03.12.2009

Interfacé

cable.jpgCowboy est un panzerboy : il livre des cargaisons de marchandises de contrebande aux mafieux de la zone libre, au nez et à la barbe des Orbitaux, qui gouvernent de très loin les habitants de la Terre. Sarah est une ancienne prostituée devenue tueuse à gages : elle a les nerfs câblés pour optimiser sa façon de combattre et porte dans sa gorge une arme mortelle, un cobra cybernétique. Le chemin de ces deux Glaiseux va se croiser : arriveront-ils à mettre fin aux rêves de toute-puissance des Orbitaux ? Vous ne le saurez que si vous vous câblez.

 

Je suis bien consciente que mon résumé en a déjà perdu plus d'un, chers happy few, et c'est une erreur que je vais tenter de rattraper avec brio (et avec mon clavier) (oups, désolée, je ne le ferai plus, my bad). C'est que voyez-vous, après des semaines de rentrée littéraire pour le moins mollassonne (en même temps, la rentrée littéraire est toujours aussi excitante qu'un bol d'ovomaltine, je ne sais pas pourquoi je m'obstine chaque année à penser que cette fois-ci peut-être elle aura, soyons fous, un goût de ricorée) et de lectures en demi-teinte, j'ai décidé de prendre la PAL par les cornes et de me tourner vers un de mes genres de prédilection, qui ne m'a pratiquement jamais déçue (certainement parce que j'y choisis mes titres avec discernement, en toute modestie parfaitement assumée évidemment), la S-F. Dans mon hénaurme PAL (70 titres rien qu'en SF/fantasy/fantastique), j'ai exhumé ce Câblé, premier volume de la tétralogie du même nom de Walter Jon Williams, dont j'avais lu le quatrième volet, Le souffle du cyclone, il y a de cela très longtemps, parce que parfois je suis désordonnée, chers happy few, c'est là mon moindre défaut.

 

Walter Jon Williams est un écrivain de SF relativement prolifique, très mal traduit chez nous, hélas (certaines de ses séries ont vu leur premier volume traduit et pas les autres), qui s'est essayé à de nombreux genres dont le cyberpunk, auquel cette série appartient. Comme je ne voudrais pas perdre les deux courageux et demi qui sont encore devant leur écran, j'en donne rapidement une définition simplifiée (car oui, croyez-moi, on peut en parler pendant des heures, surtout quand le serveur prépare de délicieux Cosmo, n'est-ce pas les filles ?) : il s'agit d'un courant de SF qui met en scène une personne évoluant marginalement dans une société ultra-technologique dominée par une autorité totalitaire, dans un monde plongé dans le chaos suite à un bouleversement technologique, économique et/ou politique. Dans Câblé, la Terre est plongée dans le chaos suite à une guerre contre les Orbitaux, qui ont facilement gagné et pris le pouvoir. Les Etats-Unis se retrouvent coupés en deux zones, une libre et une occupée (en gros, l'Ouest et l'Est) et les Terriens, victimes des prix prohibitifs pratiqués par les Orbitaux qui contrôlent absolument toutes les usines et toutes les industries agro-alimentaires,  se retrouvent bien malgré eux contraints d'avoir recours au marché noir, à la merci donc des plus véreux et des plus malins, qui trafiquent des denrées de première nécessité et des drogues en tous genres, car il n'y a pas de raison que l'humanité ait changé, même dans un futur lointain.

 

C'est dans ce monde tout sauf glamour, où règne la violence et où tout le monde vit en interface plus ou moins grande avec le monde virtuel que Cowboy évolue : ancien pilote de Delta, nostalgique du ciel, il subodore une entourloupe des Orbitaux et profite de ses incessants voyages en tant que convoyeur pour tenter de rassembler autour de lui d'autres panzerboys et de contrôler le marché noir. Cet homme idéaliste (si, si) croise le chemin de Sarah, personnage complexe et tourmenté qui n'a qu'un but : s'arracher elle et son frère, à ce monde de brutes et rejoindre les Orbitaux. Mais le prix du billet est tellement exorbitant qu'elle accepte une mission trop bien payée, mission qui la mettra à la merci des Orbitaux. Autour de ces deux personnages que tout sépare Walter Jon Williams bâtit une intrigue très solide à défaut d'être très originale (mais n'oublions pas que ce roman date de 1986, soit à peine deux ans après Neuromancien de Gibson, considéré comme fondateur du genre), et met en place de manière très habile un monde terrifiant, où les mesquineries humaines semblent décuplées par l'utilisation à outrance de la technologie (clonage, interfaçage, câblage, chirurgie plastique de remplacement et j'en passe). Les personnages sont très attachants et on suit leur parcours et leurs atermoiements avec infinement de plaisir, d'autant que Williams fait preuve d'un réel talent dans la construction narrative comme dans le style, traversé parfois de douloureuses fulgurances. Excellent.

 

 

Walter Jon Williams, Câblé (Hardwire), Denoël, Présence du futur, traduit de l'américain par Jean Bonnefoy, 371 pages, 1986, 1987 pour la traduction.

 

 

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Challenge Crazy SF

Catégorie Cyberpunk

2/3

 

 

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Challenge Objectif PAL

Catégorie "In ze PAL depuis 2007, ne dites rien, je sais (et il y a pire) (hum)"

5/20

04.11.2009

J'attends l'amouuuuur

(Je sais, chers happy few, je sais, mais c'était trop tentant.)   

 

 

                                        

                                         Grande-Bretagne, années 20. la poursuite de l'amour.jpgFanny et Linda sont cousines, inséparables et pourtant totalement dissemblables. Fanny est la fille d'une femme volage qui l'a abandonnée toute petite à sa tante pour suivre ses multiples amants et maris sur le continent, alors que Linda est la fille de deux riches propriétaires terriens tout à fait stables. Les deux cousines grandissent pratiquement ensemble et dès l'âge de 15 ans, soupirent après le grand amour qui viendra illuminer leurs vies. Mais alors que Fanny, raisonnable, épouse un intellectuel qui lui correspond, Linda, follement romanesque, se fourvoie dans un mariage avec un riche banquier allemand.

 

 

Voici un roman qui était dans ma PAL depuis près de 2 ans, chers happy few (ce qui n'est rien, j'en ai trouvé un qui prend la poussière depuis 8 ans, le pauvre, il n'en revenait pas de me voir enfin m'intéresser à lui), où il avait atterri suite à quelques billets plus ou moins élogieux qui lui avaient été consacrés et qui m'avaient donné envie de découvrir cette romancière britannique qui signe avec La poursuite de l'amour son roman le plus célèbre. Il faut faire fi de l'absurde quatrième de couverture qui parle à tort de Jane Austen et de Bridget Jones (mais c'est une (sale) manie que de toujours chercher des comparaisons vendeuses et la pauvre Jane est mise à toutes les sauces par ceux qui ne l'ont manifestement pas lue) et découvrir ce délicieux roman qui peint avec beaucoup de lucidité et de causticité les émois amoureux des jeunes filles mal éduquées, émois qui finissent toujours par se transformer en cruelles déceptions sentimentales sous les effets conjugués de la réalité et de la personnalité des hommes, ô combien éloignée de celles des princes charmants qui peuplent les fantasmes féminins.

 

C'est toute l'histoire de Linda, qui nous est contée ici par sa sage et pénétrante cousine, qui se marie deux fois en croyant à chaque fois avoir décroché le Graal pour se rendre rapidement compte qu'elle était amoureuse d'un mirage. Anglaise jusqu'au bout des ongles, elle fait contre mauvais fortune bon coeur avant de se décider à la rupture et de rencontrer, tout à fait par hasard, un homme qui lui convient. La poursuite de l'amour, outre sa description d'une grande justesse psychologique du fonctionnement du coeur de certaines femmes insatisfaites, est un roman souvent drôle, qui met en scène avec beaucoup d'humour la gentry anglaise au travers d'une galerie de personnages truculents (notamment Oncle Matthew qui terrifie son entourage, organise des "chasses aux enfants" mais écoute de sirupeuses mélodies italiennes et aboie beaucoup plus qu'il ne mord, ou encore Davey, personnage original d'intellectuel hypocondriaque à l'intelligence très fine). On pourra juste regretter une fin un peu abrupte mais finalement prévisible, qui ne nuit en rien au plaisir de cette lecture revigorante.

 

 

Nancy Mitford, La poursuite de l'amour (The pursuit of love), 10/18, 254 pages, traduit de l'anglais par Daria Olivier, 1945, 2006 pour la présente édition

 

Les avis de Caro[line] (pas emballée), Lilly (enthousiaste) et Papillon (qui m'avait donné envie malgré son billet mitigé).

 

Merci Alinéa pour le prêt! 

 

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Catégorie "Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Hum."

4/20

25.10.2009

Kiss me deadly

iron kissed.jpgMercy Thompson est toujours mécanicienne dans son garage des Tri-Cities. Elle est appelée un soir tard par Zee, son ancien patron, un fae à qui elle doit un service (c'est avec son arme qu'elle a trucidé les deux vampires qui avaient mis la ville à feu et à sang dans Les liens du sang) : il veut qu'elle jette un oeil pour lui sur les scènes de plusieurs crimes qui ont eu lieu dans la réserve fae. Mercy s'exécute et met alors le doigt dans un engrenage dont elle ne sortira pas indemne...

 

Troisième volume de la série consacrée à Mercy Thompson, la changeuse d'origine indienne (elle a le pouvoir de se transformer en coyote quand bon lui semble), Iron kissed (traduit sous le titre Le baiser du fer) est excellent à tous points de vue, chers happy few. L'intrigue est solidement ficelée (même si j'avais rapidement compris de quoi il retournait, mais la découverte du meurtrier est passionnante) et le monde des faes tel que le décrit Patricia Briggs, d'une inquiétante étrangeté et d'une sournoise cruauté, régi par des règles qui lui sont propres, est très intéressant, de même que la façon dont elle réinvestit certains contes ou dont elle se réapproprie certains personnages légendaires. Cette cruauté déteint d'ailleurs sur la pauvre Mercy qui fera les frais de la folie du tueur dans un final ma foi fort sombre. A côté de ce solide matériau on retrouve avec plaisir la meute d'Adam, l'Alpha séduisant (décidément je suis une Jake girl all the way, cette série me le confirme) dont certains membres prennent plus d'ampleur et le triangle amoureux formé par Adam, Mercy et Samuel se résout de lui-même, pour ma plus grande satisfaction je dois bien le dire (et, non, je ne spoilerai pas, ce n'est absolument pas mon genre, non mais). Menée par une héroïne entêtée et maligne, indépendante, originale et drôle, cette série se révèle, au fur et à mesure des parutions, incontournable pour les amateurs de fantastique urbain.

 

Patricia Briggs, Iron kissed, Ace fantasy, 287 pages, 2008, traduit en français sous le titre Le baiser du fer, Bragelonne, Milady, 2009

 

Les billets de Yueyin (merci pour le prêt!), Hydromielle et Chimère.

 

Le quatrième volume, Bone crossed est sorti aux Etats-Unis cette année. Patricia Briggs, rencontrée à Epinal il y a quelques mois, m'a dit que cette série comporterait au moins 7 volumes, plus si le succès est au rendez-vous. Elle a commencé à écrire une série parallèle à celle-ci, qui se déroule dans le même univers : Alpha and Omega et qui comporte deux volumes pour l'instant, Cry Wolf et Hunting Ground, et qui ont pour personnage principal Charles, le frère de Samuel. J'ai bien envie de lire le premier même si les critiques glanées ici et là sont moins bonnes que pour Mercy Thompson (oui, je suis comme ça, j'aime me faire ma propre idée, call me wild girl).

 

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Ce roman ouvre le Challenge Lire en V.O initié par Bladelor. (Oui, je sais, je suis déjà inscrite à deux challenges pour 2010, je suis irrécupérable.)

 

 

 

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Et comme parfois je suis efficace, ça en fait un de plus dans mon Objectif PAL, catégorie : "Parfois je lis rapidement ce qu'on me prête, faut pas croire les racontars."

3/20

28.08.2009

De la condition de tueur à gages en temps de crise

un petit boulot.jpgJake Skowran était chef d'équipe dans une usine. Licencié comme tous les autres employés à la fermeture de cette dernière, il se retrouve seul (sa copine le quitte rapidement), sans emploi et sans perspective d'avenir dans une petite ville américaine totalement sinistrée par le chômage. C'est alors que Ken Gardocki, bookmaker et truand, lui propose un marché : si Jake accepte de tuer sa femme infidèle, Ken effacera son énorme dette de jeu. Jake accepte et prend goût au métier de tueur à gages...

 

Un petit boulot est le premier roman de Iain Levinson, surtout connu si je ne m'abuse pour ses Tribulations d'un précaire qui ont été pas mal chroniquées sur les blogs de lecture, et c'est une totale réussite. Jake raconte, avec un détachement cynique et beaucoup d'humour noir, comment on peut devenir tueur à gages pour retrouver l'estime de soi qui va de pair avec la satisfaction du travail bien fait et la reconnaissance de son patron. On peut être un employé modèle quelle que soit la voie professionnelle que le destin nous donne et en ces temps de crise il ne faut pas être trop regardant sur le travail proposé. Toutes les réflexions qui vont dans ce sens prêtent à sourire tout en ouvrant de vertigineux abîmes de réflexion sur la déchéance de celui que l'on prive de son travail au nom d'intérêts financiers pervers qui dépassent le cadre de l'individu. Outre la dimension sociale, Levinson n'en oublie pas pour autant de bâtir une intrigue solide, qui propose des scènes proprement hilarantes (l'assassinat, sur une plage de Miami, de l'amant de la femme de Gardocki avec un fusil à baïonnette qui sent la pisse est une scène d'anthologie). Un roman grinçant et plus profond qu'il n'en a l'air : je recommande chaudement.

 

Iain Levinson, Un petit boulot (Since the Layoffs), Liana Levi piccolo, traduit de l'américain par Fanchita Gonzalez Batlle, 211 pages, 2002, 2003 pour la traduction française.

Le billet de Delphine (qui me l'a prêté en février 2008, ne dites rien, je sais).

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Catégories : "Tout vient à point à qui sait attendre" et "Certains regrettent de m'avoir prêté un bouquin, promis la prochaine fois je ferai plus vite"

2/20

25.08.2009

Attrape-t-on les mouches avec du Chanel ?

Dans le cadre de mon Objectif PAL, j'ai procédé à un tri de ladite pile et j'ai fait des tas suivant une rigoureuse méthode scientifique à base de "vieux", "très vieux", "tiens, d'où ça sort ça ?" et autres "qui est cet auteur, nom d'un TARDIS ?". Et au jeu du "mais pourquoi diable ai-je acheté ce bouquin, vu que je ne sais pas qui est l'auteur et que les circonstances de l'achat m'échappent complètement", c'est

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 Manuel de chasse et de pêche à l'usage des filles de Melissa Bank qui a gagné. (Je pense que j'ai dû l'acquérir à cause de son prix dérisoire, au crayon sur la première page, et parce qu'il était publié chez Rivages, oui, parfois il faut peu de choses à la lectrice compulsive, y a pas à dire.)

 

Jane Rosenal est une jeune New-Yorkaise originaire de Philadelphie. Elle raconte ses amours, ses amis, sa famille... (oui, c'est le minimum pitchal que je vous livre là mais il suffit largement, chers happy few, croyez-moi sur parole)

Ce roman au titre pour le moins étrange qui prend tout son sens à la lecture du dernier chapitre, est un peu déroutant de prime abord, chers happy few, à cause de sa forme : chaque chapitre raconte une partie de l'histoire de Jane Rosenal et il s'écoule parfois plusieurs années entre ces chapitres sans que les blancs ainsi formés ne soient remplis par la narration. On a l'impression de prime abord de lire un récit décousu, impression renforcée par deux chapitres totalement différents (un qui raconte l'histoire d'une famille sans lien autre que géographique avec Jane (ce sont ses voisins) et un autre mené à la deuxième personne du pluriel, comme pour mettre à distance ce qui y est narré (une maladie, et la fin d'un amour bancal)). Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas désagréable du tout et cela finit par servir l'histoire, Jane étant une jeune femme qui se cherche, ne sachant trop ce qu'elle fait dans son travail (elle est éditrice) et n'arrivant pas à garder auprès d'elle les hommes dont elle tombe amoureuse. Elle se perçoit elle-même comme un patchwork inachevé, chaque expérience, qu'elle soit heureuse ou malheureuse, la faisant grandir. On y croise des événements touchants ou graves, d'autres assez désopilants (l'utilisation du fameux manuel qui donne son titre au roman, en réalité un manuel de coaching à l'usage des femmes qui ne savent pas comment manipuler les hommes). Le ton est à l'image de la forme et de cette héroïne, souvent drôle, parfois cinglant et doux-amer. Un roman finalement étonnant et réussi, que j'ai beaucoup aimé. 

Melissa Bank, Manuel de chasse et de pêche à l'usage des jeunes filles (The Girl's guide to Hunting and Fishing), Rivages poche, Bibliothèque étrangère, traduit de l'anglais par Françoise Cartano, 245 pages, 1999 pour la première publication et la première traduction, 2001 pour la présente édition.

Emma l'a lu aussi.

A noter que ce roman a été adapté au cinéma en 2007 sous le titre de Suburban Girl avec Sarah Michelle Gellar et Alec Baldwin, film qui n'a jamais été distribué en France et qui semble s'éloigner du matériau de départ par bien des points, ne se concentrant que sur l'histoire entre Jane (étrangement rebaptisée Brett) et Archie Knox, l'éditeur qui a 28 ans de plus qu'elle.

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Catégorie : "Que fait ce livre dans ma PAL ?"

1/20

21.08.2009

C'est l'histoire d'une PAL, qui monte, qui monte, qui monte...

Comme vous le savez tous, chers happy few, tous les LCA aiment les acronymes. Nous collectionnons les LAL, aimons trimballer des livres dans des SLAT fait maison (ou pas), et notre pire cauchemar est sans conteste la PAL ou Pile A Lire pour les bienheureux qui n'en possèdent pas : des bouquins achetés, donnés, prêtés, volés, offerts mais dans tous les cas, des livres non lus, ce qui les rend à la fois tentants et terriblement culpabilisants car le LCA ne peut physiquement pas s'empêcher d'acheter des livres, tout le temps et en tout lieu. Le LCA, comme la fashion-victim, dépense, amasse et surtout entasse, par peur de manquer de lecture, la chose la plus terrible qui puisse arriver, croyez-moi (que celui qui, à court de lecture dans le métro ou avant un rendez-vous pour lequel il était en avance, n'a jamais acheté le premier bouquin croisé sur un présentoir, me jette son premier Oui-Oui, chers happy few).

 

Bref.

 

Pour ma part, et ceux qui suivent les élucubrations de ce modeste salon le savent bien, la PAL a été une véritable obsession pendant des mois, car la mienne a doublé suite à l'ouverture de ce blog et au Lotobook* : j'en avais des sueurs froides et des cauchemars, à tel point qu'après l'avoir rangée, réorganisée et désherbée (j'ai donné une cinquantaine de bouquins qui la composaient il y a quelques mois), j'ai fini par décider de faire comme si elle n'existait pas et par recréer des mini-PAL, des tas de bouquins fraîchement acquis et à lire donc en priorité, qui ont poussé un peu partout dans mon appartement. Mais hélas, la politique de l'autruche ne m'empêche pas de savoir que ces bouquins sont là, vivants reproches de ma compulsivité, et, suite à une conversation avec d'autres victimes PALesques, je me suis rendue à l'évidence : si je veux ne plus avoir de PAL (le fantasme total et totalement hors de portée), il faut a-gir et prendre sa PAL en main, telle une héroïne Harlequin secouée par le destin.

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J'ai donc décidé de participer à l'enthousiasme blogosphérique et de rejoindre le collectif Objectif PAL créé par Antigone. Je ne me fais pourtant aucune illusion : je suis incapable de respecter une consigne et de finir un challenge, comment pourrais-je venir à bout des... tenez-vous bien... 355 romans qui composent ma MTPAL (Monstrueuse et Tentaculaire PAL) (auxquels s'ajoutent 12 manga et 25 BD) ? Bah, si je lis au moins 20 romans en 3 mois, je considèrerais que le défi est relevé haut la main (oui, parfois il faut avoir des objectifs à la mesure de ses possibilités). Je me lance donc dans un Objectif PAL -20/3mois, ce qui peut sembler petit joueur, mais qui, s'il est atteint, méritera une récompense... Voire même une virée en librairie, tiens.

Et vous, chers happy few, vous avez compté ?

 

*scoop en avant-première intergalactique : Stéphanie reprend les rênes du Lotobook et en organisera un fin septembre. Qui n'a pas de PAL déjà ?