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        <title>Happy Few - litterature_indienne</title>
        <description>Le blog avec de la Kulture à l'intérieur</description>
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        <lastBuildDate>Fri, 16 May 2008 06:59:31 +0200</lastBuildDate>
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                <title>Love in India</title>
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                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Challenge ABC 2008</category>
                                <category>Littérature indienne</category>
                                                <pubDate>Tue, 05 Feb 2008 14:09:09 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/01/01/8859fd8c89dc75cec8d462a8839e3db9.jpg&quot; id=&quot;media-823353&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;95b45ca51d964adb332842f5e0f7e35a.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt; Bengale, début du XXème siècle : Apurbo, bachelier et érudit aime passionnément  Mrinmayi, garçon manqué mal élevé et la très jeune Giribala voue un amour profond et admiratif à Sashibhusan, le jeune homme qui lui a appris à lire...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne suis décidément pas très convaincue par cette collection à 2€ de chez Folio, chers happy few, parce que soit les auteurs et les titres choisis ne sont pas très intéressants (j'ai eu de nombreuses déceptions), soit ils le sont et on reste sur sa faim, comme c'est le cas pour cet auteur Indien, Rabindranath Tagore, dont j'ai vraiment &lt;strong&gt;beaucoup apprécié les deux nouvelles&lt;/strong&gt; sélectionnées ici : &lt;em&gt;La petite mariée &lt;/em&gt;et &lt;em&gt;Nuage et soleil&lt;/em&gt;. Tagore est un auteur à cheval sur le XIXème et le XXème siècle : il est né en 1861, a beaucoup voyagé, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis, il a fondé une école puis une université, écrit un essai politique en faveur de l'indépendance de l'Inde, soutenu Gandhi et reçu le Prix Nobel de littérature en 1913 (c'était la première fois que ce prix Nobel était décerné à un non-Européen). Autant dire que c'est une figure célèbre et importante, qui s'est essayé à tous les genres (poésie, théâtre, nouvelles, romans, mémoires) avec beaucoup de succès. Et, dans l'aperçu que donnent ces deux textes, c'est un auteur que je suis ravie d'avoir découvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux nouvelles s'inspirent de&lt;strong&gt; l'observation de ses compatriotes bengali&lt;/strong&gt;, région où Tagore a quelque temps administré le domaine paternel. &lt;em&gt;La petite mariée &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Somapti&lt;/em&gt;) raconte la façon dont l'amour d'Apurbo pour une jeune fille différente des autres va peser sur le jeune homme et sur sa famille, jusqu'à ce que l'amour transforme Mrinmayi, la farouche épousée. &lt;em&gt;Nuage et soleil &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Meg o roudro&lt;/em&gt;) met en scène Giribala, une petite fille illettrée qui ne va pas à l'école et qui tombe éperdument amoureuse du jeune licencié en droit qui a accepté de lui donner des leçons. C'est une nouvelle émouvante qui dénonce aussi la colonisation et l'attitude parfois violente des Anglais (les &quot;sahibs&quot;) envers les Bengali. A travers ces deux nouvelles, au &lt;strong&gt;style à la fois évocateur et ironique&lt;/strong&gt;, c'est un pan du Bengale, de &lt;strong&gt;ses coutumes et de ses travers &lt;/strong&gt;qui apparaît : les Anglais font la loi, les Bengali essaient d'échapper à des règles injustes en mentant et en se dénonçant à qui mieux mieux, les idéalistes finissent en prison, les filles sont mariées à 10 ans à des hommes beaucoup plus âgés, les femmes travaillent dix fois plus dur que les hommes, le climat n'est pas clément, alternance de pluies torentielles et de canicule... Mais, et c'est le plus important finalement,&lt;strong&gt; l'amour triomphe des obstacles&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Je vous conseille donc d'investir dans ce petit volume, chers happy few, et je vais pour ma part me procurer d'autres oeuvres de Rabindranath Tagore! &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rabindranath Tagore, &lt;em&gt;La petite mariée&lt;/em&gt;, Folio 2€ (traduit du bengali par Christine Bossennec et Kamaleswar Bhattacharya)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nouvelles lues pour la lettre &lt;strong&gt;T&lt;/strong&gt; du &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/10/15/liste-du-challenge-abc-2008.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Challenge ABC 2008 &lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; (4/26). &lt;br /&gt;J'avais initialement prévu de lire un autre titre de cet auteur mais ce petit volume était disponible sur &lt;a href=&quot;http://www.culturetroc.com&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Culture Troc&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le site de notre ami Jos dont je vous recommande très chaudement la fréquentation si vous voulez allonger astucieusement vos PAL sans vous ruiner! (car oui, certains achètent encore des livres malgré des PAL à deux, trois, voire quatre chiffres. Serions-nous malades, chers happy few ?)
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                <title>De la cuisine avant toute chose</title>
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                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Challenge ABC 2008</category>
                                <category>Littérature indienne</category>
                                                <pubDate>Mon, 12 Nov 2007 06:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    Pour la &lt;strong&gt;deuxième réunion du fameux &lt;a href=&quot;http://leclubdestheieres.over-blog.net/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Club des Théières&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, nous avions choisi, chers happy few, dans les nombreux thèmes proposés, celui de &lt;strong&gt;la cuisine&lt;/strong&gt;. A nous donc de lire un roman en rapport avec la cuisine, que ce soit dans l'intrigue, le thème ou le titre. Et, comme je n'aime pas être prise en défaut deux fois de suite, j'avais cette fois-ci consciencieusement fait mes devoirs et lu :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/media/01/01/70df10879fb34298751c6a3a5eaa159f.jpg&quot; id=&quot;media-647647&quot; title=&quot;&quot; alt=&quot;ba57b28d1222e08764d481070c37cae0.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;    &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;La colère des aubergines&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; de Bulbul Sharma.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s'agit d'un&lt;strong&gt; recueil de 12 &quot;récits gastronomiques&quot; &lt;/strong&gt;dont chacun tourne autour de la cuisine indienne. &lt;strong&gt;Chaque nouvelle est suivie d'une ou plusieurs recettes de cuisine &lt;/strong&gt;qui permettent de réaliser les mets décrits dans la nouvelle : au total le recueil comporte &lt;strong&gt;25 recettes de cuisine indienne traditionnelle&lt;/strong&gt;, des aubergines &lt;em&gt;bharta&lt;/em&gt; (un &lt;em&gt;must&lt;/em&gt; personnel) au &lt;em&gt;biryani&lt;/em&gt; (riz, légumes et viande), en passant par les curry divers et variés, les &lt;em&gt;pakora&lt;/em&gt;, les &lt;em&gt;dâl &lt;/em&gt;et autres &lt;em&gt;halva&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;khîr&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas vous chers happy few, mais moi j'adore la cuisine indienne. Aussi, quand le thème a été donné par &lt;a href=&quot;http://chiffonnette.over-blog.net/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;la grande prêtresse du club&lt;/a&gt;, j'ai tout de suite pensé à ce recueil qui me faisait de l'oeil depuis la critique de &lt;a href=&quot;http://leslecturesdesophie.blogspot.com/2007/09/la-colre-des-aubergines-bulbul-sharma.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Sophie&lt;/a&gt;, qui disait que c'était un livre &quot;qu'on aimerait bien manger&quot;. Et j'ai vraiment beaucoup aimé ce recueil : les nouvelles, par le biais de la cuisine, &lt;strong&gt;nous font entrer par une porte dérobée dans le quotidien des femmes en Inde&lt;/strong&gt;. Qu'elles officient seules dans un antre interdit à tous (comme le faisait la grand-mère de l'auteur, qui est l'héroïne de l'avant-propos) ou qu'elles régentent des domestiques, la cuisine est le lieu où règnent les femmes, parfois en tyran (comme Buaji dans &lt;em&gt;De l'or en barres&lt;/em&gt;, la première nouvelle, dont les descriptions de victuailles bien rangées m'ont rappelé le tome 4 de &lt;em&gt;La petite maison dans la prairie&lt;/em&gt;, dont j'adore les descriptions du cellier). La tyrannie peut s'exercer aux dépens des hommes, comme dans la nouvelle assez cruellement drôle, &lt;em&gt;En sandwich&lt;/em&gt;, où un homme, pour satisfaire à la fois sa femme et sa mère, doit ingurgiter ses (mauvais) repas en double. Si bien cuisiner est un atout pour la jeune fille à marier, cela peut se révéler un piège comme pour Bala, la parente pauvre que toute la famille se bat pour ne pas héberger jusqu'au jour où on découvre ses talents culinaires et où on l'empêchera de se marier afin de pouvoir continuer à l'exploiter (&lt;em&gt;Un goût pour l'abnégation&lt;/em&gt;).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les nouvelles présentent &lt;strong&gt;un large éventail de l'utilisation possible de la gastronomie &lt;/strong&gt;: concours de repas avant un mariage dont les invités font les frais (&lt;em&gt;Concours d'agapes&lt;/em&gt;), oragnisation d'un pique-nique nocturne (&lt;em&gt;Le poisson-lune&lt;/em&gt;) ou encore cérémonie du &lt;em&gt;shradha&lt;/em&gt; en l'honneur d'un défunt (&lt;em&gt;Qui meurt dîne&lt;/em&gt;). Certaines nouvelles, un peu différentes, se servent de la nourriture comme d'un prétexte pour explorer la psychologie des personnages, comme&lt;em&gt; L'épreuve du train &lt;/em&gt;qui voit un homme perdre momentanément son emprise sur les femmes de la maison ou &lt;em&gt;Festin pour un homme mort&lt;/em&gt;, qui met en scène un chef de village polygame et exigeant que la femme laide qui l'aime en secret nourrira jusqu'à sa mort, alors que tous l'ont abandonné. La dernière nouvelle, &lt;em&gt;Son pesant de sucre &lt;/em&gt;est assez terrible : elle montre comment la douleur de la femme délaissée par son mari adultère la pousse à la boulimie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Grâce à la gastronomie, c'est un petit pan de la culture indienne, de la place des femmes et de leurs relations avec les hommes qui se dessine. Un régal, chers happy few!&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bulbul Sharma, &lt;em&gt;La colère des aubergines&lt;/em&gt;, Picquier poche&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La critique de &lt;a href=&quot;http://leslecturesdesophie.blogspot.com/2007/09/la-colre-des-aubergines-bulbul-sharma.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Sophie&lt;/a&gt; (je croyais avoir lu d'autres critiques mais impossible de les retrouver... N'hésitez pas à laisser votre lien dans les commentaires!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : n'étant pas une cuisinère émérite, je n'ai essayé aucune recette.&lt;br /&gt;PSbis : par un hasard complètement hasardeux, il se trouve que j'avais innocemment inscrit ce titre dans mon challenge ABC 2008... Vu que nous sommes déjà à la mi-novembre et que je ne m'étais pas lancée dans le challenge 2007, je déclare donc de manière totalement arbitraire mon challenge ABC 2008 ouvert! (si vous voulez protester, je vous rappelle qu'il est toujours temps de prendre des paris chez &lt;a href=&quot;http://lectures-de-stephanie.blogspot.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Stéphanie&lt;/a&gt;)
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                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/04/23/amour-et-karma.html</guid>
                <title>Karma(sutra)</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/04/23/amour-et-karma.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Littérature indienne</category>
                                                <pubDate>Wed, 25 Apr 2007 18:52:57 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;Je ne sais pas si vous vous en souvenez, chers happy few, mais il y a quelque temps je vous avais raconté comment j'avais cédé à &lt;strong&gt;l'appel de l'Inde&lt;/strong&gt; et à ses sirènes enchanteresses (car la lectrice est faible, hélas, et elle est loin d'avoir lu tous les livres). Et, de critique, point. Car voyez-vous, chers happy few, j'ai parfois des choses à faire, nettement moins indispensables que lire, mais qu'il faut faire quand même. Comme corriger mes copies. Emmener&amp;nbsp;mes enfants au zoo. Finir la tarte tropézienne. Payer mes P.V. (car oui, chers happy few, j'ai une voiture. Et je m'en sers alors que je vis et travaille à Paris :&amp;nbsp;je suis une très mauvaise citoyenne&amp;nbsp;et que celle qui n'a jamais galéré dans les escaliers du métro avec un enfant dans&amp;nbsp;la poussette et un autre enfant accroché au sac à main me jette le premier emballage en papier recyclé à la figure, mais pas trop fort, hein, parce que ça fait mal. Et en plus, pour&amp;nbsp;des raisons forcément raisonnables, je ne paye jamais le parcmètre . Mais je paye mes P.V (je suis pleine de contradictions).&amp;nbsp;Parfois deux fois parce que le Trésor public n'a pas vu que j'avais déjà payé, le farceur!)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais trêve de digressions. J'ai donc lu &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Loin de Chandigarh&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; de Tarun J Tepal. Pour tuer immédiatement le suspense, je vous avoue tout de suite, chers happy few, que c'est un très bon et beau roman, que j'ai beaucoup aimé, je ne voudrais pas non plus que vous mourriez d'impatience d'ici la fin de ce billet, je tiens à vous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pitch, rapidement : le narrateur, journaliste et écrivain en devenir (raté ?),&amp;nbsp;dont nous ne saurons jamais le nom, est quitté par sa femme, Fizz, parce qu'il l'a bien cherché. Elle est la seule femme qui a compté dans toute sa vie, pour laquelle il a toujours éprouvé un désir&amp;nbsp;sans cesse renouvelé,&amp;nbsp;mais leur relation se dégrade quand ils achètent une maison à moitié en ruines&amp;nbsp;sur les contreforts de l'Himalaya. En la rénovant, ils découvrent dans un coffre dissimulé dans une cloison,&amp;nbsp;une soixantaine de&amp;nbsp;carnets reliés de cuir fauve et qui sont le journal intime (et érotique) de Catherine, une américaine exilée en Inde au début du siècle. La lecture de ces carnets vampirise littéralement le narrateur jusqu'à ce qu'il comprenne pourquoi il les a trouvés...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un roman foisonnant, d'une grande sensualité. D'ailleurs, il est vendu uniquement sur cet argument, la quatrième de couverture ne mettant l'accent que sur cet aspect-là de l'histoire. Or, si le roman s'interroge effectivement sur les mystères du désir, qui paraît inépuisable pour disparaître brutalement et sur les liens&amp;nbsp;entre amour et désir, ce qui donne lieu à de très belles scènes, notamment&amp;nbsp;entre le narrateur et sa femme, ce n'en est pas là le seul intérêt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'intérêt de ce roman réside aussi dans sa complexe construction (et j'allitérationne si je veux) ; il est divisé en cinq parties qui reprennent les cinq&amp;nbsp;étapes de la vie selon la religion hindoue (amour, action, argent, désir et vérité), chacune de ces parties&amp;nbsp;étant elle-même construite autour d'un va et vient incessant entre le présent du narrateur&amp;nbsp;et différents passés, plus ou moins lointains, qui éclairent l'histoire de cet homme. Chacune suit bien sûr l'évolution psychologique du narrateur et la dernière, &quot;vérité&quot;, construite comme une énigme policière, lui permet d'accomplir son karma (au sens où nous comprenons ce mot, nous autres occidentaux).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est aussi un récit à tiroirs car à la vie du narrateur et de ses ascendants&amp;nbsp;s'entremêlent les récits que lui-même tente maladroitement d'écrire et qui finissent invariablement exécutés (brûlés, noyés ou enfermés au &quot;bibliocachot&quot;) et l'histoire de Catherine, que le narrateur mettra trois ans à déchiffrer, mettant sa vie entre parenthèses durant ce laps de temps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais c'est surtout, à mon sens, une réflexion sur l'écriture et l'écrivain et sur la place de la fiction&amp;nbsp;dans la construction d'une histoire d'amour&amp;nbsp;(le narrateur invente des histoires pour plaire à Fizz, exactement comme Shéhérazade). Le narrateur finit pas comprendre que l'écriture ne se limite pas à des rites, mis en place autour de la machine à écrire (une Brother rouge), ni à des horaires et que conjurer les mânes d'Ezra Pound et de Hemingway ne suffit pas. Pour écrire, il faut avoir vécu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tout dans une langue puissante, qui fait naître sous nos yeux l'Inde avec ses rues encombrées et ses personnages étranges (certains passages comme le déménagement en bus ou la vie de bureau du narrateur sont très drôles), une Inde sortie de la nostalgie du colonialisme et confrontée aux problèmes post-Ghandi (qui apparaît comme une figure importante jamais nommée). Bref, chers happy few, je vous le recommande chaudement!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/images/thumb_loindechandigarh.jpg&quot; alt=&quot;medium_loindechandigarh.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;TarunJTejpal,&amp;nbsp;&lt;em&gt;Loin de Chandigarh&lt;/em&gt;, Le livre de poche&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PS sans rapport avec&amp;nbsp;l'Inde mais il faut que les choses soient dites : la jeune&amp;nbsp;fille (ou le jeune homme, je suis très tolérante), qui est arrivée ici en tapant chez notre ami commun, G., &quot;fashion boy 15 ans&quot;, doit savoir qu'elle peut passer son chemin, car je vois trop d'adolescents toute la journée pour en parler sur ce blog et de plus, sachant à quoi ressemble réellement un adolescent de 15 ans, le terme &quot;fashion&quot; n'est pas du&amp;nbsp; tout adapté et si vous ne me croyez pas, chers happy few, allez voir &lt;a href=&quot;http://alinea.hautetfort.com/archive/2007/04/12/ultimate-djeunz.html#comments&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, les écailles vont vous tomber des yeux et vous me remercierez! &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/03/30/there-s-nothing-else-like-show-business.html</guid>
                <title>There's no business like show business</title>
                <link>http://happyfew.hautetfort.com/archive/2007/03/30/there-s-nothing-else-like-show-business.html</link>
                <author>noreply@ (fashionvictim)</author>
                                                <category>Choses vues</category>
                                <category>Littérature indienne</category>
                                                <pubDate>Tue, 03 Apr 2007 19:30:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;Chers Happy few, je sais que vous étiez très inquiets&amp;nbsp;à cause de mon absence&amp;nbsp;bloguesque : comment, une semaine sans un seul&amp;nbsp;billet ? Eh bien oui, car voyez-vous j'avais des choses&amp;nbsp;très importantes à faire comme corriger mes copies, préparer mes cours, réviser les règles du mah-jong et lire Rilke dans le texte...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M'enfin, vous croyez vraiment que quelqu'un qui pense qu'André Manoukian est le nouvel Hegel&amp;nbsp;peut passer une semaine entière à travailler ? Que nenni! J'avoue tout : j'ai passé la semaine à &lt;strong&gt;co-organiser l'événement mondain le plus hype, le plus trendy, le plus exaltant, le plus éblouissant, le plus fa-bu-leux, le plus délexquisavouricieux&amp;nbsp;de&amp;nbsp;ce début d'année&lt;/strong&gt;. Oh my god, quel est-il, vous entends-je vous demander&amp;nbsp;? Je vous le donne en cent, je vous le donne en mille, je vous le donne en un million deux cent quarante-douze mille, je ne puis me résoudre à le dire, devinez donc, chers happy few&amp;nbsp; -la sortie du nouvel opus des Mémoires de Loana ? - vous n'y êtes point - le retour d'Hervé vilard ? -Point trop n'en faut, n'exagérons pas!&amp;nbsp; Allez, dans ma grande magnanimité, je mets fin à l'insoutenable suspense.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avec Alinéa, nous avons organisé la fête du printemps&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ressuscitant avec ferveur des rites païens enfouis au plus profond de notre cerveau reptilien, nous avons offert des libations à Bacchus, dansé autour de feux de joie en criant &quot;Evohé!&quot; (au grand dam des voisins), consommé 47,2 litres d'alcool, 105 kilos de nourriture, réuni 35 personnes dans mon salon et passé une nuit blanche, ce qui, chers happy few, compte tenu de mon âge avancé ne m'était pas arrivé depuis le passage à l'euro...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais, chers happy few, j'ai quand même pensé à vous. Certes, pas à mes élèves, d'où&amp;nbsp;lundi, une salle de cours quelque part en France : 'Madaaaaaaame, vous avez corrigé les copies ?&quot; Réponses possibles :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &quot;Oui, bien sûr, d'ailleurs je vais vous les rendre&quot; sauf que non, puisque vous avez lu le début du billet et que vous savez que le temps nécessaire à la correction des copies a été occupé à tartiner des kilomètres de canapés (sauf que comme cette fête était&amp;nbsp;le comble de la hypitude trendiesque, il n'y avait pas de canapés mais de sublimes bouchées et d'extraordinaires verrines),&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &quot;Oui, mais elles sont tellement mauvaises que je vous fais une faveur, je ne vous les rends pas!&quot; sauf que ça marche avec de trèèèès mauvais collégiens mais pas avec des postbac (en même temsp je viens de révéler à la face du monde une des astuces professorales les plus courues, les collègues me pardonnent),&lt;/p&gt; &lt;p&gt;-&amp;nbsp;&quot;Non, je n'ai pas eu le temps, je blogue&quot; sauf que si je lâche cette info je vais être poursuivie toute l'année par une horde de post-ados qui voudront l'adresse et seront terriblement déçus de ne pas me voir en string sur leurs écrans et ma côte de popularité va terriblement chuter,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &quot;Non, j'ai eu un ouikende de folaïe, j'ai fait une teuf à tout casser!&quot; leur ai-je avoué parce qu'ils sont grands et sympathiques et que de toute façon mon état neuronal végétatif ne me permettait pas d'inventer un bon mensonge... et là, un élève me dit &quot;Madaaaaaaaaaame, vous avez fait une boum ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai pris vingt ans d'un coup d'un seul, paf, comme ça.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais trêve de digressions et venons-en à l'objet de ce billet (car il y en a un, contrairement aux apparences et il est hautement kulturel, comme toujours...) En effet, chers happy few, figurez-vous que j'ai oeuvré pour vous durant mes rares moments de liberté. Parce que je ne connais pas grand-chose en &lt;strong&gt;littérature indienne&lt;/strong&gt; (le seul roman que j'aie jamais lu étant &lt;em&gt;Les enfants de&lt;/em&gt; &lt;em&gt;minuit&lt;/em&gt; de Salman Rushdie, oeuvre dense, émouvante et drôle que je recommande à tous), et parce que le Salon du Livre lui était consacré, je me suis vue dans l'obligation d'aller voir un peu ce qu'il se passait du côté du Gange, afin de pouvoir ensuite vous en parler (qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour son public chéri ?). Il faut dire aussi que l'appel de l'Inde se faisait plus pressant de jour en jour parce que la vitrine des &lt;em&gt;Buveurs d'encre&lt;/em&gt;, une librairie très sympathique ouverte et tenue par un collectif d'écrivains et opportunément sise à côté de mon boulot (si ce n'est pas de l'appel à la luxure, je ne m'y connais pas) a consacré toute sa vitrine à la littérature indienne et bien sûr, les&amp;nbsp;couvertures chamarrées et chatoyantes me faisaient de l'oeil (je ne résiste pas à ce qui brille...)! J'ai donc cédé et j'en suis ressortie avec trois romans indiens. Vous vous doutez bien que j'ai commencé par... le plus drôle, évidemment!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Show business&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;, écrit par Shashi Tharoor en 1991 a été traduit en 1995 en français et il vient d'être réédité en&amp;nbsp;poche. Ce roman très drôle raconte la vie d'Ashok Banjara, un acteur populaire de Bollywood. Dans le coma, cloué sur son lit d'hôpital après un accident de tournage qui a coûté la vie à trente-deux personnes, il reçoit la visite de ses proches (et moins proches), chacun lui racontant à sa manière un épisode ou une partie de sa propre vie. Chaque chapitre, qui porte un nom de découpage de cinéma (intérieur jour, intérieur nuit...) a donc un narrateur et un style différent, sans compter l'éclairage intéressant que porte chacun&amp;nbsp;sur notre héros, lequel raconte lui aussi sa vie à sa manière. De plus, certains chapitres décrivent&amp;nbsp;des films bollywoodiens dans lesquels Ashok s'est produit,&amp;nbsp;avec un humour et une distance dévastateurs.&amp;nbsp;Le must étant les chansons et je ne résiste pas au plaisir d'en partager une avec vous :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;CLE ANGLAISE A LA MAIN, ASHOK DANSE AUTOUR D'UNE VOITURE&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Je m'y connais en mécanique / En cas de panne, pas d'panique/ Votre auto, je la réparerai/ Si votre moteur toussote /Et que votre radiateur crachote/ Ne laissez pas votre coeur s'emballer / Car moi je le réparerai.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;(Ce côté mécano me rappelle furieusement &lt;em&gt;Grease&lt;/em&gt;, chef-d'oeuvre incontesté du 7ème art.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-delà de Bollywood, petit monde en dehors du monde, c'est toute une société qui&amp;nbsp;se dessine&amp;nbsp;et Shashi Tharoor analyse très finement la complexité de la société indienne régie par des codes qui nous paraissent étonnants à nous autres occidentaux,&amp;nbsp;et le lien très étroit entretenu par le peuple et le cinéma, cinéma pourtant complètement irréaliste et lui-même régi par d'autres codes. Enfin, Shashi Tharoor réussit l'exploit de nous rendre sympathique un&amp;nbsp;personnage principal&amp;nbsp;qui ne l'est pas,&amp;nbsp;homme égocentrique, coureur de jupons et arriviste mais animé d'une énergie et d'un charisme qui balaient tout sur son passage...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref, un livre&amp;nbsp;souvent féroce, toujours drôle, qui ouvre facilement une petite porte sur la littérature indienne, et que je recommande chaudement!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://happyfew.hautetfort.com/images/medium_show_business.jpg&quot; alt=&quot;medium_show_business.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;em&gt;Show Business&lt;/em&gt; de Shashi Tharoor, Points. (Couverture non contractuelle car ce soir amazon n'est pas mon ami.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PS : l'élève de seconde qui est arrivé ici en tapant sur google &quot;vieux barbon molière&quot; doit savoir, primo, que c'est mal de faire ses devoirs de français tard dans la nuit entre deux parties de WOW et deuxio que pour 50 euros la demie ligne, je fais les devoirs de français, d'histoire, de maths, de physique et que je signe les carnets de correspondance. Eh oui, Altruisme is my middle name...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;PSbis : une lettre de Madame de Sévigné a été furieusement maltraitée durant la rédaction de ce billet. Qu'elle m'en excuse!&lt;/p&gt;
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