14.02.2008
Happy Valentine!
En ce jour de Saint Valentin, chers happy few, j'avais envie de rédiger un billet hautement kulturel sur les tenants et les aboutissants de cette fête, inspirée des lupercales romaines, et qui existe depuis le haut Moyen-Age. Je voulais disserter, avec cette profondeur de vue qui me caractérise, sur le pourquoi du comment du choix de Valentin (c'est vrai ça, pourquoi la fête des amoureux n'a-t-elle pas lieu à la Saint Georges ? ou à la Saint Colin ?) mais j'ai choisi de ne pas vous ensevelir sous les dates et la philosophie et de vous parler à la place des :
Aventures de Minette Accentiévitch, un roman érotique, mais attention, un roman érotique serbe (et donc forcément hautement kulturel, isn't it ?)
Pour ceux parmi vous, chers happy few, qui se demanderaient comment ce roman a atterri entre mes mains innocentes (mais consentantes, j'avoue tout), je dirai simplement que c'est la faute de Marie-Anne, qui se reconnaîtra facilement (oui, je sais, il est un peu facile d'accuser les autres de ses propres lectures légères mais je le fais quand même). Mais attention, chers happy few, il ne s'agit pas là du tout-venant de la littérature érotique (je dis ça mais en fait comme je n'en lis jamais, je n'en sais pas grand-chose) : sous-titré Court roman de chevalerie, ce roman propose le portrait d'une femme, Minette (la bien-nommée), qui a pour les hommes (ces "organismes encore plus simples que les amibes") un désir insatiable. Désinhibée, drôle, égoïste et revancharde, Minette est présentée en courts chapitres écrits par un de ses amants, Radé Proust le poète. Dans ces chapitres, poétiquement construits (le nombre de strophes est fixe et le poète intervient parfois pour souligner une faiblesse lexicale ou une phrase en trop), on suit les aventures sexuelles de Minette, mais aussi ses goûts et ses dégoûts alimentaires, sa façon d'envisager la vie, et les réactions parfois excessives de ses amants au long cours, car Minette est tellement envoûtante que tous en tombent amoureux pour leur plus grand malheur. C'est drôle, parfois féroce, souvent joyeux, bien écrit, que demander de plus ?
Une curiosité fort bien troussée (je n'ai pu résister, pardon, chers happy few), de circonstance!
Vladan Matijevic, Les aventures de Minette Accentiévitch, Les allusifs (traduit du serbe par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli)
06:30 Publié dans Littérature serbe | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note