24.01.2008
Adorable voisine
Une femme est sauvagement assassinée et mutilée à Québec. Une deuxième suit. Les femmes de la ville ont peur, même Louise, jeune serveuse placide, qui vit dans un immeuble peuplé d'étranges locataires : Roland sur son fauteuil roulant, qui ne marche pas à l'étonnement des médecins, Victor, le prof laid et exubérant, Valérie Langlois, alcoolique et hystérique, Madame Gauthier, la logeuse bavarde et envahissante, Miss Van Ilsen, l'infirmière à domicile... Tout ce petit monde se retrouve mêlé à ces histoires de meurtres...
Ce roman, chers happy few, qui faisait partie du fameux colis swap de Karine, est le premier roman policier québécois que je lis (il faut dire pour être tout à fait honnête que j'ai lu très peu de romans québécois). Ce premier roman de Chrystine Brouillet, qui a publié une quarantaine de romans, pour adultes et pour la jeunesse, m'a laissé un sentiment mitigé. Il s'agit, d'après la postface, qui reprend un article de presse, d'un thriller, ce qui est techniquement assez juste puisque que nous connaissons dès le départ l'identité des meurtriers mais il faut bien avouer qu'il n'y a guère de suspense, ce qui tient à mon avis à la personnalité des personnages. Aucun n'est véritablement attachant : Roland est beaucoup trop caricatural pour susciter la moindre curiosité (surtout qu'on comprend tout de suite qu'il n'est pas net et pourquoi), Victor est un specimen bizarre lui aussi, tellement naïf que ça en devient lourd et Louise, celle autour de qui tourne l'essentiel de l'histoire est un bien étrange personnage, presque animal tant elle vit sans passion, dans une espèce d'état végétatif, n'éprouvant de sentiments que pour ses chats... On devine un passé douloureux mais aucune clé ne nous est donnée ce qui est bien dommage, car du coup je n'ai ressenti aucune empathie pour elle. L'histoire en elle-même se laisse lire sans déplaisir même s'il faut attendre l'apparition tardive de la police pour que les choses avancent enfin un peu. Ce qui m'a le plus plu c'est finalement la langue québécoise, truffée de mots très imagés (j'aime beaucoup "impatientant" ou "chambranlant", très parlants) et de tournures parfois étranges pour les Français que nous sommes. Par contre, je n'ai pas ressenti d'atmosphère particulière : l'intrigue se déroule dans le quartier latin de Québec mais il ne s'en dégage rien et c'est bien dommage...
Chrystine Brouillet est très célèbre au Québec (même si elle vit manifestement en France depuis longtemps) et je pense que ce premier roman souffre justement d'être le premier! Que cela ne vous empêche pas de le lire chers happy few!
Chrystine Brouillet, Chère Voisine, Archambault
Une biographie de l'auteur chez les rats de bibliothèque.
PS : la couverture trouvée sur le net n'est malheureusement pas celle de l'exemplaire envoyé par Karine, très sobre et très jolie, toute noire.
PSbis : encore merci Karine!
20:35 Publié dans Littérature québécoise | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
27.10.2007
Secrets de famille
A la mort de sa mère, Namiko découvre par le biais d'une lettre que cette dernière lui a laissée, un secret de famille : son grand-père n'est pas mort à cause la deuxième bombe atomique lancée sur Nagasaki, mais assassiné par sa propre fille, Yukiko, la mère de Namiko.
Voilà, chers happy few, un roman dont j'avais lu beaucoup de bien sur les blogs. Premier roman d'une pentalogie, il raconte de manière sobre, dans un style dépouillé, une histoire terrible, qui mêle secrets de famille et Histoire dans une de ses pages les plus atroces. La narration alterne le point de vue de Namiko, qui est née à l'étranger et la lettre de sa mère, qu'elle lit avec une incrédulité croissante. On y découvre par petites touches l'histoire des Japonais durant les dernières années de guerre et la place des femmes dans cette société patriarcale où les parents décident de la vie de leurs enfants et où les hommes décident du destin des femmes. J'ai beaucoup aimé ce premier volume même si le style, parfois heurté, m'a un peu déroutée. Une très jolie découverte!
Les critiques de Lhisbei, Papillon, Laure, Tamara, Chiffonnette, Bellesahi et Loutarwen.
Dans ce deuxième volet, c'est Yukio, le demi-frère de Yukiko, qui raconte son histoire.
J'aime beaucoup les histoires où les points de vue alternent pour narrer l'histoire sous toutes ses facettes. On en apprend plus ici sur Yukio et ses premières années difficiles, sur sa mère et on voit le père de Yukiko d'une manière différente, par les yeux de ce fils qu'il n'a jamais voulu reconnaître. J'ai trouvé le style différent du premier, plus fluide, moins heurté, j'ai préféré donc ce deuxième volume!
Les critiques de Papillon, Laure, Tamara et Bellesahi.
Aki Shimazaki, Tsubaki et Hamaguri , Babel.
PS : j'avais mis ces romans dans ma liste ABC 2008 mais je me suis rendue compte qu'Aki Shimazaki écrit directement en français (elle est québécoise) : voilà donc un titre qui ne compte pas! Heureusement que d'autres auteurs en S m'attendent...
07:00 Publié dans Littérature québécoise | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note
