffit d'une excuse bidon genre que tu m'avais prévenue et que je savais dans quoi je m'embarquais parce que j'ai lu un contrat de 12 pages et la page wikipedia consacrée au BDSM, pas question, tu fais quoi vendredi soir déjà ?

Christian Grey (sourcils haussés) : je fais ce que tu veux pour toi mon amour, ma vie, mon infinie.

Ana (reniflant) : tu peux m'emmener au vernissage de l'expo de mon ami José qui veut coucher avec moi mais que je m'en rends pas compte parce que je suis une grosse gourdasse qui n'a toujours pas acheté de miroir chez IKEA ?

Christian (lèvres serrées de mécontentement jaloux) : je fais ce que tu veux pour toi mon amour, ma vie, mon infinie, mais on ne prendra pas l'hélicoptère, je n'ai pas envie de conduire et je préfère pouvoir te peloter à l'arrière de ma porsche, faut bien qu'il y ait des avantages à avoir un chauffeur.

Ana (rougissant) : oh mon Dieu, ça fait 5 jours, 5, oui 5, incroyable, 5 jours (CINQ) que je ne t'ai pas vu, tu es tellement beau, tellement séduisant dans ton costume noir, oh mon Dieu tu as toujours les mêmes cheveux, c'est magique, qui aurait cru que tu n'aurais pas changé d'un iota pendant un laps de temps aussi long ?

Christian Grey (cheveux en bataille et regard intense) : je t'aime, j'ai failli mourir pendant ces 5 jours loin de toi, ton QI d'huître et tes atermoiements idiots m'ont tant manqué, mais moins que ton corps de rêve, d'ailleurs tu as maigri, mange.

Ana (outragée) : non, on ne me donne pas d'ordre à moi, je ne suis pas une femme soumise, pas question que je mange, vlan, prends-toi ça dans les dents monsieur le vilain Dominateur et regarde comme mon subconscient danse la lambada en string pour fêter ma rebellitude. 

Christian (cheveux en bataille et sourcils froncés) : j'aime les strings et je ne suis plus un Dominateur, cette éternité passée loin de toi a ouvert mes beaux yeux gris, lançons aux orties 12 années de pratiques SM intensives, c'était un moment d'égarement qui ne se reproduira plus et gambadons nus dans les draps d'une relation banale, pratiquons avec ardeur le vanilla sex.

Ana (cramoisie) : quoi ? quoi ? quoi ? mais je ne veux te forcer à rien, je sais que ça fait partie de ta personnalité, que faire, que faire, que faire ?

Christian (cheveux en bataille et regard brûlant) : tais-toi et jouis, dans l'ascenseur, sur la table, sous la table, sur le piano, dans l'escalier, sur le lit, sur le bureau, sous la douche, faut rattraper tout ce temps que nous avons perdu loin l'un de l'autre et tous ces orgasmes dont tu as été privée pendant ces cinq (5) (CINQ) longs jours.

Ana (écarlate) : oh, oui, ouiiii, ouiiiiiiii, faisons une étude topographique de ton quadruplex de 508 m2, histoire que ma déesse intérieure illumine Seattle, en ces temps d'écologie c'est une manière simple de faire des économies d'énergie. (Regard baissé, voix tremblante) Mais je pense que je ne suis pas assez bonne pour toi.

Christian (cheveux en bataille, regard de braise et sourire coquin) : viens que je te prouve le contraire, ça fait 56 mn que nous n'avons pas roulé dans les draps, on va perdre la main. 

Ana (le repoussant vaguement) : non, attends, il y a des choses très importantes dont il faut qu'on discute : ta mère biologique droguée et prostituée avec le cadavre de qui tu es restée quatre jours quand tu avais 4 ans, cette salope de Mrs Robinson qui t'a initié quand tu avais 15 ans, mon patron qui n'est pas du tout un connard harceleur comme tu le maintiens depuis le début et qui veut vraiment partager une chambre d'hôtel à NY avec moi pour faire des économies parce qu'il y a eu des coupes budgétaires dans la boîte, ce placard plein de fringues trop trop belles et trop trop chères que je veux trop trop pas mettre mais tu ne les as pas rendues au moins, parce que le satin ça vous habille une femme quand même, oh oui, embrasse-moi, oui, mmmh, encore, oh que c'est bon, oh que tu es doué, oui, là, plus bas, vas-y, oh oui, oh que je t'aime.

Christian (cheveux en bataille et regard hésitant) : moi aussi je t'aime, épouse-moi.

Ana (respiration haletante) : quoi ? quoi ? quoi ? attends, épouser un milliardaire tendre, attentionné, cultivé, drôle, bon amant, beau, que j'aime à la folie depuis deux semaines et demi et qui pour une raison qui échappe aux six cent mille lectrices m'aime aussi, ça se réfléchit, faut pas prendre ce genre de décision à la légère, tu me prends pour qui, là, une femme facile, pire, une femme soumise ?

Christian (cheveux en bataille et blessé au dedans de lui-même) : tu as raison et en plus j'ai un terrible secret.

Ana (yeux écarquillés) : encore un ? 

Christian (cheveux en bataille et regard malheureux tourné vers la ligne d'horizon) : oui. Je suis... je suis...

Ana (folle de terreur) : une femme ?

Christian (cheveux en bataille et riant à gorge déployée) : ah quel humour ma chérie, viens là que je baise cette bouche qui dit des choses si amusantes, et ce téton, aussi, comment ça, ce n'était pas une blague ?

Ana (tentant de le repousser avec autant d'ardeur que Robespierre montant à l'échafaud) : oh, arrêtez de jouer, Mr Grey, on avait une conversation sérieuse, même si j'ai adoré ce que vous venez de me faire, j'en aurais bien repris un peu.

Christian (cheveux en bataille et sombre) : oh, Ana, tu vas me quitter quand tu sauras et je me suiciderai en restant nu sur le balcon dans l'attente d'une pneumonie, parce que je suis... je suis...

Ana (inquiète, yeux écarquillés, respiration haletante, main sur le coeur, jambes écartées) : oui ? Qu'es-tu mon demi-dieu ? Oh, non, ne me dis pas que tu es mortel ?

Christian (cheveux en bataille, regard détourné, mâchoire serrée) : pire. Je suis un sadique.

Ana (en larmes) : non ! nooooooooooon ! Je ne peux pas le croire ! Je pensais que tous ces fouets, ces chaînes, ce chevalet et ces pinces diverses et variées ne servaient qu'à donner du cachet à ta décoration intérieure. (Gros sanglots) Tu es tellement, tellement, tellement compliqué mon bel amant, mais c'est tellement, tellement, tellement pas ta faute. (Sanglots incoercibles) Je ne te quitterai jamais, on va trouver une solution, je vais d'ailleurs avoir une conversation avec ton psy qui, au mépris de toutes les règles déontologiques élémentaires va me raconter tout ce qu'il sait sur toi et me dire que le SM est simplement un art de vivre très agréable qui peut pimenter les relations sexuelles de deux adultes consentants. (Séchant ses larmes) J'ai découvert le vrai sens de la vie, grâce à un moteur d'hélicoptère défaillant et des boules de geisha à la bonne taille... (Sourire hésitant mais radieux) Marions-nous et fouette-moi, mais pas trop fort parce que je marque vite.

Christian (cheveux en bataille, fou de joie et délirant de bonheur) : oui aux deux mon amour, ma vie, mon infinie. Et si tu es sage, tu pourras même conduire ta voiture les jours fériés, je te le promets.

 

Ce billet est sponsorisé par Les Lectures Communes Avec du Poil Autour, qui ont donné lieu à un échange de mails hilarants et ma foi fort coquins entre Cécile et moi. Il se peut d'ailleurs qu'on lise le tome 3. Un jour. 

 

03.04.2012

Fifty Shades of Grey - E. L James

Si vous suivez un peu les sites et blogs de lecture anglo-saxons, bilingues happy few, vous n'avez pas pu passer au travers de la déferlante Fifty Shades. Ecrit par une britannique (sous pseudo), publié une première fois par une maison d'édition australienne puis rééditée par une maison américaine, cette trilogie érotique SM (tout un programme, je vous l'accorde) fait un véritable carton aux Etats-Unis, où elle s'est vendue à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Le buzz a été tel qu'une maison de production hollywoodienne vient d'en acquérir les droits. Devant tant de succès, vous imaginez bien que mon esprit scientifique, celui qui n'est jamais pris en défaut d'abnégation, ne pouvait faire qu'une chose.

Lire le premier tome.

Et mouhahahahahaha, chers happy few. 

Commençons par le commencement. Fifty Shades of Grey est une fanfiction inspirée de Twilight

Hu, hu, hu.

(En fait, mon billet pourrait s'arrêter là, mais comme je ne suis que rigueur, je continue.) (I aim to please.) (Comme Christian Grey.)

 

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La cravate est un des éléments essentiels de l'histoire, et je peux vous dire que c'est certainement l'élément le plus crédible.


Anastasia Steele est une étudiante de 21 ans, qui vient de finir des études de littérature britannique à Vancouver (enfin, pour elle, la littérature britannique semble se limiter à Tess d'Uberville, c'est un peu ballot, je trouve, mais qui suis-je pour en juger, je vous le demande). Sa coloc' et amie, Katherine Kavanagh (un personnage détestable), qui écrit pour le journal de la fac, devait aller interviewer Christian Grey, milliardaire et philantrope. Manque de bol et hasard scénaristique, Kate est clouée au lit avec la grippe (on a fait compagnie plus fun, je vous l'accorde). Elle supplie Ana de faire l'interview à sa place et cette dernière finit par accepter parce que malgré sa timidité maladive, elle ne sait pas dire non. La voilà donc à Seattle au siège de la société dirigée par Christian, qui s'avère être un dieu grec de 27 ans, d'une beauté abasourdissante, du genre de celle qui vous cloue au siège et vous empêche de détourner les yeux de sa mâchoire virile qui n'a pas sa pareille dans tout le monde occidental (au moins). Et, contre toute attente, ce dieu au regard d'acier fondu dans les mines de l'Olympe semble s'intéresser à Ana. Il lui offre un café, l'invite à sortir, bref, en langage trivial et païen, il la drague, quoi (oui, je sais, c'est so cru, pardon my French). Mais Ana, même si tous les hommes de son entourage lui courent après, ne sait pas qu'elle est belle et désirable, parce qu'il n'y a pas de miroir dans sa salle de bains (tout le monde n'a pas un IKEA à côté de chez soi) et donc elle pense que Christian se moque d'elle, le vilain. Que nenni. Christian est bien attiré par cette mortelle appétissante (qui pourtant saute plus de repas que moi de cours de gym) mais il n'a de cesse de la mettre en garde contre lui-même. C'est que Christian, voyez-vous, haletants happy few que le suspense a quasiment tuer, a un secret. Un secret terrible et abominafreux. Un secret aussi sombre qu'une nuit sans lune dans le désert de Gobi. Un secret que son homologue, Edward-le-scintillant qui se nourrit d'écureuils qu'il ne fait même pas cuire, ne renierait pas. Christian est un Dominateur. Il a, dans son quadruplex fabuleusement blanc, une chambre rouge et acajou (amis du cliché, bonne lecture) dans laquelle on ne compte plus les fouets, les chaînes et les pinces à tétons. Et Christian aimerait bien faire de la belle, douce et maladroite Ana, sa Dominée. Mais Ana hésite. Ana aimerait bien. Ana se dit que l'Olympe vaut bien une badine. Ana a envie. Ana a peur. Ana est émoustillée mais elle se dit que c'est mal. Ana aimerait bien que Christian l'aime. Mais sait-il seulement aimer, l'homme aux pectoraux sublimes et aux yeux couleur d'orage ? Hein ? Le sait-il ? 

(Je ne sais pas vous, mais moi toutes ces questions m'ont épuisée, je vais prendre une vodka-pomme pour me remonter et je reviens.)

Tout érotisme mis à part, la trame twilightesque est évidente pour qui a lu la tétralogie de Meyer, kultivés happy few : une cruche de la plus belle eau (non, mais franchement, les personnages féminins aussi crétins devraient être interdits par la Convention de Genève, ça ferait baisser la tension des lectrices), un homme parfaitement parfait qui cache un lourd secret et ... ben c'est tout en fait. Il n'y a pas d'histoire autre que celle qui va mener nos deux amants de la chambre à la "salle de jeux" et pas de rebondissements autres que les atermoiements insupportables d'Ana, qui se demande si elle doit accepter les cadeaux de Christian, les invitations à dîner de Christian, le contrat de Christian, les pratiques peu orthodoxes de Christian, le membre turgescent de Christian... Heureusement pour elle, cette jeune femme est aidée dans cette lourde tâche par sa "déesse intérieure" (parfaitement) qui la pousse sur le chemin de la féminité et du dévergondage en faisant "de triples saltos arrière comme une gymnaste russe aux Jeux Olympiques" (je me contente de traduire, juré) (je pense qu'on devrait toutes écouter nos déesses intérieures qui ont l'air d'avoir une vie riche et mouvementée, surtout quand elles discutent avec leur ennemi le "subconscient" qui lui, ne fait rien qu'à "taper du pied" (cette nana est bi-polaire ascendant schizo, je ne vois que ça) pour remettre Ana sur le droit chemin (en même temps, si taper du pied suffisait, les prisons seraient vides, non ?) (je me suis perdue dans les parenthèses, help, Christian, le Docteur, quelqu'un ?)

Le personnage de Christian est heureusement plus intéressant même s'il est totalement prévisible (page 62 (sur 356), j'ai dit à ma binômette de Lecture Commune (ah oui, parce que c'était une LC, évidemment, je ne me serais pas lancée là-dedans toute seule, je suis trop sage pour ça) : "Je te fiche mon ticket que cet homme a été abusé enfant." Bingo. Page 127 : "Oh, il lui a embrassé le front, il est amoureux." Re-bingo.) (J'ai un problème, j'assimile trop bien les codes, c'est une malédiction aussi terrible que mon addiction au saucisson.) et il est le seul intérêt de ce roman en plus très mal écrit. Il y a tellement de répétitions que Cess et moi en avons hurlé à plusieurs reprises, que ce soit dans le vocabulaire (Christian est "stunningly good-looking" mais genre 564 fois, hein), dans les gestes (Ana se mord la lèvre inférieure toutes les pages, parfois même deux fois dans la même page, on comprend qu'il ait envie de la punir, on en a fessé pour moins que ça) et dans les scènes hot (le léchage d'orteils a failli avoir ma peau, de même que la façon qu'a Ana de ponctuer ces scènes de "Holy Cow. Holy Shit." de manière systématique). 

Alors pourquoi un tel succès ? (Et d'ailleurs bonne chance pour adapter ça au cinéma sans interdiction aux moins de 16 ans, sachant qu'il n'y a aucune histoire mais 22 scènes de cul, dont 4 SM.) Franchement, c'est un mystère. On va dire que dans ce pays over puritain que sont les Etats-Unis, cette histoire a dû émoustiller la corde sensible de la lectrice en proposant une histoire ultra-conventionnelle, celle d'une jeune femme lambda qui n'a pas confiance en elle et qui espère sauver de lui-même un homme beau, riche, célèbre et qui sait tout faire, du pilotage d'hélicoptère au massage des pieds en passant par son jeu pianistique virtuose, mais over torturé parce que traumatisé par son enfance, le tout enrobé dans un érotisme light (enfin pour moi) mais abondant. Pas de quoi fouetter un chat, donc. Juste une Ana. 


 

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(Tout est de la faute de Stéphie, évidemment. Si elle n'avait pas instauré ce rendez-vous mensuel, jamais je ne lirais ce genre de choses, moi qui ne suis que philosophie moldave dans le boudoir.)


23.03.2012

Et à part ça ? Je prendrais bien un verre, tiens.

(Ne cherchez pas, j'ai décidé que trouver des titres de billets demandait trop de concentration, je vais donc me contenter à partir de dorénavant de noter quelques réflexions profondes qui me surprennent entre deux mini Milkyway.)

Pour ne pas faillir à ma réputation de wannabe amatrice de romance (j'espère être upgradée un jour au titre ô combien convoité d'aspirante assistante gourou mais ça demande beaucoup d'efforts, que je ne peux pas toujours fournir, occupée que je suis par des choses aussi sérieuses que ma manucure et mes copies), j'ai lu une série que d'aucunes considèrent comme le must du top de l'apothéose de la romance historique : les Wallflowers de Lisa Kleypas, traduite sous le titre ô combien gnan gnan de La ronde des saisons (chez J'ai lu) (pourquoi pas non plus Le tourniquet de l'amour ou La valse des muscles utiles, je vous le demande). 

Dois-je pitcher ? Dois-je mettre la photo des couvertures ? Dois-je vraiment acheter cette petite paire de Hush Puppies vert pomme ? Ô, combien de questions, combien de capitaines. 

Bref. J'ai lu les Wallflowers.


billet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtront

Annabelle, Lillian, Daisy et Evie sont des "wallflowers", ces jeunes filles qui font perpétuellement tapisserie pendant les bals donnés par la haute société londonienne. 

Annabelle est très belle mais sans dot et sans titre, Lillian et Daisy sont les filles d'un milliardaire américain sans éducation et elles sont totalement déplacées dans cette société guindée où les jeunes filles sont censées être douces et silencieuses et Evie est fort bien dotée mais elle est la fille du propriétaire d'un club de jeu. Autant de raisons qui condamnent ces jeunes filles au célibat. Un soir de bal comme les autres, Annabelle entame la conversation avec ces compagnes de purgatoire et les quatre filles décident de s'unir pour trouver à chacune un mari le plus rapidement possible en commençant par la plus âgée, Annabelle, et en terminant par la plus jeune, Daisy. Les voilà donc en train de comploter, de faire des listes et de mettre en place un plan pour marier Annabelle à Lord Kendall. Mais c'est sans compter sur la présence ténébreuse de Simon Hunt, self made man qui aime en secret Annabelle depuis des années...

Premier volume de la série, Secrets of a summer night (Secret d'une nuit d'été) m'abillet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtront suffisamment plu pour que je lise le tome 2 dans la foulée, alors qu'il souffre quand même de quelques défauts. Annabelle est une héroïne assez antipathique, même si ses motivations sont parfaitement compréhensibles (sa mère, veuve, est obligée de se vendre à un aristocrate sans scrupule et parfaitement repoussant, pour espérer payer quelques ardoises), et Simon Hunt ressemble trop à un autre héros de Lisa Kleypas, Zacharias (dans Where the dream begins), pour que je me sois complètement intéressée à lui. Mais on retrouve un thème cher à Kleypas, et qu'elle traite ma foi plutôt correctement, celui du changement d'ère, avec l'accession à la richesse d'une classe d'hommes industrieux et compétents, qui se mettent à fréquenter une aristocratie déclinante et dépassée. Une assez bonne entrée en matière dans la série. 


billet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtrontLe deuxième volume, It happened one autumn (Parfum d'automne), estbillet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtront consacré à Lillian, une jeune américaine délurée (selon les critères de l'époque, of course). Elle ose jurer, parfois même en public, aime faire du sport et n'hésite pas à se mettre en sous-vêtements pour courir plus vite (bon, personne n'est censé le savoir) et donne son avis même et surtout quand on ne le lui demande pas. Et en plus, elle est grande, ce qui est une faute de goût suprême. Et elle va, contre toute attente, susciter l'attention, puis l'amour de Marcus Westcliff, héritier de la plus vieille famille aristocrate britannique. Ce deuxième volet, centré autour d'un couple haut en couleur, est meilleur que le premier, et l'utilisation de quelques éléments comme le parfum magique ou les papillons sont assez swoonesques, sans parler de l'humour, pour une fois bien présent. On jettera donc un voile pudique et indulgent sur une fin complètement téléphonée et calquée sur la fin (beaucoup plus crédible) du tome 1. Après tout, même Kleypas peut être prise d'un moment d'égarement, pardonnons car nous ne sommes que bienveillitude. 

Mais le tome 3, chers happy few, ah, le tome 3 ! 

(Je me remets et je reviens.)


billet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtrontS'il y a bien un cliché en romance qui me plaît particulièrement, c'estbillet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtront celui du débauché réformé. Oui, je sais, un tel aveu vous émeut, happy few de mon coeur chamadé, mais vous vous en remettrez. (Ok il y en a d'autres, mais ils sont moins avouables.) The devil in winter (Un diable en hiver) raconte l'histoire d'amour entre Evie, la timide jeune fille affligée d'un bégaiement embarrassant et d'une famille horrible qui ne recule devant rien pour s'approprier sa fortune (comme dans Temporary mistress de Susan Johnson, le bordel en moins) (que de références, je suis au bord de la thèse, pas moins) et Sebastian St Vincent, débauché au visage d'ange et au coeur inexistant. Evie, qui s'est enfuie pour la énième fois de la garde de sa cruelle tante, lui propose un marché : sa fortune en échange de sa protection par le mariage. St Vincent, au bord de la ruine (son père est un piètre homme d'affaires), accepte immédiatement et les deux jeunes gens fuient vers Gretna Green, le Las Vegas de l'époque. Mais évidemment, ce mariage de raison va se transformer en mariage d'amour. Je suis bien obligée d'avouer à mon clavier défendant que cette romance m'a fait chavirer, évidemment pour son sous-texte historique passionnant : comment gérer une maison de jeu à Londres au XIXème siècle ? Et je ne vous parle même pas des informations médicales extrêmement pointues sur le traitement des blessures par balle. Okay, who am I kidding ? (Le premier qui répond : "Personne" lira Marc Lévy en ukrainien, ah, ça fait moins les malins tout d'un coup.) J'ai swooné tout du long sur le personnage de St Vincent, un de mes personnages de romance préférés ever, ténébreux, complexe, séduisant et tellement cute quand il est amoureux. Je pense commander le même pour Noël. Ben quoi, je suis sage, je mérite. 


billet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtrontbillet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtrontEvidemment, après un tel volume, le couple formé par Daisy et Matthew Swift, l'américain que son père veut lui faire épouser, m'a paru bien fade. Scandal in spring (Scandale au printemps) n'est objectivement pas une mauvaise romance mais les personnages sont plats et leur histoire peine à enthousiasmer la lectrice pourtant peu farouche. Je l'ai donc lu d'un oeil (ça demande de l'entraînement, oui, ne vous y risquez pas comme ça, je m'en voudrais d'être responsable d'accidents), mais j'ai été ravie d'y retrouver les autres wallflowers. En effet, même si on les voit apparaître dans tous les volumes, celui-ci se déroulant dans la résidence de Westcliff dans le Hampshire, on y voit plus Annabelle, Lillian et Evie, qui découvrent les joies du mariage et de la maternité.

billet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtrontComme j'étais bien lancée, je ne pouvais pas ne pas lire A wallfolwer Christmas (Retrouvailles), un tome de Noël (donc plus court), qui se concentre cette fois-ci sur l'histoire de Rafe, le frère aîné de Lillian et Daisy, que leur père, toujours aussi autocratique, veut marier à une belle noble, Lady Natalie, en échange d'une part dans sa société. Hélas pour lui, Rafe tombe amoureux de la dame de compagnie de Natalie, la jolie, têtue et désargentée Hannah. Ce qui m'a le plus plu dans ce volume, dont l'histoire est assez banale, est la présence de nos quatre wallflowers, qui se sont mis en tête d'aider lebillet écrit sous l'influence délétère de la vodka,et des copines,elles se reconnaîtront jeune américain à se marier au mieux. C'est d'ailleurs à mon sens la plus grande réussite de cette série célébrissime, la façon qu'a Kleypas de faire évoluer ses personnages en dehors de l'histoire qui leur est consacrée. Et je ne la remercierais évidemment jamais assez d'avoir créé Lord St Vincent, l'homme aux yeux de chat. Soupirons et swoonons, chers happy few, c'est ce qui reste quand on a tout oublié. Surtout la vodka. 



Merci Maijo pour le prêt. 

Les billets de Lady V. (que je salue au passage, enfin, si elle n'a pas eu trop peur la fois où nous avons partagé un litre de vodka), Karine (sur le tome 1), Cess : tome 1, tome 2, tome 2 et 3.


16.01.2012

"Ils n'étaient seuls ensemble que depuis quelques heures et brûlaient d'un désir aussi ardent l'un pour l'autre qu'un incendie de forêt en plein mois de juillet."

Au commencement, il y eut un billet de Chiffonnette. (Comme une fois sur quatre, j'ai envie de dire.) Elle était tombée dans les bras de Tommy, le beau pompier de la Caserne C. (Ou A. Ou B. Je ne sais plus, je ne sais pas.) Comme Shea. La preuve en image.

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Puis il y eut un billet d'Heclea. Elle n'a pas résisté au charme d'Howard, autre membre de la glorieuse caserne. Et quand on voit la couv', on la comprend. La chair est faible, hélas, et le pompier musclé.

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Vous imaginez bien que je ne pouvais pas être en reste. Il me fallait moi aussi un pompier qui a tout du strip teaseur de boîte provinciale sur fond de flammes de synthèse avec un titre puissamment évocateur. Je partis donc en quête, ne reculant devant rien pour accomplir mon destin de lectrice de Passion Intense, et comme d'habitude, je fus sauvée par Monoprix. Qui a décidé que les Harlequin c'était bien beau mais qu'il était largement temps de faire preuve d'un peu d'ouverture d'esprit et de proposer à la lectrice insatiable aussi des J'ai Lu.

J'y ai donc déniché, non loin de la crème prodigeuse de Nuxe et des stylos à paillettes merveilleux que tous les collègues m'envient :

 

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Le tome 2 de cette merveilleuse série qui met en scène les pompiers de la caserne D (ou E, ou F) d'une ville du Tennessee (il me semble, j'étais trop occupée à suivre l'intrigue over complexe pour m'attacher à des détails aussi triviaux que le lieu de l'action, fouettez-moi).

Pitchons. 

Zach Knight (mmmmh, quel beau patronyme, je fonds déjà) a 26 ans et il est pompier infirmier (c'est dit comme ça, si, si) dans une caserne. Sa tâche principale est de conduire le camion, et il adore ça, c'était son rêve de gosse (avouez que ça part bien, non ?). Oui, mais voilà, Zach a de gros gros soucis le pauvre : son père doit beaucoup d'argent à un vilain méchant pas beau possesseur de nombreux casinos et comme son père est un légume après avoir fait une crise cardiaque, la dette retombe sur les épaules de Zach. Il vend sa maison, travaille tout le temps, mais il doit encore 500 000 dollars au terrible Delacruz. (Je sens votre angoisse monter, chers happy few, et je vous comprends.) Voilà-t'y pas que Zach, un matin pluvieux, emboutit la voiture d'une créature subtilement exotique et furieusement sexy, Corinne Shannon. Ce qu'il ne sait pas, c'est que la jeune femme est la soeur de Delacruz et qu'elle est en danger de mort. Oui, mais moins que lui finalement. 

...

Mon Dieu.

En réalité, les mots me manquent, et ça m'arrive peu souvent, chers happy few.

Flamme fatale (J'ai lu, 348 pages) est une romance érotique de toute beauté qui a provoqué chez la lectrice que je suis de nombreux fous rires. Et comme je vous aime bien, je vais vous en donner les multiples causes, chers happy few. (Vous me remercierez de ma générositude en m'envoyant des shoko bons, vous serez bien urbains, merci.)

1. Zach, le pompier de 26 ans au corps de rêve et au membre puissant porte des lunettes (signe de sa geekitude certainement, il a piraté le site du FBI quand il avait 12 ans) et il est... puceau. Vous avez bien lu. Alors le héros de romance torride qui "se réserve pour la femme qu'il aimera vraiment et qui a peur d'être rejeté parce que papa ne l'a jamais aimé et que maman est partie quand il avait 12 ans" (Zach se savait incapable d'offrir son corps sans offrir en même temps son coeur et son âme : en fait Zach est une femme des années 60), je ne sais pas vous, mais moi ça m'a juste fait hurler de rire. Psychologie 101, failed, le repêchage, c'est en septembre. 

2. Le pauvre Zach, non content de ne trouver personne pour s'occuper de lui (il en est réduit à se palucher sous la douche mais il n'aime pas ça, non, non, non, parce que c'est sale et que ça rend aveugle, déjà qu'il porte des lunettes, faudrait pas tenter le diable non plus) va, au cours du roman : survivre à la noyade, à une pneumonie avancée, passer trois jours dans le coma, prendre un sale coup sur la tête, une balle dans l'épaule, se faire fracasser le visage par une chaîne de treuil puis par un mec en colère, prendre des coups de tisonnier dans le ventre, et finir poignardé dans l'abdomen avec hémorragie interne. Tout ça parce que quelqu'un en veut à Cori qui elle se contente de couiner en lui disant à chaque fois : "Ne meurs pas ! Ne meurs pas !", ce qui est finalement over efficace, la preuve, il ne meurt pas, mais c'est pas faute d'avoir essayé. 

3. Quand Zach se rend chez Cori la première fois, il découvre qu'elle habite... dans son ancienne maison, qu'il a cédée à Delacruz pour éponger en partie la dette de son père. C'est pratique, comme ça il sait où sont rangés le papier alu et les serviettes de toilette. Par contre, il ne se demande pas un instant comme c'est possible. Il a un QI de génie mais manifestement il ne sait pas s'en servir. Quant à elle, elle ne trouve pas un seul instant bizarre qu'il sache où sont les poêles et qu'il dise "mon" atelier. (N'importe femme normalement constituée l'aurait pris pour un psychopathe et aurait fui, elle non, trop occupée qu'elle est à lui faire la danse des sept voiles après l'avoir attaché à une chaise. Nu, évidemment, c'est plus pratique.)

4. Last but not least, la traduction. Et parce que le poids des mots, citationnons.

De la poésie : "La connexion qui s'était établie entre eux grésilla et devint aussi brûlante que de l'huile sur le point de s'enflammer dans une poêle." "Cet ordre retentit comme une douce musique aux oreilles de son âme meurtrie." "Tous les muscles de Cori vibraient de satisfaction post-coïtale."

De la coquinerie sexy : "Houla ! Petit Zack accueillit cette nouvelle d'un joyeux soubresaut sous la serviette." "Il sentit son sexe bondir entre ses jambes." 

Des tournures modernes : "S'essuyant à la six-quatre-deux...", "Ne fais pas l'innocent, Super Biroute !"

Une seule conclusion : la traductrice a 86 ans. Et un goût pervers pour l'huile bouillante. 

Un chef d'oeuvre, assurément, trop long d'environ 348 pages. 


15.01.2012

The secret history of the Pink Carnation - Lauren Willig

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C'est le destin qui s'est ligué contre moi pour me contraindre à lire The secret history of the pink carnation, une romance, genre, comme tout le monde le sait jusqu'à Aldébaran (et retour), que je prise fort peu, moi qui ne suis que philosophie et mots qui finissent en -isme (pensez donc, je pousse le vice jusqu'à boire mon café matutinal dans un mug Yes we Kant, si ce n'est pas la preuve ultime de ma rigueur et de ma culture débridée, que vous faut-il de plus, chers happy few ?). Le destin, donc disais-je, a décidé de s'incarner en la personne de Pimpi qui me disait depuis des mois : "Mais si, Fashion, tu dois découvrir Lauren Willig, c'est génial, c'est fabuleux, je l'adore, je la love positivement, si tu ne le fais pas, je retiens ma respiration" (ok, il se peut que les propos de ma chère camarade aient été légèrement déformés par votre serviteuse, c'est ce qu'on appelle la liberté littéraire). Quand en plus, Chi-Chi a fait un billet sur la sexytude du prénom Colin (vous souvenez-vous, happy few à la mémoire d'éléphant, de cette romance paranormale où le héros, Colin, avait un nom qui avait "la saveur des épices" ? personnellement , je ne m'en suis toujours pas remise) en disant qu'il y avait un Colin dans cette histoire, j'ai craqué tout de suite. La chair est faible, hélas, et j'ai un kindle. 


Pitchons, car nous sommes dimanche.

Eloise Kelly est une étudiante américaine qui fait une thèse sur les espions britanniques en France fin XVIIIè, début XIXè et comme elle n'est que rigueur scientifique et abnégation, elle passe une année à Londres pour éplucher les archives. Elle s'est mis en tête de résoudre un mystère historique : trouver l'identité d'un espion britannique dont le nom de code était Pink Carnation (Oeillet rose). Pour cela, partant du principe que tous les espions de l'époque se connaissaient, elle demande à Mrs Selwick-Aderly, la descendante d'un autre espion célèbre, Purple Gentian (Gentiane mauve) l'accès à ses archives. La vieille dame est ravie de lui donner accès au journal intime d'Aimée de Balcourt, une de ses ancêtres qui a connu l'espion...

The secret history of the pink carnation (pas encore traduit en français, ce qui est une grave erreur) est une romance historique bourrée de qualités. La construction très XIXè en récit cadre (Eloise à Londres), récit enchâssé (Amy et Richard en 1803) fonctionne parfaitement et le récit enchâssé, censé être un récit reconstitué à partir de la correspondance des protagonistes et du journal intime d'Amy est très enlevé, l'auteur ayant résisté à la tentation de la dispersion (elle a carrément volontairement coupé une partie de l'intrigue à la fin afin d'accélérer la résolution de l'intrigue, ce dont on lui sait gré). La réalité historique est fort bien utilisée (avec des libertés parfaitement bien intégrées à l'intrigue, surtout dans le personnage de Fouché), notamment le goût de Napoléon pour l'Egypte qui permet à une partie de l'intrigue de se mettre en place. On voit vivre Napoléon alors Premier Consul, on découvre ses colères homériques, les frasques de sa soeur, les salons de sa femme, et c'est un cadre original pour une romance historique, ces dernières ayant tendance à se dérouler toujours dans une Angleterre dés-historisée après Waterloo. Il faut dire aussi, et c'est là l'une des nombreuses qualités de cette romance, que Lauren Willig a bâti une véritable intrigue de cape et d'épée et d'espionnage (l'un des espions, que l'on ne voit qu'à l'arrière-plan, s'appelle The Scarlet Pimpernel, qui n'est autre que le Mouron Rouge de la Baronne Orczy) : des complots (il faut empêcher Napoléon d'envahir la Grande-Bretagne), des duels, de la torture (ah, Fouché, quel grand méchant), des masques, et, cerise sur le gâteau, des personnages très attachants (tous, même jusqu'au plus secondaire en la personne de Stiles, l'acteur embauché pour être majordome puis capitaine de vaisseau, qui pousse l'identification au rôle à son paroxysme), beaucoup d'humour (les dialogues sont bourrés de réparties, les situations sont parfois hilarantes) et une romance et demi (celle d'Amy et de Richard, qui porte la cape et la botte montante avec une virilité parfaite et celle qui se dessine à peine entre Eloise et Colin (le voilà, vous avez failli attendre, je sais), neveu de Mrs Selwick-Aderly et frère darcynement protecteur). Je suis totalement conquise, tant mieux pour Pimpi, qui avait menacé, si je n'aimais pas, de se suicider avec une aiguille à tricoter. Ouf, on a eu chaud. 


Le billet de Pimpi, celui de Tam-Tam

Evidemment, c'est une série, 8 ou 9 tomes de parus : je suis cuite. Qui l'eut cru ?

Bon, sinon, faut que je relise Le Mouron rouge, lu il y a tellement longtemps (au siècle dernier, pas moins) que je n'en garde qu'un souvenir pour le moins flou, limite ultra imprécis. Mais je me rappelle avoir adoré : voilà, quand on a ce genre de lectures adolescente et qu'on love Dumas aller et retour, on est condamnée à aimer les capes, les masques et les complots, c'est comme ça, il faut faire très attention à ce qu'on met entre les mains d'une lectrice impressionnable et encline au bovarysme. Dans mon cas, c'est way too late, je ne me referai pas. 


08.01.2012

The Duke is mine - Eloisa James

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Olivia Lytton a été élevée dans un seul but : être une épouse digne de Rupert, futur Duc, à qui elle est promise depuis sa naissance. Mais Rupert, de cinq ans son cadet, est un jeune homme un peu simplet (il ne respirait pas à la naissance), qui s'est mis en tête de n'accepter le mariage que si son père le laisse partir combattre Napoléon. Les deux jeunes gens se fiancent et Olivia part l'attendre à la campagne avec sa soeur jumelle, Georgiana, chez une amie du Duc, la duchesse de Sconce, qui cherche une femme pour son fils, le ténébreux Tarquin. Mais alors qu'il apparaît clairement à tout le monde que Georgie est une parfaite épouse pour Quin, ce dernier tombe éperdument amoureux d'Olivia...

C'est grâce à Pimpi que j'ai découvert Eloisa James et après deux romans et une novella, je suis totalement conquise. Il y a chez Eloisa James, outre une indéniable qualité d'écriture et beaucoup d'humour, deux choses qui me plaisent énormément et que l'on ne retrouve pas ailleurs : sa capacité à construire des intrigues plus complexes que la moyenne (je me suis demandée pendant une bonne partie du roman comment elle allait se débarrasser du problème posé par la présence de Georgie) et à utiliser de nombreuses références modernes ou plus anciennes de manière totalement décalée, que ce soient ici le réinvestissement du conte La princesse au petit pois ou les noms des personnages (Lord Justin Fievbre, il fallait juste oser). Comme d'habitude il y a de nombreuses allusions littéraires, des dialogues drôlatiques et des personnages très attachants (mention spéciale à Rupert, qui m'a beaucoup émue et à Quin, qui m'a fait swooner comme une midinette que je ne suis évidemment pas, il paraîtrait même qu'il m'aurait arraché une larme sur la fin mais cette information demande à être vérifiée par des autorités compétentes de contrôle de l'action de la guimauve sur les glandes lacrymales de la lectrice superficielle). 


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Ce roman est le premier que je lis dans le cadre du Challenge de Pimpi, Once upon a time, le Challenge des réécritures de conte, ici celui de La princesse au petit pois


05.01.2012

Yours to keep - Shannon Stacey

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Ne me demandez pas dans quel Top américain j'ai trouvé ce titre, swoonants happy few, je ne m'en souviens plus (avoir un Alzheimer à 22 ans, c'est ennuyeux mais je finis par m'habituer à ne plus savoir où j'ai mis mes copies), mais franchement, who cares ? (Je crois cependant que je l'ai déniché dans les colonnes du forum/blog/whatsisname de Barnes & Nobles, mais je ne parierai pas le premier string de Britney dessus.) (Je crois que je fréquente trop certains blogs, c'est affreux, qu'est ma légitimité devenue ?)

Sean Kowalski (je ne sais pas vous, mais moi ce nom me rend toute chose, je le trouve over viril, il m'évoque immédiatement des pectoraux musclés (et poilus, oui, moi j'aime le poil, je le clame haut et fort, même si je dois pour cela me retrouver privée de cocktails) et je trouve qu'il mérite de figurer en bonne place dand le Top Ten des meilleurs noms de héros de romance devant James Sidwell et Tarquin, Duc de Sconce), donc disais-je, avant qu'un poil mal élevé ne se mette en travers de mon clavier, Sean a une bonne trentaine d'années, un physique séduisant et il vient de quitter l'armée après douze ans de bons et loyaux services en Afghanistan. Sans emploi, sans contraintes, il vient rendre visite à sa famille dans une petite ville de Nouvelle Angleterre, et prend ses quartiers dans un studio que lui prête un de ses nombreux cousins. Il n'est pas arrivé depuis deux heures qu'une séduisante jeune femme qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam, Emma Shaw, frappe à sa porte : elle a menti à sa grand-mère en lui disant qu'elle était fiancée à Sean et elle voudrait bien qu'il rentre dans son jeu...

Si le point de départ est complètement artificiel et m'a fait hausser les sourcils (ça ressemble à une intrigue de romance des 80's, so démodé), Shannon Stacey s'en dépatouille très bien en se débarrassant tout de suite de l'improbable quiproquo : la grand-mère ne tombe pas une seule seconde dans l'invraisemblable panneau mais ne dit rien aux deux jeunes gens, qui se débattent donc pour rien dans les affres du mensonge (pas facile de trouver une réponse à toutes les questions et à toutes les situations) et du désir (il dort en caleçon moulant le salopiot). J'ai apprécié plusieurs choses dans cette romance : Emma n'est ni une vierge effarouchée ni une déçue des hommes comme c'est souvent le cas dans les romances contemporaines, juste une femme overbookée, les personnages couchent rapidement ensemble sans en faire tout un plat et la famille de Sean est hyper attachante. L'ensemble est bien ficelé, assez drôle et la fin est ultra swoonante (ah, les post-it !). Une romance très sympa, disponible pour l'instant uniquement en formant numérique. La sortie papier (chez Harlequin, 336 pages) est prévue pour février. 

28.12.2011

Winning the wallflower - Eloisa James


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(Ben oui, je lis sur mon kindle de manière aussi régulière que soutenue, c'est ce qui s'appelle avoir de la suite dans les idées.)

 

Winning the wallflower est une novella (id est un très court roman) publié uniquement au format numérique (voire même peut-être uniquement au format kindle mais point ne m'avancerai), qui sert de complément à The Duke is mine, qui est sorti hier si je ne m'abuse. L'héroïne est Lucy Towerton, une jeune fille qui a fait sa sortie dans le monde trois ans auparavant et qui est donc une "wallflower", une jeune femme qui fait tapisserie. Elle est à la fois surprise et charmée quand le très séduisant Cyrus Rathbone la demande en mariage mais elle déchante vite quand elle comprend qu'il n'est absolument pas amoureux d'elle. Tout change quand la jeune femme hérite d'une fortune considérable et que sa mère veut la contraindre à rompre les fiançailles car elle peut à présent prétendre à un titre...

Winning the wallflower est une charmante romance au point de départ very cute puisque Cyrus, après la rupture des fiançailles va enfin conquérir le coeur de la jeune femme. Lucy est une héroïne comme je les aime dans les romances : décidée, drôle et vive et Cyrus a tout du pirate des rêves féminins (nous sommes toutes branchées sur le même inconscient, c'en est limite flippant et ça mériterait une thèse au titre évocateur et glamour comme "De la représentation archétypale du séducteur masculin en littérature : une construction sociologique et psychologique" ou à défaut un article dans Biba : "Je kiffe les bad boys poilus, c'est grave Docteur ?"). Mais comme d'habitude avec les novellas, c'est way trop court et on reste sur sa faim. Bah, c'est pas comme si j'avais pas d'autres romans d'Eloisa James à lire, hein.




Challenge Lu en VO

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55 (ben oui, finalement j'en avais en réserve, oups) 




23.12.2011

Dream a little dream - Susan Elizabeth Phillips

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(J'aime bien cette couv'. Vraiment.)

 

Parce que j'avais acheté ce tome 4 de la série des Chicago Stars, Chi-Chi m'avait prêté le tome 1 histoire de me sauver de la sériedansledésordrite aiguë qui est la mienne depuis toujours. Parce que j'avais adoré It had to be you, j'avais envie de lire autre chose de Susan Elisabeth Phillips (SEP pour les intimes), la femme qui met des photos de ses chaussons rennes sur FB ce qui me conforte dans l'idée que je ne suis pas seule dans l'univers. Parce que ce tome 4 était sous mon nez, j'ai cédé. La chair est faible hélas, comme les 3 kilos de bredele disparus en une semaine peuvent en témoigner à mon jean défendant.

Pitchons, car c'est notre devoir et le dieu des blogueuses légitimes nous le rendra au centuple en nous abreuvant de mails d'attachées de presse moldaves : Rachel Stone est pauvre comme Job. Elle a quitté son dernier job de femme de ménage dans un motel parce que le patron a tenté de la violer. Au volant d'une voiture qui tombe en morceaux, avec son fils de 5 ans, Edward, elle revient à Salvation, la mal nommée où son défunt mari, télé-évangéliste célébrissime a escroqué des centaines (voire des milliers) de personnes. Elle est persuadée que les cinq millions de dollars que la police n'a jamais retrouvés sont quelque part dans leur ancienne maison, rachetée et laissée en l'état par Cal Bonner, une star de football américain. Dès son arrivée dans cette ville où tout le monde la déteste (son mari a dit publiquement avant de mourir dans un accident d'avion qu'il avait détourné des fonds pour elle car elle était avide et insatiable), elle croise la route de Gabe Bonner, le frère de Cal, un homme profondément meurtri par la perte de sa femme et de son fils deux ans auparavant...

Il y a deux choses qui me plaisent terriblement dans les romans de SEP, fidèles happy few : sa plume, concise et légère (et croyez en une adepte de la romance, elles ne sont pas si nombreuses celles qui écrivent bien) et son incroyable justesse psychologique. Elle a un don d'analyse certain dont elle se sert pour camper des personnages émouvants, attachants, parfois extrêmement agaçants mais que l'on ne peut s'empêcher de comprendre. Cela donne une vraie profondeur à des histoires qui sur le papier ont tout de romances banales mais qui deviennent chez elle bien plus que cela. Dream a little dream est une histoire de deuil et de rédemption, d'acceptation des cartes que le destin nous donne et bien évidemment d'amour, qui trouve ici de nombreuses formes. Et si j'ai moins aimé ce roman que It had to be you, c'est uniquement parce que toute la thématique religieuse m'est restée étrangère, certainement parce que je trouve la façon de pratiquer de l'Américain moyen (le roman se déroule en Caroline du Nord) un peu extrême. (Je n'ai pas pu m'empêcher en lisant ce roman de penser à Ricky Gervais disant aux Golden Globe : "Thank God for making me an atheist" (ou une phrase approchant) et s'attirant les foudres de l'Amérique profonde et un sermon pour sauver son âme d'un prêtre du Midwest.) Dream a little dream (1998, 390 pages) est un excellent roman à conseiller aussi à ceux qui ne lisent pas de romances. 

 

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Challenge Lu en VO

54

A moins que je ne mette la main sur le retourneur de temps d'Hermione ou le pied dans un Tardis, ce billet sera le dernier comptant pour le Challenge Lu en VO de 2011. 54 billets, 61 lectures, je l'ai rempli haut la main, miracle. 

Il n'en va pas de même pour les autres challenges : rien lu pour le Challenge Jules Verne (mais il me reste 1 mois et demi pour lire un titre, rien n'est perdu, mouhahahahaha), un seul titre pour le Challenge de la Rentrée littéraire 1220 à peu près. J'ai lu et chroniqué 8 romans pour le Challenge Nécrophile mais aucun dans l'une des catégories pourtant inventées par moi, quel talent. 

Comme je me connais, je ne m'inscris plus à beaucoup de challenges depuis deux ans. En 2012, je compte participer au Challenge Gilmore Girls de Karine (comme je n'ai aucun titre dans la PAL, je sens venir le Challenge raté, ahem) et au Challenge Once upon a time de Pimpi. Pour le reste, wait and see, chers fidèles.

18.12.2011

Romance is a slow dance to a sound as sweet as rain

La fin de l'année approche et je me suis dit, dans un élan (contrôlé, rassurez-vous) de légitimité bloguesque qu'il fallait que je mette à jour mes challenges histoire de finir 2011 en beauté (capillaire, évidemment). Voici donc ce qui devrait être l'avant-dernier billet comptant pour le Challenge Lu en VO organisé par Bladelor et que je suivais pour la deuxième année consécutive. L'année dernière, j'avais lu 32 ouvrages, cette année, alors que les BD ne comptaient plus, j'ai largement dépassé la cinquantaine mais comme je suis paresseuse et débordée (une combinaison parfois fatigante, croyez-moi) je n'ai pas fait de billets pour tous les romans que j'ai lus. Je me rattrape donc un peu (mais pas entièrement) avec ces quelques titres. De romances. Ahem.

 

9277340.jpgJ'ai enfin découvert cet auteur dont Chi-Chi me parle depuis des mois avec des étoiles dans les yeux et des trémolos dans la voix avec ce titre ô combien délicieux. Harper James est avocate, spécialisée dans les divorces. C'est une femme qui tente de contrôler les moindres détails de sa vie et qui a décidé qu'il était temps que son petit ami, Dennis, pompier à catogan gentiment immature, l'épouse. Elle a tout prévu pour le demander en mariage et s'est même acheté une bague. Oui mais voilà, Dennis n'est pas très enthousiaste et en plus la petite soeur d'Harper choisit ce moment précis pour l'appeler et lui annoncer son troisième mariage avec... l'ex beau-frère de Harper qui a été brièvement mariée à Nick douze ans auparavant. Voilà donc Harper en plein Montana obligée de revoir son ex qui non seulement n'a pas changé d'un iota mais lui avoue qu'il est toujours amoureux d'elle... My one and only est une romance drôle et bien troussée (je ne suis jamais avare d'une métaphore douteuse comme vous le savez depuis longtemps) dans laquelle Nick et Harper se voient donner une seconde chance par la vie. Un road movie, des rires, du swoon, une Mustang rouge, des larmes, des découvertes difficiles et un plongeon dans la baie. Hautement recommandable.

 

AlanAyers_CharmingThePrinceTeresaMedeiros.jpgCharming the Prince est une réécriture de Cendrillon dans laquelle Lady Willow, qui a été contrainte de s'occuper pendant des années de ses demi-frères et soeurs, accepte d'épouser Bannor, un riche seigneur qui cherchait une femme laide pour s'occuper de ses... douze enfants. Le hic, c'est que Willow ne sait pas qu'il a douze enfants quand elle saute sur la proposition afin de gagner sa liberté. Bannor, le fier chevalier qui fait trembler les Français a peur de ses propres enfants qui sèment la terreur dans le château et il comptait sur Willow pour les ramener dans le droit chemin. Quand il découvre que la jeune épouse que son bras droit lui a trouvée est jeune, belle et en son compte de gamins à baigner, il comprend que les ennuis débutent... Une romance sympathique, qui ne m'a pas emballée plus que ça parce qu'elle manque de densité mais qui a des qualités, dans la construction comme dans l'écriture. 

 

raven.jpgAnna Wren est veuve et pauvre. Elle accepte de devenir la secrétaire particulière d'Edward de Raaf, un homme qui terrifie tout le monde. Elle tombe amoureuse de lui mais cet homme rigide ne veut pas succomber à cette femme parce qu'il ne veut pas la dévoyer, pauvre petite chose. Anna décide alors de le séduire sans qu'il le sache en prenant place, masquée, dans le bordel qu'il fréquente de temps en temps. Oui, je sais, ce pitch vous fait rire, chers happy few, mais croyez-moi ce roman n'est pas drôle du tout, hélas et malgré ma tendresse toute professionnelle (limite scientifique) pour ce lieu au potentiel romanesque certain que sont les maisons closes, ce roman ne m'a pas plu du tout à cause des personnages principaux qui ne sont ni intéressants ni attachants. Et puis ce titre, oh my, faudrait vraiment interdire certains noms communs dans la romance historique, genre "raven", dont il est fait un abus terrible. Je pense que les corbeaux devraient constituer une association de défense, pas moins.

 

Plus qu'une romance contemporaine, Attachments est un excellent roman. Jennifer et Beth sont amies etAttachments NEW.JPG collègues dans un quotidien et elles correspondent par mail plusieurs fois par jour. Lincoln, un homme renfermé et surdoué qui a beaucoup de mal à relationner et qui ne se remet pas d'une rupture vieille de dix ans, est embauché pour surveiller l'emploi d'internet par les employés. La correspondance des deux jeunes femmes est régulièrement signalée par le logiciel de surveillance mais au lieu de les sermonner, Lincoln ne peut s'empêcher de lire leurs échanges... Attachments alterne les échanges de mails des deux jeunes femmes, qui sont souvent drôlatiques (j'ai ri aux éclats un nombre incalculable de fois), parfois poignants et toujours d'une grande justesse (c'est une excellente représentation du fonctionnement de l'amitié féminine) et l'histoire de l'évolution de Lincoln qui va enfin s'émanciper et se prendre en main. C'est un roman original dans la forme et qui met en scène un personnage masculin atypique et attachant (certains de ses propos flanquent la chair de poule, il y a un fort potentiel cinématographique dans ce roman). 



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