14.04.2008

"Si je ne le tue pas, c'est lui qui me tuera"

1025288112.jpg Andrew Singleton et James Trelawney sont associés contre le crime. Jeunes et talentueux chacun dans leur domaine (Andrew est un grand lecteur très cultivé, James un sportif fonceur), ils ont ouvert un cabinet de détectives à Londres en 1932. Suite à la petite annonce vantant leurs mérites se présente une première cliente : Lady Conan Doyle, la veuve du célèbre écrivain. Elle est persuadée que la mort de son mari n'est pas tout à fait naturelle, qu'un fantôme hante le 221 Baker Street et que Londres va être le théâtre d'un gigantesque bain de sang. Malgré les réticences d'Andrew, les deux jeunes gens se lancent dans une enquête qui va vite prendre un tour macabre et pour le moins inattendu...


Voilà un roman très intéressant, chers happy few, car il mêle habilement fantastique et résolution d'une énigme policière, parce qu'il pose d'intéressantes questions sur la littérature et notamment la vie des héros de fiction, et parce qu'il met en scène des personnages que l'on connaît tous dans un Londres brumeux à souhait. Pour tout vous dire, les premières lignes m'ont laissée dubitative : les spirites de l'époque victorienne, voilà quelque chose, je dois bien l'avouer, chers happy few, qui m'indiffère et m'agace même parfois, tant on sait que les supercheries furent nombreuses. Mais voilà, tout le talent de Fabrice Bourland consiste à exhumer des faits réels autour de la vie de Conan Doyle (dont on sait qu'il fut un défenseur acharné du spiritisme vers la fin de sa vie et qu'il entretînt des relations pour le moins houleuses avec son héros, Sherlock Holmes, allant même jusqu'à le tuer puis contraint de le ressusciter sous la pression fervente du public) et à s'en servir pour construire une intrigue qui ne peut que réjouir les lecteurs assidus que nous sommes. On y croise Holmes et Watson (dont le couple Singleton-Trelawney se fait l'écho d'une manière un peu différente), Dracula, Hyde ou Gray, bref, les grandes figures du mal nées sous la plume de célèbres écrivains victoriens. La construction de l'intrigue m'a rappelé d'ailleurs celle de certains romans de cette époque : on y trouve insérés des extraits d'articles de journaux et des notes en bas de page et le style lui-même n'est pas sans rappeler celui de Conan Doyle. C'est donc à un véritable hommage littéraire que se livre Fabrice Bourland, tant dans l'intrigue que dans la construction et le style. Et même si l'histoire est un peu légère, on ne peut qu'être entraîné par l'intrigue qui se sert judicieusement d'éléments et d'événements réels (comme par exemple la renumérotation de Baker Street ou certaines photos spirites) qui, entremêlés à des éléments fictifs forment une fiction de qualité.


Une belle dévouverte, à recommander aux amateurs de fantastique et de littérature victorienne chers happy few!


Fabrice Bourland, Le fantôme de Baker Street, 10/18


Les billets de Clarabel, Lou, Charlie Bobine


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Arsenik (qui a déniché un exemplaire dédicacé par l'auteur)!
PSbis : le titre de ce billet est une phrase de Conan Doyle à propos de Sherlock Holmes, ce héros qui lui rendit la vie impossible...

12.04.2008

L'oeil était dans la tombe

399264641.jpg Eric Lanester est profileur. C'est un excellent flic, connu et reconnu. Alors qu'il enquête sur une affaire de meurtres en série où des quadragénaires sont sauvagement énuclées avant d'être égorgés, il perd subitement la vue sans qu'il soit possible de déceler la moindre raison physique à cet état de fait. Contraint de poursuivre l'enquête dans le noir, il commence parallèlement une psychanalyse, qui va le contraindre à se pencher sur son douloureux passé...


Voilà un polar qui a été pas mal chroniqué sur les blogs et que j'avais très envie de lire, chers happy few. Et comme les blogueuses sont sympas, Bladelor me l'a offert, et elle a même eu la gentillesse de le faire dédicacer pour moi par Françoise Guérin, qu'elle a rencontrée au Festival Quai du Polar qui a eu lieu à Lyon il y a quelque temps (quand les romans m'arrivent ainsi dédicacés dans la désormais célèbre BAL chers happy few, je suis émue et excitée comme une puce, c'est incroyable, j'adore) (mais je m'égare). Bref.

C'est donc très impatiente que j'ai ouvert ce roman, chers happy few, et je suis quand même il faut bien l'avouer, un peu déçue par cette lecture. Le style est agréable et on est pris par la personnalité de Lanester, cet homme d'ombre qui s'est volontairement tenu à l'écart de sa propre existence toute sa vie et qui ne le découvre que parce qu'il est contraint de suivre une analyse. C'est l'aspect de l'histoire le plus intéressant d'ailleurs, la façon dont la psychologie, qui est pourtant le fondement même de la profession de cet homme, ne l'avait jamais atteint personnellement. Les personnages sont sympathiques mais pas vraiment originaux et on retrouve dans les relations qu'ils entretiennent les poncifs qui semblent inhérents au genre en France : le bistrot où ils se réunissent avec la tenancière sympa, les relations parfois tendues entre le chef et son adjoint, les histoires de coeur et de fesses, les rivalités entre services... Quant à l'histoire, je l'ai trouvée un peu faible : la fausse piste est cousue de fil blanc, on comprend vite vers quoi se dirige l'enquête (et on comprend mal d'ailleurs pourquoi elle cafouille tant) et j'ai trouvé que la façon dont le passé douloureux de Lanester et l'enquête en cours se mêlaient était un peu maladroite et trop appuyée. Un regret supplémentaire : l'absence de tout arrière-plan social. L'enquête se déroule dans un Paris et sa banlieue de pacotille et l'équipe paraît complètement déconnectée du reste du monde. Je sais bien que c'est parfois le corollaire des whodunit, même de qualité, mais je trouve ça vraiment dommage.


Un avis mitigé, donc, chers happy few, mais que cela ne vous empêche pas de faire connaissance avec le très sympathique Commandant Lanester!


Françoise Guérin, A la vue, à la mort, Le masque


Les billets très enthousiastes (je suis la seule rabat-joie, c'est affreux) de Cuné, Bladelor, Tamara, Flo, Cathulu
Le blog de l'auteur


PS : à noter que ce roman a reçu le Prix du premier roman du Festival de Cognac.
PSbis : le titre de ce billet est emprunté au dernier vers de La conscience de Victor Hugo ("L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn."), poème qui donne son surnom au meurtrier (qui a dit que les flics n'étaient pas cultivés ?).
PSter : merci encore Bladelor!

09.03.2008

L'assassinat du Père Noël

40045864.jpg Reykjavik, quelques jours avant Noël. Erlendur et son équipe sont appelés dans un grand hôtel de luxe : le portier, qui incarnait le Père Noël pour l'arbre de Noël des enfants des employés de l'hôtel, a été retrouvé assassiné, poignardé en plein coeur. L'enquête révèle bien vite de surprenantes choses sur le passé de la victime...


Troisième volume des enquêtes d'Erlendur, La voix est sans conteste le meilleur volet (je précise que je n'ai pas encore lu L'homme du lac, qui vient de sortir en broché). J'avais pourtant trouvé La femme en vert excellent mais je dois dire que celui-ci se situe encore un cran au-dessus, tant au niveau de l'intrigue que des personnages. On retrouve avec plaisir Erlendur et son équipe, égaux à eux-mêmes, et on en apprend un peu plus sur eux : on approfondit l'événement traumatisant du passé d'Erlendur, qui avait été révélé à la fin du deuxième volume, et on comprend pourquoi et comment cet événement a profondément orienté la vie de cet homme, on en sait plus sur la vie de famille d'Elinborg et sur l'absence de désir de paternité de Sigurdur Oli. C'est surtout le personnage d'Erlendur qui prend de l'épaisseur, à travers des détails qui finalement n'en sont pas, comme ses conversations avec sa fille ou sa décision de mener l'enquête sur place, en s'installant à l'hôtel. L'intrigue est dense et très bien ficelée, pleine de fausses pistes et de révélations sur les moeurs équivoques de cet hôtel de luxe plein d'étrangers et d'hommes d'affaires. La personnalité de la victime, qui se dessine tout au long du roman, enfant malheureux réceptacle des rêves de gloire de son père puis homme secret, qui dissimule plus que son passé, nous le rend attachant et permet au passage de s'interroger sur les enfants vedettes et sur la projection que chaque parent met en ses enfants. C'est au final un roman sur la paternité, sous toutes ses formes, celle qu'on n'assume pas comme celle qu'on investit trop et que l'on pervertit. La forme elle-même du roman est intéressante, certains passages en italique, reprenant des événements passés, s'insérant dans le fil d'une narration linéaire fort bien menée!


Un très bon opus, chers happy few!


Arnaldur Indridason, La voix, Points policier


Les avis de Delphine, Clarabel, Tamara, Cathulu, Goelen

PS : pour ceux qui se poseraient la question, il est préférable de lire les romans dans l'ordre : La cité des jarres, La femme en vert puis La voix, tous trois parus chez Points.
PSbis : je sais bien que c'est mal, mais je crois que je vais acheter L'homme du lac sans attendre la (trop) lointaine sortie poche. En même temps, chacun sait que je n'ai rien à lire...

EDIT : un film a été adapté de La cité des jarres par un réalisateur et une équipe islandais. Il est sorti en Islande et aux Etats-Unis mais aucune date n'est annoncée pour la sortie française. Si vous en savez plus, n'hésitez pas à vous manifester!

15.01.2008

Coke and the City

21e6cc79cd00456baba9d4995530a0bc.jpg Sam Jones, sculptrice à Londres est aussi détective privé amateur à ses heures perdues. Elle vend un de ses mobiles géants à une célèbre banque de la City, la Mowbray Steiner, mobile qui écrase un des employés de la banque, Charles de Groot, lors de sa soirée de fiançailles avec Belinda Fine, la fille du grand patron. Furieuse que l'on ait abîmé son mobile, Sam décide de mener une enquête parallèle à celle de la police...


Voici un roman policier fort bien troussé chers happy few, et qui campe une héroïne très attachante, espèce de Stephanie Plum délurée, qui aime manger, boire, une ligne de coke de temps en temps et les hommes aux abdominaux plats et dessinés comme des tablettes de chocolat. Cette femme indépendante a des théories bien à elle sur la vie et les hommes (un bon amant ne peut pas avoir aussi de la conversation, cela la perturbe grandement), un solide sens de l'humour et elle fait preuve d'un entêtement presque pathologique. Elle est entourée par une galerie de personnages hauts en couleur, que ce soit ses amis, ses amants, son agent ou les employés de la banque qu'elle est amenée à fréquenter momentanément. Ces personnages sont la grande force de ce roman, dont l'intrigue policière, cohérente, n'est pas non plus fracassante. L'histoire dépeint de manière très convaincante le milieu des riches businessmen de la City, qui cachent de lourds secrets derrière leurs complets-veston de grands couturiers et dont la rencontre avec le monde arty et décalé de Sam va faire des étincelles!


Un bon moment de lecture, très enlevé : je vous recommande de faire vous aussi la connaissance de Samantha Jones, chers happy few!


Lauren Henderson, L'indispensable petite robe noire, Points policier


L'avis de Yueyin, à qui je dois cette découverte.


PS : merci beaucoup à Yueyin qui me l'a prêté!
PSbis : il s'agit manifestement d'une série, dont ce titre est le deuxième volume. Inutile de vous dire que j'ai noté les autres titres dans mon sublime carnet LAL Mauvais Genres, offert par Malice et dont vous aurez une photo quand j'aurai récupéré mon APN, ce qui ne saurait tarder vu que je l'ai enfin localisé... (car oui, parfois je suis étourdie, et que celui qui n'a jamais perdu ses clés me jette son premier porte-clés Lego) (comment ça il n'y a que moi qui en ai ? (et plusieurs en plus, parce que quand on aime on ne compte pas) et d'ailleurs je tiens à vous apprendre, chers happy few, que Lego réédite la collection Indiana Jones, puisque le quatrième sort au début de l'été, ce qui veut dire que le porte-clés Indiana Jones va être remis à la vente (il était épuisé), ce qui nous consolera (enfin, moi du moins), de la rupture de stock du porte-clés Han Solo...) (eh oui, j'ai des joies simples, que voulez-vous...)

12.12.2007

Au pied du sapin 2bis

Oui, je sais, chers happy few, que ce titre est certainement le titre le moins glamour auquel vous ayez eu droit dans ce salon, mais parfois, chers happy few, la fonctionnalité doit prendre le pas sur les paillettes. Si, si, il paraît. Et je vous demande donc de bien vouloir excuser ce léger dérapage titresque. Merci d'avance.

Bref. Je me suis rendue compte, chers happy few, que si certains avaient besoin de suggestions pour Noël, d'autres ont des soucis pour remplir le questionnaire du Swap Polar Noir c'est Noir (mais ils ont encore de l'espoir) (oui, je sais, elle était facile, mais si je ne l'avais pas faite un jour ou l'autre vous auriez pensé que je n'étais plus la même et loin de moi l'idée de vouloir vous inquiéter, chers happy few, non, les gentils aliens ne m'ont pas emmenée faire un tour dans un vaisseau spatial pour me révéler les secrets des pyramides) (car il paraît que c'est ce que font les célèbres hommes gris) (du moins c'est ce que pense un de mes élèves) (et il a 20 ans) (si, si, je vous jure que cette histoire est véridique, je ne m'en suis toujours pas remise).


Donc, disais-je, avant d'ouvrir des parenthèses à la Philippe (ce qui, entre parenthèses, m'a bien surprise en le lisant, fort récemment, car, si je ne l'avais jamais lu, j'aime à penser que la réciproque est vraie, à moins qu'il ne soit en réalité un de mes anciens profs de lettres, donc, comment est-il possible que nous ayons le même tic, je vous le demande, chers happy few, et s'il vous plaît ne me parlez pas de petits hommes gris!), donc, disais-je, comme en plus des difficultés swappesques de certains, j'ai été littéralement harcelée par d'autres (comme la présidente de mon fan-club intergalactique à qui je dois une obéissance aveugle car elle me pourvoit en lasagnes) (entre autres), je vous livre donc un deuxième billet polar, avec d'autres suggestions, parce que vous le valez bien, chers happy few.


Pour ceux qui aiment les ambiances sombres, les privés qui prennent des coups et les couples mythiques :

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La série Kenzie-Gennaro de Dennis Lehane.


Le grand public français a découvert Lehane avec l'adaptation cinématographique de Mystic River en 2003. Mais c'est en 1994 que Dennis Lehane publie le premier volet des aventures de Patrick Kenzie et Angela Gennaro : Un dernier verre avant la guerre. Privés à Boston, Kenzie, l'Irlandais et Gennaro, l'Italienne, se voient chargés d'une mission de récupération : retrouver une mallette qui contient des documents. Cette tâche va les plonger en pleine guerre des gangs et leur faire découvrir des horreurs... L'intrigue est excellente, le style impeccable et les deux enquêteurs, qui se débattent tous les deux dans leurs problèmes personnels (un passé difficile pour Kenzie, un mari à la main leste pour Gennaro), forment un formidable duo. Cinq titres sont parus, tous excellents (et tous publiés chez Rivages, en poche) : Un dernier verre avant la guerre, Sacré, Ténèbres, prenez-moi la main, Gone, baby gone (récemment adapté au cinéma par Ben Affleck, le film sortira en France le 26 décembre prochain) et Prières pour la pluie.


Pour ceux qui aiment l'Afrique, les femmes de "constitution traditionnelle" et le thé rouge :

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La série qui met en scène Mma Ramotswe d'Alexander McCall Smith.

Au Bostwana, Mma Ramotswe, femme de tête, décide d'ouvrir une agence de détective privé "pour les dames". Elle enquête sur des adultères, résout des problèmes familiaux, des disparitions, des meurtres, forte de son bon sens, de son intelligence et, comme Miss Marple, de sa connaissance de l'âme humaine, qui est toujours la même, quels que soient les cieux. Il y a un ton particulier dans ces romans, on sent la chaleur de l'Afrique, le goût épicé du thé (ce sont ces romans qui m'ont fait découvrir le thé rouge), l'odeur de la terre chauffée à blanc... Une très jolie série, publiée chez 10/18 et qui comporte une petite dizaine de titres : Mma Ramotswe détective, Les larmes de la girafe, Vague à l'âme au Bostwana, Les mots perdus du Kalahari, En charmante compagnie...


Pour ceux qui aiment les intrigues politiques et le bruit des armes :

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l'oeuvre de Deon Meyer.


Les quatre romans de Deon Meyer, qui se déroulent en Afrique du Sud, sont formidables. Si le premier, Jusqu'au dernier, est de facture assez classique (c'est un whodunit avec enquête de police qui tient en haleine jusqu'au bout), les suivants sont plutôt des thrillers, qui décrivent une réalité assez terrifiante et peignent un pays depuis longtemps livré à une extrême violence. Une particularité dans ces romans me plaît beaucoup : le personnage principal n'est jamais le même mais il est toujours un personnage qu'on a croisé, plus ou moins longtemps, dans le volume précédent. Trois titres sont disponibles en poche (chez Points policier) : Jusqu'au dernier, Les soldats de l'aube, L'âme du chasseur. Le dernier, Le pic du diable, vient de sortir en grand format, toujours chez Seuil. A découvrir d'urgence.


Pour ceux qui aiment l'Angleterre sous la pluie, l'opéra et les kidney pies :

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la série de l'inspecteur Alan Banks de Peter Robinson.

Cette excellente série, à qui j'avais consacré un grand cri d'amour ici, connaît manifestement un succès suffisant pour que les traductions s'enchaînent enfin. Du whodunit de grande qualité, publié en Livre de Poche (pour la bibliographie complète, voir mon billet d'amour).


Pour ceux qui aiment les femmes maladroites et intelligentes qui ont un hamster, les imbroglios sentimentaux et les hommes sexy :

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la série des Stephanie Plum de Janet Evanovich.

Vous imaginez bien, chers happy few, que je ne pouvais pas ne pas vous parler une nouvelle fois de cette formidable série, dont la lecture, depuis mon billet d'amour et mon prosélytisme forcené dans les dîners en ville, se répand dans la blogosphère. Mais je suis sûre que certains n'ont pas encore succombé : pour enfoncer le clou, je laisse la parole à Papillon, Yueyin, Tamara, Chimère, Stéphanie, Caro[line], Emeraude et Bon Sens!


Chers happy few, je vous souhaite de très bonnes lectures!

10.12.2007

Au pied du sapin 2

Voici, chers happy few, le deuxième billet de ma sélection de Noël et, pour rester dans un genre particulier, en attendant le tant attendu billet sur les fashion's klassiks, je vous propose cette fois-ci, une sélection de romans policiers, ce qui tombe d'autant mieux que le questionnaire du swap polar noir c'est noir est à remplir... Car oui, parfois je suis organisée et j'ai le sens du timing, je sais c'est assez incroyable et vous pouvez me féliciter. Merci.


Voici donc ma petite sélection, forcément partiale et subjective, car l'objectivité n'est pas une vertu constante chez moi, je sais, c'est malheureux.


Je commence par mes coups de coeur de l'année , histoire d'en rajouter un peu pour ceux qui n'auraient pas suivi:

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Petite bombe noire
de Christopher Brookmyre. C'est caustique, fort bien construit et haletant. Excellent.





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d9a0d974007b9a8d7122bb655332d4ab.jpg La trilogie Millenium de Stieg Larsson. L'honnêteté me pousse à préciser que je n'ai pas encore lu le troisième volume, mais s'il est comme les deux premiers, ce coffret (sorti à l'occasion des fêtes et qui propose en sus la correspondance de Larsson et de ses éditrices) est une valeur très très sûre. (Et pour ceux qui ne sauraient pas de quoi je parle, ce qui est possible si on habite dans un coin extrêmement reculé de Papouasie sub-continentale (qui vous dit que je n'ai pas des lecteurs là-bas aussi ?), j'en parle ici et .)


Ensuite, chers happy few, permettez-moi de vous présenter des auteurs dont on parle peu mais qui méritent qu'on les (re)découvre, car, parfois, je me sens l'âme d'un Marco Polo. En toute simplicité et les longs trajets à pied en moins.

50215cf9e16da055162e4a57a5270d1f.jpg L'un de mes auteurs de romans policiers préférés, ever, est Ross Macdonald (attention, il y a de nombreux Macdonald qui publient des romans policiers mais il n'y a qu'un Ross, ce qui est facile à retenir, il suffit de penser à ce bon docteur Doug) (ben oui, on a les moyens mnémotechniques qu'on mérite) (what else ?)
En 1949, Ross Macdonald a créé le personnage de Lew Archer, un détective privé qui officie à Los Angeles et dans ses environs. La légende dit qu'il a été nommé ainsi en hommage à Miles Archer, le privé du Faucon Maltais de Dashiell Hammett et si je vous révèle cette information, chers happy few, c'est parce que Ross Macdonald est considéré comme l'héritier d'Hammett et de Chandler. Son privé, Lew, séduisant et intelligent, en prend plein la figure, rencontre des femmes fatales et des hommes d'affaire véreux, sauve des demoiselles en détresse et résout des énigmes retorses, le tout avec nonchalance et classe, malgré ses ennuis d'argent. Récompensé de nombreuses fois, Ross Macdonald est considéré aux Etats-Unis comme un écrivain de premier plan. Les 18 romans qui composent cette série sont publiés chez 10/18. Je vous donne les titres des premiers (car comme dans toute série, il vaut mieux les lire dans l'ordre) : Cible mouvante, Cadavre en eau douce, A chacun sa mort, La grimace d'ivoire...


045ee5da49b0b543bc9e80068717329d.jpg Je vous parlais il y a quelques jours de Barbara Hambly, chers happy few, et si c'est un auteur de fantasy méconnu, c'est un auteur de romans policiers qui l'est encore plus. On lui doit une série historico-policière, qui met en scène un esclave affranchi, Janvier, en Louisiane en 1830. Médecin, cultivé, philosophe, Janvier résout des énigmes malgré la méfiance à laquelle il est en butte : il ne faisait pas bon être noir et affranchi en ce temps et cet état-là. Le style de cette série est éblouissant : la scène d'ouverture du premier roman, L'innocence de Janvier, qui se déroule au cours d'un bal, ressemble à un plan-séquence cinématographique. Magnifique. Cette série, publiée elle aussi par 10/18, comprend trois titres : L'innocence de Janvier, Une saison de fièvres, La poursuite des ombres. (D'autres titres sont parus, mais uniquement en anglais, et d'ailleurs, je me demande si 10/18 n'a pas interrompu la traduction de cette série, ce qui serait vraiment dommage.)


Enfin, pour ceux qui ont envie de rire, je rappelle l'existence de ce petit chef-d'oeuvre qu'est :

8bf3da03cd7bcd8c3fbba8fcdfe03f76.jpg Le lézard lubrique de Melancholy Cove de Christopher Moore. J'en avais parlé ici, et si vous n'êtes pas convaincus, lisez les billets de Clarabel, Sophie et Chimère! (et il existe aussi en Folio policier mais je préfère la couverture de la Série noire) (et, non, je ne suis pas snob, je suis une esthète, ce n'est pas pareil)


Chers happy few, bonne lecture!

16.11.2007

"Combat à mort en équipes supercracks gentils [SG] vs branleurs terroristes [BT]"

Il paraît, chers happy few, qu'une bonne action ne reste jamais impunie. Mais chez les LCA de haut vol que nous sommes tous, une bonne action est toujours récompensée. Au centuple.


Figurez-vous qu'il y a quelque temps, j'ai prêté quelques livres à Chimère, livres épuisés et qu'elle avait envie de lire. Et cette coquine a décidé de me les renvoyer avec, en guise de remerciements, ceci :


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Un célèbre terroriste, l'Esprit des Ténèbres, fait régner la terreur depuis trois ans. Une fuite laisse à penser que sa prochaine cible sera en Ecosse. Mise sur le pied de guerre, la police, en collaboration avec Interpol et le MI5, attend une catastrophe sans y croire vraiment, malgré les mises en garde d'Angélique de Xavia, agent de liaison au service d'Interpol et qui suit le dossier depuis le début. Au même moment, Raymond Ash, professeur d'anglais et père depuis peu, reconnaît un ancien camarade de fac à l'aéroport de Glasgow, ce qui ne serait rien si ce camarade n'était pas censé être mort depuis quelques années. Ray échappe de peu à une tentative d'assassinat puis est enlevé et au même moment deux de ses élèves disparaissent : les ennuis ne font que commencer...



J'avais très envie de lire ce roman depuis l'élogieuse critique de Chimère et je peux vous assurer chers happy few, que c'est l'un des meilleurs polars que j'ai jamais lus! L'intrigue est haletante, puisqu'il s'agit ni plus ni moins d'une course contre la montre qui va crescendo pour empêcher le terroriste d'atteindre sa cible et le suspense est d'autant plus intense que la narration varie les points de vue et joue sur l'alternance présent/passé afin d'éclairer les liens qui unissent les différents personnages. Ces derniers sont passionnants, que ce soit Ray, le prof d'anglais qui se débat avec un nourrisson qui ne dort pas et des élèves très pénibles et qui se révèle au cours du roman comme un homme courageux, inventif et débrouillard ou Angélique, surnommée Agent LX, petit bout de femme ultra diplômée, intelligente et titulaire de quatre ceintures noires différentes, en butte au racisme (elle est métisse asiatique) et au sexisme de ses collègues. Il y a dans ce roman des éléments très intéressants qui nourrissent l'intrigue comme le rapport que Ray entretient avec les jeux vidéo et une passionnante réflexion sur les hommes et la musique (et cette réflexion m'a d'autant plus touchée que j'ai le même specimen à la maison). Ajoutons à cela un humour extrêmement corrosif (le cours d'anglais qui part en vrille est incroyablement drôle, le concert raté est croquignolet à souhait, la vision de la banlieue d'Aberdeen est un sommet de politiquement incorrect, et j'en passe) et un style efficace comme un coup de poing!


Un chef d'oeuvre, chers happy few! Et inutile de préciser que je vais de ce pas me procurer le deuxième volet des aventures d'Angélique de Xavia!


Christopher Brookmyre, Petite bombe noire, L'aube noire


Les critiques de Cathulu, Chimère et Cuné.


PS : je suis très intriguée par le titre français. Outre le fait qu'il n'a strictement rien à voir avec le titre original (A big boy did it and run away), il fait référence si j'en crois la quatrième de couverture, à Angélique de Xavia. Or cette jeune femme n'est pas d'origine africaine mais asiatique (c'est dit en toutes lettres dans le roman). Je suis perplexe...
PSbis : le titre du billet est un des titres de chapitre, qui sont excellents, la palme revenant à "RAB de R. B", R. B étant les initiales de Robert Burns, le poète à qui l'on doit le fameux vers "Les plans les mieux conçus des souris et des hommes...", vers qui revient plusieurs fois dans le roman.
PSter : merci encore Chimère!

05.11.2007

Ecr. l'Inf.

c626282d5096a6f949030bc91084ff0d.jpg Toulouse, hôpital psychiatrique : la police amène au docteur Antoine Le Tellier, psychiatre de garde cette nuit-là, un jeune homme, Khaled Addad, accusé du meurtre de sa soeur Miriem. Le jeune homme, âgé de dix-huit ans, présente des symptômes étranges, semblables à des hallucinations : il rêve de meurtres qui mettent en scène des gens qui semblent avoir vécu au XVIII° siècle. Alors que les cités, habilement manipulées, s'enflamment, Le Tellier tente de débrouiller les fils de cette sombre histoire, qui semble avoir un lien avec l'affaire Calas. Et si Voltaire en détenait la clé ?


Voici le deuxième roman de Patricia Parry/Béatrice, chers happy few, que j'attendais avec une impatience d'autant plus grande que Gibert m'a fait le coup de s'emmêler les pinceaux dans les cartons et qu'ils l'ont donc mis en rayon avec du retard sur la date de sortie, ce qui a créé dans mon cerveau fatigué une étrange impression de "déjà-vu", car si vous vous souvenez bien chers happy few, le premier roman de Patricia Parry, L'ombre de Monfort m'avait longtemps échappé... Heureusement, sentant monter en moi une homérique colère, Gibert s'est hâté de réparer la faute et j'ai donc pu me plonger dans ce roman.


Eh bien je peux vous dire chers happy few, que mon attente n'a pas été déçue une seconde! L'intrigue, extrêmement bien ficelée, mêle habilement les affaires Calas et Sirven et la mort de Miriem (et de quelques autres, que je vous laisse découvrir) en une alternance d'événements présents et passés qui se répondent et font monter le suspense. Les événements du XVIII° sont racontés sous forme épistolaire, ce qui les rend d'autant plus percutants et Patricia Parry mélange des extraits de lettres réelles à des lettres fictives, au style XVIII° parfaitement imité (j'avoue tout, j'ai même dû me renseigner un peu tellement je m'étais faite avoir par le style de certaines lettres, j'ai cru un instant qu'elles étaient réelles aussi). L'histoire se sert fort intelligemment d'éléments occultes (à ce titre, j'ai adoré la fin) et les personnages sont très attachants : j'avoue tout de suite mon faible pour Antoine Le Tellier, homme séduisant presque malgré lui, brillant et à l'esprit ouvert. Ajoutons à cela de l'humour et un style agréable et efficace : que du bonheur!


Vous l'avez compris chers happy few, je vous recommande ultra-chaudement ce polar et je souhaite une longue vie à Antoine Le Tellier!


Patricia Parry, Petits arrangements avec l'infâme, Seuil Policier


PS : le titre signifie "écraser l'infâme" et c'était ainsi que Voltaire signait ses lettres lors de l'affaire Calas.

03.10.2007

De la théorie du complot en général et du théorème de Fermat en particulier

f41e2040a1aa45ea4f1dc3e5df63aea0.jpg Plus d'un an après les événements narrés dans le premier volume, nous retrouvons Mikael Blomkvist et Lisbeth Salander. Cette dernière a pris de très longues vacances, qu'elle achève à la Grenade, tandis que le premier s'apprête à jeter de nouveau un pavé dans la mare en acceptant de publier un ouvrage très documenté sur le commerce des femmes et la prostitution en Suède. Hélas, le journaliste auteur de l'ouvrage, Dag Svenson, est froidement exécuté à son domicile, ainsi que sa compagne, Mia Bergman, qui préparait une thèse de criminologie sur le même sujet. Et, comble de maheur, c'est Lisbeth Salander qui est accusée des meurtres, ses empreintes ayant été retrouvées sur l'arme du crime. Voilà donc Mikael Blomkvist lancé dans une nouvelle enquête, cette fois-ci pour retrouver et innocenter Lisbeth...


Autant le premier volume était construit comme un roman à énigme (du moins dans ses trois premiers quarts), Mikael étant chargé d'élucider une disparition vieille de quarante ans, autant, chers happy few, ce deuxième volume est un véritable thriller. Le rythme est haletant dès le début, plongés que nous sommes dans l'enquête de Dag et de Mia puis dans l'élucidation de leur mort. Le suspense est rendu d'autant plus insoutenable que nous suivons, en parallèle de l'enquête de Mikael, celle de l'équipe de police chargée de la chasse à l'homme lancée après Lisbeth, considérée pour une dangereuse psychopathe. A partir du moment où les meurtres ont lieu, Lisbeth disparaît d'ailleurs de la narration et la tension monte, tant le lecteur, en empathie avec ce personnage décidément hors du commun, se demande ce qu'elle peut bien mijoter. L'intrigue est une fois encore bien ficelée et elle recèle de nombreuses surprises, que bien évidemment je ne dévoilerai pas (sachez seulement que la lumière est faite sur le passé de Lisbeth), et elle s'achève sur un cliffhanger infernal (je n'ai d'ailleurs pas résisté, je suis allée à la pêche aux informations afin de ne pas mourir sur place à cause du suspense). Comme dans le premier opus, les méchants sont assez terrifiants, le Géant Blond en tête, espèce de brute invincible et insensible à la douleur...


Un excellent deuxième volume, donc, chers happy few! Décidément, on ne peut pas ne pas plonger dans cette haletante trilogie!


Stieg Larsson, La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette, Millénium 2, Actes Sud, Actes Noirs


Les critiques de Gachucha et deCathulu.


PS : le pouvoir climatique de ce roman s'est lui aussi fait sentir : quand je lisais l'épisode sous le typhon à la Grenade, il a plu des cordes toute la journée à Paris!
PSbis : Isa, si tu passes par là, tu peux venir le chercher!

28.09.2007

Nazis et psychopathes

Figurez-vous chers happy few, que, par un phénomène inexplicable et que vous avez tous expérimenté, il arrive que le temps se mette à l'unisson de mes lectures. C'est ce qui s'est produit ces derniers jours : alors que je subissais les terribles rigueurs hivernales suédoises, l'hiver a décidé que l'automne avait assez duré à Paris et il a balayé ce dernier d'un dédaigneux revers de main glacée. D'où la terrible question : nos lectures influeraient-elles sur le monde qui nous entoure ? Et, question corollaire, qui je le sais, vous brûle les lèvres : quel roman a ainsi modifié le climat de la capitale ?


4eab2e1a424d66765cfe196cec604d62.jpg Il s'agit du polar de Stieg Larsson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, premier volume de la trilogie Millenium.


Ce roman me faisait de l'oeil depuis longtemps et par une espèce de miracle qui arrive parfois, il s'est retrouvé dans ma boîte aux lettres grâce à Marie, championne toute catégorie des colis surprises et des cadeaux qui font mouche. Je me suis jetée dessus comme une LCA longtemps privée de lecture (ce qui, vous l'imaginez bien, est complètement mon cas), un peu affolée quand même à l'idée d'en perdre le sommeil, comme me l'avait prédit Gachucha...


Et, me direz-vous ? Qu'arriva-t-il ?


J'en ai perdu le sommeil.


L'histoire en deux mots pour que vous compreniez le haut pouvoir addictif de ce roman : Mikael Blomkvist, journaliste économique célèbre pour son sérieux et la fiabilité de ses articles, est condamné à une amende et une peine de prison pour diffamation envers l'homme d'affaires Hans-Erik Wennerström. C'est alors que Henrik Vanger, vieil industriel à la retraite, ancien PDG d'un très grand groupe suédois, l'embauche pour résoudre une enquête vieille de quarante ans : Henrik veut savoir ce qui est arrivé à sa nièce, Harriet, disparue sans laisser de traces en 1966. Pour diverses raisons, Mikael accepte de reprendre l'enquête, persuadé qu'il ne trouvera jamais rien là où la très minutieuse enquête de police a échoué si longtemps auparavant. Et, contre toute attente, il fait une découverte qui va ouvrir grand les portes de l'enfer...


Chers happy few, ce polar est excellentissime! L'intrigue, qui mêle la résolution de l'enquête à la vengeance professionnelle de Mikael Blomkvist, est incroyablement bien ficelée. Le suspense croît inexorablement de chapitre en chapitre, au fur et à mesure que finissent par s'emboîter les pièces du puzzle, suspense accru par la narration, qui suit deux personnages en même temps : Mikael Blomkvist, personnage très intéressant, homme à femmes séduisant, d'une rectitude morale à toute épreuve, tenace et sympathique et Lisbeth Salander, fouineuse professionnelle, perturbée et extrêmement attachante, qui se retrouve mêlée à l'enquête en cours de route. On découvre dans ce roman que la Suède de carte postale (le froid, les paysages magnifiques) cache une Suède terrifiante dans laquelle les femmes peuvent disparaître sans que personne ne s'en inquiète, où les Nazis ne se cachent pas et où les familles dirigeantes cachent dans leurs caves de terribles secrets.


Courez, volez, chers happy few, découvrir qui sont ces hommes qui n'aiment pas les femmes! Pour ma part, j'ai déjà commencé le second volume...


Stieg Larsson, Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Actes Sud, Actes Noirs (c'est le premier polar de cette collection que je lis et comme toujours chez Actes Sud, le livre est très chouette : mise en page aérée, bonne qualité de papier et une très belle couverture noire)


Les critiques de Gachucha, Amy, Val et Cuné. (Si j'ai oublié quelqu'un, n'hésitez pas à me le dire)


PS : merci encore Marie!
PSbis : ce roman m'a donné envie de relire les oeuvres d'Astrid Lindgren, plusieurs fois citées dans ce roman. Vous souvenez-vous de Fifi Brindacier chers happy few ?