07.05.2008

L'amour de l'Art

579905673.jpg En 1913, est exposée pour la première fois à Pittsburgh une toile de Heinrich Kürz, intitulée Un cabinet d'amateur et appartenant au riche brasseur d'origine allemande Hermann Raffke. Cette toile, qui comme toutes celles représentant un cabinet, reproduit de nombreuses toiles en miniature exposées sur les murs de ce fameux cabinet, connaît un succès démesuré...


Voilà un auteur que j'aime beaucoup, chers happy few (et pas uniquement parce qu'il se prénomme Georges) et ce Cabinet d'amateur, tout petit ouvrage de même pas 100 pages, est proprement fascinant. Partant de son intérêt pour ce genre pictural si particulier, Pérec bâtit une histoire toute de listes, d'énumérations et de mises en abyme où l'apparence et les faux-semblants jouent un rôle primordial, jusque dans la chute, puisque chute il y a. Pérec a avoué dans une interview radiophonique donnée au moment de sa sortie qu'il voulait écrire un roman qui lui permettrait de rester encore un peu dans l'univers de La Vie Mode d'Emploi et il a repris des éléments descriptifs de celle-ci et les a insérés dans les descriptions fictives de tableaux plus ou moins fictifs, attribués à des peintres célèbres ou à des écoles picturales. Ma lecture de La Vie Mode d'Emploi étant lointaine et floue, ce n'est pas cet aspect de l'histoire que j'ai trouvé le plus marquant. Il n'en demeure pas moins que cela ajoute au fabuleux jeu de miroir instauré par ce roman où le lecteur passe son temps à se demander si les descriptions qu'il lit sont réelles, inspirées du réel ou carrément fictives. De plus, les tableaux reproduits dans ce fameux Cabinet d'amateur (qui serait inspiré d'après certains universitaires de La Galerie de Cornelis van der Gest de Willem van Haecht, qui d'ailleurs se trouve être la couverture du roman), ne sont pas fidèles aux originaux qu'ils sont censés représenter, un détail infime ou carrément énorme variant à chaque représentation (et chaque tableau, par un jeu de mise en abyme très maîtrisé, étant reproduit plusieurs fois sur la toile, le personnage étant représenté face à un miroir qui reflète l'intégralité de la pièce). C'est donc à une réflexion sur l'image, sur sa capacité à tromper ceux qui la regardent, sur les renvois de tableau à tableau, sur les variantes infinies que l'on trouve autour d'un même thème que nous convie Pérec et c'est extrêmement intéressant, chers happy few!


Un roman que je recommande chaudement, chers happy few, même si (comme moi), vous n'y connaissez pas grand-chose en peinture!


Georges Pérec, Un cabinet d'amateur, Points

Le billet de Lunettes rouges, qui a beaucoup aimé et qui a lu le roman avec un oeil de connaisseur en Art et qui renvoie à des études très intéressantes sur la genèse de l'oeuvre.

PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Géraldine!
PSbis : voici le fameux tableau qui aurait inspiré Pérec

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17.04.2008

Le roman de Stern

1931289914.jpg Roman Stern est un paumé. Il n'a pas de travail, un appartement merdique, pas de femme, pas d'amis, plus de famille. Sa seule particularité : il attire les gens qui veulent se plaindre de leur vie et qui prennent ses oreilles pour un déversoir...


En ce moment, chers happy few, la vie est difficile : je suis malade, les vacances approchent à la vitesse d'une limace anorexique, j'ai beaucoup de travail (que je fais à la vitesse d'un escargot neurasthénique, y a pas de raison) et en plus, certaines, que je ne nommerais pas car ma bonté est sans égale, se plaignent ici et là que je suis une horrible tentatrice qui fait traîtreusement monter le niveau des LAL et des PAL. J'ai donc décidé de me rattraper et de vous parler d'un roman que je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout aimé (j'annonce la couleur dès le début, faisant fi de tout suspense, mon sens de l'annonce s'est dissout dans les antibiotiques, ça arrive parfois même si c'est un des effets secondaires qui ne figure pas sur les notices...).

Bref. Dans ce récit assez court (mais pas assez à mon goût), nous suivons les maigres tribulations de Roman, personnage inintéressant, qui se présente comme tel plusieurs fois, preuve qu'il fait quand même preuve de lucidité, ce qui est déjà une qualité, mais c'est bien la seule. Le problème c'est que j'ai l'impression que nous sommes dans une posture qui m'est insupportable : "Je suis un paumé, je raconte des histoires de paumé dans un style de paumé et si vous n'aimez pas, c'est que vous ne comprenez rien à la distanciation, au second degré, à que sais-je encore, la migration des alouettes." Partant de ce postulat, il n'est guère étonnant de lire une histoire sans intérêt aucun, tous les événements conduisant immanquablement à un cul-de-sac puisque Roman est strictement incapable de saisir les opportunités qui s'offrent à lui (quand on vous dit qu'il est pau-mé, le pauvre) et comme rien ne vient pallier les baillements suscités par l'absence d'intrigue (et surtout pas le style, ni fait ni à faire, d'une fausse neutralité émaillée parfois de tournures branchées ou de piètres jeux de mots qui font hausser le sourcil du lecteur qui se demande encore combien de pages il va bien pouvoir tenir à ce rythme avant de déclarer forfait), on s'ennuie ferme.


Un achat que je vous épargne donc, chers happy few, pour me remercier vous pouvez m'envoyer un stoptou. Ou un chamallow, je ne suis pas difficile.


Samuel Benchetrit, Récit d'un branleur, Pocket


Le billet de Majanissa (pas emballée)


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Clémence!

EDIT de 17h51 :
Pour répondre à l'interrogation de Delphine, qui se demandait avec un brin d'angoisse à quoi pouvait bien ressembler un stoptou, Erzébeth est allée chercher une image et je vous la livre, chers happy few! (si ce n'est pas du travail d'équipe, ça!)

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Et Erzébeth a raison : avec son emballage digne de la Russie communiste qui cache un goût divin, c'est un bonbon de happy few!

14.04.2008

"Si je ne le tue pas, c'est lui qui me tuera"

1025288112.jpg Andrew Singleton et James Trelawney sont associés contre le crime. Jeunes et talentueux chacun dans leur domaine (Andrew est un grand lecteur très cultivé, James un sportif fonceur), ils ont ouvert un cabinet de détectives à Londres en 1932. Suite à la petite annonce vantant leurs mérites se présente une première cliente : Lady Conan Doyle, la veuve du célèbre écrivain. Elle est persuadée que la mort de son mari n'est pas tout à fait naturelle, qu'un fantôme hante le 221 Baker Street et que Londres va être le théâtre d'un gigantesque bain de sang. Malgré les réticences d'Andrew, les deux jeunes gens se lancent dans une enquête qui va vite prendre un tour macabre et pour le moins inattendu...


Voilà un roman très intéressant, chers happy few, car il mêle habilement fantastique et résolution d'une énigme policière, parce qu'il pose d'intéressantes questions sur la littérature et notamment la vie des héros de fiction, et parce qu'il met en scène des personnages que l'on connaît tous dans un Londres brumeux à souhait. Pour tout vous dire, les premières lignes m'ont laissée dubitative : les spirites de l'époque victorienne, voilà quelque chose, je dois bien l'avouer, chers happy few, qui m'indiffère et m'agace même parfois, tant on sait que les supercheries furent nombreuses. Mais voilà, tout le talent de Fabrice Bourland consiste à exhumer des faits réels autour de la vie de Conan Doyle (dont on sait qu'il fut un défenseur acharné du spiritisme vers la fin de sa vie et qu'il entretînt des relations pour le moins houleuses avec son héros, Sherlock Holmes, allant même jusqu'à le tuer puis contraint de le ressusciter sous la pression fervente du public) et à s'en servir pour construire une intrigue qui ne peut que réjouir les lecteurs assidus que nous sommes. On y croise Holmes et Watson (dont le couple Singleton-Trelawney se fait l'écho d'une manière un peu différente), Dracula, Hyde ou Gray, bref, les grandes figures du mal nées sous la plume de célèbres écrivains victoriens. La construction de l'intrigue m'a rappelé d'ailleurs celle de certains romans de cette époque : on y trouve insérés des extraits d'articles de journaux et des notes en bas de page et le style lui-même n'est pas sans rappeler celui de Conan Doyle. C'est donc à un véritable hommage littéraire que se livre Fabrice Bourland, tant dans l'intrigue que dans la construction et le style. Et même si l'histoire est un peu légère, on ne peut qu'être entraîné par l'intrigue qui se sert judicieusement d'éléments et d'événements réels (comme par exemple la renumérotation de Baker Street ou certaines photos spirites) qui, entremêlés à des éléments fictifs forment une fiction de qualité.


Une belle dévouverte, à recommander aux amateurs de fantastique et de littérature victorienne chers happy few!


Fabrice Bourland, Le fantôme de Baker Street, 10/18


Les billets de Clarabel, Lou, Charlie Bobine


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Arsenik (qui a déniché un exemplaire dédicacé par l'auteur)!
PSbis : le titre de ce billet est une phrase de Conan Doyle à propos de Sherlock Holmes, ce héros qui lui rendit la vie impossible...

07.04.2008

De la création

1485112234.jpg Annabelle a une trentaine d'années. C'est une jeune femme timide, un peu peureuse, professeur de dessin mais uniquement à son domicile. Elle a peur du monde extérieur et ne sort pas beaucoup. Un jour, au restaurant chinois en bas de chez elle où elle dîne quelquefois, elle vole une sirène dans l'aquarium. Elle la met dans son lavabo, puis dans sa baignoire, et la regarde grandir. Une étrange relation s'installe alors entre la femme et la sirène...


Figurez-vous, chers happy few, que pour la dernière réunion du Club des Théières, nous devions lire un roman sorti l'année de notre naissance. Or, sur les 350 livres que contient ma (désormais très ordonnée) PAL, impossible d'en trouver un seul qui correspondait à la contrainte! J'ai donc décidé de chercher un livre sorti l'année de naissance d'un de mes enfants (ce qui est nettement plus simple). Quand en plus, j'ai vu que Cypora Petitjean-Cerf était née la même année que moi, j'ai su que je devais absolument lire ce livre (qui certes, ne correspondait pas du tout à la consigne, mais 1) elles sont faites pour être détournées, non ? et 2) je ne suis pas la seule à avoir triché mais je ne dirais rien parce que je suis bonne copine)...

Ce très court roman est donc un roman fantastique dans lequel une femme tente de trouver sa place dans le monde qui l'entoure. La sirène, d'abord agressive et laide, se transforme en une belle créature qui a un énorme pouvoir de création et qui peint des oeuvres qui subjuguent les amateurs. Elle se révèle ensuite posséder une voix extraordinaire (sirène oblige). Une étrange relation fusionnelle et a contrario s'établit entre les deux femmes, dont l'énergie et les talents de création semblent agir selon un système de vases communicants : en emplissant l'une, ils désertent l'autre. La sirène agit à la fois comme une métaphore du talent d'Annabelle et de sa vie (de fermée au monde, elle devient lumineuse et accessible) et comme un catalyseur : d'avoir osé voler la sirène enclenche une série d'événements qui vont lui permettre de se trouver.


Un très joli roman un peu déroutant mais que j'ai beaucoup aimé, chers happy few!


Cypora Petitjean-Cerf, Le musée de la sirène, Points


Les billets de Cathulu, Flo, Florinette, Gachucha, Lilly


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Florinette!

29.03.2008

C'est trop d'la BAL

(Je vous demande tout de suite de bien vouloir excuser le titre de ce billet, chers happy few, car je sais que vous n'êtes pas habitués à voir le parler djeuns envahir ce modeste salon où les conversations sont toujours de haut vol et le langage de bon goût, voire même châtié, mais je n'ai pas pu résister à rendre cet hommage à une expression qui semble désormais tombée en désuétude, c'est donc un titre historico-socio-linguistique que je vous propose là, ne me remerciez pas, c'est de bon coeur!)


Donc, à la demande générale de certains d'entre vous, voici ze photo que vous attendez tous, celle de ma Boîte aux Lettres, la valeureuse et sublime, celle sans qui ce Lotobook n'aurait pas été le même, croyez-moi, chers happy few!


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Vous remarquerez que je ne vous ai pas menti sur sa couleur, un extraordinaire garance! (à moins que ce ne soit vermillon ?) (merci à ma fille, qui a bien voulu prêter sa main pour l'occasion, je trouve que le rose de sa veste s'accorde parfaitement avec le rouge carmin de la BAL, si j'osais, je dirais même qu'on frise la perfection artistique, chers happy few!)


Et comme je vous aime bien, chers happy few, voici une photo de l'intérieur de cette BAL


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Et vous voyez que je ne vous ai pas menti, on y rentre aisément une trentaine de livres!


Alors, chers happy few, heureux ?




Lotobook, le feuilleton, épilogue

Comme vous l'avez certainement remarqué, chers happy few, voilà pas mal de temps que je n'ai pas publié de billets-lotobook. Comme les derniers livres sont arrivés au compte-goutte (certains ont mis plus de 15 jours, merci la poste) et que je savais que certains titres devaient arriver avant que je puisse déclarer le lotobook clos, vous avez donc été privés de billets-lotobook pendant presque 2 semaines, c'est atroce, je m'en excuse bien platement chers happy few! Je vous conseille cependant de bien savourer ce billet car ce sera le dernier!

Voici donc les cinq derniers volumes reçus :

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Emma de Jane Austen (merci Zag, qui a voulu me le remettre en mains propres et qui a donc frôlé le blacklistage, c'est qu'on ne plaisante pas avec Miss Lotobook!) et L'étranger de Camus (merci A.!)


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Sept filles en colère, un recueil de nouvelles écrites par des femmes (merci Françoise!)


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La nuit des temps de Barjavel (merci Typhania!) et L'arbre du voyageur de Hitonari Tsuji (merci Camille!)



Et, certaines sont vraiment très délicates et pensent au sevrage progressif de ma BAL et de moi-même!

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Le peintre des batailles de Perez-Reverte et les Aphorismes de Wilde : merci beaucoup Fantômette!


Et voici la photo que vous attendez tous depuis le début, celle de la PALotobook!


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108 livres reçus, chers happy few, 3 livres bonus, des dizaines de marque-page, des cartes, du chocolat, une vache, une trousse, des bonbons, du thé...
Pourrie-gâtée, j'ai été!

Merci, merci, merci, merci, merci, merci, merci!



PS : le prochain lotobook aura lieu en Juin, tirage au sort lors de Books and the city le 5 juillet!
PSbis : une photo de la BAL si vous la réclamez à cor et à cris (c'est une star, elle aime se faire prier)!



26.03.2008

La lune et les marées

1798869854.jpg Barbara a trente ans, un compagnon idéal et une thèse de philosophie à finir. Une nuit, dans la moiteur nocturne de La Havane, ils décident d'avoir un enfant. Hélas, la grossesse et la maternité s'avèrent terriblement différentes de ce à quoi Barbara s'attendait...


Voici un roman chers happy few, que je n'avais pas vraiment envie de lire, après en avoir lu des avis partagés ici et là. J'avais l'impression que la vision de la maternité était très violente et volontairement caricaturale. Et le premier chapitre, qui est une (brillante) réécriture de La métamorphose de Kafka, n'avait rien pour me rassurer. Heureusement, passé ce premier chapitre assez terrible, le roman se révèle être bien construit, bourré de remarques et de situations assez justes et surtout plutôt drôle, ce à quoi je ne m'attendais pas du tout. Malgré la tendance de la narratrice à tout analyser et à tout intellectualiser (travers de ses études de philosophie ou travers d'Abécassis, je ne saurais le dire étant donné que c'est le premier roman de cet auteur que je lis, mais les digressions philosophiques et l'éloge appuyé de Rousseau sont assez agaçants), je me suis retrouvée dans de nombreuses situations plus ou moins glamorous et liées à l'état de mère (sans vous raconter ma vie, chers happy few, sachez que j'ai vécu des maux de grossesse pire que ce qu'elle rapporte, de même que l'incapacité quand on a un nouveau-né d'être douchée et habillée avant midi, ou d'avoir une activité intellectuelle normale, je sais, vous ne vous attendiez pas à ça de ma part, c'est terrible...). Evidemment, certaines situations sont caricaturales comme l'allaitement poussé à son paroxysme (pour avoir allaité longtemps mes enfants, je peux vous assurer qu'on ne donne pas le sein toutes les heures à un bébé de 10 mois), ses relations avec sa mère et sa belle-mère, clichés ambulants ou l'évolution de sa relation avec son compagnon (même si les statistiques prouvent effectivement que de nombreux couples se défont avant l'anniversaire du premier-né). Ce roman désacralise la grossesse et peut-être offre-t-il une voix à toutes celles qui se sont senties flouées par la maternité ou qui n'y ont pas trouvé ce qu'elles escomptaient, ce qui reste, dans notre société encore difficile à avouer (le baby-blues qui peut être si grave chez certaines femmes n'est d'ailleurs traité sérieusement que depuis peu). Laurence Pernoud, chantre de la maternité sans peine, en prend d'ailleurs pour son grade de façon assez drôlatique, la narratrice se livrant à une comparaison des éditions 1970 et 2000 puis à une comparaison entre le livre et la réalité, ce qui s'avère assez édifiant et je pense que toutes les mères (et les pères) s'y reconnaîtront!


Au final, plutôt une bonne surprise, chers happy few, à condition de prendre ce roman pour ce qu'il est : une fiction qui s'interroge sur la place de la maternité dans un couple moderne et non un documentaire objectif!


Eliette Abécassis, Un heureux événement, Le livre de poche


Les avis de Tamara (qui le déconseille aux femmes qui n'ont pas encore d'enfant) et d'Anne (qui a beaucoup ri)


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Emmyne!
PSbis : le titre de ce billet est un extrait du roman, mais même si j'ai retrouvé une activité neuronale normale depuis que les couches ne rentrent plus chez moi, impossible de retrouver la phrase complète... Aurais-je gardé des séquelles ?

25.03.2008

"Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs"

1647988723.gif Le libraire possède une librairie pas comme les autres, où il ne vend que des livres qu'il a lus et aimés. Il choisit ses clients, refusant d'en servir certains. Il ne se nourrit que de tisane, une par client. Il vit dans sa librairie, ouverte jour et nuit. Il est surtout dépressif, cachant sous la réclusion volontaire un, deux, voire même trois chagrins d'amour.


Hasard de mes choix de lecture (mais peut-être pas tant que ça si on considère qu'un roman en appelle un autre), j'ai lu coup sur coup deux petits romans qui ont pour thème principal le rapport au livre et à la lecture. Ce roman, qui a été pas mal chroniqué sur les blogs fut un temps, m'a laissé un sentiment mitigé, chers happy few. Il y a de très jolis passages sur les livres, sur la façon de les ranger (comme chez Dominguez, on nous parle d'affinités entre les titres), sur la quête personnelle que chacun accomplit en faisant la démarche d'ouvrir un livre, sur le pouvoir des histoires, sur la capacité qu'a la poésie de faire reculer la mort (ce qui est sans doute mon chapitre préféré) ou sur la comparaison entre un bouquet et un livre... Le libraire est un personnage étrange et étonnant, solitaire un peu malgré lui, oublié de ses amis, loin de ses frères et soeurs à qui il envoie régulièrement des pages arrachées de livres aussitôt retirés des étagères, pages qui lui permettent de manifester son amour pour eux et j'aime bien l'idée des tisanes (très bien reprise par la couverture, pour une fois très réussie). Mais c'est aussi un personnage qui m'est resté extérieur et que j'ai paradoxalement trouvé sans épaisseur alors qu'on nous répète de nombreuses fois qu'il est épais, comme un livre, justement. Et ce qui m'a le plus ennuyée est finalement l'absence d'histoire. Le roman est construit en courts chapitres, qui présentent chacun un personnage (dont certains sont récurrents, comme Jacques le Fataliste ou les témoins de Jéhovah), mais en dehors de ces instantanés parfois assez drôles sur les requêtes et les quêtes farfelues des clients, il n'y a pas d'histoire à proprement parler et c'est bien dommage.


Un roman assez sympathique, chers happy few, mais trop léger à mon goût! Comme une tisane...


Régis de Sa Moreira, Le libraire, Le Livre de Poche


Les avis d'Emeraude (qui l'a dégusté), Chiffonnette (dont l'avis est très mitigé), Google pour le biblioblog (et j'ai fait pareil pour la musique de l'entrée de la librairie), Jules (qui l'a trouvé moyen), Lilly (qui y a vu une librairie rêvée), Tamara (qui recommande de le lire la tête dans les nuages), Cuné (qui aimerait rencontrer un libraire fantasque qui lui offrirait une tisane) et de Stéphanie (qui a eu un coup de coeur). Quand je disais que tout le monde l'avait lu!


PS : il s'agit d'un livre Lotobook : merci encore Mirontaine!
PSbis : le titre de ce billet est emprunté au roman : quand il ne veut plus parler à un client, le libraire lui répond une phrase qui sort d'un manuel d'apprentissage des langues. Cette phrase, de nombreuses fois répétée prend une signification assez dramatique à la fin (un iceberg figurait d'ailleurs sur la couverture de l'édition brochée).

15.03.2008

Lotobook, le feuilleton, 12ème épisode

Encore un petit billet lotobookesque chers happy few, mes lectures avançant présentement à la vitesse d'un escargot léthargique pour cause de fatigue avancée et de copies à corriger (car, oui, il m'arrive de travailler, c'est assez fou, je sais).


Voici donc les livres reçus vendredi et ce matin :

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Voici donc la photo, extrêmement mal éclairée, mais ce n'est pas ma faute, chers happy few, il y avait trop de soleil qui se déversait par les fenêtres de la salle à manger (car, oui, parfois il fait beau à Paris, c'est assez fou, je sais). Vous remarquerez qu'un nouveau dessin de ma miss s'est glissé dans le photo : saurez-vous le retrouver, chers happy few ?


Donc, qu'avons-nous là, chers happy few ? Toxic blues de Ken Bruen (merci Adeline!), Panique à Porterhouse de Tom Sharpe (merci ze secret admirateur!) (Sharpe est mon auteur de mars, j'aurais donc le choix dans le titre que je vais lire), Les voleurs de beauté de Pascal Bruckner (merci Virginie!), Le libraire de Régis Sa Moreira (merci Mirontaine!), Autant en emporte le vent I de Margaret Mitchell (merci Mlle Gima!), Petits crimes conjugaux d'Eric-Emmanuel Schmitt (merci Sandra!) et L'élégance du hérisson de Muriel Barbéry (merci SMR!).


Merci, merci, merci à vous, chers happy few!


PS : 103 livres reçus!

13.03.2008

Lotobook, le feuilleton, 11ème épisode

Voici, chers happy few, les derniers livres du Lotobook et je dois bien dire, avec une pointe de regret, que ça sent la fin, ce qui est bien normal et un peu triste aussi, je veux bien recevoir des livres tous les jours, ce n'est que du bonheur!

La photo des livres de mercredi (agrémentés d'un dessin de ma fille, qui tenait beaucoup à ce qu'il figure sur la photo, mais comme je ne fais que des photos hautement artistiques, il manque la moitié d'un personnage) (je suis trop forte, je sais, chers happy few):

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et de jeudi :

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Les titres pour ceux qui n'ont pas les yeux bioniques de Superman : Les liaisons culinaires d'Andréas Staïkos (merci Chiffonnette!), Le lézard noir de Ranpo Edogawa (merci Soïwatter!), Ticknor de Sheila Heti (merci Loutarwen!) (je précise que l'enveloppe de Soïwatter et Loutarwen a mis deux semaines à arriver dans ma fantabuleuse BAL, alors qu'ils habitent... le même arrondissement que moi! les voies de La Poste sont impénétrables...), Le tour d'écrou d'Henry James (merci Melusine 80!), Le dernier homme innocent de Phillip M. Margolin (merci Pivoine Merlin!) et Sans l'ombre d'un témoin d'Elisabeth George (merci Le baudet, qui a envoyé aussi la très jolie carte avec la BAL à fleurs et papillons, ça donne des idées de customisation...!)


Et aujourd'hui, sans rapport avec le Lotobook, mais je suis tellement contente que j'en parle quand même, Mélanie m'a envoyé :

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Odd and the frost giants de Neil Gaiman, une novella pour ados spécialement publiée pour le World Book Day .


Je vais vous dire, chers happy few, le bonheur est définitivement dans la BAL! Merci, merci, merci!


PS : 96 titres reçus!

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