<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>Happy Few - revisons_nos_classiques</title>
        <description>Le blog avec de la Kulture à l'intérieur</description>
        <link>http://happyfew.hautetfort.com/revisons_nos_classiques/</link>
        <lastBuildDate>Fri, 16 May 2008 06:59:31 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/03/01/happy-birthday-john.html</guid>
                <title>Happy birthday John!</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/03/01/happy-birthday-john.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Challenge Celebrate the author</category>
                                <category>Littérature anglo-saxonne</category>
                                <category>Révisons nos classiques</category>
                                                <pubDate>Tue, 04 Mar 2008 10:00:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Figurez-vous, chers happy few, qu'avec l'agitation liée à &lt;a href=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/02/26/le-jour-où-ma-pal-a-explosé.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;un certain événement&lt;/a&gt;, j'ai complètement oublié de fêter l'anniversaire de &lt;strong&gt;mon auteur de février&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;John Steinbeck&lt;/strong&gt;! Je répare donc cet oubli avec quelques jours de retard, mais je sais que John, dans sa grande magnanimité, me le pardonnera, et j'espère que vous en ferez autant, chers happy few. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;John Steinbeck est donc mon auteur de février mais comme il est né &lt;strong&gt;le 27 février&lt;/strong&gt;, il n'était pas Verseau mais Poisson, ce qui entérine de manière définitive ma théorie sur l'astrologie et la littérature : impossible de trouver des auteurs Verseau dignes de ce nom, les gens appartenant à ce signe doivent être trop occupés à &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=HrJ1Ldwz62M&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;déchaîner les éléments&lt;/a&gt; ou à &lt;a href=&quot;http://www.wa-mozart.net/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;jouer du piano debout&lt;/a&gt;, ils n'ont pas le temps d'écrire. John, lui, l'a eu le temps, puisqu'il est &lt;strong&gt;l'auteur de 16 romans&lt;/strong&gt;, de nombreuses nouvelles et de quelques essais pour faire bonne mesure. Il a obtenu le &lt;strong&gt;Booker Prize &lt;/strong&gt;pour &lt;em&gt;Les raisins de la colère &lt;/em&gt;en 1939 et le &lt;strong&gt;Prix Nobel de littérature &lt;/strong&gt;en 1962. Il a aussi été &lt;strong&gt;nommé aux Oscars &lt;/strong&gt;pour le scénario original de &lt;em&gt;Lifeboat&lt;/em&gt; d'Alfred Hitchcock, dont il était l'auteur. La plupart de ses romans ont été adaptés au cinéma, certains plusieurs fois. &lt;strong&gt;Un auteur renommé et récompensé&lt;/strong&gt;, donc, chers happy few.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je l'ai choisi comme auteur de février, c'est parce que c'est un de mes auteurs préférés : découvert comme tout un chacun avec &lt;em&gt;Les raisins de la colère &lt;/em&gt;, &lt;u&gt;le&lt;/u&gt; roman de la Grande Dépression et &lt;em&gt;Des souris et des hommes&lt;/em&gt;, très bel hymne à l'amitié et hommage aux rêves des journaliers du Sud, j'ai surtout aimé de lui ses oeuvres moins connues. &lt;em&gt;La Coupe d'or&lt;/em&gt;, roman de piraterie qui est aussi son premier roman et qui détonne un peu dans une oeuvre plutôt sociale, &lt;em&gt;Tortilla flat&lt;/em&gt; qui retrace la vie de sans abris, &lt;em&gt;Les naufragés de l'autocar&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Rue de la sardine &lt;/em&gt;ou &lt;em&gt;Saison amère&lt;/em&gt;. Ce que j'aime chez lui, c'est la concision d'une plume alliée à une ironie mordante et des histoires fort bien menées. Il dépeint à merveille une certaine réalité sociale, il a le don de l'évocation et de la caractérisation : en deux phrases naissent des paysages et des personnages, des petites gens sur lesquels il se penche avec beaucoup de tendresse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour lui rendre hommage, j'ai choisi de lire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/00/00/1744069570.jpg&quot; id=&quot;media-882212&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;907494019.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;  &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Lune noire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes dans un petit village scandinave d'un pays jamais nommé, pendant la Seconde Guerre mondiale. Le village tombe aux mains des Nazis en quelques heures grâce à l'aide d'un traître. Les membres de l'Etat-Major qui prennent possession de la ville veulent s'assurer l'aide des citoyens à n'importe quel prix afin d'exploiter et d'exporter le charbon de la mine. Mais dans leur dos, le maire et le médecin organisent la résistance...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Publié en 1942 et traduit sous le manteau en France par Les éditions de Minuit, ce court roman, qui tranche dans la bibliographie de Steinbeck ne serait-ce que parce qu'il se déroule en Europe, est un brûlot contre l'Occupation, qui démontre par le biais de la fiction que le peuple, tout malléable qu'il semble de prime abord, finit toujours par résister. Le maire, Orden, commence par dire au colonel qui veut s'assurer sa coopération, qu'il ne sait pas comment il doit agir ni ce qu'il doit penser, pour en fait mener silencieusement la résistance en favorisant le départ des jeunes gens vers l'Angleterre, en demandant aux Alliés de parachuter des batons de dynamite, en poussant la population au sabotage et à la grève du zèle. Ce maire, tout bonhomme qu'il semble, est en réalité une espèce de Socrate moderne, qui boira la ciguë que lui tendent les envahisseurs (la fin est à ce titre belle et poignante). Et comme toujours chez Steinbeck, le style est un bonheur : concis, parfois lapidaire, ironique, voire drôle malgré le sujet pourtant terrible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Un beau roman, chers happy few!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;John Steinbeck, &lt;em&gt;Lune noire &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;The moon is down&lt;/em&gt;), Livre de Poche (traduit de l'anglais par Jean Pavans)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Roman lu dans le cadre du &lt;a href=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/01/12/challenge-again.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Challenge Celebrate the author &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;de février (2/12)&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Billets de mars&lt;/strong&gt; :&lt;strong&gt; Tom Sharpe &lt;/strong&gt; et &lt;em&gt;La grande poursuite&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : vous remarquerez que j'ai fait un billet deux-en-un cette fois-ci, chers happy few, car parfois il faut s'organiser pour rattraper le temps perdu!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/02/01/machiavel-en-jupon.html</guid>
                <title>Machiavel en jupon</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/02/01/machiavel-en-jupon.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Challenge TBR</category>
                                <category>Littérature anglo-saxonne</category>
                                <category>Révisons nos classiques</category>
                                                <pubDate>Sat, 02 Feb 2008 06:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/01/00/8f61853d9efc6a75475e2add02bba2b3.jpg&quot; id=&quot;media-809876&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;b3581fb21255fd7fd89971dc74abf913.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;  La famille Coventry accueille une nouvelle gouvernante, Jean Muir. La jeune femme, qui semble à la fois fragile et décidée, sème rapidement un vent de tourmente dans cette famille riche et noble. Qui est-elle réellement et que veut-elle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voilà un auteur, chers happy few, dont je n'avais lu que le célébrissime roman pour la jeunesse, &lt;em&gt;Les quatre filles du Docteur March&lt;/em&gt;, qui est certainement un de mes romans préférés. J'ai même fini par dénicher ses suites (merci les brocantes), &lt;em&gt;Le docteur March marie ses filles &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;La grande famille de Jo March&lt;/em&gt;, qui sont certes moins réussis, mais j'étais ravie de suivre encore un peu la vie de ces filles si attachantes et de leurs proches. Et je ne savais même pas (car parfois mon inkulture est grande, chers happy few, vous pouvez me conspuer) que Louisa May Alcott avait écrit autre chose, jusqu'à ce que je lise un billet de &lt;a href=&quot;http://blogclarabel.canalblog.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Clarabel &lt;/a&gt;(who else ?), qui disait du bien de ce roman. Aussi, quand, innocente et emmitouflée dans ma sublime écharpe verte, je suis tombée sur ce roman dans un antre de tentation bien connu du boulevard Saint-Germain, aidée par mon carnet rose, j'ai cédé (car la chair de la LCA est faible, vous en savez quelque chose, n'est-ce pas, chers happy few ?) et j'ai donc suivi l'avis éclairé de Mrs C. Evidemment, bien m'en a pris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est un &lt;strong&gt;roman vraiment étonnant&lt;/strong&gt;, au &lt;strong&gt;rythme assez haletant&lt;/strong&gt;, qui raconte l'histoire de la&lt;strong&gt; revanche sociale d'une femme &lt;/strong&gt;à qui la vie n'a donné qu'intelligence, beauté et ruse, mais ni fortune ni rang. Il est un peu construit comme une pièce de théâtre tant les rebondissements et les manipulations s'enchaînent. Les références au théâtre sont d'ailleurs nombreuses, tant dans le personnage de Jean Muir, actrice consommée, que dans la mise en scène de saynètes ô combien habiles qui lui permettront de parvenir à ses fins ou même dans la phrase finale, qui revient à la jeune femme : &quot;la dernière scène n'est-elle pas meilleure que la première ?&quot; Même si on sait tout de suite que Jean Muir est une rouée de première, on ne peut pas s'empêcher de ressentir de la sympathie pour cette femme calculatrice douée d'un singulier esprit d'à-propos et d'un don certain pour la stratégie. Il faut dire aussi qu'à côté d'elle les autres personnages paraissent bien falots, tous aveuglés qu'ils sont par la finesse de la jeune femme. Le tout est raconté dans un style enlevé et très fluide, ce qui bien évidemment ajoute au charme de ce roman inattendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Une agréable réussite, chers happy few, que je ne saurai trop vous recommander de lire!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Louisa May Alcott, &lt;em&gt;Derrière le masque &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Behind a mask : or a woman's power&lt;/em&gt;), Editions Joelle Losfeld (traduit de l'anglais par Florence Lévy-Paolini) (et j'en profite pour saluer cette maison d'édition que j'aime beaucoup et qui publie des textes de qualité derrière de très jolies couvertures)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les billets de &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://blogclarabel.canalblog.com/archives/louisa_may_alcott/index.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Clarabel&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (Miss Tentatrice, qui en profite pour en conseiller deux autres du même auteur), de &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://cuneipage.over-blog.com/article-4234371-6.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Cuné&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (qui postule brillamment au titre et qui est accro aux &lt;em&gt;Quatre filles du Docteur March&lt;/em&gt;, comme ça je me sens moins seule), de &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://leslecturesdecaroline.over-blog.com/article-10461651.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Caroline&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (qui a bien aimé) et de &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://majanissa.over-blog.com/article-4532481.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Majanissa&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (emballée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roman lu pour le &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/01/29/oh-my-god-une-resolution.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;challenge TBR n°1 de février-mars&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (1/12)
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/01/23/ruee-vers-l-or.html</guid>
                <title>Ruée vers l'or</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2008/01/23/ruee-vers-l-or.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Challenge Celebrate the author</category>
                                <category>Littérature anglo-saxonne</category>
                                <category>Révisons nos classiques</category>
                                                <pubDate>Wed, 23 Jan 2008 20:55:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/02/01/a967765642fdcd408ad59e70c21babaa.gif&quot; id=&quot;media-791859&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;47b4d964199b1d3a8cf607a6b745991e.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;  Frona Welse, fille d'un riche commerçant du Klondike, revient au pays après 10 ans passés en Europe et aux Etats-Unis pour étudier. Cette jeune femme déterminée et indépendante est courtisée par deux hommes : le bellâtre Gregory Saint-Vincent et l'aventurier Vance Corliss...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'agit là du &lt;strong&gt;premier roman &lt;/strong&gt;de Jack London, chers happy few, publié pour la première fois en 1902 (il était cependant déjà célèbre car il avait publié deux recueils de nouvelles, &lt;em&gt;Le fils du loup &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;En pays lointain&lt;/em&gt;). A ce titre, il est vraiment très intéressant car il contient déjà les &lt;strong&gt;thèmes&lt;/strong&gt; que London développera dans tous ses romans ultérieurs : &lt;strong&gt;la nature sauvage et indomptable &lt;/strong&gt;(ici le Klondike, à l'extrême nord-ouest du Canada), la &lt;strong&gt;survie des hommes dans un milieu très inhospitalier&lt;/strong&gt;, fait pour révéler la grandeur ou la lâcheté qui sommeillent en eux, contraints de dévoiler leur réelle personnalité face aux grandioses éléments (vous remarquerez que cette lecture m'a rendue lyrique, chers happy few, c'est un effet secondaire heureusement temporaire) (enfin, j'espère) et les &lt;strong&gt;rapports qu'entretiennent ces hommes et ces quelques femmes&lt;/strong&gt;, rapprochés par la sauvagerie du monde et leur commune passion pour l'or.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme d'habitude, les &lt;strong&gt;descriptions de la nature glacée sont magnifiques &lt;/strong&gt;: on a vraiment l'impression en lisant ce roman d'entendre les mocassins crisser dans la neige, de sentir la morsure du gel et de voir l'étrangeté des aurores boréales. Il faut ajouter à cela le point de vue original adopté pour la narration : le récit, narré à la troisième personne, suit le personnage de Frona Welse, femme &lt;strong&gt;étonnamment moderne&lt;/strong&gt;, dont l'indépendance et le courage font d'elle un personnage extrêmement attachant et du roman un &lt;strong&gt;roman féministe&lt;/strong&gt;. London en profite au passage pour battre en brèche quelques préjugés sexistes, notamment à propos des femmes de moeurs légères qui suivaient les prospecteurs. Frona se fait le défenseur de toutes les femmes, balayant d'un revers de main les préjugés sur la réputation pour leur substituer la réhabilitation du mérite personnel (que s'arrogent d'ailleurs les hommes pour eux-mêmes, aucune mauvaise réputation ne résistant aux rigueurs du Grand Nord et la solidarité étant nécessaire à la survie). L'histoire est &lt;strong&gt;pleine de rebondissements &lt;/strong&gt;(la scène de la débâcle du Yukon et du sauvetage du messager blessé est tout simplement extraordinaire) et l'histoire d'amour assez intéressante dans la mesure où Frona semble se décider pour le lâche et menteur Saint-Vincent, personnage ambigü, détesté par les hommes, adoré par les femmes, qui a bâti une solide réputation sur du vent... &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il faut dire un mot de la &lt;strong&gt;révision de la traduction &lt;/strong&gt;: celle de Louis Postif, qui datait de 1931, avait volontairement adouci certains passages que nous jugeons de nos jours carrément racistes. Frona Welse tient parfois des propos choquants sur la hiérarchie des &quot;races&quot; (j'emploie là le mot de London), établissant une espèce de pyramide des hommes, au sommet de laquelle se trouvent les Anglo-Saxons, fiers héritiers des Vikings et seuls méritant de conquérir le monde. Dans sa &lt;strong&gt;très intéressante préface&lt;/strong&gt;, Noël Mauberret attribue ces remarques à l'éducation reçue par London et à ses contradictions : il a publié des manifestes contre le lynchage et certaines de ses nouvelles sont carrément anti-racistes (comme celles contenues dans &lt;em&gt;Les Enfants du froid&lt;/em&gt;, qui racontent la conquête de l'Alaska du point de vue des Indiens, &quot;Le païen&quot; (in &lt;em&gt;Contes des mers du Sud&lt;/em&gt;) ou &quot;Kolau le lépreux&quot; (in &lt;em&gt;Histoires des îles&lt;/em&gt;)).  De plus, il est difficile de savoir dans le roman s'il partage les idées de la jeune femme : si l'on considère, comme la plupart des commentateurs de l'oeuvre de London, qu'il s'est beaucoup projeté dans le personnage de Vance Corliss, on ne peut que remarquer que ce dernier contredit souvent la jeune femme quand elle se lance dans ses discours enflammés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Dans cet univers impitoyable s'agitent des hommes et des femmes animés d'un même désir d'aventures et de richesse, modelés par le froid, solidaires et courageux : je ne peux que vous recommander chaudement de faire leur connaissance chers happy few!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jack London, &lt;em&gt;Une fille des neiges &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;A daughter of the snows&lt;/em&gt;), Phébus, Libretto, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Louis Postif, traduction revue et complétée par Frédéric Klein.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : une &lt;strong&gt;carte du Klondike&lt;/strong&gt;, parce que, je ne sais pas vous, chers happy few, mais moi je ne savais pas du tout où se trouvait cette austère contrée...&lt;br /&gt;&lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/02/00/8b0442290eaab19ca04147f31e2fb6b3.jpg&quot; id=&quot;media-791950&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;8b0442290eaab19ca04147f31e2fb6b3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Le &lt;a href=&quot;http://www.virtualmuseum.ca/Exhibitions/Klondike/Francais/main_fr.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;musée virtuel du Klondike&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Roman lu dans le cadre du &lt;strong&gt;Challenge Celebrate the author &lt;/strong&gt; du mois de janvier (1/12) &lt;br /&gt;Le billet de &lt;strong&gt;Bladelor&lt;/strong&gt; sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://bladelire.canalblog.com/archives/2008/01/22/7559882.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Patrouille de pêche&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Billets de février&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;John Steinbeck &lt;/strong&gt;et &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Lune noire&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;.
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/12/20/au-pied-du-sapin-3-with-a-vengeance.html</guid>
                <title>Au pied du sapin 3 with a vengeance</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/12/20/au-pied-du-sapin-3-with-a-vengeance.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Christmas is all around</category>
                                <category>Révisons nos classiques</category>
                                                <pubDate>Sat, 22 Dec 2007 06:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Voici, chers happy few, in extremis il faut bien l'avouer, la fin de la &lt;strong&gt;Fashion's Klassik list&lt;/strong&gt;, que vous attendez depuis des jours avec une impatience grandissante qui confine pour certains au désespoir, je le sais et j'en suis marrie, mais figurez-vous que Noël approchant, ma vie est pleine de paquets à emballer (le Père Noël m'a demandé de bien vouloir l'aider, il est débordé), de bonbons à comparer (s'il y a bien une période où je refuse de surveiller ma consommation de glucose, c'est celle-ci), de choucroute, d'anniversaires, de cartes de voeux et de paquets surprise... Mais je ne vous oublie pas, chers happy few (de toute façon, comment le pourrais-je vu le harcèlement quasi-quotidien que je subis de certains d'entre vous ?), et je vous livre donc les &lt;strong&gt;quatre klassiks suivants &lt;/strong&gt;de mon fabuleux et so glamorous &lt;strong&gt;Top Five &lt;/strong&gt;:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/02/01/fd1506224b14b6b79d39490b14ef9b3d.jpg&quot; id=&quot;media-730657&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;616fe3d039e2de00733ca187e241c11c.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;   &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Orgueil et Préjugés&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; de &lt;strong&gt;Jane Austen&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en ai déjà parlé &lt;a href=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/06/24/darcy-et-moi.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; et je profite de l'occasion pour rajouter un étage dans le triffle, c'est de saison... Ce roman, que j'ai lu 17 fois (oui, je sais, ça fait beaucoup, mais vous savez bien, chers happy few, depuis le temps que nous nous fréquentons, que je suis parfois un brin compulsive), est une histoire d'amour, certes, mais qui va bien au-delà de la simple bluette sentimentale. C'est aussi un roman qui pointe du doigt, de manière vive et acérée, avec ironie et humour, la place des femmes dans la société anglaise de cette époque, les travers de certains hommes, et la folie de croire au prince charmant... &lt;strong&gt;C'est un joyau serti dans une langue magnifique. C'est un chef-d'oeuvre.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/00/02/0b0eb2ed2fc10c77fcd1bc91a8ea5439.jpg&quot; id=&quot;media-730726&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;e2e735ada73db7eb379bfc350ee9f51a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;   &lt;em&gt;&lt;strong&gt;De grandes espérances&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; de &lt;strong&gt;Charles Dickens&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai découvert Dickens grâce à l'enthousiasme très communicatif d'une jeune prof d'anglais quand j'étais à la fac. Ce professeur vouant une admiration sans bornes à Margaret Mitchell j'en ai déduit que Dickens devait être un auteur formidable. Et il l'est. Sans réserve. Des intrigues haletantes (j'ai toujours l'impression en ouvrant un de ses romans de plonger dans un thriller et ce n'est pas pour rien qu'il a écrit un roman policier avec Wilkie Collins), un art certain de la caractérisation qui rend ses personnages haut en couleur, qu'ils soient attachants ou détestables, beaucoup de talent dans les descriptions, une vision cruelle de l'Angleterre industrielle, c'est tout cela à la fois, servi par une plume acérée! &lt;em&gt;&lt;strong&gt;De grandes espérances &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;(j'ai choisi de vous parler de ce titre-ci, mais de manière totalement arbitraire, car en réalité chers happy few, il faut lire toutes les oeuvres de Dickens, voilà, c'est dit) raconte l'histoire de Pip, pauvre orphelin qui, par la grâce d'un mystérieux bienfaiteur, reçoit l'éducation requise pour se hisser dans la société. Roman d'initiation, d'amours manquées, c'est aussi une réflexion sur la reconnaissance et la gratitude. &lt;strong&gt;Du grand art&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/00/02/5b6f6f88a00732afa5bb63390c11dd01.jpg&quot; id=&quot;media-730758&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;e0cf47e3a818d31ed39f1c90bcb941da.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;   &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Lettre d'une inconnue &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;de &lt;strong&gt;Stefan Zweig&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Zweig est un auteur dont je crois bien avoir lu la quasi-intégralité de l'oeuvre romanesque. Je l'ai découvert comme tout le monde au lycée avec &lt;em&gt;Le joueur d'échecs&lt;/em&gt;, j'ai enchaîné sur de petits ouvrages comme &lt;em&gt;Amok&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La confusion des sentiments&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Vingt-quatre heures de la vie d'une femme&lt;/em&gt;, j'ai dévoré &lt;em&gt;La pitié dangereuse&lt;/em&gt;, qui présente une incroyable étude de caractères et de sentiments et j'ai ouvert &lt;em&gt;Lettre d'une inconnue&lt;/em&gt;. Et c'est là, chers happy few, que le ciel s'est entrouvert, devant cette nouvelle, qui est un &lt;strong&gt;concentré de sensibilité et de cruauté &lt;/strong&gt;(si, si, c'est possible, je vous assure). Un célèbre auteur reçoit un jour une lettre d'une inconnue, qui lui révèle qu'elle s'est consumée d'amour pour lui en secret et en silence durant de longues années. C'est cette lettre qui constitue le corps de cette nouvelle, et c'est bouleversant, chers happy few, il n'y a pas d'autre terme. L'amour incandescent et sacrificiel de cette femme pour un homme qui ne la voit pas (il ne la reconnaît jamais, quel que soit le nombre de fois où il la voit), ressemble à une tragédie. L'empathie avec l'épistolière est totale et on ne referme pas cet ouvrage sans pleurer (je le sais, je l'ai même fait lire à des élèves, et c'est le test ultime, comme vous le savez chers happy few). (Le seul problème, c'est qu'il n'existe pas d'édition séparée de cette nouvelle, pour la lire il faut acheter le premier volume des oeuvres de Zweig dans La Pochotèque du Livre de Poche, mais comme chez Zweig, il n'y a rien à jeter, c'est un investissement rentable!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/00/02/c4d8254b333f6655fad2796d0331e2f1.jpg&quot; id=&quot;media-730799&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;30e53440a5ff1db645dc963ff2881ce1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;   &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Autant en emporte le vent &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;de &lt;strong&gt;Margaret Mitchell&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le temps que je vous bassine avec Rhett Butler, chers happy few, il n'était que justice que je consacre au moins quelques lignes à ce roman fabuleux. Tout le monde connaît l'histoire car tout le monde a vu le très beau film avec le sublimissime Clark Gable, mais je re-pitche pour ceux qui n'ont pas de mémoire ou ceux qui vivent dans un monde bien triste dans lequel personne ne leur a jamais parlé d'&lt;em&gt;Autant en emporte le vent&lt;/em&gt;... C'est l'histoire de Scarlett O'Hara, jolie jeune fille capricieuse, têtue, gâtée, fille d'un riche planteur sudiste et adulée par tous les jeunes gens du voisinage, qui voit sa vie prendre un autre tournant à cause de la guerre de Sécession. C'est l'histoire d'une femme courageuse et tenace qui fait son malheur toute seule à force d'entêtement et de choix malheureux. C'est &lt;strong&gt;une vaste fresque &lt;/strong&gt;qui, bien évidemment, présente une vision partiale et faussée des événements historiques (l'auteur était sudiste), mais qui possède un souffle incroyable. Et Rhett... Ah, chers happy few, Rhett... Un personnage pragmatique, cynique, intelligent, mystérieux et qui ose avouer à la face du monde ses sentiments : je vais vous dire, chers happy few, on n'en fait plus des comme ça... &lt;strong&gt;Un très grand roman&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Chers happy few, je vous souhaite de très belles lectures et je dédie ce billet à toutes les fans de Darcy et de Rhett : elles se reconnaîtront!&lt;/strong&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/12/13/au-pied-du-sapin-3.html</guid>
                <title>Au pied du sapin 3</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/12/13/au-pied-du-sapin-3.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Christmas is all around</category>
                                <category>Littérature française</category>
                                <category>Révisons nos classiques</category>
                                                <pubDate>Thu, 13 Dec 2007 14:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Pour le quatrième billet de cette saga consacrée à Noël et aux cadeaux sub-sapin, voici, chers happy few, la première partie de la tant attendue et tant réclamée...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Fashion's klassik's list&lt;/strong&gt;!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(oui je parle de moi à la troisième personne, il paraît que ça arrive même aux meilleurs et je ne vois pas pourquoi je me priverais de ce délicieux plaisir mégalomane, une fois de temps en temps, ça fait moins de mal que le chocolat, non ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc. Revenons à nos klassiques (j'en profite d'ailleurs pour leur ouvrir une rubrique, certains ont suffisamment attendu pour ça, ils le méritent amplement). Voici le première partie de ma toute petite sélection, eu égard à tout ce qu'il faudrait lister, mais je sais que vous pardonnerez ma partialité, chers happy few, car une grande magnanimité vous habite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;A tout seigneur tout honneur&lt;/strong&gt; :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/00/01/0d8b13c5ef3369f07e064e79cfa1d807.jpg&quot; id=&quot;media-718900&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;a4381a00d3913c1c40f6415133a12272.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La chartreuse de Parme&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; de &lt;strong&gt;Stendhal&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis le temps que vous en entendez parler, chers happy few, je sens que vous béez littéralement d'aise devant votre écran, car enfin, tout va vous être dévoilé et vous allez savoir pourquoi j'aime tellement ce roman qu'en général personne n'a lu (ou si peu). Pour tout vous avouer, chers happy few, mon histoire d'amour avec ce roman avait très mal commencé : comme dans toutes les grandes passions, tout ne fut pas lit de roses et oiseaux qui chantent en choeur. Je l'ai ouvert une première fois quand j'étais au lycée et je l'ai refermé avant la page 50, complètement pétrifiée d'ennui, ne comprenant pas pourquoi une personne pourtant bien intentionnée avait voulu m'infliger pareil pensum. Je l'ai soigneusement mis de côté en me jurant de ne jamais le réouvrir. Et, bien évidemment, le destin, ce farceur, m'a eue au tournant : il l'a mis au programme d'un concours. (Comment ça ce n'est pas le destin qui établit les programmes ?) J'ai attendu, j'ai freiné des quatre fers, et quand j'ai eu lu tout le reste du (copieux) programme, je ne pouvais plus reculer. La mort dans l'âme, le blanc de l'ennui aux joues, je l'ai ouvert en frémissant. Et c'est là que le miracle a eu lieu, chers happy few : j'ai été littéralement happée par cette histoire (je l'ai lue en deux jours). De manière incroyable, tout m'a plu : les descriptions, les personnages, les situations et, cerise sur le gâteau, j'ai ri, non, vous ne rêvez pas, j'ai ri, car &lt;em&gt;La chartreuse de Parme&lt;/em&gt; est un &lt;strong&gt;roman souvent drôle et au style enlevé&lt;/strong&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ceux qui auraient séché les cours de Français au lycée ou qui se seraient servi par mégarde des Lagarde et Michard pour caler une armoire branlante, je résume rapidement. &lt;em&gt;La chartreuse de Parme&lt;/em&gt;, c'est &lt;strong&gt;l'initiation sentimentale et politique de Fabrice Del Dongo,&lt;/strong&gt; jeune homme un peu naïf, un peu niais, dans le duché de Parme au début du XIXème siècle. Bonapartiste, Fabrice poursuit un idéal chevaleresque qu'il n'atteindra jamais, rattrapé par la réalité des intrigues politiques...  C'est un roman &lt;strong&gt;plein de bruits de couloir, de complots, d'espions, de batailles&lt;/strong&gt; (ah, Waterloo, quel incroyable passage!), &lt;strong&gt;de duels, d'emprisonnements et d'amour&lt;/strong&gt;, bien sûr, celui de Fabrice pour Clélia, celui de Mosca (mon personnage préféré, un vieux politicien briscard, fabuleusement intelligent, éminence grise qui hante les couloirs du palais) pour Gina Sanseverina, la belle tante de Fabrice, qui entretient avec ce dernier une trouble relation. C'est un roman plein &lt;strong&gt;d'humour et d'ironie&lt;/strong&gt;, où les interventions du narrateur sont légion. C'est un roman &lt;strong&gt;plein de bruit qui se termine dans le silence de la communion amoureuse&lt;/strong&gt;. C'est un &lt;strong&gt;chef-d'oeuvre&lt;/strong&gt;, chers happy few. Tout simplement.&lt;br /&gt;(Et je vous recommande la version du Livre de Poche, préfacée et annotée par Michel Crouzet (un de mes anciens profs), qui reprend les propres notes de Stendhal en bas de page (et on aurait tort de s'en priver)).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme je vous connais bien, chers happy few, je sais que vous êtes sur le point d'aller acheter ce chef-d'oeuvre toutes affaires cessantes. Je vous livrerai donc la suite de cette klassiks' list demain!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : &lt;strong&gt;et vous, quel est votre kulte klassique à vous ?&lt;/strong&gt;
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>